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Lou/icr, del.
Coupe de la tour-lanterne.
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Cathédrale de Coutances.
Triforium de la lanterne.
CATHÉDRALE DE COUTAiNCES 15
compose de deux grandes arcades en tiers-point qui retombent, au centre, sur une colonne en délit. Leur archivolte, à boudin continu encadre un trèlle percé dans l'écoinçon. Cette galerie, ajourée par deux baies en tiers-point, forme donc une véritable claire-voie de style gothique normand. Celle qui la surmonte se répète dans les deux travées du croisillon : elle est encadrée, à l'est et à l'ouest, par des arcades jumelles plus élancées, inscrites dans une voussure en tierspoint, mais la fenêtre du fond est divisée par un meneau qui correspond à un trèlle. Des petits arcs trilobés permettent de passer à travers les piles.
Croisillon sud. — Dans le croisillon sud, les deux voûtes d'ogives, les deux claires-voies superposées avec leurs balustrades, le triplet méridional, la niche orientale qui renferme un retable du XVIIL" siècle, présentent les mêmes caractères, mais à l'ouest, une clôture élégante du Xi V" siècle, formée d'arcatures inférieures tréflées et gâblées et d'une fausse baie à remplage rayonnant, a remplacé l'ancienne fenêtre du Xlll'' siècle.
La chapelle méridionale, qui vient d'être soigneusement restaurée, n'est pas une addition, comme on pourrait le croire. Son chevet polygonal s'ouvre sur deux travées recouvertes de voûtes d'ogives à six branches. On y entre en passant sous deux arcades en lancette à trois tores, avec rainure dans la baguette centrale ; leurs retombées s'appuient sur une pile centrale llanquée de colonnettes et de chapiteaux à tailloirs ronds, comme les piles d'angle. Pour soutenir le mur de fond du croisillon, l'architecte fit appareiller deux arcs de décharge aux arêtes abattues : l'un deux encadre une baie rectangulaire, qui permet la visite du comble de la chapelle. Les huit branches d'ogives toriques de la petite abside à pans coupés sont très surhaussées, deux de ces nervures et le doubleau d'encadrement s'appuient sur des colonnes détachées du mur, comme dans les chapelles rayonnantes. Les
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quatre fenêtres en lancette du chevet, la piscine et l'armoire Irélh'es méritent d'attirer l'attention. Au sud, dans chaque travée, d'éléganles arcatures à trois lobes passent sous un triplet dont la baie centrale esttréflée.
Chœur. — Le chœur se compose de trois travées droites et de sept travées, qui forment les pans coupés de l'abside. Les deux premières voûtes d'ogives, qui semblent les plus anciennes, sont garnies d'un tore entre deux baguettes, et leurs clefs se trouvent reliées à celles du doubleau intermédiaire par unelierne de même profil, mais avec un filet sur les boudins. Les mêmes moulures décorent les nervures de la troisième travée et les huit branches d'ogives qui rayonnent autour de la clef centrale du chevet. Les doubleaux décrivent une courbe en cintre brisé, comme dans la nef.
Dans la partie droite, les piles sont cantonnées de dix colonnes et de huit colonnettes. A l'est et à l'ouest, deux colonnes, engagées dans le même dosseret. correspondent à deux arcs en tiers-point moulurés, reliés par des claveaux nus, comme on en trouve de nombreux exemples en Normandie au XIIL siècle. Les crochets des chapiteaux se recourbent sous un tailloir rond. Les arcs en lancette du chevet retombent sur des colonnes jumelles, comme à Saint- Etienne de Caen et dans les cathédrales du Mans, de Bayeux, de Lisieux et de Séez.
Au-dessus, la balustrade tréflée du triforium ajouré se compose d'arcatures à boudin continu dans la partie droite, et à colonnettes sur les pans coupés. En avant de l'abside, cette galerie est encadrée dans chaque travée par une profonde voussure en berceau brisé et par deux formerets. Ses arcades jumelles en tiers-point, dont l'écoinçon est percé d'un trèfle, viennent s'appuyer, au sud et dans la troisième travée du nord, sur une colonnette et sur un sommier garni d'un crochet. Les fenêtres géminées qui s'ouvrent dans le mur de fond sont identiqu<;s à celles du transept : un meneau
H. Lefèvre-Pontalis. phot.
Cathédrale de Coutances.
