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L'EGLISE DE CHATEL-MONTAGNE J

La voûte en quart de cercle des bas-côtés vient buter contre le mur de la nef au-dessus du triforium. Elle a dû remplacer des voûtes d'arêtes dont la clef ne dépassait pas celle des grandes arcades. Les doubleaux en plein cintre qui retombent sur deux longues colonnes dont les chapiteaux sont au-dessus des sommiers des grands arcs de la nef, comme à Chamalières-sur-Loire et à Chanteuges (Haute-Loire), portent un mur d'appui qui épouse la forme de la voûte. Si la voûte en quart de cercle, qui se rencontre fréquemment dans les églises cisterciennes et dans les édifices religieux bâtis au sud de la Loire, ne doit pas être regardée comme l'apanage exclusif de l'école auvergnate (1), il n'en est pas moins vrai que ce genre de voûte se voit au-dessus des tribunes de Notre- Dame du Port, d'Issoire, d'Orcival. de Saint-Nectaire, de Saint-Etienne de Nevers, de Conques en Rouergue, de Saint-Sernin de Toulouse et de la cathédrale de Santiago de Compostelle.

L'architecte qui suréleva l'église de Chàtel-Montagne a donc appliqué un système en usage dans les grandes églises qui se rattachent à l'école d'Auvergne. Bien qu'il ait renoncé à établir une voûte entre les bas-côtés et les tribunes en la reportant aussi haut qu'à Parthenay-le-Vieux (2), il a pu néanmoins épauler la voûte de la nef, ce qui était le point essentiel. L'éclairage direct du vaisseau central par

(1) Les bas-côtés sont également voûtés en quart de cercle à Châtel-de-Neuvres, à Ébreuil (Allier), à Artonne, à Biolet, à Glaine-Montaigut, à Montpensier, à Ris, à Saint-André-le-Coq, à Saint-Myon, à Thuret (Puy-de-Dôme), aux Anglards-de-Salers, à Lanobre, à Menet, à Riom-ès-Montagnes et à Trizac (Cantal).

(2) Cf. Choisy : Histoire de l architecture t. II, p. 205.

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des fenêtres hautes est le résultat d'une influence bourguignonne, comme à La Charité-sur-Loire, où ces baies sont également flanquées de deux arcatures, et à Saint-Étienne de Nevers. Les fenêtres en plein cintre des collatéraux furent élargies, car leurs piédroits portent la trace de remaniements et la naissance de leur archivolte coïncide avec le changement d'appareil déjà signalé.

La surélévation du transept et la reconstruction du chœur furent l'objet d'une autre campagne dans une période avancée du XIIe siècle. Un nouvel architecte monta sur la croisée une coupole sur trompes entre quatre arcs en tiers-point, après avoir relancé des pilastres à l'entrée du transept et du chœur et des colonnes en avant des croisillons. Du côté de la nef, l'arc en plein cintre antérieur se voit encore au-dessus de l'arc brisé : l'espace intermédiaire est rempli de blocage.

Les croisillons, qui ne dépassent même pas d'un mètre l'alignement des bas-côtés, sont recouverts d'un berceau brisé. Sur le mur occidental du croisillon sud, à quatre mètres au-dessous de la naissance de cette voûte, on voit très distinctement des amorces de la voûte primitive en berceau plein cintre, mais ces traces sont moins visibles dans l'autre bras du transept. La fenêtre en plein cintre percée dans chaque mur de fond fut surmontée d'un oculus quand on suréleva le pignon.

Le chœur, dont l'axe dévie légèrement vers le sud, est encadré par un arc en tiers-point qui précède un berceau brisé et une voûte en cul-de-four. Le doubleau intermédiaire retombe sur deux colonnes engagées qui partent du tailloir à palmettes de deux piles cylindriques

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