‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 39 sur 150 · Arch. de l'Oise, G · texte numérisé non relu

Arch. de l'Oise, G

dans le trésor une tasse en cristal connue sous le nom de bénitier de saint Éloi, la croix pastorale du saint évêque et l'anneau d'or qu'il avait passé au doigt de sainte Godeberte pour la consacrer à Dieu.

Parmi les autres reliquaires placés derrière le maître-autel, l'inventaire de 1402 signale une Vierge en argent doré donnée par Jean de Salency. La mère du Christ, dont la couronne était garnie de pierres précieuses, était assise dans une chaise soutenue par trois lions. Elle tenait son fils d'une main et un sceptre de l'autre. On avait fixé sur sa poitrine un camée en aventurine représentant une tête d'empereur. L'enfant Jésus portait une petite tour qui renfermait des reliques. Le chef en vermeil de sainte Godeberte était coiffé d'un chapeau doré et d'une couronne rehaussée de pierreries ; son piédestal reposait sur quatre lions en cuivre. Le crâne de saint Jean-Baptiste était placé dans un étui de cristal soutenu par deux anges en vermeil. La statuette en argent doré d'un évêque; qui portait dans ses mains le menton de saint Augustin, devait représenter le célèbre évêque d'Hippone debout sur un tabernacle soutenu par trois lions. Un tableau d'argent émaillé, qui renfermait des reliques, s'ouvrait comme un diptyque, et un grand crucifix de vermeil, orné de six figurines, reposait sur un pied garni de quatre émaux.

Pour terminer cette nomenclature, il faut encore citer un vase d'argent qui contenait les reliques de sainte Catherine, un bras reliquaire de saint Maxime, un ange en argent assis dans une chaise et portant dans un étui de cristal une dent de saint Quentin, les chefs en argent de saint Mummolin et de saint Achaire, le reliquaire donné par André Lemoine, évêque de Noyon de 1304 à 1315, frère du fondateur du collège Cardinal, le diptyque en ivoire représentant la Passion et légué vers 1206 par le doyen Raoul de Coucy, un reliquaire soutenu par trois anges qui servait d'ostensoir, une tour d'argent qui renfermait du sang du Christ et du lait de la Vierge, deux croix processionnelles rehaussées de pierreries, une paix en vermeil en forme de fleur de lis, une petite monstrance en argent, de forme carrée, avec un étui en cristal sous le faîtage, qui contenait des ossements de saint Philippe et de saint Barthélémy. La mâchoire de ce dernier saint était déposée dans une châsse en argent.

Cet inventaire mentionne également deux reliquaires : l'un en

forme d'encensoir, l'autre donné par un archevêque de Besançon, qui pourrait être identifié avec Hugues V de Vienne, ami de Philippe d'Arbois, évêque de Noyon. Enfin les reliures des épîtres, des évangiles et des missels de la cathédrale étaient revêtues de plaques d'argent. On voyait sur un livre d'épîtres un crucifix en relief, ainsi, que les figures de saint Pierre et de saint Paul. L'aigle en cuivre du lutrin fut donné le 24 avril 1401 par Mathieu de Herleville, qui avait choisi le lieu de sa sépulture dans le chœur1. Philippe Desmoulins, successeur de Gilles de Lorris, mourut le 31 juillet 1409 à Paris, où il fut enterré dans l'église des Célestins. Il avait donné au trésor de la cathédrale sa crosse en argent, sa mitre ornée d'émaux et de pierreries, un drap d'or et des ornements de velours rouge. La volute de cette crosse, garnie de six statuettes, encadrait le couronnement de la Vierge. L' évêque était agenouillé aux pieds de Marie entourée des douze apôtres2.

Les ornements destinés au culte avaient la même valeur artistique que les objets du trésor, comme l'indique l'inventaire de 14193. Les armes de France étaient brodées sur trois chasubles de soie données par les rois, et les armes de Courtenay, brodées sur une autre chasuble, devaient indiquer un don de Catherine de Courtenay, femme de Charles de Valois, ou de sa fille, qui portait le même nom. Deux chapes brodées d'or et de soie, ornées des figures des apôtres, avaient été offertes au chapitre par un archevêque de Limoges qu'on peut identifier avec le cardinal .Nicolas de Besse (1343-1344). Les mors de chapes en argent ou en vermeil se faisaient remarquer par leurs plaques d'émail qui représentaient le couronnement de la Vierge, Samson, saint Christophe, l'Annonciation et l'Assomption. Les chasubles en soie, rehaussées d'orf rois, les manteaux en drap d'or, brodés de fleurs de lis, de petits oiseaux et de lions encadrés par des cercles n'étaient pas moins artistiques. Une aube, dont le parement de soie était brodé de carrés blancs et verts et de perroquets, mérite d'être également signalée. Le dais était formé de toiles teintes en trois couleurs différentes.

Page 1