‹ Collection complète des ouvrages publiés sur le gouvernement représentatifChapitre 12 sur 44 · Tome III, 5". Partie. " la · texte numérisé non relu

Tome III, 5". Partie. " la

D,a,l,;t!dbïGpOgIe

elle a obtenu, dans quelques journaux, le tribut ordinaire d'admiration qu'y reçoivent, tous les ouvrages de M. Constant. Rien n'a été oublié pour donner uo grand éclat à ces deux lettres; et Ton pouvait espérer qus le procureur du Roi, les magistrats et Ica jurés n'auraient pas de nouvelles Invectives à essuyer de la part de cet écrivain; mais un« brochure qui vient de paraître contient un article beaucoup plus injurieux encore que ne le sont les deux lettres : •/< n'incuipe ta intentions de pergtmhe, dit M. Constant; et celte phrase , dans ta brochure , est précédée de celle-ci ;

■ J'ai relevé le langage du miniitère public contre un pré- » venu ; j'ai dit que ce langage portait l'empreinte d'une

■ prévention violente- > Ce n'est là, selon lui, inculper les întantiong de personne, Laissons ces contradictions , et venons à la discussion principale. Il semble que M. Constant ignore jusqu'à la marche d'un procfrs criminel. A quoi tendent ses critiques plus qu'amères? Ces critiques, fussentelles justes , seraient à-peu-prës sans objet. Le procès n'a pas été jugé d'après des pièces, mais d'après dts débats qui ont nécessairement éclaircî uu rectifié ce qui était douteux ou mal énoncé dans l'iastruotion. Les procès criminels ont cela do précieux, que les dépositions écrites sont sans influence sur les arrêts; car le jury ne se détermine que d'après teslumières qu» les débats ont produites. • J'ai pu, à la distance où je • suis, dit M. Constant , acquérir la conviction <;omk plète que Rcgnautt n'est pas coupable. > Cela est impossible ; les pièaes ne peuvent opérer cette conviction , car totit est remis en question devant le jury ; ce sotat les débats seuls qui éclairent sa conscience; et quiconque ne les a pas suivis, ne peut alHrmer sur quels faits particuliers il a pu former sa conviction. M. Constant cherche à élever des préventions contre d'autres individus, uniquement pour jeter des doutes sur le véritable auteur du crime. Cet artifice na peut faire illusion même aux personnes les plus étrangères à i'afiàîre. Je n'objecterai pas à M. Constant tout ae qui a frappé tout le inonde, c'est-à-dire l'espèce d'insensibilité qui règne dans ses écrits sur le sort de la malheureuse femme égorgée. On se demanderait presque s'il y a eu un asiassixat , tant le sort de la victime occupe peu le défenseur de Keguault; mais >e lui objecterai ce passage de la page 78 de sa lettre.

11 traite le point le plus grave peut-être de l'accusation. Il Cependant je dois tout dire : l'on a trouvé dans le do- 1 nùcile de Rvgnault uu habit bruo dont il s'était servi

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i7fl k quelquefois pour aller à la chasse , et dans les poches da-

■ quel M. le juge-de-paix dit avoir remarqué des taches d«

■ sang; mais cet liabit, on l'a montré à Uesnil. II a déclaré

> que ce n'était pas celui d£ Kegnault, ion de leur rea-

■ contre. On lui a montré ensuite une veste d'indienne , à

> fleurs rouges et vertes ; il a à~peu-prfeg déclaré la recon-

> naître. Qu'on devine ce qui est arrivé ? L'on a pris noie,

■ dans le proc ts- verbal , de la reconnaissance de l'un des

■ habits , et des taches de sang crui se trouvaient dans les • poches ds l'autre I Laissons ces détails. ■

H. Constant a l'air de ne trouver là rien d'important. Laissons ces détails , dit-il. Quoi I voilà des taches de sang dans les poches d'un des habits du condamné, et une circonstance si grave parait futile au dt^fcnseur I Selon lui, ces taches se sont trouvées dans les poches d'un Iiabit de chasse ; mais si elles se sont trouvées dans l«s poches de la veste d'indienne , de cette veste que Mesnil a à-pcu-près reconnue, la char|;e, danscecas, devient terrible. Eh bien, si M. Constatai avait assisté aux débats, il saurait que c'est précisément dan»^ la veste d'indienne que se sont trouvées ces taches ; que les poches furent retournées, et que les jurés, les juges, le public, ont remarqué ces mêmes empreintes de tang, «ncore vives, comme les avait déjà remarquées lejuge-depaîi , le juge d'instruction et le procureur du £oi.

