Arch. de l'Oise, G
vérifièrent les travaux le 4 mai 1751. Le 3 juillet suivant, le chapitre fut condamné à payer à Carpentier 684 livres pour solde de diverses augmentations1. Pour réaliser une économie, la fabrique se décida, le 26 mars 1754, à faire tailler en pente par le maçon Pierre Frémont les dalles placées sur la corniche de la nef et à recueillir les eaux dans des gouttières pour éviter la pose de feuilles de plomb dans les chéneaux2.
Au milieu du xvnf siècle, l'ornementation du chœur avait encore gardé son caractère primitif, et l'autel du xme siècle était resté intact au fond du sanctuaire. Cet autel, dépourvu de tabernacle, de cierges et de crucifix, était décoré de parements qui variaient suivant l'office du jour. La suspense en argent massif, dont Louis XIV admira la finesse, avait la forme d'un petit clocher à jour surmonté d'une flèche. Ses chaînes étaient soutenues par deux anges fixés a la crosse qui s'élevait au-dessus du retable. Les grands rideaux posés autour de l'autel ne s'ouvraient qu'à l'élévation, en glissant sur des tringles fixées au sommet de colonnettes métalliques. Ces fûts étaient couronnés par des anges en cuivre argenté qui portaient les instruments de la Passion3. Autour de cette clôture et sur le retable, on avait placé les châsses de saint Éloi, de saint Médard, de saint Mummolin, de saint Achaire et de sainte Godeberte. Les jours de fête, on accrochait entre les colonnes du chœur des tapisseries achetées en 1648 4, qui représentaient l'histoire de Noé.
Le dessin d'un nouvel autel « à la Romaine, » suivant l'expression de l'époque, fut soumis au chapitre le 30 avril 1753 par Louis Godot, architecte et contrôleur des bâtiments du roi, qui demeurait à Compiègne5. Son projet, approuvé le 20 août suivant par vingt-deux voix contre dix-huit, fut violemment critiqué par Claude Bonnedame et sept autres chanoines qui protestèrent contre la destruction de l'autel gothique6. Louis Godot proposait aussi de remplacer les anciennes stalles et d'entourer