DU PRINCE SOLTYKO PF
flourius ou envirou. Cettuy maistrc Jehan des Orloges a fait, de son temps, grandes œuvres ès trois sciences, dessus touchiécs, qui par les clercs d’Italie, d’Allemagne et de Hongrie, sont autorisées et en grant réputation ; entre lesquelles œuvres il a fait un instrument, par aucuns appelé sphère, ou orloge du mouvement du ciel : auquel instrument sont tous les mouvements des signes et des planettes avec leurs cercles et épicycles et différences par multiplications, rocs sans nombre avec toutes leurs parties, et chacune planette en la dite sphère particulièrement. Par telle nuit, on voit clairement en quel signe et degré les planettes sont et estoiles du ciel : et est faite si soubtilement cette sphère, que, nonobstant la multitude des roes qui ne se pourraient nombrer bonnement sans défaire l’instrument, tout le mouvement d’icelle est gouverné par un tout seul contrepoids, qui est si grant merveille, que les solempnels astronomiens de lointaines régions viennent visiter en grant révérence le dit maître Jehan et l’œuvre de ses mains; et dient tous les grans clercs d’astronomie, de philosophie et de médecine, qu’il n’est mémoire d’homme par écrit ne autrement, que, en ce monde, ait fait soubtil ne si solempnel instrument du mouvement du ciel, comme l’orloge dessus dite; l’entendement soubtil du dit maistrc Jehan, il, de ses propres mains, forgea ladite orloge toute de laiton et do cuivre, sans aide d'aucune autre personne , et ne fit autre chose en seize uds tout entiers , comme de a esté informé l’écrivain de cettuy livre, qui a eu grande amitié au dit maître Jehan. »
I.’horloge de Jacques de Dondis excita partout l’émulation. Un grand nombre de personnages distingués voulurent en avoir de pareilles, et des ouvriers de la France et de l’étranger en fabriquèrent pour plusieurs châteaux, églises et monastères. Parmi les horloges qui furent faites au xiv* siècle, nous citerons d’abord celle de la cathédrale de Dijon, que Philippe le Hardi enleva à la ville de Courtrai après la bataille de Rosebecq.
« Le duc de Bourgogne, dit Froissart, fit oter des halles ung orologe qui sonnait les heures, un des plus beaux qu’on sçut trouver delà ne deçà la mer; et celui orologc mettre tout par membres et par pièces sur chars, et la cloche aussi. Lequel orologe fut amené et charroyé en la ville de Dijon en Bourgogne, et fut là remis et assis, et y sonne les heures vingt-quatre entre jour et nuit. »
Le grand historien du xtv* siècle s’est plu à donner, dans une pièce de vers remarquable, la description d’une horloge de son époque.
Cet écrit, dont nous donnons les principaux passages, est intitulé :
*n COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE