Tome ÏII , 5'. Partie. l
j,=,i,z<,d.vGoogk'
De celte ^numération des conjurés , U. SainnerOle passt
4 l'examen tlétaillé de leurs moyeng.
Il [>aratt que leurs fonds se composaient de 1071 francs ^ dont t'uA d'entre eux avait distrait 8a 1 francs pour son usage (p. 85). Cette somme de 1071 francs, comme le marque H. Sainoeville, • ne s'élève pas aussi hautquelesiaoafrancs . f réclamés par H. le général Canuel pour dépenses de hauts
> police (p. 86). »
Leurs enrélemens se bornaient k un seul enréleur, uii cordonnier, et à trois recrues, un infirme, un mendiant, et un troisième qui n'a pas même, à ce que croit M. Sainnkville, été mis en jugement (p. 86).
Leurs fusilsn'ezcédaient pas cinquante, et leurs cartouchet n'auraient pas sufii pour alimenter pendant une heure le fea d'une compagnie de vingt hommes (p. 87).
Avec ces moyens, quel était le plan des conspirateurs? , • d'attaquer une ville défendue par cinq mille soldats dé-
> votiés et su mille hommos de gardes nationales...; d'ass, sailiirsimultanément tous les postes, toutes les casernes et 1 l'arscDal....; de détruire quinze cents Suisses, en faisant
■ rouler sur eUK par cent hommes non armés, les pierres * d'un fort démoli, où il ne reste plus de pierres, ou en ■ incendiant avec des fagots placés dans des souterrains, des
■ easernes sous lesquelles il n'y a pas de souterrains ( p. ^S n et fig). K Ainsi s'allumaient, suivant M. le préfet, ces deux V foyers d'insurrection , f lesquels s'appuyant sur la SaAno
■ d'un côté , sur le RhÂne de l'autre , et sur l'entre-denx des
■ deuxroutesduBourbonnaisetdelaBourgogne, pouvaient,
■ e-D moins d'une heure, se réunir, laisser Lyon à la tête du » triangle, s'isoler du reste dû département, et donner « la facilité d'étendre le mouvement , pour se porter à la fois B par les toutes Je Moulins, deHÂcon, ou de Toulouse, sur
> lavUle(p. 63).>
Nous cWrgeons le lecteur de comparer ce vaste proj^ avec les ressouroes que nous avaosindiquée8,etdontles détails plus développés doivent être lus dans l'ouvrage de H. SainneviUe, et nous arrivons au résultat.
Ce résultat fut, n qu'en un djn d'oeil tout fut dispersé
■ (c'est nt. de Chabriri lui-même qui l'atteste); dans moiBs » de vingt-quatre heures tout était rentré dans l'ordre, sabs
■ que la ibrce armée eût été obl^ée de' tirer un seul coup
> defu>it(p. 83). >
Ainsi l'insurrectfon était apaisée , la s4relé p^Iique "k Vabri de tout danger. •
DiailizodbvGoOgle
« Alors on proclama que la Fraoce venait d'être sauvé»
> d'un abtme épouvantable; que le gouvernement légitimB
■ avait Été sur le point d'être renversé; les nobles, les prêtres B et tous les vrais rojmlistes près d'être égorgeai que les
• moyens , le pian et le nombre des conspirateurs étaient
a immenses On assurait que les niouvemens exécutés à
» Lyon se liaient avec des mauœuvres pratiquées dans Itn '■ départemeng de l'Ain, dellsëre, de la Drame, de lit Loire,
> du Puy-de-DAme, de Sadne-el-Loire, du Jura, et mém* B dans les environs de Paris» dans les Pays-Bas «I la Bavière»
■ et jusques dans le pays de Vaud(p. 91).