M- Coiistant est là comme sur des charbons : ■ Lai»a sons ces détails- * C'est ainsi qu'il se débarrasse d'un« obiet^tion gênante. Si l'innocence de son client eût été si manifeste, que n'explique-t-il pourquoi les nouveaux magistrats, à qui le (irocès en faux témoignage fournissait l'occasion de la faire briller , ou du moins de remettre tout la Î irocès en question, n'ont pas saisi cette circoustance pour e sauver? Staîs M. Constant, qui n'a pas été présent aur débats, qui ne connaît les lieux que d'après un plan, qui n'a rien vu , en sait plu* que les magistrats , les jurés , les témoins , et il ne craint pas de rimprimer. Je veux croir* qu'il est de bonne toi ; mais pourquoi ne s'attache-t-il donc . pas aux véritables objections? Il parle de Calas. Mais qu'y a-t-il de commun entie les deux aSdires? Calas iïls avait pu se pendre lui-même ; mais la malheureuse iille Jouvin a-t-ellepuse mutiler d'une manière si horrible, puis s'étrangler par le moyen d'un tourniquet ? Deux nouveaux témoins ont été entendus, dit.-on , dans le procès en faux témoignage, et ont ajouté aux charges de l'accusation; H. Constant n'en dit pas un mot. Un autre avocat de ^illrid.

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i8o Regoaulta prétendu que le {ury était eomposé de tous noblet ( ce qui est faux pour quatre au moim ) ; et par une contradîction'dont on ae paraît pas s'inquiéter, on a allégué que les témoin» à char^ étaient des mendians. Ainsi les )urés ■ontsuspFcts parce qu'ils sont trop nobles, el les témoim parce qu'ils ne le sont pas assez.

H. Constant semble menacer quiconque le permettra des objections. Celte nécessité de répondre i tout, dit-il , je souhaite qu'on me l'épargne. Ces menaces sont répétées en plusieurs endroits de la seconde lettre. S'il y a quelques dangers à avoir présenté des objections à M. Constant, j'accepte tous ces dangers. Les droits de l'innocence sont grands, sans doute; je les mets au-dessus da tout. Mais quand cette innocence est plus que problématique , faut-il lui sacrifier le ministère public, les magistrats, tes jurés, les témoins , et jusqu'à la plus précieuse de nos institutions, le jury ?

Viltrid Regnault est , à ce que nouj) assure aujourd'hui H. Constant , un malheureux contre l'innocence duquel on n'a plus rien à alléguer. Ce langage est bien étrange. Regnault a obtenu ce qu'on n'a presque jamais accordé à des condamnés , la faveur d'une révision ; car ce procèsen faux témoignage, qu'est-U autre chose qu'une réviiriou? Eh bien ! ce procès a justifié J'équité du premier arrêt; et cependant Regnault est un innocent contre lequel on n'ose plus rien alléguer ! M. Constant parle d'esprit d« parti, des intérêts de castes qai ont toutes les fureurs du désespoir ; oii donc cela se rencontre-t-il , si ce n'est dans ses propres écrits ? N'est-ce pas cet esprit de parti si blâmable qui le porte à attaquer le procureur du Roi , le juge d'instniction , les magistrats qui ont prononcé dans les deux procès, les jurés, les témoins? Il n'y a d'innocent que Wilfrid Regniull. Tel est l'esprit des écrits de M. Constant, qui n'inculpe personne. Que les défenseurs de Regnault, au lieu d'attaquer nos institutions, de calomnier magistrats, juré» et témoins, implorent la clémence du souverain, personne ne s'opposera au succès de leurs démarches; mais qu'ils bornent là leurs efforts ; en ne s'y bornant pas , ils forcent àpwler d'un homme qui oe âoit plu» nqiïet que la pitié.

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Lettre au Journal du Commerce.

Monsieur ,

Si l'article qui a paru avant-hier dans la Quatidienn* ne regardait que moi , je m'abstiendrais d'y répondre; mail comme il peut inûuer sur le sort d'un malheureux condamné, il m'est interdît de rien mépriser. Veuillez doao insérer les observation» suivantes ; elle» n'ont de rapport qu'à un seul fait que la Quotidienne afQrme, et qui se trouve faux. Ce qui m'est personnel m'est indilTérent.

