‹ Collected papersChapitre 74 sur 84 · XVI, I · texte numérisé non relu

XVI, I

Les textes canoniques sont dune très précis : quand les femmes arrivèrent auprès du tombeau, la pierre avait été enlevée, mais elle ne l'avait pas été par Jésus ; S. Mathieu l'affirme à son tour : c'est l'Ange du Seigneur qui avait renversé la pierre XXVIII, l, 2). Au Moyen Age, cette version étail la seule admise. Jacquesde Voragine le proclame : - La résurrection du Christ eut lieu sans que le sépulcre

s'ouvrît. • I

Si donc le Maître d'Elainpes a représenté le sarcophage fermé, clos comme s'il n'avait pas été ouvert, c'est qu'il a tenu à affirmer formellement le fait, en dépit de l'inexactitude flagrante dans laquelle il allait tomber par ailleurs. Pour lui, en effet, le point essentiel, le l'ait grave", l'acte miraculeux n'était pas que l'ange eût enlevé la pierre, mais que Jésus-Christ fût sorti du tombeau sans soulever le couvercle -2 .

Au XIIIe siècle, les artistes furent guidés par des idées autres: on pourra comparer. Même en restant dan-- le \w siècle, nous pouvons trouver des œuvres où l'esprit de transition est parfaitement marqué 3 .

1 Légende durée, cliap. LUI, Trad. Téod. de Wyzewa, p. 202.

2 Ces particularités sent, croyons-nous, tout à fait nouvelles, et c'est pourquoi nous avons insisté. Leur importance d'ailleurs n'échappera à personne.

M. Emile Mâle a expliqué les œuvres du xiir siècle donl L'exécution est totalement différente. Ouv. cité, pp. 229-230.

o Dans les chapiteaux du portail nival, à Chartres, sainte Madeleine se trouve séparée du tombeau par un court espace, d'ailleurs simplement à cause de la disposition architecturale. Elle porte un vase de parfum. Le tombeau est ouvert, et la pierre est rejetée en arriére selon le texte évangélique : le suaire pend sur le rebord du sarcophage. Deux soldats dorment sous le tombeau.

A Saint-Gilles du (ianl. à Arles bas-relief du cloître . à Ueaucaire

— is -

En somme, La formule étampoise im la scène des Femmes au tombeau doit être rare. Bile ae paraît pas être non plus très antique. ].<■ seul autre exemple semblable antérieur que no ii- connaissions «laie de la fin du m" siècle, el est Italien. Dans une miniature d'un bréviaire du Mont-Cassin, écrit ver-- 1099 el conservé aujourd'hui à la Bibliothèque Mazarine, nous croyons distinguer le tombeau parfaitement clos I . Le cas es! exceptionnel. Ordinairement, dans l'Antiquité, en ( Irienl (m en Italie, le tombeau du Christ n'a pas la forme d'un sarcophage; il a l'aspecl d'un petil temple'ou, si l'on préfère, d'une petite chapelle assez semblable aux beaux caveaux de famille de nos cimetières modernes. <>r. dans la scène en question, les portes en sont toujours ouvertes ou brisées quand les Saintes Femmes se présentent, el parfois même l'Ange esl assis sur un des battants -1 .

fi-ise de Notre-Dame . et à Modène chapiteau du Musée , la combinaison est Ires curieuse: le couvercle est posé bien exactement audessus ùe la cuve, comme si le tombeau n'avait pas été ouvert, mais avec ce détail contradictoire que le suaire abandonné s'échappe, pendant, par le joint parfois imperceptible qui lie le coffre au couvercle. A Modène, où le sentiment de la scène étampoise est d'une certaine façon plus ostensiblement marqué, une des Saintes Femmes est couchée de tout son buste sur le couvercle Image reproduite par Mâle, Revue de l'Art ancien et moderne, août 1907, p. s: . A Arles, le suaire tombe extrêmement bas, et. au centre du couvercle est un amas de pierres au milieu duquel est fichée une croix aujourd'hui mutiler. — A Toulouse chapiteau de la Daurade . le tombeau est franchemenl ..uvert.il n'a plus de couvercle: la Sainte avance la main vers le centre de la cuve vide où reste seulement le suaire dont les deux extrémités pendent extérieurement sur les bords. Dans une scène différente, sur un autre chapiteau de la même série, le tombeau est encore représenté avec une disposition presque identique. Mais il est utile de dire que ces scènes l'ont suite à une Résurrection dans laquelle Jésus est montré enjambant le bord de la cuve grande ouverte comme si c'était une baignoire. — A Saint-Gilles et à Arles, comme à Chartres, il y a des gardes endormi-. On vit combien la donnée symbolique d'Etampes a été changée.

On signale encore la scène des Femmes nu Tombeau ou une Résurrection (?), à Avallon, a Mozac-du-Puy-de-Dôme Voir limai;. ■ dans Enlart. Manuel, t. I. p. 390.

Voir aussi P. Cahier. Nouveaux Mélanges, pp. 2'i et 33.

1 Image dans Emile Bertaux, VArt <l<ms l'Italie méridionale, Paris, 1904, t. I. p. 209.

2 Voir plusieurs images dans liuhaul de Fleury, l'Évangile, t. il. pi. XCII. XCIII. XC1V. et tout le texte du chapitre CL VU, p. 273. — Voir aussi Pératc, Archéologie chrétienne, p. IV».

Cliché I. - ï C 1 1 -r . r.EI-fcvni .

Planche extraite de la Revue rie l'Art chrétien.

Ai. m s Dr.i (XIIe siècle).

Portail royal d'Étampes Grand portail méridional de l'église Notre-Dame .

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