Claire-voie du chœur.
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les divise en deux panneaux. Un linteau trèfle surmonte au droit des piles les passages de cette galerie, recouverte de sept petites croisées d'ogives toriques dans le chevet, comme dans la nef de la cathédrale de Lyon. Au fond de chaque travée, à droite et à gauche, des baies en tiers-point, des colonnes tronquées soutenues par des culots coudés, servent de point d'appui aux formerets.
Il est évident que le chœur fut construit après le transept, comme le prouvent les bouquets de feuillages inscrits dans les trèfles de la claire-voie, les voûtes d'ogives de la galerie. la lierne de la grande voûte, les crochets plus épanouis des chapiteaux, mais les bases à tore aplati sont dépourvues de griffes, comme dans les croisillons.
Déambulatoire. — Ses deux galeries, de hauteur inégale, comme dans les cathédrales de Bourges et du Mans (1). sont séparées par douze colonnes et par des arcs en tierspoint aux angles abattus dans les travées droites, mais, dans le chevet, les claveaux des arcades présentent entre autres moulures un tore central cannelé. Les tailloirs, ronds comme les socles, et les chapiteaux à crochets portent trois colonnettes qui vont rejoindre les voûtes d'ogives à cinq branches toriques. Ces nervures et les doubleaux. qui présentent le même profll, retombent de l'autre côté sur une colonnette soutenue par un culot normand. Pour décorer la partie haute du mur qui correspond aux combles
(1) Le chœur du la calliéclralc du Mans, coininciicc' en l'ilS et consacré en 1254, est l'œuvre d'un maître de l'œnivre de l'Ile-de-France, qui éleva les chapelles rayonnantes, et d'un architecte normand, nommé Thomas Toustain, qui monta le déambulatoire, les travées et les voûtes de l'abside. Ce dernier a peut-être construit également le chœur de la cathédrale de Coutances vers le milieu du XIII'- siècle, car on observe de nombreuses ressemblances à l'intérieur entre les deux ronds-points, comme notre confrère M. Gabriel Fleury l'a parfaitement démontré, (-f. Rei'iie historique et (trchéologiciuc du Maiue, 1909, t. LX\', p. '2()5.
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de la seconde galerie, rarchitecte a plaqué des arcatures en tiers-point géminées, encadrées par un arc de décharge. Leurs colonnettes s'appuient sur des culots normands audessus d'un rang de petits quatre-feuilles en creux.
Au point de rencontre des travées droites et du chevet polygonal, trois colonnettes arrivent sous le cul-de-lampe à feuillages dune tourelle d'escalier qui forme des encorbellements garnis de trois rangs darcatures en tiers-point. On peut circuler sous la voussure en plein cintre des formerets doubles, à boudin continu, qui encadrent des fenêtres à meneau central, mais les. formerets voisins de la cage d'escalier sont en tiers-point, pour faire arriver toutes les lunettes au même niveau. Des linteaux trilobés surmontent les passages à travers les piles.
Au XIII^ siècle, la seconde galerie était Uanquée de neuf chapelles rayonnantes à trois pans; mais, vers 1375, la chapelle centrale fut rebâtie. Les trois voûtes d'ogives de sa partie droite, ornées d'un tore à filet central, précèdent deux nervures qui vont rejoindre des colonnes du XI IP siècle réemployées : sept fenêtres en tiers-point sont percées dans les murs. Au-dessus des autres chapelles et de la travée correspondante du second déambulatoire, six branches d'ogives toriques rayonnent autour d'une clef à feuillages ; mais les compartiments en blocage sont inégaux, à cause du tracé des voûtes. Les doubleaux intermédiaires partent d'une grosse colonne isolée et se bifurquent en Y pour retomber sur deux colonnes engagées.
Deux fûts en délit, étrésillonnés par deux arcs trèfles, reçoivent les deux nervures centrales de chaque chapelle, qui traversent la corbeille ronde du chapiteau pour prendre naissance sur un petit culot tangent à l'astragale, dans les chapelles voisines de Taxe, mais placé à 0"' 65 au-dessous du chapiteau, dans les deux premières. Les colonnes isolées, qui se trouvent au fond des chapelles, évoquent le souvenir de certaines traditions de l'architecture gothique champe-
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Cathédrale de Coutances.
