Z . B . S . Z 01’ . I . L ?. S . Z Z.?.D.B.N M.S.OU.N
11 suppose que 1.1 troisième ligne seule n'est pas composée de noms propres. 11 trouve en berbère le mot ZD qui veut dire approche, viens. Il ajoute qu’en arabe BAQAL.\ veut dire germer, qu’en berbère le Q se remplace souvent G' ; qu’il est vrai qu’il n’y a pas de G’ dans la ligne , mais que cette lettre existe dans quatre autres inscriptions oii l’on trouve ZZDBG’I.N et il en conclut le sens : (celui qui l') a conduit ici pour attendre une nouvelle vie.
Nous avouons que nous trouvons ce procédé beaucoup trop ingénieux et qu’il ne nous inspire aucune confiance.
Mais, dira-t-on, que faut-il faire pour arriver à traduire ces textes? Nous répondrons : Il faut apprendre le berbère et personne ne le sait complètement.
Les N'” 74 et 84 donnent lieu à une remarque ; Rien de commun dans les parties libyques. D’un côté, Naddos fils du Cotuzanien , puis une phrase. De l’autre ; Ca’ius fils de Midigt puis une phrase différente.
Mais dans les textes latins nous lisons : Naddos fils du Cotuzanien de la tribu Misictri vécut vingt ans. 11 gît ici. Dans le N“ 84 , chose plus singulière , Misictri est répète deux fois et il y a : Ca'îus fils de Midhigl , Misictri de la tribu Misictri, vécut quarante ans.
On peut remarquer dans le N" 74 l’interversion de l’ordre des lettres dans le mot tribu tir, qui appuie l’hypothèse de l’interversion de l’/( dans Naddhsen. On pourrait même croire qu’au lieu du T latin le graveur, se trompant, a fait le t nu : idique en mettant la barre horizontale au milieu de la barre verticale au lieu de la mettre en haut.
On serait tenté de voir dans ce mot Misictri, Misigtri, une nouvelle modification du motMazight.
Quant aux inscriptions purement latines trouvées parmi nos numidiques (planche V), nous voyons celle d’un Rastus désigné comme Numide. Celle de Julia qui était fille de Gallus ou d’un
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Gaulois. Celle d’.\ulu le padouau , qui était médecin; avec une faute d'orthographe , Midicus pour Medicus.
Remarquons eiiliii celle où il y a pournoni les trois consonnes BIR. C’est un nom indigène, celui du père d’une des branches des berbères, Boleur d’après les généalogies d Ibn Khaldoun. Ce nom était donc en usage il y a 1800 ans , nous ne savons s'il l’est encore aujourd’hui.
Ou voit qu'en somme l’épigraphie numidique u’offre pas un bien grand intérêt ; elle peut exciter la curiosité de ceux qui ont le goût de ce genre d'études, mais elle n’est pas destinée à nous apprendre grand'chose.
On voit aussi que ce qui est sérieusement acquis en fait d’interprétation se réduit à peu près aux noms propres. Nos connaissances en resteront-elles là ? Nous répéterons encore que le seul moyen d’aller plus avant serait celui que nous avons indiiiué, l’établissement d’un bon vocabulaire berbère. — Sans cela on pourra trouver quelques nouvelles bilingues , s’en servir pour corroborer ou déterminer la valeur de quelques lettres, en conclure la connaissance de quelques noms numides nouveaux, mais rien de plus.
Nous répétons que le procédé suivi par M. Judas d’aller cbereher aux groupes de consonnes niimidiques, rpi’il suppose n’étre pas des noms propres , des analogues dans des radicaux sémitiques qu’il naturalise berbères , ne peut que nous paraître une source d’erreurs, à uous qui ne croyons pas encore au sémitisme originel du Berbère. Ce sémitisme, c’est ce que ce savant épigraphiste devrait démontrer d’abord, puisqu’il y croit.
Nous avous donné à la fin de la planche VI les inscriptions touaregs modernes, avec la transcription des mots en lettres françaises. Il nous reste à donner ici la traduction française de ces inscriptions. La voici telle que nous la trouvons dans la grammaire kabyle du colonel Hanoteau :