‹ Collected papers (volume 4)Chapitre 13 sur 43 · L.i.'\ T'^-I'ontalis, phot · texte numérisé non relu

L.i.'\ T'^-I'ontalis, phot

Cathédrale de Coutances.

Tour du nord.

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hors œuvre aux anoxies de la l'açade, qui devaient s'arrêter sous les baies supérieures. Les marches reposent sur une moulure à décrochement. La décoration des deux tourelles carrées, qui forment de véritables petits clochers, n'est pas identique. Celle du nord présente, sur chaque face, deux, puis quatre arcatures en tiers-point; celle du sud, ajourée par des baies rectangulaires, est garnie sur chaque côté de quatre longues arcatures de la même forme.

Portail du bas-côté sud.

Jambage droit.

La restauration du portail de la façade percé dans l'axe du bas-côté sud a fait découvrir, au printemps de 1908, la colonnette nord-ouest de la cage d'escalier de la tour méridionale qui se trouve englobée dans la maçonnerie du jambage droit, derrière les colonnettes. Il faut en conclure que la partie basse de la façade est elle-même un collage contre des portes gothiques plus anciennes. Le décrochement des lits d'assises et la façon dont la balustrade, formée de quatre lobes, vient buter contre les cag-es d'escalier, en fournissent

Vi CATIIKDHALi: DE COUTANCES

d autres preuves. Les contreforts centraux furent ('gaiement rhabillés.

Au niveau d'un véritable pont jeté entre chaque escalier et le sommet de la façade, le plan extérieur de la cage se modifie et devient octogone. Les deux longues arcatures qui décorent chaque face s'arrêtent sous une flèche à huit pans. On peut ainsi monter jusqu'à la base des grandes flèches. Pour masquer la transition entre les deux plans, quatre clochetons carrés du type gothique normand, avec leurs longues baies en tiers-point, recoupées par des traverses, sélèvent aux angles. Des clochetons du même genre, qui dépassent la base des grandes flèches, donnent aux deux tours une silhouette très originale : leurs baies sont divisées par un long meneau raidi par six traverses.

Les crochets superposés de la corniche qui passe sous les flèches sont plus fins que ceux du bandeau sculpté sous l'étage octogone. Le style des clochetons de la flèche du nord est plus avancé que dans l'autre tour : je la croirais volontiers plus jeune.

Extérieur de la nef. — Le porche du nord, accolé à la première travée et recouvert de deux voûtes d'ogives toriques, fut ajouté après celui du sud, car son arcade est en lancette, et les bases de ses colonnettes s'appuient sur de petites consoles. Au fond, le portail en tiers-point, finement mouluré et flanqué de colonnettes, encadre la Vierge entre deux anges, qui se détache sur le tympan soutenu par un arc surbaissé.

L'arc en cintre brisé du porche méridional précède des voûtes d'ogives plus fines avec filet sur leur tore. Sous les formerets, les écoinçons de deux arcatures en tiers-point, dont les colonnes reposent sur des têtes mutilées, sont ornés de feuillages. Le portail conserve ses dix colonnettes et les tores de ses voussures : son tympan i-eprésente le Christ assis entre l'ange et les animaux symboliques, et le linteau

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est orné de treize rosaces, de feuillages et de fruits d'arum. Les arcs-boutants à double volée ne sont pas antérieurs au XIV siècle et leurs culées principales se couronnent de pinacles. Les culées du XIII'' siècle avec leurs arcatures en tiers-point forment les culées intermédiaires : elles sont amorties par un bandeau de dents de scie et un couronnement en bàtière. Au XIV" siècle, on avait projeté deux arcsboutants supérieurs, dont les amorces sont encore visibles sur deux culées voisines du croisillon nord.

Entre les cliapelles, des niches à dais rayonnants renferment, au nord, les statues modernes des Tancrède. Les anciennes statues du XIV"' siècle, au nombre de sept, ont ét('' reproduites dans l'ouvrage de Toustain de Billy. Les pignons des croisillons sont garnis de sept arcades brisées, de longueur décroissante, et les tourelles d'angle, octogones, avec leurs deux rangs de seize arcatures en tiers-point, se terminent par une tlèche de pierre.