Déambulatoire.
E. Chauliat. del.
Cathédrale de Goutances.
Colonne des chapelles rayonnantes.
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noise, comme les passages au niveau des fenêtres basses des chapelles rayonnantes dans les cathédrales de Bayeux et de Lisieux et à Saint-Pierrc-sur-Dives. Trois fenêtres en tiers-point souvrent sous les formerets toriques très saillants des chapelles du rond-point : les unes sont flanquées de colonnettes, les autres de culots normands sous des petits fûts tronqués.
Dans la partie droite du déambulatoire, les voûtes d'ogives ne sont pas ramifiées, et le meneau central des fenêtres correspond à un trèfle qui ajoure l'écoinçon. Au nord, une porte percée dans la première travée donne accès dans la sacristie, dont les nervures retombent sur une colonne centrale. Les deux voûtes d'ogives à sept branches de la salle capitulai re supérieure et les dix formerets surhaussés méritent dattirer l'attention. Cette construction fut collée contre le croisillon nord dans la seconde moitié du XIII" siècle, mais il est impossible de Tidentifier avec la sacristie, qui fut élevée sur uu terrain de lévèché. donné par Guillaume de Thiéville en 1341.
11 faut signaler dans les chapelles les charmantes piscines doubles tréflées. avec leur colonnette centrale, encadrées par des arcades jumelles en plein cintre; elles conservent quelques traces de leurs peintures primitives. Deux autels rectangulaires, du XIll'' siècle, ornés de cinq grandes croix rouges, et deux autres, soutenus par des petits murs ou des pilastres carrés, sont encore intacts, comme dans la seconde travée droite au nord, où la table recouvre le curieux tombeau, en demi-relief, d'un évèque du XIll'' siècle. Le prélat porte la mitre triangulaire, et ses pieds s'appuient sur un dragon. Hugues de Morville. mort en 1238, avait été enseveli à l'entrée du chœur, sous une tombe en bronze coulé qui fut fondue, en 1711. dans le moule de la grosse cloche. Au sud. dans la chapelle Saint-Joseph, une peinture du XIV" siècle représente une Vierge à rF]nfant. sainte Marguerite, sainte Madeleine, saint Jean-Baptiste, sainte
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Catherine et les donateurs, Jean de Chifîrevast. gouverneur de Valognes, et sa femme, qui fondèrent, le 2 mars 1381, les chapelles de Saint-Georges et de Saint-Christophe,
Vitraux. — La plupart des verrières, encore intactes, remontent au XI II'' siècle. Celles du croisillon nord représentent des scènes de la vie de saint Thomas de Cantorbéry, de saint Georges, de saint Biaise, et deux grisailles, exposées au levant, attirent l'attention par la pureté de leur dessin. Dans les fenêtres hautes du chœur, on voit des néophytes qui reçoivent le baptême, plusieurs miracles du Christ, r Annonciation aux bergers, l'Adoration des Mages, les Mages devant Hérode, l'Annonciation de la Vierge, la Visitation, la Nativité, la Vierge-Mère, la Crucifixion, la Mort de la Vierge, l'Assomption et le Couronnement de Marie. Les deux seules verrières anciennes des chapelles rayonnantes représentent des scènes de la vie de saint Marcou et de saint Lo. Au XVl*' siècle, l'évêque Geoffroy Herbert fit poser dans le croisillon sud un grand vitrail qui représente le Ciel, le Purgatoire et l'Enfer.
Façade. — Le portail central en tiers-point, malheureusement très mutilé, a perdu les bas-reliefs de son tympan elles six statues de ses jambages, encadrées par des colonnettes qui forment des arcatures tréflées. Deux arcs trilobés se détachent sur le linteau soutenu par un trumeau, dont la statue a disparu en même temps que les moulures de l'archivolte. Les portails latéraux, dont l'arc surbaissé remonte au XIII'' siècle, sont flanqués de longues colonnettes qui encadrent une fenêtre à meneau central dans l'axe du bascôté nord, sous une voussure en tiers-point finement moulurée; mais l'autre porte fut remaniée au XIV" siècle : elle est surmontée d une verrière à deux meneaux et à trois cercles, inscrite dans un arc en lancette de la môme époque.