PRIEURE
La place de l'église est bordée à l'ouest par nue belle maison de la Renaissance, ornée de tètes et éclairée par deux fenêtres à meneaux cruciformes. Le prieuré se trouvait au nord. On y entrait du côté sud par une belle porte en tiers-point du XIIe siècle, semblable à celles du porche de l'église et flanquée de cont reforts à deux colonnettes d'angle, comme la façade : ses trois rangs de bâtons brisés, suivis d'un cordon de grosses étoiles, retombent sur quatre colonnettes.
A l'ouest s'ouvre une curieuse porte fortifiée du XIV' siècle, dessinée par Viollet-le-Duc et couronnée par deux échauguettes avec encorbellement mouluré. Ses deux baies en cintre surbaissé sont encadrées par un arc en saillie percé de mâchicoulis à l'intrados.
Le cloître du XIIIe siècle, enlpartie ruiné, est voûté d'ogives avec arête centrale entre deux tores. Au nord et à l'ouest, chacune de ses travées se compose de deux arcades en tiers-point surmontées d'un oculus, qui retombent sur un fût isolé et sur deux colonnettes.
Bibliographie. — Graves: Précis statistique sur le canton de Creil, dans l'Annuaire de l'Oise de 1828, p. 284.— Woillez: Monuments religieux de l'ancien Beauvoisis. — Viollet-le-Duc : Dictionnaire d'architecture, t. II. p. 504; t. IV. p. 83, 290; l. VII. p. 384; t. IX. p. 281. — Pilian (Chanoine): Esquisse descriptive des monuments historiques dans l'Oise, p. ï42. — Lambin: L'église de Saint-Leu-d'Esserent, dans la Gazette des Beau.,-- Arts. 1901, p. 305. — Mûller (Chanoine): Senlis et ses environs, p. 288. — Cartulaire du prieure de Saint-Leu, publié par la Société historique de Pontoise. — Archives de la Commission des monuments historiques, t. I, pi. 26.
gO ÉGLISE DE VEZ
Vez.
EGLISE
La nef est recouverte d'une charpente du XVIe siècle dont les entraits sortent de la gueule de monstres, comme à Largny (Aisne) et dans beaucoup d'autres monuments religieux. Le bas-côté nord, ajouté après coup, communique avec la nef par des arcades ornées de moulures à pénétration, qui retombent sur des colonnes du XVIe siècle. Le chœur, dont le triplet en tierspoint s'ouvre dans un mur droit, est une œuvre du XIIIe siècle, comme l'indiquent sa voûte d'ogives à boudin aminci et ses chapiteaux à crochets. Sous le clocher latéral, on voit une voûte du même genre plus ancienne. M. Léon Dru, qui a donné à cette église trois tableaux du XVIe siècle représentant le martyre de plusieurs saints, a fait transporter dans la cour du château des fonts baptismaux du XIIIe siècle qui proviennent de Morcourt.
La façade conserve sa porte en tiers-point du XIIe siècle avancé, flanquée de six colonnes et couronnée d'un gable plein sous une fenêtre en plein cintre. Au nord du chœur s'élève un clocher de la seconde moitié du XIIe siècle. Ses baies en tiers-point, simples au premier étage et géminées au second, sont encadrées par des pointes de diamant et dépourvues de colonnettes, comme celles du clocher de Pontdron, que j'attribuerais volontiers au même architecte. Le bandeau central et la corniche qui passe sous la
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bàtière sont garnis de pointes de diamant. Le pignon du chœur, percé de trois baies en tiers-point, s'élève au-dessus d'une corniche ornée de crochets.
CHATEAl
Vez était l'ancienne capitale du Valois, voisine de la villa royale de Bonneuil : son château avait une réelle importance dès le XIIe siècle, comme la porte en plein cintre bouchée à gauche de l'entrée principale et les ruines d'un grand logis central avec tourelle d'angle en encorbellement suffisent à le prouver. L'importance stratégique de ce lieu, situé entre La Ferté-Milon et Pierrefonds, décida Louis d'Orléans à l'aire reconstruire le château à la fin du XIVe siècle. Son enceinte carrée, flanquée d'un donjon au nord-est. renferme une importante chapelle gothique et les ruines des bâtiments d'habitation. M. Léon Dru, qui avait commencé la restauration de cette curieuse forteresse, l'a léguée a l'État avec ses collections de tableaux et d'objets d'art.
L'unique porte s'ouvre au nord. Ses trois voussures en plein cintre sont encadrées par un arc de décharge en tiers-point masqué par une chambre du XVIIe siècle et ses deux tourelles à flèche conique en pierre sont bien conservées, ainsi que les encorbellements de la courtine.
