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qui détenait l'élection des papes et qui désignait les évèques.

Tous ces ii s nui des droits à fi mirer dans noire liste,

i| uoique i négalemcn I .

\ [g vérité, comment pourrait-on attribuer l'œuvre «lu portail à un seul homme? Notre opinion esl qu'il n été conçu par plusieurs commettants dans une collaboration que les circonstances rendaient presque inévitable, circonstances découlées : I" de la situation d'Étampes et de sa collégiale; - de la crise que traversait une partie de I hglise d'( accident.

Comme nous l'avons expliqué 1 . ce n'esl pas seulement une fièvre artistique qui anima tout à coup les évéques et les abbés quand ils commencèrent à exhiber aux portes des églises toute la kyrielle des héros juifs, avec un ostracisme très significatif des vrais saints. La cause de cette ardeur d'ornementation esl imputable aux hérésies qui, déjà menaçantes au m" siècle, devinrent tout à fait effrayantes au \ir. Ôr, la décision d'étendre et de multiplier les images à I extérieur des églises pour lutter contre ces hérésies fut certainement concertée. Il y eut un signal, un mol d ordre, presque un ordre parti de haut. Or, nous constatons que les hommes d'autorité seuls capables de prendre la décision et de donner le signal ont lous traversé Ëtampes ou y ont résidé dans la période critique. Or, ce fait qui signifierait peu de chose à Orléans ou à Senlis prend une importance très sérieuse en face de l'autre fait que le portail d'Étampes est, selon les apparences, le plus ancien portail à statues-colonnes de toute la France proprement dite. I.e monument étampois apparaît alors comme une première épreuve, le portail-essai auquel ont collaboré tous les instigateurs, lous les directeurs du mouvemenl de lutte et de propagande. Ainsi, découvrir les commettants du portail d'Étampes, ce serait du même

coup découvrir les instigateurs du uve ni : mais n'est-il

pas clair que ces instigateurs sont forcément ceux que nous avons nommés : papes, roi, légat, ministres, parmi lesquels trois i au moins ont donne des preuves éclatantes de leur

1 Ci-dessus, p. 35.

2 Le roi dont la bonne volonté était indispensable ; Suger, auteur du portail de Saint-Denis ; et Geoffroy, auteur du portail de Chartres. L'intervention subséquente sinon initiale du roi dans des décisions ecclésiastiques comme celles concernant les hérésies ou les schismes, était naturelle, indispensable, car le souverain, étant l'exécutif, ordonnait

participation hâtive, empressée el convaincue à l'œuvre de

propagande par l'image. Nous laissons le lecteur conclure lui-même.

Nous pouvons du moins examiner sommairement plusieurs de cr> commettants possibles du portail d'Ëtampes.

L'intervention des papes expliquerait bien les influences italiennes que nous avons découvertes dans le portail : mais les deux Souverains Pontifes se trouvent hors de cause si l'œuvre a été seulement décidée après 1131. Par contre, les conseils officieux de saint Bernard deviendraient mieux possibles, car il avait alors déjà acquis une très forte autorité, autorité qui venait de s'affirmer à Ëtampes même. De plus le symbolisme général du portail reflète étonnamment l'idée maîtresse de la doctrine de l'abbé de Clairvaux, car celle-ci est la Rédemption : en outre, il séjourna durant les siv premiers mois de l'année 1133 en Italie (Pise, Gênes, Corneto, Viterbe, Rome ,qui était le lieu par excellence pour chercher des inspirations en vue d'une composition décorative. Car. à notre avis, de saint Bernard on fil un peu trop vite un iconoclaste intransigeant. Il s'est au moins lancé avec son ardeur ordinaire en guerre contre les hérésies surgissantes: il si' serait bien gardé de prolester contre un système de propagande que l'Église avait utilisé presque depuis son origine en semblables circonstances : au contraire tout porte à croire qu'il soutint les manifestations raisonnables de l'art chrétien nécessaires à la doctrine, el principalement quand elles étaient destinées a l'extérieur dc^ édifices 1 .

parfois l'application des plus dogmatiques décisions îles conciles. A ceux-ci, il fallait une sanction que souvent le roi seul pouvait fournir complète. Son appiobalion et son concours étaient donc nécessaires. Cf. Ach. Lucliaire. Hist. des Institutions monarchiq. de la France sous les premiers Capétiens. Paris. 1891, t. 1. pp. 265 et 284. Mais évidemment cette intervention du roi ne s'accomplissait pas sans le concours plus ou moins elfectif de ses ministres ou conseillers. Or. dans la circonstance, il s'agit de Suger, d'Etienne de Garlande, et même d'Algrin d'Ëtampes.

1 Nous avons incidemment dit quelques mots ;i ce sujet dans Les formules iconographiques de l'Agnus Dei, Le tympan de Cahors. Rente de l'Art chrétien, 1907, l. II. pp. 12-15. Il s'agit là du voyage de S. lîernard à Cahors. en 1145, etc.