J'avais rapporté, dans ma seconde lettre, queletuge-depaix a' ait dit • remarquer dans les poches d'un habit brun

> de Begnault des taches de sang ; mais que le témoin Me»-

■ nil avait déclaré que cet habit n'était pas celui de Ke-

■ gnault lors de leur rencontre ; qu'on lui avait ensults

> monlré une veste d'indienne; qu'il avait à-peu-prËs dé- I claré la reconnaître ( son assertion, en effet, n'est point

• poûlive ) , et qu'on avait pris note , dans le procès-verbal ,

■ de la reconnaissance de l'un des habits, et des taches d«

■ sang qui se trouvaient dans les poches de l'autre. *

* Quoi, » féerie un correspondant anonyme de la Quotidienne, un anonyme, quand il est question d'affermir un fait, tpii peut influer sur la vie d'un homme! > Voilà des

> taches de sang dans un dss habits du condamné, et uns

* circonstance si grave parait futile au défenseur! • Hais )o réponds : si ces taches de sang se trouvent dans un habit que Regnault ne portait pas le jour où le meurtre a été commis, certes, ces taches de sang ne prouvent pas qu'il ait commis ce meurtre- Il n'a pas été faire ces taches de sang en rentrant chez lui. Ce ne sont pas les taches de sang que Hesnil dit avoir vues. Ces taches de sang, remarquées dans la poche d'un habit resté au domicile de Hcgnautt , tandis qu'on prétend qu'il assassinait une femme à un quart de lieue, n'ont rien de commun avec cet assassinat : eÛes n'ajoutent rien aux indices; elles sont-complëtement étrangères à c« fait. La circonstance n'est pas grave ; elle n'est pas mèma futile : elle est nulle.

L'anonyme le sent bien. Après c*tte insinuation , qui terait atroce si elle n'était absurde, et qui! abandonn» après l'avoir jetée en avant pour valoir ce qu'elle pourra-, il continue :

« Selon H. Constant , dit-il, «s* tachsi is Mog s« s«at

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« trouvées dam les poches d'un habit de chaîne. ■ Selon moi I ce n'est pas selon moi , c'rst selon le procès* verbal qut ces taches de sang se trouvent dans l'habit que Regnattlt ne portait pas. Voici les paroles du procès-verbal , pa^. a^a de la première instruction : lAu surplus, en examinant et t détournant les poches de dessus dudit habit veste ( le » même habit bruu que Mesnil avait déclaré n'être pas celui » que portait Begnault ) , nous avons remarqué auxdites

* poches plusieurs taches de sang. ■

Ainsi ce n'est pas aïoi qui prétends que ces taches de «ang se trouvaient dans l'habit dont Regoault ne s'était pas tevélu ; c'est le juge-de-paîx, c'est le jirocès-verbal f|ui constate ce fait. ■ Mais, poursuit-il , si ces taches Ae sang se sont 1 trouvées dans les poches de la veste d'indienne, de cette B Veste que Meantl a à-peu-prèa reconnue, la charge, dans

■ ce cas, devient terrible. Eh bien,auxdébats, c'est préci-

* sèment dans la veste d'indienne que se sont trouvées ces a taches. Les poches ont été retournées, et les jurés, les

■ juges , le public , ont remarqué les mêmes empreintes de

■ sang encore vives , comme les avaient remarquées 1q

■ juge-de-paix , le juge d'instruction , et le procureur

■ du Boi. ■

li'assertion est encore fausse. Le juge-de- paÎK n'avait remarqué aucune tache de sang dans li;s poches de la veste d'ilidicnne, lorsqu'il s'en était saisi. I.êfait est positif (voyez page 35!>). * Mous avons trouvé uue vfsEe d'indienne , fond

> sablé gris, avec fleurs rouget et vertes, doublée de toile » grise , ayant une poche en dessus et deus en dessous ; s de laquelle veste nous nous sommes saisis ; et rentré à

* notre domicile , nous l'avons repréi^entée audit sieur

> Mesnîl, qui nous y attendait, etc. ■ Il n'est donc question d'aucune tache de sang dans les poches de la veste d'indienne, quoique le juge eût remarqué ces poches, puis~ qu'il en fait mention expresse dans le procès- ver bal.

