‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 94 sur 150 · Ibid., fol. 88 et · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 88 et

2. Grâce à l'obligeance de M. Lucien Pâté, qui m'a permis de consulter les archives de la Commission des monuments historiques, j'ai pu préciser la date de tous les travaux exécutés depuis 1843 jusqu'en 1900.

depuis le mois de décembre 1851 jusqu'au mois de juin suivant. On gratta le badigeon des voûtes, on remplaça la plupart des assises du mur occidental, et l'encadrement des fenêtres fut refait à neuf. En 1852, M. Verdier présenta un devis complémentaire de 70,501 francs pour la sculpture des archivoltes, le carrelage et les vitraux. Les travaux, commencés seulement en 1858, furent terminés à l'automne de 1859. Les crochets qui décorent les claveaux des fenêtres, du portail et des deux arcades donnant sur le cloître, les chapiteaux des baies, les pinacles des contreforts et la corniche furent sculptés par Augustin Marchant et Victor Thiébault. Les trois statues qui décorent la porte centrale et les deux baies sont l'œuvre du sculpteur Froget.

Pendant les années 1853 et 1854, M. Verdier fit reprendre les soubassements de l'abside après avoir restauré les fenêtres d'une chapelle rayonnante. En même temps, on renouvela les combles de quatre chapelles du rond-point et l'encadrement des fenêtres hautes du chœur avant de procéder au nettoyage des voûtes dans les tribunes de la nef. Dans un nouveau devis de 142,169 francs, daté de 1858, M. Verdier concluait à la nécessité de supprimer les terrasses en bitume sur les tribunes du chœur, et il proposait de restaurer les chapelles du chevet, le bâtiment du trésor et la charpente des tribunes qui surmontent le bas côté sud, en y comprenant la seconde série de travaux à exécuter dans la salle capitulaire qui se trouvent indiqués plus haut. MM. Sauvage et Milon se mirent à l'œuvre en 1859, mais les travaux ne furent terminés qu'à la fin d'octobre 1862 par suite du manque de ressources en 1860 et en 1861. Au mois de juin précédent, l'architecte avait déposé un devis supplémentaire de 43,567 francs pour recouvrir en plomb les tribunes du chœur, pour remplacer la balustrade du croisillon sud et pour renouveler la toiture des grosses tours et des tribunes de la nef du côté nord. La couverture du clocher sud fut refaite en 1866 aux frais de la ville et de la fabrique.

Le 25 mai 1867, M. Verdier présentait à la Commission des monuments historiques un devis de 123,387 francs qui comprenait la remise en état des toitures de la cathédrale, la restauration du perron en avant du porche, des tourelles et des contreforts de la salle capitulaire, du portail Saint-Eutrope qui s'ouvre dans le croisillon sud et l'assainissement de l'édifice du côté nord. Dans une seconde catégorie, l'architecte classait la reprise des

fondations des chapelles rayonnantes et l'abaissement des toitures des tribunes de la nef qu'il était utile de recouvrir avec des feuilles de plomb. MM. Sauvage et Mozet, agréés comme entrepreneurs le 14 avril 1869, venaient de terminer la restauration des chapelles de l'abside et des deux salles du trésor quand la guerre de 1870 éclata. Les toitures en ardoises avaient été remises eu bon état, les vitraux peints par M. Oudinot garnissaient les fenêtres hautes du chœur, mais les marches et les dalles du porche n'étaient pas encore posées. Le grand perron resta inabordable pendant quatre ans. Le 11 mars 1872, la fabrique déboursa la somme de 6,500 francs pour acheter la chapelle de l'évêché, qui sera bientôt démolie. Au mois d'août suivant, M. Verdier dressait un devis supplémentaire de 65,113 francs pour achever la restauration des chapelles du rond-point, pour refaire les arcatures de la première chapelle du bas côté nord, consacrée à Saint-Pierre, pour les toitures des tribunes au nord de la nef, pour les vitraux de la nef et de la rosace du trésor, mais l'exécution de ces travaux fut différée jusqu'en 1874.

