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ORIGINE DE LA MUTILATION

Considérons d'abord l'ensemble du portail au seul poinl

de vue architectural.

Il est d'une seule portée et possède, avec le portail de Chartres, la particularité de n'avoir jamais été séparé par un trumeau. Aucune trace ne permet de supposer qu'il fût précédé d'un porche ni même d'un simple appenti en charpente.

Il est en saillie, et son ornementation se prolonge sur les lianes. Malheureusement, il a subi de très nombreuses mutilations: en outre, il est caché en partie à gauche par le mur occidental du croisillon sud. et trop resserré à droite par un contrefort seulement éloigné à la base de 0n,69cm.

Quelques mesures approximatives donneront une idée de l'importance du monument, qui reste remarquable en dépit de toutes ses infortunes.

Hauteur totale, depuis le sol du trottoir .jusqu'à lapartie supérieure : environ 1-2 mètres l .

Hauteur de l'arc dans son axe : près de 1» mètres. Hauteur de la partie inférieure du linteau, avant la surélévation du sol : environ 'iIM.

1 Nous ne tenons pas compte des trois degrés à monter, car ils n existaient pas avant la Révolution. A cette époque, le sol de 1 église lut surélevé de 0-36 ». La porte en bois qui ferme le portail est datée ,1e 1696 : elle a été raccourcie par le haut, sans doute au moment des travaux donl nous venons de parler.

Largeur probable du portail, à son origine, c'est-à-dire avant d"ètre partiellement recouvert par le transept : 8 mètres.

Largeur de l'ouverture entre les deux piédroits, à pied d 'œuvre : lm~2ocm 1 .

Le tympan est composé de cinq pierres très sommairement jointes entre elles, et dans chacune desquelles une tigure est sculptée.

Sur le linteau, douze figurines apparaissent. La pierre étant trop courte, il a fallu la rallonger à chaque extrémité par une pierre également ornée d'une figurine.

Trois archivoltes en arc brisé ont leurs voussures garnies de 36 figurines occupant chacune un claveau. C'est selon un système qui fut usité presque partout jusqu'au xve siècle (2).

Les trois archivoltes reposent sur deux groupes de trois colonnes avec chacune desquelles fait corps une grande statue sous un dais à arcatures.

Des chapiteaux surmontés eux-mêmes d'arcatures et ornés de soixante-quatre petits personnages sculptés en plein relief forment un bandeau continu qui. partant des piédroits, s'enroule autour t\c> jambages.

Le soubassement est remarquable : il porte une série de cannelures profondes remplies par des godrons saillants •'! et est presque identique à celui de Chartres, quoique plus barbare. Il en existait également de semblables aux portails détruits ou transformés de Notre-Dame-de-Yaux (à Chàlonssur-Marne . de Saint-Germain-des-Prés à Paris), de Nesle-

(1 Nous ne savons pas comment .M. Gabriel Fleury a trouvé 2" 40 cm Ouv. cité. p. 46, note . I.'écartement des piédroits en sa plus large ouverture, c'est-à-dire au-dessus des soubassements, est de 2"joii Ouant à la largeur de l'arc tout entier, qui équivaut à la largeur du tympan et du linteau, elle atteint 3™ 03 cm. — D'une comparaison l'aile par M. Fleury il ressortirait que le portail d'Étampes est le plus étroit de la série que nous étudions. M. Fleury a relevé 3 mètres d'écartement au Mans et à Saint-Ayoul. o » 38 cin à Chartres, et 5 m 1060 à Angers. Le fait a son importance.

■1 Viollet-le-Duc. Dicl. arclt.. t. !. p. .VI : t. VII, p. 131.

■< Vous avons découvert dan- les étages supérieurs du clocher de l'église Saint-Basile d'Étampes façades intérieures plusieurs pierres ornées de semblables cannelures, mais très irrégulièrement. Leur imperfection les a probablement fait écarter de quelque construction, et on les a utilisées beaucoup plus tard en érigeant ce clocher qui. avec son église, ét.-iii la propriété du chapitre de Notre-Dame,

la- Reposte, ; de Saint-Gilles du Gard très allongées), et, en Italie, à Barletta, au portail de l'église SainÇ-André I .