Comment ces taches se sont-elles miraculeusement transportées de l'habit brun à la veste d'indienne ? Que l'anonyme y prenne garde : qu'il ne se laisse pas entraîner ^ dire que le joge-de-paix n'a pas pensé à faire, au moment même, sur la veste d'indienne, les mêmes perquisition» que, sur l'babit brun, car alors, où ces taches ont-elles été conslatées? La veste d'indienne a été saisie par Je juge-idc'-paix , portée pae lui k son domicile, représentée à Mesnii , qui l'y atteudait, Est-ce là que ta perquisition a été faite , sans confrontation , fana esamen préalable , au uioius eu prËKuce dap paréos d«

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Begnault, eonime cela avait eu lieu paur l'habit ie cliasief Ainsi , ce Krait quand la veste d'iDdianne aurait été heri dû domicile de Regnautt, entre les mains du juge-de-paixseul, ou du juge-de-paix et de Meauil tête-à-tête, que ces taches de •aog, inutiles dans l'habit brun, se seraient trouvées dans la veste d'indienne ! Cette circonHtance si grave, dit l'anonyme, cette circonstance qui a rendu la charge si terrible , qui a porté la conviction du crime dans l'Ame des jurés , des juges et du public , n'aurait pas été constatée au moment de |a saisie ! Et ces taches de Rang, nous dit-on , étaient encore vives quand elles ont paru aux débats. Encore vives, après HÏx mois ! Mais des taches de sang eneore vives à la fin d'août, ne peuvent être la trace d'un meurtre commis au commencement de mars. Comment l'anonyme n'a-t il pas craint de nous induire à croire qu'elles avaient été faites au mois de juillet ?

Imprudens apologistes ! voun dites que je suis sur des charbons ardeDs en parlant de cette circonstance. Si elle était vraie, j'y serais sans doute; mais ce ne serait pas dans l'intérêt de Regnault. Au reste, )e repousse ces horribles inductions. Un article anonyme, sans authenticité, sans aucune valeur, ne peut autoriser nulle conjecture. Heureusement pour ceux m£me que , dans votre aveuglement, vous croyez défendre , lecourageux défenseur de M. Regnault, M'. Odilloa- Barrot, a la preuve que ce que vous alléguez est faux. Aux débats , loin de chercher des traces de sang dans la veste d'indienne , Mesnil a voulu reconnattre l'habit brun qu'il avait auparavant déclaré ne pas reconnaiitre. La différence de cet liabit et de lu veste d'indienne , la dissemblance de l'étoSè, de la couleur, de la forme, ne l'ont point arrêté. On savait alors que c'était dans l'habit brun que se trouvaient les tachei de sang.

J'ai dit, Monsieur, queje ne répondrais qu'à ce fait, parce que c'était le seul que contienne l'article anonyme de ^Çuotidienne; en conséquence, je ne relèverai point l'absurdité de supposer que des mains sanglantes fassent des taches dans les poches d'une veste , sans en faire à l'extérieur. Je n'ajouterai qu'un mot sur la publicité toujours croissante de cette affaire, parce qu'on veut faire de cette publicité une défaveur pour le nallieureux qui estdansles fers. Cette publicité n'est point notre ouvrage. Ce ne sont point les piémoircs d'ailleurs très-légitimes do TA. Barrct, ce ne taDt point mes lettres qui ont commencé cette publicité ; c'est le procès em «alomnie , et certet , cç proxi&t e^ «dooksle ng peut 4ttQ attri-

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bué qu'aux calomniateurs. La publicité de la partie de ce trista procès, qui éluit la plus f&clieufic à faire connaître, a donc élé la sujie de ce jugement en calomnie : celle qui ne se rappurtc qu'à l'inuocence d'un infortuné n'aurait compromis personne si ses ennemis l'aTaîcnt voulu.

Au reste, que l'on cesse d'attaquer Regnault, nous attendrons avec respect, avec espoir et avec confiance la décision «upi^me. MaisauKNÎ Iong-tem))g que des anom'mes viendront de nouveau calomnier Ilignault, nous répondrons, et nous seroiiR , je t'espère , infatigables duns la protection de l'innocence.

Agréez , etc.

BENJAMIN-CONSTANT

' Seconde lettre à la Quotidienne.