Un intéressant rapport de M. Bceswilwald, en date du 25 février 1873, indique l'état où se trouvait la cathédrale à cette époque. Au nord, les tribunes du cbœur et la salle supérieure du trésor étaient recouvertes de toitures provisoires. Il restait à faire le ravalement et les sculptures des chapelles rayonnantes, à poser des gargouilles autour de l'abside, à réparer les contreforts de la salle capitulaire et à mettre en place les nouvelles marches du grand perron. Le 10 juillet 1873, le duc d'Aumale, député de l'Oise à l'Assemblée nationale, signalait au ministre l'urgence de ces réparations, et, le 25 septembre, un crédit de 10,000 francs permettait d'achever avant l'hiver les travaux de couverture sur les tribunes du sanctuaire et sur le trésor.

Nommé architecte de la cathédrale le 7 avril 1873, M. Selmersheim déposa le 15 juillet suivant un devis de 134,209 francs divisé en deux parties. Dans la première catégorie, il plaçait l'achèvement des toitures, la consolidation des deux salles du trésor, le ravalement des chapelles du rond-point et la reprise de leurs fondations, la reconstruction des contreforts du croisillon nord et la réfection du perron. En seconde ligne, l'architecte indiquait la nécessité de rempiéter la salle capitulaire à l'ouest et de restaurer le portail Saint-Eutrope. La Commission des monuments historiques vota la somme de 90,853 francs, nécessaire

pour exécuter la première partie du devis, le 19 décembre 1873, mais les soumissions des entrepreneurs Sauvage et Mozet pour la maçonnerie, Lucas pour la charpente, Monduit, Gaget, Gauthier pour la plomberie ne furent acceptées que le 12 novembre 1874. La même année, le peintre verrier ( ludinot restaura les deux vitraux du xni'' siècle placés dans la chapelle de la Vierge, qui représentent la légende de saint Pantaléon.

Pendant l'hiver suivant, Augustin Marchant sculpta les chapiteaux qui ornent les contreforts et les fenêtres des chapelles du rond-point, tandis que les maçons restauraient la première travée des tribunes du chœur au nord, grattaient le badigeon de la salle supérieure du trésor. Pour isoler ce bâtiment, on démolit une des travées de bois de la bibliothèque et la maison du sacristain. On refit également les arcatures de la chapelle Saint- Pierre, qui s'ouvre dans le bas côté nord, près de la porte du cloître. Enfin le grand perron fut reconstruit et les contreforts du porche furent repris en sous-œuvre. L'année 1875 fut employée à remanier les toitures adossées au côté sud de la nef, à faire quelques reprises dans les baies inférieures de la grosse tour du nord et à restaurer le portail Saint-Pierre, qui s'ouvre dans le croisillon du nord1. Les travaux de consolidation de cette partie de l'église et du bâtiment du trésor, où M. Selmersheim fit poser un nouveau dallage, furent particulièrement délicats, mais son expérience sut triompher de toutes les difficultés.

L'ouragan du 12 mars 1876 fit d'importants dégâts aux toitures du chevet, des chapelles rayonnantes et de la salle capitulaire. Dans le cours de la même année, la chapelle de la Vierge, qui s'ouvre au centre de l'abside, et les deux chapelles carrées bâties au sud du chœur furent complètement restaurées2. Les ouvriers de M. Mozet dressèrent les plus belles pierres tombales de la cathédrale contre les murs du cloître et reprirent les fondations de la salle capitulaire à l'ouest après avoir achevé les travaux du bâtiment du trésor. La ville fit à la même époque

1. Les colonnettes et les chapiteaux de ce portail ont été appliqués après coup contre des murs plus anciens. On peut faire la même remarque dans le portail Saint-Eutrope, qui donne accès au croisillon sud.

2. M. Vitel considérait ces chapelles comme la partie la plus ancienne de la cathédrale, mais le rinceau qui passe sous leurs fenêtres porte l'empreinte d'un style plus avancé que le bandeau à trous cubiques des autres chapelles rayonnantes.

l'acquisition d'une maison au sud du grand porche pour la démolir. La restauration de la fenêtre et du tombeau arqué qui se trouvent dans la dernière chapelle du bas côté nord, dédiée à sainte Godeberte, ne fut terminée qu'en 1879. A la même époque, on remania la charpente de la bibliothèque avant de réparer l'entrée de la magnifique cave du xnr3 siècle qui s'étend sous la salle capitulaire. Après avoir acheté l'ancien évêché en 1885, la ville fit démolir trois travées d'un bâtiment du xnie siècle accolé à la chapelle. Enfin, en 1893, les masures adossées au mur crénelé du cloître qui s'élevaient sur l'emplacement de la galerie du nord disparurent à leur tour.

Les travaux en cours d'exécution dans la cathédrale se trouvent énumérés dans un devis de 171,437 francs présenté par M. Selmersheim à la Commission des monuments historiques le 8 janvier 1895 et approuvé dans la séance du 8 mars suivant, mais la nécessité de réunir les fonds fit ajourner l'adjudication jusqu'au 11 mars 1899 . Lepremier lot, adjugépour la somme de 93, 708 francs à M. Abel Meunier, entrepreneur de maçonnerie à Pierrefonds, comprenait la démolition de la chapelle de l'évêché, la restauration du croisillon sud, la reprise en sous-œuvre de ses contreforts, la réouverture de ses fenêtres basses, bouchées au xvme siècle, et la réparation de sa toiture. En outre, le portail de Saint-Eutrope et la petite tour du sud devaient être restaurés, ainsi que la première chapelle du bas côté sud. Enfin, l'entrepreneur s'engageait à réparer la tourelle et le pignon nord de la salle capitulaire, le mur crénelé du cloître et la prison du chapitre.

Au mois de mai 1899, le croisillon sud fut isolé dans toute sa hauteur par une cloison en planches, tandis que les ouvriers démolissaient la façade et la nef de la chapelle de l'évêché, élevée au commencement du xme siècle. Cette chapelle, dont les voûtes d'ogives avaient été détruites à l'époque moderne par un incendie, se composait de quatre travées droites et d'un chevet en hémicycle éclairé par cinq fenêtres. Ses contreforts à quatre glacis s'arrêtent sous la corniche, et ses baies géminées, surmontées d'un grand oculus, sont encadrées par deux colonnettes et par des archivoltes en tiers-point qui retombent sur un meneau central flanqué d'un petit fût. Après le dégagement du croisillon sud, la démolition de la chapelle a été provisoirement suspendue jusqu'à la signature d'une convention avec le propriétaire des caves creusées sous cet édifice. Sa façade reposait sur le mur de l'en-

ceinte gallo-romaine dont les moellons bruts sont reliés par un mortier de chaux, de gros gravier et de fragments de tuiles. On peut voir encore des débris du parement extérieur qui était formé de six rangs de petites pierres cubiques entre deux cordons de trois briques longues et minces. Ce mur, épais de trois mètres, pénètre dans le croisillon sud, à côté du portail Saint-Eutrope, entre le second et le troisième contrefort après le petit clocher méridional du chœur, à l'endroit où se trouvait la cage d'escalier qui conduisait à la chapelle de l'évêché.

La restauration extérieure du croisillon sud fut commencée dès le mois de juin suivant, car le soubassement et les contreforts étaient dégradés jusqu'à quatre mètres de hauteur. Les fenêtres basses furent débouchées tandis qu'on démolissait l'encadrement de deux portes, percées au xvme siècle, pour faire communiquer le transept avec les bâtiments et avec la cour de l'évêché. Au mois d'août, les ouvriers grattèrent le badigeon des voûtes reconstruites par Jean Masse en 1460. Avant la fin de l'année, les murs qui présentent de nombreuses crevasses étaient nettoyés jusqu'au glacis des baies inférieures. L'habile appareilleur, M. Bourdeaux, a reconnu que les pierres dures du soubassement et les fûts des colonnettes proviennent des carrières voisines de Compiègne, tandis que les assises tendres des parties hautes furent extraites du mont Saint-Siméon, entre Noyon et Salency.

