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CHAPITRE IX

Recette de quelques parfums usuels.

Le conservateur doit garder jusqu'au bout son caractère propre ; il s'adresse particulièrement aux mères de famille, aux fortunes ordinaires; il n'est dans aucune de ses parties un traité complet de la

matière. En même temps qu'il rappelle aux grands praticiens les principes dont ils doivent être pénétrés, il accumule les recettes simples et d'une facile exécution.

Les parfums dont il va donner la composition peuvent la plupart se faire dans les familles et réunissent l'utile à l'agréable.

La distillation de quelques parties des plantes donne naissance à trois espèces de parfums : les eaux odorantes simples ou eaux distillées-, les eaux spiritueuses et les huiles essentielles.

§ Ie' . Eaux distillées odorantes. — L'affinité des molécules odorantes des substances pour les divers véhicules auxquels elles se combinent, varie grandement selon les espèces: les unes, telles que la rose, la fleur d'oranger, cèdent à l'eau leur parfum dans le procédé de la distillation; d'autres ont besoin, pour en être dépouillées, de véhicules alcooliques ; d'autres encore portent dans leur huile essentielle un parfum qui n'en peut être séparé. Une quatrième classe n'a pu jusqu'ici donner aucun parfum par la distillation ; les macérations huileuses faites à froid sont le seul moyen connu de fixer leur arôme : les huiles de jasmin, de jonquille, sont le résultat d'une opération de cette nature. Les eaux distillées, qui doivent nous occuper d'abord, sont le produit de la distillation de l'eau sur les parties odorantes des plantes.

Lorsque les Heurs, les sommités fleuries, les liges

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tendres et perméables, les feuilles, sont l'objet de la distillation, elles sont déposées dans l'alambic avec l'eau suffisante sans aucune préparation préalable; mais quand il s'agit d'opérer sur des substances sèches d'une texture serrée , ligneuse, fibreuse et dense , une macération préalable de ces substances concassées ou finement divisées dans l'eau destinée à la distillation, est absolument nécessaire.

La distillation simple de la quantité voulue des végétaux, donne souvent naissance à une eau peu odorante ou au moins pas assez odorante à la volonté du distillateur; dans ce cas, le premier produit liquide de la distillation est versé sur une nouvelle quantité des végétaux et soumis de nouveau à la distillation ; c'est ce que l'on appelle cohober les eaux : la première est l'eau simple, la seconde est l'eau double.

La quantité d'eau ajoutée doit être suffisante pour baigner les plantes et en proportion avec l'eau de végétation qu'elles contiennent: une trop grande quantité de fleurs, de tiges, etc., déposée dans la cucur» bite, ferait manquer l'opération.

Un diaphragme métallique, de la paille ou un panier d'osier doivent séparer les plantes du fond de l'appareil toutes les fois que, l'opération se faisant à feu nu, l'on peut craindre qu'elles ne s'attachent aux parois du \ase, comme il peut arriver toutes les fois que des substances faciles à se ramollir sont soumises à une ébullition rapide : les distillations au bainmarie, au bain de sable dispensent de cette précaution. La tiltration a pour objet de débarrasser les

eaux aromatiques des parties d'huile volatile qu'elles peuvent contenir.

Eau de roses. ~— Cueillez par un temps sec les roses pâles simples, qui sont les plus odorantes et les plus communes; séparez le calice et les étainines des feuilles que vous voulez traiter. Mettez 1 kilogr. de ces feuilles pour 2 litres d'eau et une poignée de sel, à macérer pendant vingt-quatre heures dans l'appareil, garni au fond d'un diaphragme ou de paille. Au bout de ce temps, allumez le feu pour amener rapidement à l'ébullition. La chaleur nécessaire à la distillation gonfle les feuilles de roses et les fait monter ; il est donc bon que l'alambic ne soit qu'à moitié ou aux deux tiers plein. Vous continuez la distillation jusqu'à ce que vous ayez obtenu en eau distillée la moitié ou les deux tiers de la quantité d'eau ajoutée aux fleurs; ainsi, de G kilogr. de roses mis dans l'alambic, avec 42 litres d'eau, vous retirez 3 ou 4 litres d'eau distillée.