Un bandeau de feuilles d'acanthe en retroussis encadre les voussures. Un autre plus étroit domine les chapiteaux ;

h ii troisième plus large s'étend horizontalement sur toute la largeur du portail, sous la rangée de modillons qui couronne le tout. Treize modillons sont seulement visibles aujourd'hui,

il- (levaient être au nombre d'au moins quatorze à l'origine. Ils représentent des têtes diverses, hommes grimaçants, lions, démons. Leur sculpture est d'un art intérieur qui contraste avec celle «les autres parties du portail dont le caractère primitif esl relevé par une indéniable distinction 2 .

Au dessus de l'archivolte, a droite et à gauche, deux grandes figures d'anges en mince relief ornent une grande surface qui sans eux serait plane et nue. Tournés vers l'axe (lu portail, ils portent comme une offrande deux vases sans art, en réalité deux grandes écuelles [3 . heurs pieds sont disgracieusement alourdis par de gros patins qui par bonheur sont mal vus du spectateur ordinaire, et qui ne figurent pas comme on pourrait le suggérer des nébules ou petits nuages mal dessinés.

A l'angle gauche, le seul subsistant, sont deux colonnes superposées. La supérieure est ornée d'une statue semblable aux six autres grandes statues des jambage- : son chapiteau se trouve rationnellement orné par le motif corinthien de la frise qui continue le tour du portail.

Le mur occidental du croisillon sud. qui recouvre une partie du portail, en cache 0m 88'm à la base : il recouvre un fragment intéressant des chapiteaux, sur une longueur de i»m 75om, outre les quelques centimètres qui faisaient retour sur le chapiteau d'angle. Il est à noter que l'ange de l'extrados qui aurait dû disparaître presque tout entier dans le même ensevelissement, a été adroitement laisse à la vue par une niche peu profonde ménagée dans le mur du transept : mais il doit surtout d'avoir été sauvé grâce au retrait que -mini ,,. mur au furet à mesure qu'il s'élève, de sorte que le portail

I Voir ci-dessous, p. ii. note 1.

■2 M. Albert Mayeux nous a suggéré que ces modillons pouvaient appartenir à l'époque de la fortification de l'église.

:( On connaît des coupes el lampes d'église byzantines anciennes, tics riches, qui onl exactement cette Forme,

egl en somme moins caché à sa partie supérieure qu'à sa base. Il est même possible que, lors de la construction du croisillon, le mur tombait droit ; et peut-être qu'une petite niche ménageait la vue des chapiteaux ; le mur aurait été renforcé par prudence, mais au grand détriment de l'effet, plus tard, à une époque peu soucieuse des sculptures.

En résumé, si Ton veut bien ne pas tenir compte du fâcheux accident arrivé au portail, on admirera tout de suite la belle coordination de ses éléments, l'élégance de ses proportions et la sveltesse de sa forme élancée. A considérer seulement ses grandes lignes, on songe à une œuvre du \me siècle.

Matériaux. — Le portail est construit en pierre du pays, analogue à celle de Berchères qui a servi pour la cathédrale de Chartres : cette pierre, notamment dans les soubassements, est une meulière de Beauce à lymnées, calcaire siliceux d'un caractère franchement étampois ou stampien. Il faut faire exception pour les statues et autres parties finement sculptées qui sont en calcaire grossier à miliolettes provenant de la région parisienne (1 .

Mutilation. — La sculpture n'est pas moins intéressante que l'architecture, quoique ses regrettables mutilations ne permettent pas toujours de l'apprécier comme il faudrait. Il faut l'imputer aux Huguenots de 156-2, dont la randonnée a laissé de si tristes souvenirs dans une grande partie de la France. En novembre de cette année, Condé et son armée arrivèrent à Étampes. Quatre mille reitres allemands les accompagnaient. Condé partit au bout de quelques jours, mais il laissa les reîtres dans la ville, sous les ordres de Duras dont les cruautés sont célèbres : ils y séjournèrent durant six semaines. Le départ des protestants fut une délivrance : leurs sacrilèges nécessitèrent une cérémonie expiatoire qui devint annuelle et qui se perpétua pendant plus d'un siècle 2 .

Sur ces événements, nous -même avons relevé le passage suivant dans un manuscrit des archives communales d'Ètampes. connu sous le nom de Rapsodie, écrit dans la

1 Ces renseignements nous ont été confirmés et complétés par M. Georges Courty, géologue attaché au .Muséum d'Histoire naturelle, qui a spécialement étudié les terrains de la région étampoise.

