Arch. de l'Oise, G
chéneaux étaient rongés par les intempéries. A l'intérieur, les experts signalaient la nécessité de réparer les voûtes dans toutes les parties de l'église et de remplacer la colonne centrale et les archivoltes de deux fenêtres au fond des baies du transept. Le devis prouve que l'autel du croisillon nord était dédié à saint Antoine, et celui du croisillon sud à saint Eutrope. Enfin, les voûtes du cloître devaient être consolidées par douze nouveaux contreforts, et la toiture de ses galeries menaçait ruine, comme les pignons et les combles de la salle du Trésor et de la chapelle du Commun, située derrière la sacristie. En terminant leur rapport, les experts attestaient que ces réparations ne provenaient pas d'un défaut d'entretien , « mais de la vétusté et caducité de l'édifice et d'un incendie arrivé il y a quelconques siècles. »
Pour se procurer les ressources nécessaires, les chanoines avaient adressé une requête à Louis XV en 1721 pour lui demander l'autorisation de couper des réserves dans les bois du chapitre à Carlepont, à Thiescourt et à la Pottière-Pezée. A l'appui de leur demande, ils alléguaient que le chœur de la cathédrale avait été bâti avant le vie siècle et que la nef était l'œuvre de Charlemagne. On voit que cette légende était encore très répandue à Xoyon au xvme siècle. Le roi accorda la permission nécessaire au chapitre par des lettres patentes datées du 30 mai 1721, et la vente des bois, qui eut lieu le 17 novembre de la même année, produisit une somme de 29,898 livres. Les réparations de la cathédrale furent adjugées le 13 mai 1722 pour 105,700 livres à un vitrier de Xoyon, nommé Florent Soupplet, qui s'était fait représenter aux enchères par le notaire Jean Gueullette1.
Le chapitre s'occupa tout d'abord d'acheter des ardoises et des bois de charpente pour faire réparer le grand comble. Au mois d'août 1722, les chanoines Sézille et Lesquevin se rendirent à Charleville avec le couvreur Baudrimont et leurs frais de voyage se montèrent à 120 livres. Ils signèrent, le 25 du même mois, un marché avec le président Colla rt, propriétaire des ardoisières de Saint-Louis, qui s'engageait à leur fournir des ardoises à raison de 22 livres le mille. D'après les quittances, on voit que le vendeur reçut 3,300 livres pour avoir livré 150,000 ardoises2. Le transport par voitures de Charleville à Noyon, commencé le