Dans la fameuse diatribe de S. Bernard, Àpologia, il faut faire la distinction que les reproches attaquaient seulement les sujets mal choisis, et qu'il s'agissait des cloîtres et des églises conventuelles :

\utiv est la cause des moines, autre est la cause des évêques. Car

Mais si loul ceci ne ln.il pas île doute pour nous, il esl bien entendu que nous considérons L'intervention de S. Bernard dans l'érection du portail d'Étampes comme loul à fail hypothétique. C'est surtout une date, malheureusement inconnue, qui guiderait le mieux notre opinion. Si le portail

esl antérieur à 1130, nous jug is S. Bernard hors de

cause I . Au reste, c'esl principalementlapersonnalilééclatante de l'abbé deClairvaux qui rend intéressante la question posée par nous, et, malgré notre connaissance des causes probables qui l'ont empêché de collaborer au portail d Etampes, nous ne pouvions ici oublier sa grande mémoire ni

|;1 pari d'influence qu'il a exercée, intentionnelle ni ou

non, dans l'élaboration de la formule symbolique de Cahors, sœur étroitement unir de celle <l Etampes.

Tous les autres personnages que nous avons nommés, et qui sont de vraisemblables commettants du portail, ont dû ,.|IV au moins mis au courant du projet de son érection.

ceux-ci sont débiteurs aux savants el aux ignorants; ils excitent par des monuments extérieurs la dévotion du peuple grossier, ne le pouvant autrement » il semble bien que, eu disanl monuments extérieurs S. Bernard entend parler des portails: on voit qu'il ne les condamne pas. KL pourtant, vers 112V, à l'heure où il écrivil Apologia, Bernard n'avait pas encore voyagé en Italie, et il navail peut-être pas pu reconnaître que l'art était le plus magnifique, mais aussi le plus efficace moyen de propagande. 11 n'avait pas encore séjourné au milieu des artistes du Mont-Cassin 1131 : il u avait pas vu 1 influence des mosaïques, des peintures, des statuettes, pour répandre le culte de la Mère de Dieu, par exemple, le culte de Marie pour lequel il eut tant de ferveur. Qui userait affirmer que Bernard était de caractère ;i protester contre une belle statue de la Vierge ? Or il est remarquable combien le culte de Marie a progressé, beaucoup par 1 influence de Bernard, précisément en même temps que l'arcbiteclnre et la sculpture ,1,'s portails progressaient elles-mêmes.

I II n'y a pas lieu d'insister beaucoup ici au sujet de S. Bernard, parce que plus les circonstances nous obligent à reculer la date d'érection du portail, moins le concours de l'abbé de Clairvaux devienl probable. Sans quoi nous eussions trouvé une infinité de réflexions nouvelles Nous ajouterons seulement quelques mots. Bernard n'a probablement jamais eu une influence complète sur le chapitre de Nuire- Dame d'Étampes, car celui-ci contenait au moins deux de ses plus irréconciliables ennemis. Etienne de Garlande el .-Ugrin dEtampes. Mais par contre, il eut un disciple Adèle el respectueux en la personne d'Henri de France, frère du roi Louis Vil, qui fui abbé du chapitre avant 1140 jusqu'en 1146. A cette date, le nouvel abbé, Philippe de France parait avoir eu aussi les meilleurs sentiments vis-a-Vis fie Bernard. Voir notre ouvrage Étampes et ses monuments aux M' et XII' siècles, pp. 10, il. 14, 11.

Enfin deux d'entre eux onl laissé des œuvres magnifiques inspirées du nionumenl étampois : Suger et Geoffroi de Lèves, qui sont les ailleurs des portails de Saint-Denis et de Chartres. L'un comme conseiller du mi. l'autre comme légal du pape, avaienl le titre nécessaire pour rire consultés sur la création d'un monument de ce genre I .

N'en doutons pas un seul instant, l'initiative de telles merveilles et si nombreuses est partie de liant >>, l'ordre en l'ut lionne par les plus illustres. El c'esl pourquoi nous n'avons pas eu peur de rendre les plus illustres responsables du portail d'Étampes. Il y a un vif intérêt à examiner de près les actes des plus éminents ecclésiastiques du \n" siècle, pour lâcher de déterminer la part personnelle qu'ils onl prise dans le mouvement artistique. Un pou de lumière sortira peut-être des recherches effectuées dans ce sens, car il est évident que Suger el GeofFroi ne se sont pas contentés de construire les portails de leurs propres églises. Ces hommes d'autorité, convaincus de l'excellence d'un principe, l'ont d'abord appliqué chez eux, niais après avoir donné ce grand exemple à la chrétienté occidentale, ils ont certainement fait tous leurs efforts pour le répandre et même pour l'imposer ensuite aux autres seigneurs ecclésiastiques.

lj Ne dit-on pas que Suger a reconstruit en partie l'église Notre- Dame de Corbeil Œuvres de Suger, chart. VIII, p. 339, édit. Lecoy de la Marche : — Cf. Lanor. Revue de l'Art chrétien, t. XI, 1899-i900, p. 18.: Et pourtant Suger n'avait pas de lien particulier avec Corbeil, que nous sachions.

En outre. Suger revenait d'Italie en 1122: il y retourna plusieurs fuis. Pour son compte, Geoffroi s'y rendit en 1 1 1 T . 112";. 1134 et 1139. Sur Geoffroi de Lèves "ii peut lire la notice que lui a consacrée l'abbé Clerval Les écoles de Chartres, p. 153-155. .

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