Uonsiiri,

Je n'avais eu pour objet, dans ma lettre sur le procès de ■\^'îlfrid Begnault, que de justifier les magistrats^ les jurés et les témoins, en biitle aui attaques de H. Constant. Mon intention n'était pas d'i'crite deux fois sur celte a (Taire » et l'aurais abandonné le cliamp de bataille à H. Constant, s'il ne s'él.iil plu à dénaturer un fait du procès, pour ii:culfier n.ii bonne foi. 11 s'agit de la veste d'indienne que Ménil a à-peu-près reconnue pour être celle dont était revèlu

. \^'ilfnd Begnault, lorsdc leur rencontre le jour de l'assassinat. J'ai dit que les poches de celte veste avaient été retournées à l'audience delà Cour d'assises, pendant les débats, et qu'an yavait remarqué des taches de sang encorevives, c'est-à-dire des tncbes qu'on pouvait dislînguer sans se tromper sur leur nature. Ce fait est a la connaissance des juges , du procureur du Euî, des jurés, et ne peut être contesté par aucun de ceux qui ont assisté aux débats; mais il l'est par M. Constant, qui pourtant ne prétend pas les avoir suivis, qui n'a rien entendu , tien vu, excepté les pièces d'un procès qui n'a pas été jugé sur des pièces. J'ailrouvé, je l'avoue, que ces taches de sang dans tes poches d'un babit À-peu-près reconnu pour être celui queportait le condamné au monient de l'assassinat, él.iieni un fait bien grave. « Le jugc-dc-;iaix, dit M. de Cons- ■ tant, n'a fiiît aucune mention de» taches ^ans son procès-

■ » .verbal: » Je n'uJ pas dît non plus que cette mtntion eût été faite dans le procès-verbal du jiige-de-pai\, j'ai dit seulement qu'il les avait remarquées , conraie le procureur du Boi et 1«

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juge d'instruction , sans parl«^r d'aucuns procès-verbaux. Mais 11. Coiislant avait besoin d'un prétejite , à ce qu'il parait , pour servir de tranxilion à une accusation plus sérieuse. Selàn lui , il faut conclure de ce que ces taches ue sont pas consttitéest qu'elles n'esislaient pas lorsque ce magistrat s'est •aisi dt la veste.

< Coninieut, dit-il, se sont-elles miraculeusement trans-

■ portc'es de l'babit brun ( car il convient qu'il *y avait des

■ taches de sang dans l'habit brun ) à la veste d'indieone ? ■ Je l'i^ore , mais leur existence au moment des débats est un fait qui serait établi par trop de témoignages pour pouvoir être dénié. Si elles ont été transportées d'un habit sur un autre , ce n'est du moins ni par les membres de la Cour d'assises, ni par les )urés, ni par les témoins , qui n'ont pas eu cette veste à leur disposition. Il faut que M. Constant cberché d'autres coupables. Et qu'importe d'ailleurs la coaleur de l'habit taché de sang, puisque le témoin Ménil n'A .pu préciser ( M. Constant l'avoue ) quel était celui, dont Regnault était revêtu le jour de l'assassinat ? Est-«e sur cette circonstance qu'a été fondée la condamnation , et tout cela n'a-t-îl pas élé éclairci dans les débats ? Il s'appuye de l'au- .torilé d'un avocat de Paris , qui a écrit dans l'aflaire; mc^ je m'appuie du témoignage d'un des jurés , homme également plein d'honneur et digue de foi > qui a vu tes taches de sang.

Impriidcnts apologistes 1 s'écrie M. Constant; que veutil dire? Que signifie celte menace? Où se trouve donc ici l'imprudence, sinon dausceluiquisuppose une ligue de douze jurés , de je ne sais combien de magistrats et de témoins , pour faire périr un innocent que la plupart d'entre eux ne connaissaientmémepasavantl'aBaire ; dans celui qui attaque des jurés parce qu'ils sont nobles , des témoins parce qu'ils sont pauvres , des magistrats parce qu'ils sont impassibles ? Imprudente apologie , dites-vous ; et sur quoi donc a porté cette apologie imprudente? Est-ce sur un criminel convaincu et condamné à l'unanimité ? Non ; c'est sur des magistrats» des jurés et des témoins, sur nos plus précieuses institutions: ainsi l'imprudence n'est pas d'attaquer les objets les plus respectables , mais de les défendre III

Le malheur a des droits sacrés I qui vous le dispute ? Mais a-t-on jamais considéré un homme condamné pour un horrible assassinat suivi de vol , et ayant eu le vol pour objet, comme un malheureux digne de cet intérêt qui a fait dire: Acs sacra miser! Ce qui est di^eduplHsaobl«intdr<t>

