L1VKE DE TOUS LES MÉNAGES
Le quatrième quart a été dépuré , désacidifié, rapproché à vingt degrés de l'aréomètre , et mis aussi eu bouteilles : le tout a été bien bouché, etc., et mis au bain-marie pour y recevoir un bon bouillon.
Je l'ai déposé ensuite sur des laites dans ma cave.
Procédé pour la conservation des vins dont la délicatesse ne permet ni le transport par mer, ni l'emmagasinage dans beaucoup de caves. ■ — Personne n'ignore que les vins de France, les plus délicats, notamment ceux de Bourgogne, ne peuvent supporter les voyages de mer les plus courts; la susceptibilité de quelques-uns de ces vins est même si grande, qu'on est souvent obligé d'en faire la consommation dans les pays où on les récolle , par l'impossibilité d'en risquer le transport sans s'exposer à les dénaturer entièrement.
A l'époque où l'introduction des vins de France lut prohibée par terre dans le royaume des Pays-Bas, les propriétaires de ces vignobles furent plongés dans la consternation ; une maison de Baune, avec laquelle j'entretenais des relations, me pria de chercher les moyens de conserver les vins de ce crû, pendant les longs cours , et elle eut soin d'accompagner sa prière d'un panier de bouteilles consacrées aux expériences (4). Animé du noble désir d'être utile à mon pays , et toujours plein de confiance dans les effets du calorique, je me mis au travail , et ne tardai
(1) Des meilleures années et des meilleurs crus.
pas à trouver la solution du problème. Voici comment je l'obtins :
Les bouteilles que Fon m'avait adressées étaientmal bouchées et trop pleines , j'en retirai un peu de vin , de manière à laisser un vide de 3 cent, (un pouce) dans le goulot ; je les rebouchai hermétiquement et les ficelai de deux fils de fer croisés. Après quoi je les mis dans le bain-marie dont je n'élevai la chaleur que jusqu'à 70 degrés, dans la crainte d'altérer la couleur.
Quinze jours après , j'envoyai à un de mes commettans du Havre douze bouteilles de ce vin , avec l'invitation d'en confier à plusieurs capitaines de navires pour qu'ils leur fissent essuyer le long cours, et me les rapportassent ensuite pour en faire la dégustation.
Afin de les comparer au retour, j'eus le soin de conserver par devers moi une certaine quantité de bouteilles auxquelles j'avais fait subir la même opération qu'à celles que je faisais embarquer, et, pour second terme de comparaison, j'en mis aussi décote quelques-unes telles que je les avais reçues dé Baune.
J'attendis plus de deux ans le retour de mes bouteilles ; de six que mon commettant avait expédiées au long cours, deux seules revinrent de St.-Domingue. Très curieux, comme on se l'imagine bien , de connaître le résultat d'une expérience aussi importante , je m'empressai de soumettre une de ces bouteilles à la dégustation d'un habile connaisseur. Il la compara avec deux autres, savoir, une qui était res-