Eau de roses double. — L'eau précédente est d'un parfum agréable et toujours en rapport avec la qualité des roses et le soin donné à l'opération ; mais si l'on veut obtenir une eau de roses beaucoup plus forte, Veau double, il faut remettre dans l'alambic une nouvelle quantité de roses, verser dessus les 4 litres provenant de la première distillation et retirer 3 litres par une seconde distillation. Il est bon de surveiller de près ce travail, car dans le cas où la distillation, poussée trop loin, donnerait à l'eau une

odeur d'empyreume, il faudrait arrêter immédiatement l'opération.

Eau de fleurs d'oranger. — Mettez dans l'alambic, disposé comme pour la préparation de l'eau de roses, un demi-kilogr. de fleurs d'oranger, pour 2 litres d'eau et une poignée de sel; laissez macérer le tout pendant vingt-quatre heures, et distillez ensuite aux deux tiers de l'eau ajoutée. Veau double de fleurs d'oranger s'obtient comme l'eau double de roses.

Les eaux distillées de thym, d'absinthe, de serpolet, etc., s'obtiennent de la même manière.

La plupart des eaux distillées ont immédiatement après la fabrication un goût d'empyreume dont elles se dépouillentavec le temps, mais qu'un bain de glace leur fait perdre de suite; elles se conservent en bouteilles.

Avant de passer à l'étude des eaux odorantes spiritueuses, il est bon d'ajouter un mot pour la préparation des eaux distillées qui se retirent des substances sèches ligneuses, fibreuses, etc.; l'eau distillée de cannelle nous servira d'exemple :

Eau de cannelle. — Prenez de la cannelle de la meilleure qualité ; concassez-la pour la faire macérer pendant quelques jours dans l'eau : lorsqu'elle est suffisamment ramollie et pénétrée, commencez la distillation : 1 kilog. de cannelle doit donner A litres d'eau distillée.

§ 2. Eaux odorantes spiiutueuses. — Elles sont le

produit de la distillation de l'alcool avec une ou plusieurs substances odorantes; les molécules odorantes des végétaux ont une affinité beaucoup plus grande pour l'alcool quepour l'eau, aussi cette seconde classe offre-t-elle une combinaison plus complète , plus intime et plus facile du parfum avec son véhicule liquide que la première classe.

L'alcool qui sert à préparer les eaux spiritueuses ou alcoolats doit être sans odeur de marc, ni d'empyreume, parfaitement rectifié; les substances, convenablement divisées selon leur nature, seront soumises à la macération dans l'alcool, pendant quelques jours, avant d'être traitées par la distillation. La distillation s'opérera au bain-marie ou à la vapeur.

Eau spiritueuse de rose, esprit de rose, alcoolat de roses. — Prenez 1 kilog. de roses pâles et mondées de leurs calices; placez-les dans le bain-marie de l'alambic avec 2 litres d'alcool à 32°. Distillez de manière à obtenir les 4/5 de l'alcool employé.

L'esprit double de roses s'obtient en reprenant sur une nouvelle quantité de roses la distillation du produit delà première opération. — Il est une autre recette pour préparer l'esprit simple de roses qui diminue la proportion de l'alcool employé : 1 kilog. de roses est déposé dans l'appareil, puis arrosé d'eau de roses double, un demi-kilogr. d'alcool est ajouté, et le tout est soumis à la distillation. Dans ce dernier cas, on pousse la distillation jusqu'à ce qu'on ait obtenu la totalité de l'alcool.

L'eau odorante spiritueuse de fleurs d'oranger se prépare comme l'esprit de roses : un demi-kilog. de Heurs d'oranger et 2 litres d'alcool sont soumis à la distillation.

Eau odorante spiritueuse d'oranges. — Prenez un demi-kilog. de zestes frais d'oranges que vous faites macérer pendant huit jours dans 3 kilog. d'alcool ; distillez au bain-marie, jusqu'à ce que vous ayez obtenu les cinq sixièmes de la liqueur employée.

Les eaux odorantes, spiritueuses de citrons, de cédrats, de bergamottes se préparent de la même manière.

Eau odorante spiritueuse de romarin. — Prenez 1 kilog. de sommités fleuries et fraîches de romarin, 3 kilog. d'alcool, 1 kilog. d'eau distillée de romarin; laissez macérer le toutpendantlrois ou quatre jours, puis distillez au bain-marie jusqu'à ce que vous ayez obtenu une quantité d'esprit aromatisé à-peu-près égale à celle de l'alcool employé.

