LIVRE DE TOUS LES MÉNAGES
de 1er destiné à maintenir les bouchons. Le liège, en planches fort minces, surtout dans le très fin, et à contre-sens par l'ascendance de ses pores, apportait un obstacle au bouchage. Il a fallu composer des bouchons de plusieurs morceaux de liège, de 40 à 55 millimètres (20 à 24 lignes) de hauteur, collés avec de la gélatine, et posés du bon sens, c'est-à-dire, les pores horizontalement.
Ayez soin que tous les morceaux de liège qui doivent composer l'intérieur d'un gros bouchon soient sans défaut et ajustés du bon sens , au moyen d'une râpe linc. Le morceau qui présente un défaut sur l'un de ses côtés, forme la partie extérieure du bouchon.
Lorsqu'un bouchon, composé de plus ou moins de pièces suivant son diamètre, est bien ajusté, assurez les morceaux à leurs places avec un fil, afin que rien ne se dérange.
Tous les bouchons ainsi préparés , procédez au collage.
Collage des gros bouclions. — La gélatine, fondue à chaud et avec un peu d'eau-de-vie, est la matière qui convient le mieux pour le collage. Voici comment on y procède : Enduisez légèrement de gélatine épaisse avec un pinceau les morceaux de liège à réunir 5 appliquez l'une à l'autre les surfaces enduites; placez-les dans un châssis formé par l'assemblage de quatre pièces de bois, carrées de 54 millimètres (2 pouces), dont deux à tenons de chaque bout, et les deux autres à mortaises, Lorsque ce châssis est rempli
de bouchons collés, pressez autant que possible, avec un coin de bois introduit à coups de maillet dans les mortaises. Laissez-les ainsi en presse jusqu'à ce qu'ils soient devenus assez secs pour être tournés, opération qui consiste à leur donner avec le couteau de bouchonnier la forme convenable à l'usage auquel on les destine.
Après avoir bouché les bocaux en faisant entrer de force les bouchons à l'aide de la palette et du cassebouteilles, lutez.
Du ficelage des bouteilles et bocaux de verre. -— Prenez un morceau de ficelle de la longueur de 22 à 24 centimètres (9 ou 10 pouces); donnez-lui, vers le milieu, la forme d'un cercle de 41 millimètres (un pouce et demi) environ de diamètre.
Faites faire un demi-tour à l'un des bouts de la ficelle sur l'autre , de manière que le bout formant le demi-tour entre tout doublé dans le cercle par le dessous, et s'élève du milieu de ce cercle à la hauteur à-peu-près d'un pouce.
La ficelle ainsi préparée, on l'applique, savoir : le cercle autour du col de la bouteille, et immédiatement au-dessous de la cordeline; et le morceau doublé qui s'élève au milieu du cercle devra traverser le dessus du bouchon comme pour l'enfoncer dans la bouteille.
Cela fait , il faudra tirer les deux bouts qui se trouvent diamétralement opposés de chaque côté du col de la bouteille; par ce moyen, vous la serrerez solidement : alors il ne reste qu'à nouer fortement
L1VKE DE TOES LES MÉNAGES. 23
ensemble les deux bouts de ficelle sur le bouchon , de manière que le bouchon se trouve bien comprimé.
Ce nœud doit être simple, c'est-à-dire qu'on ne doit pas en faire deux l'un sur l'autre , comme il est d'usage. Cependant, dans sa simplicité, il exige deux tours de suite d'un bout de Ocelle sur l'autre, au lieu d'un seul tour qu'on fait ordinairement, lorsqu'on veut faire un nœud double.
On coupera ensuite les deux bouts de ficelle au ras du bouchon.
L'élasticité du bouchon suffira pour empêcher le nœud de se défaire.
Comme ordinairement on ne se contente pas d'une seule ficelle, on en mettra une seconde, de la même manière que la première, mais en sorte que les deux licclles qui doivent croiser le bouchon forment une croix. On coupera celle-ci comme la précédente.
Ficelage au fil de fer. — Le lil de fer n° 5 a la grosseur la plus convenable pour liccler les bouteilles ; il doit être recuit.
Ayez un morceau de iil de fer de la longueur de 48 centim. ( 1 pied et demi ) ; ployez-le en deux par le milieu, et tordez-le à l'endroit ployé, de la longueur de 55 millim. ('2 pouces) environ-, écartez ensuite les deux fils de fer par le bout qui n'est pas tordu; entourez avec ces deux fils le goulot de la bouteille, immédiatement au-dessous de la cordeline; rejoignez ces deux bouts , après en avoir entouré le col parfaitement-, tordez-les ensemble, à deux tours seulement; relevez ensuite ces deux bouts de lil de
fer sur le bouchon, ainsi que le premier bout doublé qui a été tordu au commencement et qui doit se trouver de l'autre côté du col de la bouteille, diamétralement opposé aux deux derniers qui ont servi à entourer la bouteille : ces bouts, bien relevés et bien ajustés, tordez-les ensemble sur le milieu du bouchon, de manière que le bouchon se trouve bien comprimé par le fil; après avoir coupé ce fil de 9 mil. (3 à 4 lig.) de longueur, qui doit être parfaitement tordu, repliez la pointe sur elle-même, comme lorsqu'on replie la pointe d'un clou dans une planche que ce clou traverse. Attendu qu'il faut deux fils de fer pour bien ficeler une bouteille, on fera la même opération pour le second, en observant que ce dernier forme une croix sur le bouchon avec le premier.
Lut pour les bocaux. — Ce lut, communiqué par M. Bardel, se fait avec de la chaux vive qu'on fait éteindre à l'air en l'aspergeant d'un peu d'eau, jusqu'à ce qu'elle soit bien fusée et réduite en poudre. On la conserve ainsi dans des bouteilles bouchées pour s'en servir au besoin. Cette chaux, mêlée à du fromage blanc, dit à la pie, en consistance de pâte, produit un lut qui durcit promplement, et qui résiste à la chaleur de l'eau bouillante (1).
(1) J'ai dit plus haut que le verre composant les bouteilles devait être également réparti afin d'éviter la casse. Dans l'opération du bain-maric, c'est effectivement le fond, partie plus chargée de matière, qui se sépare du haut de la bouteille, quand elle est mal confectionnée. Il arrive souvent qu'il se dcssolc si bien, qu'on peut en-