CHAPITRE VIII ET DERNIER
Extraction de la gélatine des os par l'autoclave.
La fabrication de la gélatine par mon procédé comprend deux opérations distinctes : celle relative à la confection des tablettes de jus de viandes qui utilise la chair des canards (têtes de bœufs) frais ; celle relative à la confection de la gélatine extraite des canards décharnés.
Tablettes de jus de viandes et légumes. < — Sur
une livraison de trois mille canards par mois, j'opère de la manière suivante :
Je fais mettre ces canards dans des auges en pierre et dans de grands baquets pleins d'eau, pour les y faire dégorger jusqu'au lendemain matin. Après les avoir bien frottés, brossés et nettoyés intérieurement et extérieurement , on les retire de cette première eau et on les laisse égoutter un moment. Durant cet intervalle , on lave les auges et baquets pour y replonger les têtes une seconde fois dans une quantité d'eau suffisante pour qu'elles puissent complètement baigner. Le soir on les fait égoutter encore après les avoir plongées à plusieurs reprises l'une après l'autre. On lave de nouveau les auges, on en renouvelle l'eau pour y faire tremper les têtes pendant toute la nuit.
Le lendemain on recommence la même opération avant de les remettre dans une dernière eau qui doit être très propre. Environ deux heures après, on retire de ce bain, pour les faire blanchir, une certaine quantité de têtes qu'on a toujours soin de plonger et d'égoutter ; on les jette dans une chaudière contenant assez d'eau pour les baigner ; cette chaudière couverte, on met le feu dessous et on la pousse à l'ébullition. Alors on modifie le feu en fermant toutes les ouvertures du fourneau, et on laisse les canards mitonner au petit bouillon, jusqu'à ce que les palais et les viandes s'en détachent assez facilement pour permettre de les décharner.
Lorsqu'ils sont parvenus à ce point, on les retire
l'un après l'autre de l'appareil, après avoir, au préalable, dégraissé l'eau de la cuisson. On les met égoutter dans un baquet percé, et on les décharné ensuite en commençant par les palais qu'on jette dans de l'eau fraîche ; le surplus des viandes est mis d'un côté, et les os décharnés de l'autre.
Pendant que ces premiers canards blanchissent sur le feu , on en fait égoutter une égale quantité pour les remplacer dans la chaudière, et on continue ainsi l'opération sans changer l'eau , en observant seulement de la bien dégraisser après chaque cuisson. De cette manière on peut décharner dans un seul jour au moins deux cents canards que l'en entasse dans un magasin bien sec et bien aéré, jusqu'au moment d'en extraire la gélatine.
Ces opérations préparatoires demandent beaucoup de précision et de célérité, surtout dans les chaleurs ; elles doivent être terminées au plus tard le troisième jour de l'arrivée des têtes de bœufs à la fabrique.
Les canards décharnés , les os mis en magasin, je m'occupe de l'emploi des chairs. Je commence par les palais qui ont été jetés dans une eau fraîche renouvelée plusieurs fois pendant le cours des opérations que je viens de décrire. J'en prépare pour conserver une portion accommodée de diverses manières, j'en livre au commerce une autre beaucoup plus considérable à raison de 10 francs le 400, et j'ajoute ce qui me reste à la masse de viande provenant des canards que je soumets à l'autoclave pour en extraire le jus.