‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 91 sur 150 · Ibid., t. XIV, 1898, p. xl · texte numérisé non relu

Ibid., t. XIV, 1898, p. xl

être démolie sans l'ingénieux procédé d'un notaire de Xoyon, M. Moët. Celui-ci, nommé expert par la municipalité, avait estimé l'édifice à un prix tellement élevé que le citoyen Pruz, maire de la ville, qui avait acheté l'évèché le 7 mars 1797, n'osa pas faire des offres acceptables. Les autres entrepreneurs de démolition gardèrent heureusement la même réserve1.

L'histoire de la cathédrale au xrxe siècle peut se diviser en deux périodes. Pendant la première, qui se termine avec l'année 1842, la fabrique s'efforça de remplacer le mobilier et de faire disparaître la trace des dommages causés par la Révolution. Au cours de la seconde période, commencée en 1843, on entreprit la restauration de la cathédrale qui se continue encore aujourd'hui. Dès l'année 1 80 1 , les commissaires de la paroisse avaient fait poser de chaque côté du chœur deux grandes portes en bois, ornées des figures de saint Bruno et de saint Louis sur leur couronnement, qui se trouvaient à la Chartreuse du Mont-Renaud. Vers la même époque, ils firent installer dans la chapelle de Saint- Nicolas un grand retable provenant de l'église des Capucins et sculpté par Jean Froment vers 1735. Le 24 août 1802, Mgr de Yillaret, évèque d'Amiens, fut reçu solennellement à la cathédrale par le clergé et par la municipalité2.

Le conseil de fabrique, dont les trois premiers membres furent nommés parle préfet le 9 décembre 1803, s'occupa tout d'abord de faire remettre en bon état le dallage de la nef. Ce travail, terminé en 1804, coûta 6,270 francs, mais l'entrepreneur Margry utilisa les anciennes pierres tombales qui furent déplacées ou sciées en plusieurs morceaux. En même temps le maçon Lesueur réparait les marches du grand perron3. L'année suivante, la fabrique fit l'acquisition d'une chaire donnée par Louis XIV aux Augustins de Crépy-en-Valois. Le carrelage des trois chapelles du bas côté sud fut réparé en 1806, et le 29 novembre de la même année Nicolas Cavillier signait un mar-

1. Brière, Manuscrit Lucas, dans le Bulletin du Comité archéologique de Xoyon, t. XI, 1895, p. 260 et 261.

2. Brière, Manuscrit Lucas, dans le Bulletin du Comité archéologique de Xoyon, t. XI, 1895, p. 261 et 263.

3. Archives de la fabrique, registre I, fol. 4. Je dois la communication de ces registres à l'obligeance de M. l'abbé Lagneaux, archiprélre, et de M. Brière, auteur du Précis descriptif et historique de la cathédrale de Noyon, 1899, in-16.

ché avec la fabrique pour livrer trois cloches qui furent fondues le 28 avril 1807 à Carrepuis. Le 28 mai suivant, Mgr de Mandolx, évêque d'Amiens, vint les baptiser au milieu d'une nombreuse assistance. On avait choisi comme parrains Charles Druon, maire de Noyon, François de RichoufFz, président du conseil de fabrique, et Charles-Sézille d'Armancourt, ancien président du grenier à sel1. La plus grosse de ces cloches, nommée Marie-Charlotte, qui s'était fêlée, fut refondue par Cavillier en 1830 et la sonnerie comprend également les deux cloches de 1481 et de 1743, avec une nouvelle cloche ajoutée en 1849. Depuis cette époque, les cloches sont mises en branle avec des bascules établies par Louis Chicot, mécanicien à Caen2.

Les vitraux qui avaient beaucoup souffert des intempéries furent réparés par Vantigny du Valois, de 1805 à 1807 et en 1811 3. Napoléon Ier et Marie-Louise visitèrent la cathédrale en 1810, après avoir été reçus par le clergé sur la place du parvis4. En 1811, la fabrique fit malheureusement démolir deux galeries du cloître qui menaçaient ruine5, mais la galerie occidentale adossée à la salle capitulaire fut consolidée. A la même époque, on ferma les chapelles rayonnantes par des balustrades. Quand le château d'Ourscamp fut démoli, en 1819, la fabrique acheta des carreaux de liais blanc et noir pour repaver les croisillons, le déambulatoire et les chapelles du rondpoint6. Depuis le milieu du xvme siècle, la cathédrale n'avait été l'objet d'aucune réparation sérieuse. Un devis, présenté le 29 juillet 1820 au conseil de fabrique, signale le mauvais état de la toiture du clocher sud, des planchers des deux tours, de la balustrade du porche, des toitures des chapelles du nord, de la sacristie et de la bibliothèque. En outre, il était urgent d'entreprendre des réparations dans la nef et dans le chœur, mais le défaut de ressources obligea la fabrique à différer tous ces travaux, évalués à 26,000 francs7. On se contenta de poser vers 1822 des ancres,

1. Brière, Manuscrit Lucas, dans le Bulletin du Comité archéologique de Noyon, t. XI, 1895, p. 266 à 269.

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