‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 82 sur 150 · Ibid., fol. 60 v · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 60 v

6. Voici les noms de ces défenseurs des bonnes traditions archéologiques : Du Héron, Cuquigny, Bertault du Tombelle, Antoine de Caisne, Pelleton, Mauroy et Reneufve.

le chœur avec des grilles. Il avait fait dresser un devis de 33,500 livres par un menuisier de Compiègne, nommé Courtois, dit Cambray, pour l'autel à la Romaine et la nouvelle décoration du chœur1. L'évêque Jean François de Bourzac s'était engagé à verser 6,000 livres, les legs et les dons des chanoines se montaient à 11,000 livres, la fabrique offrait 6,000 livres et la vente des parements et des rideaux de l'autel gothique devait fournir 6,000 livres. Enfin, on escomptait le produit de la vente du plomb remplacé par des dalles de pierre sur les terrasses de l'abside.

Dès le 27 août 1753, le chanoine Bertault du Tombelle, trésorier de la fabrique, présenta un mémoire au chapitre pour démontrer que la fabrique n'était pas en état de supporter une pareille dépense. De leur côté, Claude Bonnedame et ses partisans firent signifier une opposition à leurs collègues le 10 novembre suivant. Ils adressèrent ensuite une requête au lieutenant général du bailliage qui donna l'ordre au chapitre de suspendre sa décision. Le premier mémoire des huit opposants, émaillé de citations des Pères de l'Eglise et de Guillaume Durand, porte la date du 27 novembre 1753. Ils faisaient valoir des raisons liturgiques pour la conservation du maître-autel, qu'ils attribuaient par erreur à l'époque de saint Médard et s'indignaient contre le projet de suppression du jubé.

Pour essayer de concilier les deux parties adverses, Méliand de Thoisy, intendant de la généralité de Soissons, se rendit à Noyon le 23 janvier 1754, mais il ne parvint pas à triompher de l'obstination du chanoine Bonnedame et de ses collègues. C'est en vain qu'il fit venir le lendemain l'architecte Godot pour réfuter leurs arguments ; mais, comme les opposants prétendaient que plusieurs membres du chapitre se laissaient intimider par la majorité, l'intendant interrogea séparément les quarante-sept chanoines qui se déclaraient partisans de l'autel. Cinq chanoines seulement déclarèrent qu'ils s'inclineraient devant la volonté du roi et deux autres refusèrent de faire obstacle à un projet qui n'était cependant pas de leur goût2.

Louis XV renvoya l'affaire devant le Conseil d'État le 6 février 1754 et les huit opposants présentèrent un second mémoire le

Page 1