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le jour et la nuit par heures dans toutes les parties de la Chine, au Japon et dans les tics circonvoisincs.
Cicéron et d’autres écrivains de l’antiquité nous apprennent que le barreau d’Athènes, et plus tard celui de Rome, employaient la clepsydre pour mesurer le temps que l'on accordait aux plaidoyers des avocats. On versait trois parts d’eau égales dans le vase : une pour l’accusateur, l’autre pour l’accusé, la troisième ponr le juge. Il y avait un homme préposé à la garde de la clepsydre : il était chargé d'avertir l'orateur aussitôt que sa portion d’eau était épuisée. On arrêtait l'écoulement de l'eau pendant la déposition des témoins, la lecture d'un décret, etc.; c'était la aquam sustinere. Lorsque, dans les cas extraordinaires, les juges doublaient le temps qui était accordé aux orateurs par la loi : c’était clrpsydras clrpsydris addrre.
Platon, Quiutilien, Pline, Cicéron, etc., font allusion, dans leurs ouvrages, à cette coutume bizarre et gênante. Platon déclare que, do son temps, les philosophes étaient bieu plus heureux que les orateurs; ceux-ci, dit-il, sont esclaves d’une misérable clepsydre, tandis que ceux-là sont libres d’étendre leurs discours autant qu’ils le veulent. Ajoutons qu'on l'mit par imaginer toutes sortes de ruses pour accélérer ou retarder l’écouleineut de l’eau, soit en employant des eaux plus ou moins pures, soit en détachant ou en ajoutant de la cire à la capacité du verre. Enfin la corruption, surtout à Rome, ne connut plus de bornes, les injustices se multiplièrent, et il arriva que Cicéron ne put obtenir qu’une demi-heure pour la défense de Rabirius, taudis que les accusateurs de Milou eurent deux heures pour l'attaquer.
Les clepsydres, à Rome, n'étaient pas exclusivement réservées au barreau. On en faisait largement usage dans les appartements particuliers, comme dans les bâtiments publics, les temples, les théâtres, etc. On les consultait aussi fréquemment que nous consultons aujourd'hui nos montres, nos pendules et nos horloges monumentales. Dans toutes les ruines de Rome, de Naples, dans les fouilles que l’on a faites à Pompcï, à Herculanum, on a trouvé des fragments de clepsydres de diverses dimensions, mais il n’existe aucune trace d'aiguilles ou de rouages dans ces fragments. Il est donc probable que la clepsydre primitive, décrite par Athénée, était seule en usage à Rome sous le règne d’Auguste et plus tard.
Cependant l’invention du grand mathématicien Ctésibius ne fut pas perdue pour le monde ; elle resta comme jalon sur la route de la science, et les savants la retrouvèrent après bien des siècles, pendant lesquels des villes
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magnifiques s’étaient écroulées, en ne laissant après elles que le souvenir de leur grandeur passée.
Ainsi donc après plusieurs siècles d’oubli les machines compliquées de Ctésibius, reparurent en Asie, dans Rome chrétienne et même dans les murs de I.utèce, régénérée et sanctifiée par la religion du Christ. C’était de Damas, de Bagdad, d’Alexandrie, de Constantinople, et de plusieurs autres villes de l'Orient que les peuples du nord et de l’occident faisaient venir les objets d’art et de luxe dont il faisaient usage.
Les Gaules après avoir été ravagées par des invasions, réparaient leurs ruines sous le règne moins agité de Chilpéric.
A cette époque, quelques savants tels que Proclus, Boëce, Cassiodore, etc., firent de louables efforts pour ranimer le foyer des sciences et des arts, et . à l’aide de leurs écrits, dont quelques-uns sont venus jusqu'à nous, ils firent connaître aux peuples de l’Europe les chefs-d'œuvre de l’antiquité.
Boëce exécuta uue clepsydre qui rappelait celles qui ont été décrites dans le neuvième livre de Y Architecture de Vitruve.
Cassiodore inventa une horloge à eau compliquée de plusieurs rouages servant à l’indication des heures, des jours et des mois : on sait que ce savant, qui fut secrétaire de Théodoric, se retira sur ses vieux jours, dans un couvent de la Calabre où il s’amusait à construire des cadrans solaires, des clepsydres de plusieurs sortes, et des lampes perpétuelles.
L’histoire ne nous dit pas de quelle nature étaient ces lampes, mais il est probable qu’il entrait dans leur construction des roues et des ressorts mis en mouvement par une force hydraulique.
Sous Pépin le Bref les sciences firent de notables progrès : dans le silence des cloîtres les moines se livraient à de sérieuses études ; les académies d’Aulun, de Toulouse, de Poitiers, de Bordeaux et de Paris, s’encombraient d’étudiants de toutes qualités. Le roi lui-même protégeait les arts, et sa bibliothèque était déjà nombreuse, comme on le voit par l’inventaire qui fut fait de son mobilier après sa mort. Paul I" occupait alors le trône pontifical et il savait récompenser dignement, les artistes d’élite et les savants ; il envoya au roi de France une horloge aussi parfaite que celles de Boëce et de Cassiodore.
Au vin* siècle la clepsydre avait reçu, dans l’empire chinois de notables perfectionnements. V. Hang, astronome, avait construit une horloge dont les rouages étaient mus par l’eau. Elle représentait le mouvement propre et le mouvement commun du soleil, de la lune et des cinq planètes ; les cou-
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jonctions, les oppositions, les éclipses solaires et lunaires, les occultations des étoiles, etc. Deux styles ou aiguilles marquaient jour et nuit le ké (la centième partie du jour). A chaque fois que l'une des aiguilles était sur cette division, on voyait paraître une petite statue de bois, qui donnait un coup de marteau sur un timbre, puis soudain elle disparaissait; quand la seconde aiguille était sur l’heure, une autre statue venait remplir l’office de la première. (V. Histoire de faslronomie moderne, tome 1".)
On sait qu’au commencement du ix* siècle, Aroun al Radschid envoya à Charlemague des présents d’un grand prix parmi lesquels était une clepsydre à rouages qui passa pour une merveille : elle était en airain damasquiné d’or; elle marquait les heures sur un cadran; et, au moment où chacune d'elles venait à s'accomplir, un nombre égal de petites boules de fer tombant sur un timbre le faisaient tinter autant de fois qu’il y avait d’heures marquées par l’aiguille. Alors douze fenêtres s’ouvraient et l’on en voyait sortir un nombre égal de cavaliers, armés de pied en cap, qui, après diverses évolutions rentraient dans l’intérieur de la machine et les fenêtres se refermaient.
Peu de temps après l’apparition en France de l’horloge du kalife des Abbassides, Passificus, archevêque de Vérone en acheva une bien supérieure à celles de ses devanciers : elle marquait, outre les heures, le quantième du mois, les jours de la semaine, les phases de la lune, etc., mais ce n’était encore qu’une clepsydre perfectionnée et bien exécutée ; il lui manquait le poids moteur et l’échappement. Ces deux inventions furent faites vers la fin du x* siècle ; et de là, seulement, date le véritable art de l’horlogerie.