Bibl. nat., fr. 12032, fol. 17 V
le chapitre n'attendit pas leur retour pour faire ouvrir les chantiers. Les trois voûtes lézardées du vaisseau central furent réparées, mais comme les murs de la nef tendaient à s'écarter, on augmenta l'épaisseur des arcs-boutants et des culées, suivant le procédé indiqué par Jean Masse dans son devis de 1460. Les lettres patentes de Louis XI prouvent qu'en 1476 on n'avait pas encore remplacé les colonnes monolithes du chœur dont les arcades étaient bouchées par des murs de soutènement. Ce travail avait été sans doute ajourné par défaut de ressources. Pierre Tarisel, qui fut chargé de l'entreprendre, supprima les quatre colonnes monolithes de la dernière travée droite du chœur avec leurs socles et leurs chapiteaux pour les remplacer par des piliers ronds flanqués d'un petit fût.
Pierre Tarisel fait mention de quatre colonnes dans son rapport, mais Jean Masse signalait l'écrasement de huit colonnes du chœur en 1460. On peut donc se demander si le maître de l'œuvre ne fit pas également remplacer les quatre colonnes de l'hémicycle, car leur fût, posé sur une plaque de plomb épaisse de six centimètres, ne coïncide pas exactement avec le diamètre des bases et des chapiteaux. Cette rondelle était destinée à prévenir les effets dangereux du tassement après la démolition des murs qui soutenaient les arcades pendant les travaux. Dans les piliers appareillés, la pression pouvait s'exercer sur les joints en mortier, tandis que les fûts monolithes auraient pu s'écraser sous la charge, si les feuilles de plomb posées sur leur base et sous leur chapiteau ne leur avaient pas donné une certaine élasticité. Il ne faut donc pas expliquer l'emploi de ces plaques de métal par la nécessité d'utiliser des fûts trop courts, mais le renflement des colonnes, conforme aux traditions du xne siècle, permet de supposer que Pierre Tarisel alla les chercher dans les ruines d'une église romane, car elles se raccorderaient mieux avec les bases si leur fût avait été taillé au xve siècle.
Vers la même époque, on entreprit la restauration de la grosse tour du nord. Tous ces travaux furent exécutés sous l'épiscopat de Guillaume Marafin, qui occupait le siège de Noyon depuis 1473. Pierre de Laval, archevêque de Reims, visita la cathédrale le 31 janvier 1477 l. Une cloche, transportée dans le clocher sud de la façade en 1807, fut bénite à la Chartreuse du