Le donjon pentagonal. flanqué de cinq contreforts arrondis qui jouent le rôle d'échauguettes partant de fond, comme au château de Niort, se compose d'un grand rectangle divisé par un mur de refend et termine en pointe au levant, comme un donjon à éperon. Il faut
CHATEAl DE VEZ
le comparer à ceux deBourdeilles, près de Périgueux, de Beaucaire. de Clermont-Tonnerre (Gard), de Villeneuve-Loubet(Var).etdOudon.près de Nantes, bâtis sur le même plan. Sa cage d'escalier à pans coupés,
Donjon de Vez.
éclairée par sept petites baies, se trouve au sud du côté de la cour, mais on pouvait entrer également dans la tour par la courtine du nord et par celle de l'est, dont les mâchicoulis sont soutenus par des corbeaux à quatre
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Donjon de Vez.
CHATEAl" DE VEZ
boudins, comme ceux de la plate-forme du donjon. Viollet-le-Duc, qui Ta fort bien décrit en signalant le puits, les latrines et les cheminées, en donne une restitution avec la tourelle de guet primitive. Il a raison d'éclairer les deux pièces des quatre étages par des baies étroites, mais les nécessités de l'habitation firent élargir ces fenêtres, dont l'encadrement vient d'être refait dans le style du XIVe siècle, ainsi que le crénelage supérieur.
Au milieu de la cour, la chapelle, qui n'était pas voûtée, se termine par un chevet à trois pans, orienté au nord et épaulé par des contreforts. Les trois fenêtres en tiers-point sont primitives, mais il n'existait plus qu'une amorce du meneau de la baie centrale. On a rempiété ce bâtiment qui conserve des assises anciennes à mi-hauteur, des corbeaux profilés en doucines et une tourelle d'escalier polygonale : il a fallu reconstruire une salle basse voûtée d'ogives et les créneaux du chemin de ronde.
Le logis rectangulaire du XIIe siècle était tangent à la chapelle du côté sud, mais il avait été remanié ou rebâti au XIVe siècle, comme le prouvent deux cheminées de cette époque, au revers du mur oriental. Ses contreforts de l'angle nord-est et trois masques soutiennent une échauguette ornée de deux rangs de pointes de diamant, dont l'un se continue sur la face du nord. La flèche conique de cette tourelle fut refaite au XIVe siècle. A l'est, on voit un arc de décharge en plein cintre.
Un escalier à vis du XIVe siècle, qui renferme de nombreuses marques de tâcherons, donne accès à la courtine du sud et à celle de lest, flanquée de trois échauguettes rectangulaires qui reposent sur un contrefort semblable à une console en saillie.
6^ ABBAYE DE LIEl -RESTAURÉ
Au nord du château, il faut signaler le pignon en escalier d'un bâtiment du XIIIe siècle, épaulé par un contrefort central, et dans le village une tourelle d'escalier gothique au fond d'une cour.
Bibliographie. — Cartier: Histoire du duché de Valois, 1764, passim. — Laborde: Voyage pittoresque de la France, 1798, t. X. p. 81. — Graves: Statistique du canton de Crepy, dans l'Annuaire de l'Oise de 1843, p. 178. — Paillet: Notice historique sur Vez. 1857. — Viollet-le-Duc : Dictionnaire d'architecture, t. V, p. 93 et 130; t. JX, p. 191. — Chanoine Pihan : Les monuments historiques dans l'Oise, p. 501.
Abbaye de Lieu-Restauré.
Fondée par Raoul IV, comte de Crépy, en 1138, cette abbaye de Prémontrés ne conserve plus que la nef et le transept de son église, reconstruite en 1540 par l'abbé Antoine Claret et transformée en grange. Les deux travées de la nef sont voûtées d'ogives, et les moulures prismatiques des nervures, des doubleaux et des grandes arcades en tiers-point se relient aux dix-sept petits fûts de la même forme qui entourent les piles dépourvues de chapiteaux. Les fenêtres hautes, divisées par un meneau et par un remplage flamboyant, s'ouvrent au-dessus des bas-côtés voûtés d'ogives.
Le transept présente un type intéressant de croisillon, divisé par une colonne intermédiaire, suivant une disposition qui apparaît dès le XI1' siècle à Vignory et à Jumièges. On en trouve plusieurs exemples dans les environs à l'époque gothique, notamment à Saint- Jeanau-Bois. à Verberie. à Fresnoy-la-Rivière. et elle est