2 Fleureau, p. 238 - 23!» ; — Henri de la Bigne, Y Abeille cTÉlampes, mars et avril 1870,

deuxième moitié du xviie siècle, par Pierre Plisson, avocal ,,,, bailliage de cette ville: «... Les hérétiques huguenots, lesquels bruslèrenl la châsse, les chaires de la «I (ite église. rompirent les images, abbatirenl les orgues, bruslèrenl les

livres...» etc. (1).

J'extrais encore quelques phrases perdues dans une lettre de Jérôme Lippomano, ambassadeur vénitien en France

durant l'année 1577 :

„ Le 18 nous dinâmes à Ëtampes... . La ville esl grande, quoiqu'elle ne s'étende pas trop en largeur; sa longueur esi d'un mille. Mais elle esl dévastée el ruinée parla rage des huguenots; on voit l<is églises, les tours el les autre- édifices démantelés. Il esl de même de toutes les églises de cette partir de la France, depuis Étampes jusqu'à Orléans, o l

En 1793, les Marseillais ou Parisiens «le passage aussi plusieurs sans-culottes Étampois, commirent dans les églises et sur les monuments des dégradations parfaitement connues et stipulées: bris des châsses et du buste d'un comte d'Étampes, mutilation d'une tête de François Ier. Le peuple simpliste mettant toutes les dévastations au compte des derniers venus, impute aux Révolutionnaires les méfaits des Protestants. L'erreur nous parait évidente (3 . <>u sait

I La Rapsodie sera publiée incessamment par les soins de M. Charles Forteau dans les Annales de la Société archéologique du Gâ- I in ois.

(2) Documents pour servit à V histoire de France. Les ambassadeurs

Vénitiens.

! Il ne parait pas que la Révolution ait eu également clans toutes les petites ou moyennes villes de province le même caractère destructeur et antireligieux. On peut en juger par la quantité d'objets religieux qui ont survécu intacts. Les statues de Chartres et de combien d'autres cathédrales n'ont pas été touchées. A Etampes même. un grand nombre de statuettes anciennes ornent encore nos églises. Sans doute quelques énergumènes ont fait beaucoup de bruit, mais ils ne furent ni approuvés ni suivis par la masse de la population qui les subissait seulement et resta calme. L'étude récemment publiée par notre collègue M. Félix Herbet nous a confirmé dans notre opinion

Fontainebleau révolutionnaire, Annales de la Société archéolog. du Gâtinais, 1901 . D'ailleurs, d'après le témoignage reçu par nous-meme de personnes âgées, le portail de Notre-Dame d'Etampes a ete entièrement recouvert de plâtre, même ses grandes statues ; si le fait est exact nous ignorons quand la mesure fut prise, mais que ce soit avant ou pendant la Révolution, son résultat préservateur est certain

Voir sur le même sujet notre étude, Le tympan sculpte de l église Saint-Pierre d'Étampes, p. 3 . Aussi chacun connaît 1 exemple du

portail d'Autun emplâtre au temps de Voltaire.

que dans toutes les villes où les Huguenots oui pu pénétrer, ils se sont acharnés à détruire les statues des portails 1 . Afin d'établir nettement les responsabilités des Huguenots et des Révolutionnaires. M. Emile Mâle suggérait dernièrement d'établir les statistiques séparées des destructions commises par les premiers et par les seconds 2).

Le linteau est la partie du portail qui a le plus gravement souffert : ses figurines et les deux voisines de celles-ci ont été presque nivelées par les coups. Les personnages du tympan ont failli subir le même désastre; la différence n'est pas grande. Les iconoclastes ont dû trouver le travail pénible, grimpés qu'ils étaient sur des échelles ou des échafaudages, car leur fureur s'est ensuite contentée de décapiter les trente-six personnages des voussures. Ils ont brisé' quelques fragments de corps ou d'objets, mais heureusement certaines parties survivent avec toute leur délicatesse précieuse de détails.

Les chapiteaux ont relativement peu souffert : le temps et la poussière ont surtout obscurci les scènes évangéliques qui s'abritent presque intactes sous leurs dais dé pierre ajourée. Néanmoins tous les personnages dont quelqueslins sont exquis de mouvement, ont subi une décapitation faite en règle et avec précision.

Les grandes statues ne possèdent plus ni tête ni pieds: la plupart des mains subsistent, tenant encore des objets parfois très mutilés. Il faut déplorer les visages expressifs disparus, les couronnes qui désignaient les monarques et les autres accessoires emblématiques brisés. Le massacre barbare et inutile chagrine l'artiste et trouble l'iconologue dans sa tâche 3). Le malheur est irréparable.