Les eaux spiritueuses odorantesde menthe poivrée, de mélisse, de lavande se préparent de la même manière. On p^ut préparer toutes ces eaux spiritueuses sans addition des eaux distillées en traitant les substances par l'alcool seul, on comprend que dans cette manière de procéder, la quantité d'esprit aromatisé n'est jamais égale à celle de l'alcool employé 5 la distillation alors nedoit jamais dépasser les cinq sixièmes de la liqueur mise en distillation.

Eau spiritueuse odorante de cannelle. — Prenez un demi-kilogramme de cannelle fine que vous réduisez en poudre grossière pour la soumettre à la macération pendant quelques jours dans -4 kilogrammes d'alcool; versez le tout après la macération dans l'appareil, et distillez au bain-marie jusqu'à ce que vous ayez obtenu 3 kilogrammes et demi de l'esprit aromatisé.

Les eaux spiritueuses odorantes de girofles , de muscades, etc., se préparent de même.

§ 3. Huiles volatiles, huiles essentielles , essences.— Avant de donner quelques-unes des recettes composées qui servent à former les parfums les plus usuels , il nous paraît convenable de faire connaître les procédés propres à obtenir les huiles essentielles.

L'expression , la solution dans une huile grasse et la distillation constituent trois procédés bien distincts. Dans la distillation des huiles volatiles , l'eau qui baigne les plantes, portée à l'ébullition et réduite en vapeurs, sert de véhicule à l'huile qui s'y mêle et lui donne une apparence laiteuse. L'huile volatile passe donc à la distillation en même temps que l'eau distillée ; les procédés varient peu d'un cas à l'autre. La préparation des essences ou huiles essentielles exige une quantité relativement plus considérable de végétaux ; elle nécessite la cohobation plusieurs fois répétée de l'eau distillée obtenue dans les précédentes opérations. Plus la quantité des substances en distillation

est forte, plus le produit est abondant et recherche , leur division facilite dans une distillation rapide la sortie de l'huile qu'elles renferment.

Les plantes fraîches doivent être préférées aux plantes sèches, parce que l'essence qu'elles fournissent est plus abondante et de meilleure qualité.

Huile essentielle de lavande. — Prenez 7 kilogrammes et demi de sommités fleuries de lavande que vous déposez sur le diaphragme de la cucurbite, pour les arroser d'eau dans laquelle vous avez fait fondre 1 kilogramme de sel; 45 kilogrammes environ d'eau sont nécessaires pour cette quantité de fleurs. Lorsque tout l'appareil est disposé, vous commencez le feu de manière à amener assez promptementau degré de l'eau bouillante : l'addition du sel, en augmentant la densité de l'eau, a pour objet de faciliter l'extraction de l'huile volatile. La première vapeur condensée donnera une eau limpide qui deviendra laiteuse par degrés : plus la quantité d'huile volatile entraînée par la vapeur d'eau est considérable et plus l'eau condensée offre cet aspect laiteux. Lorsque l'opération continuant, l'eau cesse de paraître laiteuse, il faut suspendre la distillation , car il ne passe plus d'huile essentielle. L'eau et l'huile sont alors retirées du récipient et séparées à l'aide de la pipette ou de l'entonnoir. Ce récipient doit être d'une forme particulière, et connu sous le nom àejlorentin : l'eau peut être conservée pour une nouvelle distillation de la même plante, et l'huile est déposée dans des flacons exactement bouchés, à l'abri de la lumière.

Les huilés essentielles d' absinthe , (Vanis , d'écorce d'oranges, de citrons, de cédrats, de fleurs d'oranger , de fleurs de camomille, de fenouil, de baies de genièvre, de menthe, de laurier-cerise, de romarin, de sauge, de thy?n, etc., se préparent de la même manière. Elles ont toutes une pesanteur spécifique moindre que celle de l' eau ; ce qui les fait surnager et permet de les en séparer d'après le procédé que nous avons indiqué. Quelques-unes ont une grande tendance à se solidifier 5 les huiles de roses, d'anis, de fenouil sont dans ce cas; elles resteraient adhérentes au serpentin , si l'on n'avait le soin de le tenir tiède. Lorsque les substances d'où se retirent les huiles essentielles sont des semences comme les baies de genièvre, la coriandre, l'anis, etc., il est bon de les réduire en poudre grossière pour les soumettre à la macéraration aqueuse pendant trois ou quatre jours.

