LIVRE DE TOUS LES MÉNAGES
tasse, ce qui deviendrait extrêmement commode dans des voyages de long cours (1).
J'ajouterai qu'une personne qui en fait usage m'a assuré qu'il y avait un grand tiers d'économie, et que le café pris de cette manière prête plus à l'insomnie que tout autre, ce qui prouve évidemment sa force, qu'on pourra réduire en diminuant la quantité.
Thé. — Rien n'est plus prompt à s'évaporer que son arôme, auquel les amateurs attachent le plus grand prix. Voici le moyen de le conserver.
Il consiste à mettre dans une bouteille de demilitre, ou dans une plus petite, si l'on veut, 30 gr. (une once) de bon thé ; à remplir cette bouteille d'eau et à la mettre au bain-marie , après l'avoir bien bouchée, pour l'en retirer six minutes environ avant l'ébullition : si on l'y laisse plus long-temps , il acquiert un goût un peu herbacé qui ne plaît pas à tout le inonde.
Au bout de vingt-quatre heures, on peut faire usage de ce thé en en mettant plein une cuiller à café, plus ou moins, suivant la force qu'on désire, dans une théière remplie d'eau suffisamment chaude pour le prendre de suite ; car si on prenait de l'eau bouillante, l'arôme s'évaporerait en grande partie avant qu'on pût le porter à la bouche. Une bouteille peut servir un mois et plus, après avoir été débouchée;
(l) On doit faire usage de cet extrait sans le faire chauffer, ce qui diminuerait sa qualité sans être d'ailleurs nécessaire, puisque l'eau ou le lait auquel on l'ajoute, a le degré de chaleur qui lui convient pour être pris.
104 LE COiNSERVATEUH.
ainsi on pourra opérer suivant la consommation présumée, soit pour la maison, soit pour les voyages, etc.
Moût de raisin ou vin doux. — En 1808 , dans le temps des vendanges, j'ai pris du raisin noir, cueilli à la vigne avec soin; après en avoir fait ôter les grains pourris et ceux qui étaient verts , je l'ai fait égrener, ensuite écraser sur des tamis clairs; j'ai mis sous la presse le marc qui se trouvait sur les tamis, pour en extraire ce qui pouvait y rester ; j'ai réuni le produit de la presse et des tamis dans une futaille. Après l'avoir laissé reposer ainsi vingt-quatre heures, je l'ai mis en bouteilles , etc., pour lui donner un bon bouillon au bain-marie, etc. (1). Lorsque mon opération a été terminée, j'ai retiré les bouteilles de la chaudière ; l'action du feu avait précipité le peu de couleur que le moût avait pris dans la préparation, et le moût de raisin s'est trouvé très blanc. Je l'ai rangé dans mon laboratoire, sur des lattes, comme on place le vin.
A la récolte de 1810, j'ai répété la même expérience sur environ huit cents litres de moût de raisin préparé avec les mêmes soins et attention.
Un quart a été mis en bouteilles sans aucune préparation.
Un autre quart a été dépuré et mis en bouteilles.
Le troisième quart a été dépuré, désacidifîé, et mis également en bouteilles.
(i) J'ai mis les résidus de la pièce avec les marcs de la presse, dans ma vendange.