‹ Collected papersChapitre 43 sur 84 · ÉGLISE DE SÀINT-LEU-D ESSERENT · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SÀINT-LEU-D ESSERENT

arcs-boutants et la chapelle haute de l'abside, dont les tribunes furent transformées en triforium.

Nef. L'église mesure 71 mètres de longueur dans œuvre. 21 mètres de largeur, et ses voûtes s'élèvent à 27 mètres de hauteur. Son plan comprend un porche, une longue nef sans transept, deux bascôtés, un chœur et un déambulatoire entouré de cinq chapelles rayonnantes. La nef est voûtée d'ogives avec têtes et couronne de feuillages à la clef. Ses doubleaux en cintre brisé et ses nervures retombent sur les chapiteaux à crochets de trois colonnettes qui partent du tailloir des piliers cylindriques, flanqués de quatre colonnes. Les formerets toriques décrivent une courbe en tiers-point en s'appuyant sur deux petits fûts. M. Verdier a remplacé toutes les piles écrasées. La seconde et la troisième au sud avaient été reprises en sous-œuvre au commencement du XVIe siècle, comme la première au nord qui se distingue par son plan ondulé et ses quatre colonnettes en forme de poire. Le chapiteau voisin est copié sur l'original déposé dans la tribune du porche : on y voit des chimères affrontées, comme à Montataire. J'y reconnaîtrais volontiers la main du même artiste.

Les grandes arcades en tiers-point, revêtues de deux boudins, sont surmontées d'un triforium recou- ■ vert de dallés : le mur de fond est percé dans chaque travée d'un oculus entre deux fenêtres en tiers-point, suivant une disposition originale. Ses arcs de décharge en tiers-point encadrent trois baies de la même forme, qui s'ouvrent entre des colonnettes et des chapiteaux à crochets, comme à Hénm-Liétard (Pasde-Calais) et à Bagneux (Seine). Le meneau des

CD AEÏllTUTiON

E. Lefèvre-Pontalis, rest.

Eglise de Saint-Leu-d'Esserent.

Plan au XI siècle.

A. N'entre, del

Eglise de Saint-Leu-d'Esserent.

Plan au XIII' siècle.

Th. King, del.

Église de Saint-Leu-d'Esserent.

Travée de la nef et coupe du bas-côté sud.

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fenêtres hautes porte deux arcs brisés et une rosace à six lobes.

La double travée qui précède le chœur est antérieure à celles que je viens de décrire et postérieure au rond-point, comme le prouvent les bases perlées de ses colonnes, les crochets des chapiteaux, le profil des tailloirs dans les tribunes. Sa voûte d'ogives sexpartite se distingue par une clef ornée de feuilles et de fruits d'arum. Ses deux arcades en tiers-point retombent, au centre, sur une colonne isolée et. de chaque côté, sur une pile à douze colonnettes reprises en sous-œuvre par M. Selmersheim.

L'architecte qui a conçu le plan de cette travée avait formé le projet de bâtir la nef sur le modèle de celles des cathédrales de Noyon et de Senlis. 11 n'avait pas prévu que son successeur relèverait le niveau du dallage et il avait adopté le même type de tribunes que dans le chœur, c'est-cà-dire des baies géminées en tiers-point sous un arc de la même forme. Au XIIIe siècle, on les transforma en triforium, comme celles du sanctuaire, en montant après coup un mur de fond percé de petites fenêtres en tiers-point. Les baies supérieures en cintre brisé ne sont pas recoupées par des meneaux. La nef est pavée de tombes plates du XVIe siècle : le banc d'œuvre, qui appartient à la même époque, se fait remarquer par ses panneaux de feuillages, où se jouent des petits animaux, et par son dais à balustrade flamboyante.

Dans le bas- côté nord, les ogives garnies d'une arête entre deux baguettes et les doubleaux en tierspoint surhaussé retombent sur des faisceaux de trois colonnettes. Les fenêtres sont percées beaucoup plus haut que dans l'autre collatéral, à cause de l'ancien

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cloître: leur archivolte est formée par la pointe du formeret. Le tombeau de Renaud de Dammartin, chevalier du XIIIe siècle, est très mutilé. Dans le bascôté sud, il faut signaler une chapelle du XIVe siècle, voûtée d'ogives à tore aminci avec filet central et éclairée par deux fenêtres en tiers-point divisées par des meneaux, des arcs trétlés et des rosaces à six lobes. On y voit d'élégantes boiseries du XVIIIe siècle.

Chœur. — Le chœur est précédé dune travée droite voûtée d'ogives et adossée aux deux clochers de l'abside. Les huit nervures de l'hémicycle, garnies d'une arête émoussée entre deux tores, retombent sur une colonne posée sur le tailloir des six colonnes du rond-point, comme celles des formerets en tiers-point. Quatre colonnes, qui mesurent 0-80 de diamètre, sont appareillées, mais les deux autres fûts monolithes n'ont qu'une section de 0U150, comme à la cathédrale de Noyon et à Notre-Dame de Mantes. Les chapiteaux, dune véritable élégance, sont revêtus de feuillagesqui se recourbent au centre et aux angles de la" corbeille, véritables prototypes des crochets du XIIIe siècle. Viollet-le-Duc a dessiné celui qui est rehaussé de masques et de tètes d'animaux. Les bases à tore aplati sont reliées à leur socle par de larges griffes. Sept arcs en tiers-point, ornés de deux boudins, soutiennent les travées.

\u XIIe siècle, les baies géminées des tribunes s'ouvraient sous-le comble, comme à Saint-Étienne de Beauvais et à Saint-Évremond de Oeil, mais au XIIIe siècle, on appliqua derrière leurs arcades un arc de décharge surbaissé pour porter les dalles d un triforium limité par un mur de refend. La chapelle

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