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ce sont lies magistrats, des [tirés, des témoins, 3l qni Ici CMivenances interdisent de descendre dans l'arène , et que M. Constant, sans égard paar leur délicate pdsition, flétrit autant qn'il est en lui, dansdesécritsquîse renoutetlent •I toat momeol. Hais quelle confianee peut se flatter de mériter un homoie qui ne craint pas d'imprimer : ■ J'ai pu , à • la distance où je suis, acquérir la conviction complète qa* ■ Regnault n'est pas coupable. • Et îl s'agit d'une procédure pur jurés I Quel privilège vous avear , M. Constant 1 Ainsi, vous n'avez entendu ai les interpellations du président, ni le» d^larations des témoins , ni les réponses du prévenu ; TOUS n'avez pu remarquer ni ses hésitations, oi ses contradictions, ni sesaveux, ni l'expression desafi^ire, car aucune de ces choses n'a été écrite , et cependant vous avee pu acquérir la conviction complète de l'ianoceace de Hegnault t A qui parlez-vous ? Qui de nous n*a pas été juré et ne sait qu'il &ut au moins avoir assisté aux débats d'un procès par iiurës pour se permettre , non pas d'affirmer que le condaHiné est innocent, mais seul eni en t de parler sur le fond de l'afTaireP Pourquoi cet homme si convaincu de l'innoccDce de sofi client, n'a-l-il répondu qu'à un des articles de ma letlre? Tous étaient graves, mais tous étaient vrais , prouvés, inatiatjuables. Je l'ai déjà dit , et il me force à le répéter : Re- (fiiault a' obtenu ce qu'on n'accorde presque jamais aux criminels, même les moins indignes d'intér*!, une révision. En cûet,le procès en faux témoignagen'était autre chusequ'une révision véritable. Eh bien 1 Qu'est-il résulté de ce procès? Il n'a servi qu'à mettre dans le plus grand jour l'équité da premier arrAt. Aujourd'hui l'on poursuit avec un too d'amertume et avec l'espre^on de la menace une seconde révision , c'esl^à-direcequîn'ajamaisété, je ne dirai paà obtenu, mais même demandé ! Et quelle pièce nouvelle et décisive del'innocence dè'Regnaiil t apportez-vous ?car c'est une pièce dp ce gcui^ qu'il laut produire pour obtenir une révision. Aucune. Vous n'en alléguez même pas. Ainsi, vous vicndres répéter contre les juges , le procureur du Roi , le procureurgénéral, les jui'és . les témoins, contre les dépositions, les procès - verbaux et les actes de la procédure , ce que vous avez déjà dit au Tribunal de première instance , à l;l Cour royale de Rouen, à la Cour de cassation, et dans une foule d'écrits; ce qui , eA Un mot, a été apprécît-' «l jugé nouvc- ¥ainemenl par Oe qu'il y a de plus élevé <laiis notre m igistrature 1 n'est-on pas tenté de se demander quelle est ('autorité de H. Constant ,- quelle sorte de coiiliaucs

J.,r,l,z<»i:,.,G00gIf

i87 a tronve dans seg lumières, pour o«r proposer le boult-ver* giment de noifc ordre juiliciairi;, fruit de fa sagesse et d« respérience des siècles ? FouiiIi>z, Housieur, dans nos archives judiciaires, et clicrchez-y uu seul exemple pour juslifier voire étrange prtiteuliou.

Cependant M. Constant ne craint pas d'imprimer à la £ace de lu terre • que Keguault est un malheureulc contre l'in-

■ Ducence duquel OR n'use plus rien alléguer t o Sans doute il avait pensé qu'il parleraittuujours seul, et c'était dans cette vue, on ne peut en douter, qu'il muliipliaît les menaces:

■ cette nécessité de répondre à tout , disait-il, je souhaite

■ qu'un me l'épargne 1 > Eh I Monsieur, ^i vous vouliez éloigner les contradicteurs, il fallait vous borner à parler de l'innoceuce de Rrgnuult; )e n'aime pas les assassins, mais ma main serait séchée plutôt que d'écrire lin mut qui eût retardé d'un sf^ul moment la eomniutationdesapeinei mais je n'ai pu rester îndiflërent à vos attaques contre des hommes  qui ta société même faisait une obligation des pénibles devoirs qu'ils ont remplis, parce qu'en les attaquant vous portez atteinte à des iustitulious dont tout bon frauçais doit désirer le maintien. Encore une fois, adressez-vous à la clémence du Roi , et personne ne viendra s'interposer entre un criminel qui supplie, et le souverain dont il implore sa grdce.