Pendant l'été de 1899, la restauration de la première chapelle du bas côté sud, consacrée à Sainte-Luce et à Sainte-Marguerite et désignée aujourd'hui sous le nom de chapelle des Morts, s'est poursuivie régulièrement. On a réparé les piles qui soutiennent les nervures et les doubleaux, la piscine et les socles des arcatures, après avoir nettoyé les voûtes recouvertes de badigeon. Au mois de juin, la démolition d'un réduit voûté, adossé au mur occidental, qui renfermait jadis un sépulcre, c'est-à-dire un Christ au tombeau, donné par Pierre Isabeau, en 1497, a fait apparaître la tombe de ce chanoine; ses restes ont été inhumés dans un caveau qui se trouve au centre de la chapelle.

En même temps, les maçons creusaient la cave du nouveau calorifère dans la première travée de la galerie orientale du cloître qui avait conservé son remplage, protégé par une cloison de briques. Les fouilles ont fait découvrir des cercueils de pierre, avec emboîtement pour la tête, qui contenaient des squelettes et des vases en terre cuite percés de trous. En outre, on a constaté

que les fondations du bas côté nord descendaient à quatre mètres de profondeur et celles du croisillon voisin à 3m25. Pendant l'automne, M. Selmersheim fît déboucher l'ancienne porte du cloître qui se trouve dans l'avant-dernière travée du bas côté nord. Les travaux qui restent encore à exécuter, au mois de juillet 1900, comprennent la restauration du portail Saint-Eutrope et la reprise de la tourelle d'escalier du clocher méridional de l'abside. Dans le croisillon sud, les ouvriers vont supprimer la porte et la cage d'escalier qui conduisaient à la chapelle épiscopale, restaurer les arcatures, reprendre les lézardes, refaire les joints, déboucher les deux grandes fenêtres adossées à la dernière chapelle du bas côté sud et rétablir le chéneau et la balustrade au pied de la toiture. Enfin, le chœur de la chapelle de l'évêché sera démoli, un nouveau carrelage doit être posé dans la chapelle des Morts, et le mur crénelé du cloître sera réparé.

Ainsi, la cathédrale de Noyon, précédée par quatre autres monuments du vie, du vne, du xe et du xie siècle, a pu traverser huit siècles malgré deux terribles incendies et les nombreux sièges de la ville. Le chœur fut commencé vers 1135 et terminé vers 1160, le transept et les deux dernières travées de la nef devaient être achevés quand l'évêque Baudouin III mourut, en 1174. On employa le dernier quart du xne siècle à bâtir la nef, mais les travées qui s'élèvent sous les gros clochers, le porche et la tour du sud ne sont pas antérieurs au commencement du xine siècle, tandis que l'étage supérieur de la tour du nord est une œuvre du xive siècle. Incendié en 1293 et en 1316, réparé après ces désastres, ce bel édifice fut flanqué de chapelles latérales au xiv° siècle, en 1528 et en 1643. D'autres travaux de maçonnerie furent exécutés à la cathédrale de 1459 à 1462, en 1476, de 1722 à 1729, de 1747 à 1751, de 1843 à 1845, de 1851 à 1854, en 1859, en 1862, de 1869 à 1870, de 1874 à 1876, en 1899 et en 1900. On peut évaluer à 524,148 francs la somme dépensée par l'État, par la fabrique, par la ville et par le département pour les restaurations entreprises au xixe siècle sous l'habile direction de M. Verdier et de M. Selmersheim. Confiée depuis longtemps aux soins d'un architecte qui a donné tant de preuves de sa science archéologique, Notre-Dame de Noyon peut braver longtemps encore les injures du temps pour le plus grand profit de ceux qui voudront y étudier les origines et le développement du style gothique.

NOGENT-LE-ROTROU, IMPR. DaCPELEY-GoUVERNECR.

NOUVELLE ÉTUDE

SUR

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