Ce mot nous fait penser que nous devons encore nous estimer très heureux, car le portail a échappé par manque de fonds à la restauration qu'on voulait lui faire subir vers 18K> et qu'on réclamait encore des ministres après 1860 '< .

I Sur les motifs qui guidaient les Huguenots daas leurs destructions de statues, voir ci-dessous, p. 35.

•2 L'Art religieux au XIII' siècle, p. il3, note.

3 Comment faire les constatations liabituelles sur le type crânien des modèles ayant servi aux artistes? Comment savoir s'ils étaient dolichocéphales ou brachyrépliales. puisque les cent vingt personnages ont été impitoyablement décapités.

4) Le portail roman de l'église Saint-Basile a été refait en grande partie en 1842, sous prétexte de restauration, et nous avons là une

Polychromie et dorure. - Tous les grands portails décorés de la région du nord de la France ont dû être recouverts de peinture el de dorure, sinon à leur origine, du

moins pendant quelque période de leur existence peu lointaine de celte origine. On a retrouvé des traces de peinture à Châteaudun 1 . à Chartres, à Angers, à Bourges, etc.

En ce qui concerne Étampes, Daniel Rainée, qui nettoya les chapiteaux en 1835, découvrit c< des peintures aussi fraîches que si elles venaient d'être appliquées ;2 ).

Nous-mème, en brossant quelques figurines des chapiteaux dont les profondes fouillures étaient entièrement bouchées par la poussière, avons fait tomber beaucoup d'une poudre 1res claire, jaunâtre, qui doit être en partie composée de très fines fécules: mais certains nimbes sont encore à l'heure actuelle recouverts par places d'une dorure éclatante, et du bleu teinte plusieurs vêtements de femmes.

Dans le tympan, il existe encore du bleu indigo très vil faisant le fond et de la dorure sur les nimbe- 3 .

Quant aux grandes statues, nous avons acquis la croyance qu'elles furent jadis entièrement dorées. Nous les avions regardées pendant des années sans découvrir sur elles aucune trace de polychromie. Enfin un soir, nous étions monté sur une échelle pour étudier les chapiteaux, et le soleil couchant dardait ses rayons adoucis sur David, Salomon et la reine de Saba, quand nous fûmes surpris des reflets métalliques, des tons cuivrés qui apparaissaient sur les parties des statues restées les plus polies et les moins voilées par les poussières, par exemple sur les cous, sur les bras et les mains \ . Depuis ce jour, nous avons souvent vérifié le l'ail

idée du nouveau cataclysme qui attendait le portail de Notre-Dame si des sommes très importantes n'avaient pas été réservées à des travaux plus urgents.

1 Hisl. de l'Acad. roy. des Inscr. el Bel. Let.. t. IV. 1736, p. I*s.

2 Ouv. cité, p. 202-203 ; — Voir aussi Montrond, ouv. cité, 1. 1, p. 59. ;; D'après M. Gabriel Millet, le bleu et l'or harmonisés était une

vieille tradition héritée de l'Orient Hisl. de l'Art, t. I, p. 286). Pour M. Era. Mâle, l'emploi du bleu ost le résultat d'une pénétration byzantine. [Ibid., t. I, p. 780-nSI.

i M. G. Sanoner a fait à peu près les mêmes observations que nous au sujet des couleurs. Toutefois il ajoute : « On remarque aussi sur les vêtements de plusieurs personnages des touches d'ocrés jaunes ou bruns : mais nous n'avons pas vu ici de vert clair, cette couleur si communément employée et qui est d'ailleurs (notamment à Senlis. Angers. Saint-Aubin, etc. si parfaitement conservée. » Revue de l'Art chrétien, 190:^. pp. 225-231).

dans des conditions différentes d'éclairage, et nous croyons m' plus pouvoir douter que les statues ont été ;'i un certain moment dorées entièrement. Il ne Paul pas être trop surpris que les visages eux-mêmes aient été recouverts d'or : dans 1rs miniatures du \ir siècle, Dieu le Père est parfois représenté avec les mains el le visage dorés l .

