‹ Collection A. CarêmeChapitre 13 sur 128 · MI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

MI INTRODUCTION

douze personnes. La consommation en est telle depuis quelques années, que les petits pois seuls entrent au moins pour moitié dans le commerce des conserves, et que les laboratoires de Nantes, du Mans, de Moulins et de Paris ont peine à satisfaire à toutes les demandes. — Les asperges, les truffes en boîtes et en bouteilles, dont le commerce est considérable ; les artichauts, les haricots verts et bancs, les jeunes carottes , la chicorée blanche, etc. — Et en fruits : les pèches, les abricots, les prunes, les poires, les pommes, les groseilles, les cerises, les fraises et framboises, les amandes en coque verte, les noix vertes pour cerneaux, etc., sans altération de goût ni d'odeur.

M. Prieur-Appert peut, on le voit, nous fournir à Paris un dîner complet et recherché , qui sera mangé à Constanlinople, à Saint-Pétersbourg, à Pondichéry, aussi bon, aussi frais que s'il venait d'être préparé.

A l'exemple du grand établissement qu'il dirige, d'autres établissemens se sont formés à Nantes, au Mans et à Bordeaux, depuis quelques années.

A Londres, il y a des établissemens d'après le système Appert qui fournissent toute la marine royale et marchande; et l'amirauté anglaise fait des envois considérables aux Indes-Occidentales, où elle trouve qu'il est moins dispendieux d'approvisionner les hôpitaux avec des viandes venues d'Angleterre, que d'en acheter sur les lieux. En 1814 et 1815, un grand approvisionnement de conserves fut expédié à la flotte de l'amiral Cochrane, sur les côtes de l'Amérique. Le capitaine russe Kotzebue, qui s'en est servi dans son voyage autour du monde, en fait le plus grand éloge.

En France, celte méthode est loin d'avoir reçu le même encouragement du gouvernement, qui ne fait mettre à bord

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de scs vaisseaux que tout juste ce qu'il faut pour les malades présumés, comme si la conservaiion de la santé des équipages ne devait pas être de première nécessité. Nos marins continuent d'être nourris de viande salée, ce qui occasionne à bord des navires de fréquentes-maladies, etentre autres le fatal scorbut. Cependant si les fournitures se faisaient par soumission , d'après la méthode d'Apperl, la nourriture des équipages n'en serait 'pas plus dispendieuse ; on pourrait même dire qu'elle serait plus économique; du moins, il n'y aurait point de perte; car le capitaine anglais Ross dit, dans la relation de son voyage aux régions arctiques, qu'il a trouvé sur les bords du détroit du Prince-Régent des piles de caisses de conserves alimentaires de Donkin, d'après la méthode d'Appert, qu'avait déposées le capitaine Parno, en 1825, après le naufrage de son vaisseau la Furie; et que, quoiqu'elles fussent là depuis quatre ans, exposées aux injures de l'air, tous les objets préparés étaient aussi frais encore qu'au premier jour : par celle heureuse rencontre, son vaisseau se trouva ravitaillé.

Il y a, dans les magasins de M. Prieur-Apperl , des boîles de 20 kilogr. de bœuf qui ont vingt ans et plus. Ce sont les plus grandes et les plus anciennes qui existent aujourd'hui.

Tous les capitaines de la marine française , et en particulier le savant capitaine Freycinet, font des vœux depuis de longues années pour que, dans l'intérêt de la marine et de la France, les préparations soient adoptées en grand et exclusivement sur les vaisseaux de l'Etat, pour remplacer les salaisons parfois si dégoûtantes, et toujours si nuisibles à la santé .

Les conserves de la maison Appert sont les seules en boîte de fer allant au feu. Les comestibles de cette méthode sont

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