J'ai gardé l'anonyme ; qu'importe à M. Constant d'avoir mou nom tout entier ou d'en avoir trois lettres seulement P lui-même ne signc-t-il pas quelquefois B. C. ? Je ne suis pas anonyme apparemment au bureau de la Quotidienne', M- Constant peut m'y adresser SCS réclamations. Je n'ai jamais laissé une lettre polie sans réponse; mais je déclare que voilà la dernière lettre publique que j'écrirai sur cette affaire.

0/ftcUr <U cavaUrit un non activité.

Dernière réponse adressée au Journal du Commerce.

L'anonyme de ^Quotidienne ayant publié contre Kegtiaull une seconde lettre , je suis forcé de vous supplier d'insérer une réponse, qui heureusement sera courte cette fois. L'anonyme veut toujours prouver qu'il ya des tacbes desaag dans la veste d'indienne dont Uénil prétend avoir vu Aegnault «vvétu. Vos lecteurs peuvent se rappeler qu« j'-Avais dit qut

j,=,i,z<,d.vGoogIf

«es l.iclicK avaient él^ remarquét;» dans un habit de cha»» que Regiiaitlt ne porl.titpas. Quelâitranonyme pour prouver hoa assertion ? It cite un anonyme, et il appelle cela s'apfHtyer d'un témuii;utig;e ; avec cette manière, il aura des Ji^moignages tant qu'il voudra; moi , \e nie le f^it, et j'ai sïgu(!'. Je me suis appuyé d'un témoignage , et j'ai nwatmé ccl»! dont je m'appuyais. Que le public juge «nlre deux hommes ijui écrivent pour un malheureux, et qui signent» rt deux hommes , s'il yen a deux, qui écrivent conte c» malheureux et ne signent pas.

L'anonyme convient qu'aucune mention des taches de lanf dans celte veste d'indienne n'a été faile dans le procès-verbal ; mais it dit que le juge-de-paix les avait remarquéei. Commeiit n'a-t-il pas constaté sa remarque ? c'était son devoir impérieux, son obligation stricte. L'anon\-me demande ce que je conclus de cette circonstance. Il m'y force , et je vait lé dire. Avec cette manière de procéder, que l'anonyme suppose, un juge-de-paix (remarquez que je ne dU pas que cela •oit arrivé ; au contraire , puisque dans le fait il n'y a pas eu âe taches de sang dans l'habit en question }, pourrait se saisir d'un habit non taché de sang , et , six mois ptii» tard , l'habit pourrait se produire taché de sang aux débats^ Certes , quand il s'agit d'un meurtre, des taches de sang sur l'habitqu'ondit a^oîr été celui du prévenu, sont une chose assez importante pour qit^elle soit consUtée à l'instant mfime où cet habit passe en desmains clrarigêres, sansquoi leprévenu serait à la merci des altérations qu'où pourrait faire aux vÉtemens qu'on aumit saisis , pour donner au crime de la vraisemblance. C'est pourquoi j'ai appelé l'anonyme imprudent apologiste, parce qu'en alléguant un fait qui n'est pas, ce n'était pas Kcgnault qu'il inculpait, mais des magistrats, que par l'événement je me trouve ici défendre en prouvant que l'allégation eM fausse.

■ Qu'importe ? s'écrie maintenant l'anonyme; est-ce sur cette circonstance qu'a été fondée la condamnation ? > Et pourquoi donc faisiez-vous de cette circonstance un moyen contre Itegnaull ? vous disiez tout-à-lheure que si elle existait , c'était une charge terrible : Vous parliez de Timpression qu'elle avait produite sur les jnrés, les juges et le public. 3e vous prouve que le fait est faux , et voila que vous me répondez, qu'il n'est d'aucune importance. Logique de Ift haine , heureusement vous vous démasquez.

L'anonyme me reproche de n'avoir pas réfuté les antres

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articles de sa lettre , tous graves, dit-il, tons vrais, prouvés inattaquables. Jeviensde la relire. Hors le fait que j'ai relevé, cette lettre n'en contient pas un. Quant' aur déclamation* vagues et aux insinuations perfides , je respecte aattez le public pour n'y pas répondre. Mais pourquoi , de son côti, l'anonyme n'a-t-il rien dit de tant d'autres circonstances relevées dans mes lettres , des contradictions de Ménil , de rimpossibilité physique que IlegnauU eût commis le crime, vu le temps, l'heure, le genre des armes, la résistance ; enfin, sur le procès en calomnie , dont cependant ia Quo~ ttdiennc ne peut avoir perdu le souvenir ? Je voudrais bien voir un petit article sur ce procès en calomnie dans la Qnotidiennti.