A quelle époque ces statues furent-elles recouvertes de dorure? Pour notre part, nous sommes porté à croire que ce fut dès leur origine En effet, la polychromie tout au moins étail déjà d'usage courant pour les images sculptées dans le premier quart du xn* siècle 2). Quant à la dorure, nous avons l'exemple formel d'une statue de la Sainte-Vierge sur la façade de la cathédrale de Chartres que le donateur Richer, archidiacre de Chàteaudun, avait voulue • convenablement dorée entre ]|-2H et 1149 3 . Si les statues du portail de Chartres furenl ornées d'or quand elles étaient encore neuves, nous ne pouvons pas douter que le> statues d'Étampes aient reçu dans le même temps la même parure. Il est nécessaire aussi de tenir compte de la question de préservation de la matière : la pierre employée était très tendre, el les constructeurs de l'époque devaient être en mesure de prévoir la nécessité de la revêtir.

Enfin pour qui a étudié l'iconologie du \n" siècle, il est absolument certain que la couleur jouait alors un rôle considérable dans la symbolique des images. La compréhension de celles-ci fut considérablement simplifiée par les couleurs expressives el parlantes comme la forme et la sculpture elles-mêmes. Oui restituera à nos vieux portails leur couleur primitive pour nous les rendre tout à fait intelligibles?

Instrimkms de mi sioi t.. — Un exemple du tort que nous cause la disparition de |,-i peinture se présente pour des

l Ifs. français 103, Bibt. nat.. etc.

•J Nous le «avons par une phrase de S. Bernard : « Vous montrez un»- magnifique figure de saint ou de sainte, et plus le personnage est barbouillé, plus il est révéré. » Ceci* est extrait d'Apolof/in qui fui • crit vers 1124. — Voir aussi, sur certains règlements anciens concernant la polychromie des statues. llisl . de Philippe-Auguste, par Capeligue, t. IV. p. 360 : llisl. di' Saint- Louis, par de Villeneuve-Trans, t. III. p. 543; — Cf. Abhé linlteau. Monographie de la cnlh. dp Chartres, 2- éd.. 1888, p. 79-80.

V Cartul. dt> Sotre-Dume de Chartres, t. III, p. 20 — A citer encore cette parole de S. Bernard : « ... L'Église couvre dur ses pierres, el laies*- ses lit- <ans vêtements. » Apologia .

instruments de musique variés rjno tiennent dans leurs mains les personnages des voussures. [Nous avons essavé d'identifier ces instrumenls. La lâche esl rendue difficile par la pelilesse des objets : ils oui beau être taillés avec minutie, il esl impossible de connaître leur forme avec certitude, à cause de i.i façon donl ils sonl présentés. Mais encore, le sculpteur avail laissé au peintre le soin de marquer les cordes el probablement d'autres détails encore : or, en disparaissant, les couleurs onl emporté avec elles toute trace de ces utiles particularités.

Faisons donc nuire deuil de la peinture el contentons nous des formes. Duranl le xnc siècle, les formes ellesmêmes variaienl infiniment pour une même classe d'instruments : pourtanl la fantaisie qui se glisse souvenl dans les œuvres de- sculpture el complique encore les difficultés de l'identification ne paraîl pas avoir sérieusement altéré les spécimens sous nos yeux.

Quoi <[n*il en soit, voici le résultat de nos observations :

Pour deirx instruments, pas de doute. Ce sont <les harpescithares dune belle préservation, el l'une d'entre elles esl jouée I .

La catégorie l;i plus nombreuse réunil une série d'instruments égalemenl bien distincts îles autres. .Nous les voyons à fonds bombés, sans éclisses, avec «les ouïes nettement creusées en fractions «le cercles. Comme il n'y ;i pas Irace avec eux d'archets, on esl tenté de les assimiler à des lullis

ou à des mandores, instruments à cordes pincées. Mais l'extrémité <l«'s manches, c'est-à-dire les chevillers, ne se

rejetant pas en arrière en formant un angle, «•« ie c'est

toujours le cas dans la classe «les luths, nous sommes bien obligé de les mettre dans la catégorie des vièles, à moins d'admettre une grande imperfection de la sculpture. Les cordes n'étanl pas marquées, l'hésitation s'étend entre la lyra, le /•<*//,•-• ci la vièle proprement dite. Je crois plus volontiers au rebec ou rebèbe, à cause de la (aille «les instrumenls, à cause de la longueur «les mamdies. e| à cause des caisses

«le résonnance qui paraissent être à fond bombé, comme

1 «in ilonnail le nom de harpe ri de cythare au même instrument

Laurent Grille t. tes Ancêtres du violon ci du violoncelle, 1901 : voir

aussi les études de MM. de Florival el Jacquot, dans le Bulletin </<•

lu réunion <h's Sociétés des Beau r-Arts des départements à la Sorbonne.

L882, .'In / Pion.

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