ÉGLISE DE SAINT-NICOLAS
Cette église fut fondée du vivant de l'évoque Hugues de Morville, c'est-à-dire avant 1238, pour servir de paroisse aux fidèles qui se réunissaient dans l'ancienne chapelle de Saint-Nicolas, à la cathédrale. Au moment où cette chapelle fut démolie pour faciliter la plantation de l'abside gothique, les habitants refusèrent d'aller recevoir les sacrements dans l'église neuve de Saint-Nicolas que le chapitre leur avait fait bâtir. Le conflit se termina par un arbitrage en 1241.
Grâce au précieux livre de comptes de Thomas du Marest, curé de la paroisse dans le premier tiers du XV*" siècle, on sait que l'édifice, endommagé par le siège de 1354 ou de 1350, tombait en ruines à la lin du W\'^ siècle, malgré les indulgences accordées par Urbain V, en 1303, à ses bienfaiteurs. Les voûtes s'étaient effondrées. Les travaux de restauration durèrent dix-huit ans. La charpente fut refaite par Robert Tostain, en 1412 (1), la toiture en 1413, plusieurs piliers en 1414 par Jean et Perrin Mauger, maçons. Le 21 mai 1416, Guillaume Behuchet, maçon, et Richard Colibert, charpentier, se rendirent adjudicataires des réparations du clocher-porche. Après le siège de 1418, il fallut refaire la couverture du chœur en 1421. Les travaux postérieurs à cette date n'ont aucune importance. Les ressources que Thomas du Marest put réunir pendant la guerre de Cent ans étaient très précaires, et son registre renferme des détails bien curieux sur les dillicultés qu'il rencontra pour mener son œuvre à bonne lin.
(1) Une lettre de rémission pour Catherine de Montaigu, datée de mai 1411, prouve que l'église était en reconstruction à cette époque. Arch. nat., JJ. 165, n" 244.