Abside. — Des arcs-boutants épaulent la première galerie du déambulatoire et les voûtes du chœur : leur tète vient s'appuyer sur une colonnette engagée dans un retrait du mur. Les culées, flanquées de contreforts latéraux, sont amorties par deux rampants qui encadrent le trilobé d'une longue arcature. Quatre tourelles d'escalier carrées, du même type que celles du chevet à Saint-Etienne de Caen, s'élèvent sur les côtés de l'abside. Des colonnettes d'angle adoucissent leurs arêtes et leur ilèclie carrée à huit boudins repose sur une corniche à crochets. Les fenêtres latérales des chapelles rayonnantes s'ouvrent sous des arcs en saillie sur les angles rentrants, comme à Saint-Etienne de Caen et à la cathédrale de Bayeux. Un boudin continu, qui décrit une courbe en plein cintre, encadre les arcades jumelles, percées sous un trèlle dans la claire-voie du déambulatoire. Les baies hautes du chœur sont flanquées de quatre colonnettes qui reçoivent deux tores, et la cor-

niche se compose de petits quatre-feuilles creusés dans la pierre.

La tour-lanterne est tlanquée de quatre tourelles octog^ones. ornées de longues arcatures en tiers-point et de crochets superposés. Dans chaque pan, deux lancettes avec trèfle dans l'écoinçon viennent s'encastrer sous un arc brisé, et correspondent à deux petites voûtes d'ogives qui soutiennent la voussure du i'ormeret au-dessus des baies du second étage. Deux colonnettes sont engagées dans la pile centrale, et cinq dans les piles d'angle, où des crochets se détachent au fond des gorges verticales. On remarque des niches dangle au sommet des piles fortes. La plate-forme de la tour est bordée d'une balustrade du XI V'** siècle, à quatre lobes, qui repose sur une corniche à crochets.

Bibliographie. — Gallia Christiana. t. XI. col. 863 et Instr.. col. 218-283. — Mortet (Victor) : Textes relatifs à l'histoire de Varchitecture en France. ¥.)()%. p. 70 et 144. — Miracula ecclesiœ Constantiensis,^\ùÀ\ès par L. Delisle,dans la Bihl.de l'École des Chartes, 1848, p. 339. — Toustain de Billy : Histoire ecclésiastique du diocèse de Coutances, 1706, publiée par F. Dolbet pour la Société d'histoire de Normandie. 1874-1887. 3 vol. in-8». — De GerviUe : Détails sur l'église de Mortain et sur la cathédrale de Coutances, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. I, 1824, p. 142. — Gally-Knight : Relation d'un voyage archéologique en Normandie, dans le Bulletin Monumental, t. IV, 1838. — Delamare : Essai sur la véritable origine et les vicissitudes de la cathédrale de Coutances, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XII, 1841, p. 139. — Vitet : Sur la date de la cathédrale de Coutances, dans le Bulletin Monumental, 1845, p. 130. — Quenault (Léopold) : Recherches archéologiques sur la ville de Coutances, 1862. in-12. — Didier : La cathédrale de Coutances et l'architecture ogivale, dans les Mémoires de la Société de la Manche, 1864, p. 148. — Renault : Rapport sur une excursion archéologiqtie de Coutances à Granville, dans le Bulletin Monumental, 1872, p. 19.— Quenault (Léopold) : Nouvelles études archéologiques sur l'arrondissement de Coutances. dans les Mémoires de la Société Académique du Cotentin, 187."). p. 4").— Levé : Rapport sur certaines sculptures de la cathédrale. Ibid., 1877, p. 165. — Pigeon (l'abbé) :

K. LiM(>\Ti-lVnU:ilis. phot.

Cathédrale de Coutances.

Tour centrale.

Histoire de la cathédrale de Coutances, 1876, in-S». — Viollel-le-Duc : Dictionnaire raisonné de l'architecture française, passini. — Ramé (Alfred) : Cathédrale de Coutances, dans la Revue des Sociétés savantes, IHSO, p. iVt. — Dion (A. de) : Tours romanes de la cathédrale de Coutances, dans le Bulletin Monumental, 1884. p. 620. — Pigeon (l'abbé) : La catlœdrale de Coutances, d.a.ns La Normandie m.onumentale et pittoresque, Manche, t. I, 1899. p. 9:5.

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