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ÉGLISE DE FRESNOY-LÀ-MVIBRE

très fréquente en Champagne au XVIe siècle. Le croisillon sud, dont la saillie était plus accentuée, conserve ses quatre voûtes d'ogives qui retombent sur deux colonnes isolées dans l'axe longitudinal du transept. Le chœur fut démoli pendant la Révolution, avec le cloître du XVIe siècle, adossé au bas-côté sud et voûté d'ogives.

La façade, flanquée de contreforts d'angle à cinq larmiers, est percée d'une magnifique rosace, dont le remplage gothique flamboyant se détache au-dessus d'un portail en plein cintre garni de crochets frisés et surmonté de trois niches. Au nord, on a bouché une porte latérale en anse de panier.

Bibliographie. — Gallia Christiana, t. IX, col. 502.— Cartier:

Histoire du duché de Valois, t. I. p. 458. — Graves : Statistique du canton deCrépy, dans l'Annuaire de l'Oise de 184:>.

FresnoY-la-Rivière.

La route qui descend la jolie vallée de l'Autonne passe devant l'église de Pontdron. Ce hameau, déjà cité dans un diplôme de Charles-le-Simple en 920 sous le nom de Ponte m Rodomi, conserve le souvenir de Ratumagus, qui devait se trouver dans le voisinage.

L'église de Fresnoy présente au nord une fenêtre du XIIIe siècle, mais elle fut entièrement rebâtie en deux campagnes au XVIe siècle: son chœur était terminé en 1560 quand on posa le vitrail de l'arbre de Jessé. Le plan de cet édifice se compose d'une nef qui englobe le clocher-porche voûté d'ogives, d'un bascôté sud. d'un transept divisé en deux vaisseaux par

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quatre colonnes isolées, comme au Lieu-Restauré, et d'un chœur à cinq pans. La nef, recouverte de fermes de charpente, dont les entraits se terminent par des gueules, est séparée de son bas-côté par trois arcades en tiers-point qui retombent sur des colonnes. Les baies latérales conservent leur remplage flamboyant, comme celles du transept surmonté de six voûtes d'ogives à nervures prismatiques qui atteignent la même hauteur.

Le chœur est recouvert d'une croisée d'ogives dans la partie droite et de deux nervures qui viennent buter contre le doubleau intermédiaire au-dessus du chevet, comme à Morienval et dans les culs-de-four nervés du XIIe siècle. Ses fenêtres, dont les meneaux portent des arcs cintres et des soufflets Renaissance sans redents, renferment des vitraux du XVIe siècle qui représentent un arbre de Jessé, des scènes de la Passion, le Crucifiement. Il faut signaler aussi la clôture en bois du transept, avec des têtes et des médaillons de la même époque.

La façade, habilement composée au point de vue de l'économie, présente un portail en tiers-point avec une statue de saint Jean-Baptiste et une petite porte en anse de panier sous le clocher qui occupe l'angle sud-ouest. Sous le grand pignon à un seul rampant qui va rejoindre cette tour, on voit une fenêtre à remplage flamboyant. Le clocher, fort bien bâti, épaulé par des contreforts d'angle à larmiers, est ajouré par des baies géminées inférieures en tiers-point et supérieures en plein cintre, dont les moulures descendent sur les piédroits. La bàtière, intacte, avec croix de pignon, s'appuie sur une corniche à rinceaux et prouve la persistance de ce type de toiture au XVIe siècle.

Au sud. les travées du bas-côté correspondent à des pignons, comme dans plusieurs églises de la Champagne. Les pignons du transept sont rehaussés de crochets et le décrochement des assises intérieures du collatéral et du croisillon sud prouve bien que ces deux parties de l'église ne sont pas homogènes. Le chœur est épaulé par quatre contreforts à trois glacis.

Morienval.

Le nom de cette paroisse doit dériver de la forme Mauriniane va/lis et non pas de Marne vallis, comme on l'a souvent répété. Carlier attribue sans aucune preuve la fondation de l'abbaye au roi Dagobert. mais Mabillon avait eu soin de dépouiller les archives du monastère, où il transcrivit un diplôme de Charles-le- Sirnple. daté de 920, qui confirme plusieurs domaines aux religieuses, avec l'église de Béthancourt. et qui mentionne des donations antérieures de Charles-le- Chauve. Le village, où se trouvait un atelier monétaire qui a frappé des deniers de ce roi, est cité en 870. 11 est donc probable que l'abbaye fut fondée au IXe siècle, mais son histoire est enveloppée d'obscurité jusqu'en 1122. Le 1er septembre de cette aimée, des clercs du diocèse de Séez. qui transportaient les reliques de l'évèque saint Annobert. mort au VIIIe siècle, s'arrêtèrent à Morienval, où ils durent abandonner la chasse dont ils avaient la garde. Vers 1130. des tassements dangereux entraînèrent la démolition du chevet de l'église du XIe siècle, qui fut remplacé

par un déambulatoire très étroit, puis on ajouta une chapelle dans le croisillon sud, à la fin du XIIe siècle. Au milieu du XVIIe siècle, l'édifice fut l'objet de travaux malencontreux qui avaient dénaturé son caractère, jusqu'au jour où M. Selmersheim a su lui rendre toute sa valeur archéologique.

Au XIe siècle, le plan de l'église se composait d'un petit narthex, d'une nef flanquée de bas-côtés, d'un laro-e transept avec deux absidioles et deux chapelles rectangulaires et d'un chœur en hémicycle précédé d'une travée droite. J'avais restitué ce chevet primitif en 1894, au point où les fouilles de 1900 en ont fait retrouver les fondations. Au dehors, cetteabside était décorée de six arcatures, larges de lm10 à lm30, qui retombaient sur des pilastres de 0m30. Son parement extérieur passait à 0m 18 en avant du socle de la colonne centrale du déambulatoire. Elle était voûtée en cul-de-four simple. Les fouilles ont également amené la découverte de deux cercueils de pierre avec ressaut sous la tête du cadavre : leur petit côté était percé et fermé par un tampon de pierre. Comme ces tombeaux étaient engagés sous les piles, à l'entrée du chœur, on peut affirmer qu'ils étaient antérieurs au XIe siècle.

La partie centrale du narthex est bien conservée, mais on a remanié sa voûte d'arêtes à l'époque moderne. Les quatre arcades qui l'encadrent s'appuient sur des piliers massifs et sur des tailloirs en biseau ornés de triangles en creux et de hachures en zigzags. Au XIe siècle, une tribune formée par la cage du clocherporche s'ouvrait sur la nef. Le narthex se prolongeait comme aujourd'hui, au nord et au sud: ses deux ailes, qui n'étaient pas voûtées, communiquaient avec les collatéraux. On en voit la preuve au sud, où deux

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