Huile essentielle de cannelle. — Les huiles qui proviennent de certaines épices, telles que girofle, cannelle, muscade, ont une pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau et se recueillent au fond du récipient; le procédé de distillation étant le même pour toutes, nous nous bornerons à faire connaître la distillation de l'huile essentielle de cannelle: — Prenez 5 kilogr. de cannelle de Chine réduite en poudre grossière, que vous faites macérer deux ou trois jours dans 10 kilogr. d'eau, ajoutez 4 kilogr. de sel marin et distillez comme nous avons dit ; continuez l'opération tant que l'eau se condense laiteuse

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dans ic récipient; lorsqu'elle devient claire, la distillation est achevée. Le produit obtenu est un liquide laiteux, au fond duquel l'huile volatile se réunit par le repos, et dont elle est séparée par le décantage. Mais cette première distillation ne donne qu'une faible partie de l'huile volatile; aussi est-il nécessaire de remettre l'eau laiteuse sur les matières que contient la cucurbitepour procéder à une seconde distillation; reprenez même une troisième et une quatrième distillation, en ayant soin de décanter chaque fois pour séparer l'huile essentielle. Elle se conserve dans des (laçons bien bouchés, à l'abri de la lumière.

Il est quelques huiles volatiles que l'on peut obtenir par la simple expression: ce sont les huiles de citrons, d'oranges, de cédrat, de heryamottes. Pour les obtenir, il sulïît d'enlever avec une râpe Une l'enveloppe extérieure de ces fruits, sans entamer la parlie blanche qui est dessous; de réunir ces râpures dans un sac pour les soumettre à la presse. La liqueur obtenue sera fortement colorée; déposée dans un vase, elle se divisera en deux parties; l'huile essen*tielle qui surnagera sera recueillie à la pipette pour, après avoir été filtrée, être conservée dans des flacons bien bouchés.

§ 4l huiles odorantes obtenues par solution dans l'huile d'olives, l'huile de ben, l'huile d'amandes douces, etc. — Quelques plantes, telles que la violette, le jasmin, etc., quoiqu'abondamment pourvues d'arôme, ne donnent aucun parfum, lorsqu'elles

sont traitées par la distillation à l'eau ou à l'alcool. Lorsqu'on les met en infusion dans l'huile, elles lui cèdent leur arôme et donnent naissance à des huiles d'un parfum très suave. Les fleurs qui contiennent des huiles essentielles, qui peuvent être traitées par la distillation, donnent aussi par ce procédé des huiles grasses odorantes.

Huiles de jasmin. — Prenez du coton en rame fortement imbibé d'huile d'amandes douces ou d'huile de ben; étendez dessus des fleurs de jasmin mondées de leur calice ; mettez par stratification, c'est-à-dire, couches par couches, du coton et des fleurs; après 48 heures, vous soumettez à la presse pour retirer l'huile que vous clarifiez avant de la mettre en bouteilles.

Les huiles à la rose, à la jonquille, à la tubéreuse, à la violette, à V œillet, à la jacinthe, à la fleur d'oranyer, se préparent de la même manière, ou bien en faisant simplement infuser ces fleurs dans un vase avec l'huile. Après une infusion d'un ou deux jours , on passe l'huile au travers d'une toile, on presse les feuilles, on laisse déposer l'huile pour la décanter : la même opération, répétée cinq à six fois sur la même huile, donne un produit fort agréable.

La plupart des substances odorantes : vanille, ambre, musc, thym, marjolaine , camomille , etc., infusées et macérées dans l'huile lui cèdent leurs particules odorantes et donnent autant de parfums agréables,

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§5. Parfums composés, eaux et essences composées. — Les eaux distillées simples, les eaux spiritueuses odorantes et les huiles essentielles sur lesquelles nous avons donné quelques notions précises, sont, par leur combinaison, la source d'un grand nombre de parfums recherchés ; voici la recette des plus connus.

Eau de Cologne. — Prenez huile volatile de bergamotte, 90 grammes (3 onces); huile volatile de citron, 90 grammes (3 onces) ; huile volatile de cédrat, 90 grammes (3 onces); huile volatile de romarin , de fleurs d'oranger , de lavande(, 45 grammes de chacune (1 once et demie); huile volatile de cannelle, 20 grammes (5 gros); alcool, 12 kilogrammes; eau spiritueuse de mélisse, 1 kilogramme et demi; eau spiritueuse de romarin, 1 kilogramme. — Dissolvez d'abord les huiles dans l'alcool ; ajoutez ensuite les eaux spiritueuses et laissez reposer quelques jours avant de mettre en bouteilles.