L'anonyme se justifie enfin de ne pas se nommer. Il nw Aemande si son nom m'importe- Non , certes , bien qu'il strit très-libre de me l'apprendre. Ce qui m'importe , c'est que Regnault soit sauvé, ensuite j'oublierai sans peine l'existence de l'anonyme , comme j'oublierais son nom , si je le savais. Je signe quelquefois B. C. , dit-il ; mais cette signature me désigne assez. Je n'ai d'ailleurs rien écrit , jamais, qui fût de uature à compromettre la rie d'un homme, qui n'a plus d'espoir que dans le recours en grdce; et si î'élaia assez malheureux pour être réduit à cette nécessité effroyable , je puerais mon nom tout entier.

Pardon, Monsieur, de cette importunïté nouvelle. Ce n'est pas moi qui cherche ces occasions de revenir si souvent sur une affaire déplorable ; mais j'ai toujours à craindre que mon ■Uence ne nuise à un infortuné , et cette idée me poursuit . sans cesse.

Agrées , etc.

BENJAMIN CONSTANT

Article du Moniteur ^ du 5 avril.

Le Roi Tient de prononcer sur le recours en grâce de Wafrid Regnault, et la peine de mort à laquelle il avait ité condamné, est commuée en celle de vingt années d'emprisonnement. Nous avons cherché à nous rendre compte des motifs et de l'étendue de la clémence royale dans une affaire qui a si vivement occupé l'attention publique , heureux d'avoir encore, en cette occasion, à chérir sa bonU «ftuveraioe, en même temps que nous admirons sa sagesn.

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■Tfilfrid Bcgnaull a été condamné par des l'uréi. De nombreuses réclamalion» se août élevées dcpuU en sa faveur ; des circonstances extraordinaires ont marqué l'époque de sa condamnation. Elle a élé suivie d'une procédure en faux témoignage contre le seul témoin qui ait été entendu contre lui. Bien que cette procédure aitéEé sans résultat , des doutes •e sont élevés dans beaucoup d'esprits. On n'a que trop d'exemples, hélas! des erreurs dans lesquelles peuvent tomber, en matiëre criminelle, les cœurs les plus droits, lés esprits les plus sages et les plus éclairés; on n'a vu que trop souvent l'innocence succomber sous les t^areinens d'une indignation verltieuse, alors que les esprits ont été trop vivement préoccupés par les premiers indices d'une criminalité qui dès-lors leur a paru certaine. Haisenllu , les jurés avaient prononcé sur le sort de Wilfrid ; et quelque conséquence qu'on ait pu et voulu tirer de la procédure écrite, oi| doit ^vant tout reconnaître qu'il n'appartient à personne de réviser , ni encore moins de condamner un jugumcot rendu sur des débat qu'il est' impossible de reproduire, et dans lesquels la conviction a pu arriver aux [urés par une foule d'indices souvent aussi fugitifs que l'instant qui les a vu produire. La foi qui est due aux arrêts rendus dans cette forme ai précieuse ne peut être renversée que par une évidence contraire , et cette évidence ne peut guère résulter que d'une découverte postérieure qui saisirait le véritable coupable ,. et le mettrait enfm sous la main de la justice. Ce cas est prévu par l'article 44^ du Code d'instruction criminelle.

Aujourd'hui nous croyons pouvoir assurer que quiconque aura suivi attentivement la marche de l'alTaire de Wiifrid Regnault, et se sera bien pénétré de ses circonstances, demeurera, comme nous, convaincu que ta décision Royale concilie tout-à'l a-fois le respect et la confiance qui sont dus à l'institution du Jury, avec ce que commande l'humanité , du moment où des doutes qui ne sont pas sans quelqu'apparence de fondement, viennent réclamer en sa faveur. Cette décisioH acela de remarquable, qu'elle pourvoit à la sûreté delà société) qui serait compromise si un grand coupable était rendu à la liberté, et qu'elle ne laiss« rien d'irréparable dans l'avenir, si des circonstances nouvelles et imprévues venaient à démontrer l'innocence d'un infortuné. (Moniteur du 5 avril. )

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