Arch. de l'Oise, G
cloches, les chanoines prétendaient qu'ils pouvaient se passer de sa permission pour les faire bénir, mais des avocats leur conseillèrent de s'engager dans les voies de la conciliation. Après une démarche faite auprès de l'évêque le 19 juin 1709, celui-ci consentit à autoriser la bénédiction des cloches, qui fut faite le 28 du même mois1, mais le chapitre protesta contre le procèsverbal de la cérémonie que l'évêque avait fait signer à plusieurs chanoines. Quand les cloches fondues par Nicolas Sensé furent remontées dans la tour de l'Horloge, on reconnut que leur son n'était pas harmonieux. Le chapitre désigna comme expert un fondeur d'Amiens, nommé Chapron, qui fit deux voyages à Noyon, le 16 juillet et le 14 août 1709, et qui trouva plusieurs défauts dans la fonte de ces petites cloches2. Le 12 septembre 1715, le chapitre fit célébrer un service funèbre à la cathédrale pour le repos de l'âme de Louis XIV3.
Depuis les grands travaux exécutés dans la seconde moitié du xve siècle, la cathédrale n'avait pas été l'objet de réparations sérieuses. Il devenait urgent d'y procéder. Le 27 juillet 1720, Bertin Faguet et Antoine Defrance, maçons, Joseph Sézille et Simon Noiret, charpentiers, Louis Baudrimont, couvreur, Claude Reneufve et Eloi Flon, serruriers, qui demeuraient à Noyon, dressèrent un devis de 39,230 livres, après avoir fait une visite générale de l'édifice. Ils signalaient les dégradations des marches, d'une voûte et de la terrasse du porche, le mauvais état des combles de la nef, des chapelles méridionales et du gros clocher sud, en insistant sur la nécessité de restaurer les petites tours du chœur et sept fenêtres dans les tribunes du rond-point. Ces entrepreneurs ne furent pas agréés par le chapitre, car, le 2 octobre 1720, le grand maître des eaux et forêts, résidant à Compiègne, désigna comme experts Charles Graux, maçon, Joseph Delafosse, charpentier, et Thomas Dantier, couvreur, domiciliés à Noyon, qui visitèrent la cathédrale du 27 au 30 novembre suivant. Leur premier devis se montait à 79,630 livres4.
Les chanoines voulurent faire contrôler leurs estimations par deux autres experts, nommés Pierre Dagault, architecte à Braine,