Lorsque le mélange a séjourné quelques jours en repos , on peut procéder à la distillation pour obtenir un produit plus parfait; l'opération doit être arrêtée lorsqu'on a retiré les cinq sixièmes de la totalité des substances.

jf ut re recette pour l'eau de Cologne. — .Faites dissoudre 360 grammes (42 onces) d'essence de bergamolte; 60 grammes (2 onces) d'essence de citron; autant de cédrat, de lavande, de thym, de romarin

dans 20 litres d'alcool; ajoutez deux litres d'eau de mélisse et d'eau spiritueuse de fleur d'oranger, quantité suffisante pour que la liqueur ait 30 degrés.

L'eau sans 'pareille est une dissolution de 60 grammes d'essence de citron , de 30 grammes d'essence de bergamotte,de quatre à six gouttes d'essence d'ambre dans 3 litres d'alcool, amenée à 28 ou 30 degrés par l'addition d'une quantité suffisante d'eau de fleurs d'oranger.

Le même parfum peut s'obtenir par la distillation.

Les eaux de bouquet, de mille-fleurs , de jonquille, de jacinthe, et mille autres s'obtiennent de même par la dissolution dans l'alcool des essences auxquelles on ajoute des eaux spiritueuses odorantes et des eaux odorantes simples.

JJeau de la reine de Hongrie est une dissolution de 45 grammes (1 once et demie) d'huile volatile de romarin , de quelques gouttes d'essence de néroli dans 5 litres d'alcool 5 l'eau de fleurs d'oranger y est ajoutée en quantité suffisante pour porter la liqueur à 28 ou 30 degrés.

L'eau de Portugal est une dissolution de 30 grammes (1 once) d'essence de Portugal, de 1 gramme (18 grains) d'essence de girofle, dans 2 litres d'alcool; la dissolution est portée à 28 ou 30 degrés par l'addition d'une quantité suffisante d'eau de fleurs d'oranger, parfumée ou non à l'ambre et au musc.

Veau athénienne se prépare en prenant d'une

part eaux odorantes spiritueuses de jasmin , de jonquille, de fleur d'oranger, de vanille, de réséda; et d'autre part eaux simples de rose et de fleur d'oranger contenant de la teinture de benjoin, de l'essence d'ambre et de l'essence de musc, en mêlant le tout exactement par l'agitation , et en filtrant.

Les recettes qui précèdent sont autant d'exemples sur lesquels des combinaisons variées peuvent s'exécuter et produire une infinité de parfums; en général, les meilleurs sont les plus simples.

Eau de mélisse des carmes. — Prenez mélisse en fleurs, 750 grammes (1 livre et demie); zestes frais de citrons, 120 grammes(4 onces); cannelle, girolles, muscades, de chacun 00 grammes (2 onces); coriandre sèche et racine sèche d'angélique, 30 grammes ( 1 once ) ; divisez ces substances selon leur nature , faites-les macérer pendant quelques jours dans l'alcool à la dose de 4 litres, et distillez au bain jusqu'à ce que vous ayez obtenu les sept huitièmes de l'esprit.

Autre recette pour l'eau de mélisse. — Prenez 00 grammes de cannelle, 30 grammes d'anis vert, autant de clous de girofle et de coriandre concassés, les écorces de deux citrons, 60 grammes de baies de genièvre écrasées , deux poignées de mélisse , une poignée de sommités de romarin, autant d'absinthe, de thym, d'hysope et de marjolaine; mettez le tout infuser pendant une semaine dans 3 litres d'eau-devie. Au bout de ce temps, retirez par une première

distillation 2 litres d'eau-de-vie, et par une seconde en cohobant, 1 litre et demi que vous rectifierez.

Eau de vulnéraire. — Laissez macérer pendant une semaine dans 1 kilogramme et demi d'alcool , après les avoir hachées, les sommités fleuries fthypéricum et de lavande à la dose de 30 grammes ; les feuilles fraîches de basilic, de calament, d'hysope, de menthe, de mélisse , de marjolaine, de romarin, d'origan, de sariette, de sauge, de serpolet, de thym, d'absinthe, d'angélique, de fenouil et de rue à la dose chacune de 30 grammes (1 once); après cette macération, distillez pour obtenir 1 kilogramme d'esprit.

L'eau de vulnéraire et celle de mélisse comptent un grand nombre de recettes ; celles qui précèdent donnent des produits d'une qualité supérieure.

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