‹ Collected papersChapitre 76 sur 84 · IM. V · texte numérisé non relu

IM. V

Agnes Dei XVIe siècle).

Retable de la chapelle de la Bourgonnière, à Bouzillé.

Planche extraite de la Ueoue de l'Art chrétien.

tées avec un p l'ampleur ont apparu en même temps cl

dans 1rs mêmes lieux que les premières scènes de Résurrection, c'est-à-dire dans le Languedoc el la Provence I . Évidemment le Midi de la France, — donl l'indépendance d'esprit n'esl pas douteuse, en face des crises multiples d'hérésie, — a l'ail preuve d'une liardiesse extraordinaire. M. Emile Mâle qui a constaté comme nous le résultat, en impute la cause à l'exemple des spectacles dramatiques qui auraienl suggéré de nouvelles idées aux sculpteurs 1 .

En toul cas, nous trouvons une Résurrection et une Ascension à Toulouse, côte à côte sur les chapiteaux de la Daurade vraisemblable ni sculptés entre 1140 el 1100 environ. Cependant des chapiteaux sonl des objets de dimension el d'importance restreintes; on ne saurait en dire autanl du tympan de la Porte Miégeville, à Saint-Sernin de Toulouse qui nous parail bien être la première scène d'Ascension de grande dimension el occupant une belle place '■> : elle ne doit pas être antérieure à L180 \ . Sur un tympan de San Isidro, à Léon, il existe aussi une scène d'Ascension, composée suc une autre formule, plus franche d'ailleurs, qui doil dater à peu près des confins des \n" el xiiï siècles. Dans le cloître d'Arles, il existe également une Ascension traduite «l'une façon assez orthodoxe. Voilà donc selon nous, quels lurent les débuts de la donnée de l'Ascension dans la grande composition décorative monumentale.

Il esi indubitable que les artistes ou 1rs autorités ecclésiastiques elles-mêmes ont hésité longtemps avant de représenter certaines scènes de l'Évangile : la tradition ne s'étanl pas établie dès le début, personne n'osait plus la créer.

DÉSIGNATION DK LA UOXXÉE. - l'.ulin, il s'agit mainlenanl

,1,. trouver un nom à la donnée symbolique du tympan d'Élampes. Nous proposons la Glorification de VAgnus !><i. Dans noire pensée, en employant l'expression latine Agnm Dei, on voudra distinguer que Jésus esl représenté dans l'a» livre sous la ligure humaine el non pas sous l'apparence

I Voir ci-dessus, p. i">. note i : et p. i". note 3.

o Les influences du drame liturgique sur la sculpture rumune, Rev. de l'Art ancien et moderne, août 1907.

3 Celte image est tellement hétérodoxe pour une Ascension que, avant d'avoir vu l'originale, nous avions commis l'imprudence de la classer parmi les Agnus Dei.

; Voir ci-dessous, chap. IX.

d'un agneau, quoiqu'il ail exactement la même signification symbolique dans les deux ras I .

Conclusion. — Nous demandons la permission de faire une dernière citation de saint Bernard, en manière de conclusion.

ha us un de ses sermons sm- le Cantique de Salomon, l'abbé de Clairvaux commente cette phrase : « J'ai cherché toutes les nuits dans mon pelil lii celui qu'aime mon âme ». Il en tire la matière d'une dissertation sur l'âme cherchant Dieu el ae le trouvanl pas Serai. lxxv, par. 7). Il raille ceux qui ne trouvenl pas Dieu, parce qu'ils le cherchent dans des endroits mesquins où il ne saurai! être. Il dil : • Quoi ! vous cherchez dans ce qui esl à vous celui qui s'est retiré dans ce qui lui appartient ! N'avez-vous point vu le Fils de l'Homme remonter où il était avant que de venir dans le inonde? Il a changé le tombeau el l'é table avec le Ciel, el vous le cherche/ encore dans votre petit lil ? Il est ressuscité, il n'esl pas ici. Pourquoi cherchez-vous dans le lil celui qui esi plein de force, dans le petit lil celui qui esl infiniment grand el élevé, dans l'élable celui qui esl environné de majesté el de gloire? Il esl entré dans les puissances du Seigneur, comme parle le Prophète, il ses! revêtu de force et de beauté, el celui qui a été couche sous une pierre, esl assis maintenant sur les chérubins. Il n'est plus couché mais assis, el vous lu i préparez îles soulagements comme s'il était couché el infirme. Ou il rst assis pour juger,

ol II. EST DEBOUT POUB SOI S AIDEB : sivr. ni absolutior verilas

lil. aut sedet judicans, ai t stat au.u vans ! »

Nous sommes tenté de dire comme Bérenger, l'hérésiarque du m'' siècle : * A quoi hou se tromper avec tout le monde, si tout le monde se trompe '■ » Mais contrairement à Bérenger, nous avons le droit d'ajouter : <■ Si c'est moi qui me trompe, du moins je me trompe avec saint Bernard. >•

I Nous devons écarter l'expression Triompfie de l'Agneau, parce qu'il existe des images représentanl l'Agneau terrassant un dragon, el pour lesquelles cette dernière appellation est toute désignée. Nous reconnaissons aussi que dans le cas du tympan de Cahors, l'expression >le Premier Avènement du Fils de l'Homme serait peut-être plus exact.

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