» Etait-ce, continue M. Saiuneville, était-œ la peur qui I» grossissait ainsi les objets? Cette exagération inouie, ces
■ isexplicablcssnppositions, ne seraient-elles pas plutôt une
• nouvelle preuve de la nature et de l'origine du mouve-
■ ment? Il parait certain que s'il était l'ouvrage de ceux qui
■ s'en firent un triomphe, ce n'était pas tout pour les agi-
• tateurs d'avoir excité quelques scbnes de désordres. Leur
■ sécurité leur avait commandé de restreindre le mouvement ;
■ mais leur intérêt leur faisait une loi de l'exagérer. 11 {allait s grossir le danger, pour pouvoir effrayer le gouvernenicut;
■ Q le fallait, pour exaller le mérite. des libérateurs; il te f fallait , pour frapper l'opinion publique et la préparer au
■ cbangement de système qu'on poursuivait depuis si loog-
> temp)i.>-c (p. ga ). Dans l'hypothèse oii ce mouvement R u'eiil élé en effet qu'un simulacre de complot, destiné k B servir les projets d'une faction perfide , tout s'enchaîne et n se lie , les démonstrations et les tentatives qui ont précédé
■ le mouvement, l'affectation de ne rien faire pour le pré-
• venir, l'cxiguité de ses résultats et de ses moyens, et
• enfin la manière dont on a exagéré et le mal et la ven-
• eeance(p. 94).i'
A mesure (jue nous avançons, notre tdcbe devient plus triste. Jusqu'ici nous n'avons eu à parler que de dénonciations fausses, de négligences bizarres, de tentatives impuis-, sanles et d'exagérations ridicules. Le moment est venu où ,en vertu de ces fausses dénonciations, de cee déplorables ni- È!i;ences, de ces tentatives insensées, de ces exagérations démenties par les faits, les cachots vont s'ouvrir et le sang . couler. Nous resterons plus que jamais fidèles à notre système d'emprunter les paroles de M. .Sainnevilte , pour qu'aucune imputation dans une matière aussi grave ne parte de nous. C'est donc lui qui va exposer les &its. • U les ex-
• ymexn, dit-U^ fans être touche de la doctrine de M. de
DiailizodbvGoOgle
3SS « Chabrol. Il ne saurait ^ résoudre à penser qu'il faiUtt ■» eretaer jusqu'au centte de la lerre pour y ensevelir a tes erreurs des mngîstrats. Il litî semble que ni l'humanité, » ri la polilique, ne s'accommodent de cet étrange elcom- » mode 8}'stëinc. Il né peut voir un malheur dans un scao-
• dale qui lui parait le moyen le plus sûr de forcer les malt gisiratsàveilicr Sur eux-mêmes, et il ose dire que l'indé- T pendance judiciaire proclamée par la diarte sera bien plut
■ réelle, le jour oii les tribunaux, fortement avertis par m l'opinion publique, ne pourront prononcer leurs arrêt*
• sans se dire : te magistrat qui juge , à son tour p est jugé (p. i57)- * Toici donc le tableau qu'Q trace d» J'état du département du Rhdne, après le 8 juin 1817.
■ Au moment où l'Europe retentissait du vaste complot « découvert dans ce département, cette malheureuse con- » Irée élait livrée à un système de terreur. Plus de 400 petit sonnes furent privées de leur liberté. Des agens officieux
■ ou salariés dressaient des listes de suspects, c'est-à-dire j '■ de tous ceux que de sim[>les soupçons devaient faire arrêter
• ou soumettre à une rigoureuse surveillance. Les citoyen» > de toutes les classes voy a ieiil leur asile violé par des visites
• domiciliaires, et s'estimaient heureux lorsque les agens K qui les dirigeaient s'étaient contentés de leur enlever leurs • -oAnes et' de livrer leurs papiere à une odii.>use investigia-
■ tion. Ce n'était pas seulement à ceux que des dénoncia- « tiousou desïoupçonsatteignaient, que ces rigueurs étaient
■ réservées. Un prévenu parvenait-il à se soustraire aux -• reçlierches, ses parens et ses amis expiaient aussitôt dans •p les fers les liens qui les unissaient à lui. Des enfans , des
w épouses , étaient incarcérés jmur les forcer à déclarer la -» -retraite de leur ptrc, de leurmari.... Les arrêts de la cour B ■ prénatale jetaient l'effrOidans tous les coeurs. Le tombereau M fatal parcourait les campagnes désolées (p. 9? ). •
Il enire ensuite dans le détail des procédures.
On y vmique l'un 'des principaux auteurs de l'insurrection a.vait été un nommé Barbier, qui, se présenlaiit sous difTérent sonis, dititrjbuait des litres, promellait des trésors, .savait «ù'était Bonaparte (p. io5), avait dressé le plan d'altaquA (p. 106), et, le 8 juin encore, distribué dc« cartouches à uit 'mallK^reux qui , pour ce fait , a péri cinq jours après . sur l'éfihafaud (p. 107). Ce Barbier, demeuré tranquille à I^yon, pendant que l'effroi faisait fuir et les coupables et les Inuocens, est cnlin conduit devant le maire, le aa juin, <|iul0rM jours après l'explosion. Là« ipour coaserver lu^
D,a,l,zt!dbvG00glc
• apparCBCM, dit H. Saînneville,iloommcnce par tout nier. * Hais bientôt it fait les aveux les plus ciiTonstancïés. • IL' « aérait venu depuis long-temps révéler ce qu'il savait de la
> conspiration , s'il n'avait pas craint d'être assassiné par les-
• conjurés-* Il développe «dans des in^crogitoires qui sa
> sont disséminés dans un espace de quatre mois , le roma»
• de la conspiration.... Ses déclarations ont fait arrêter, de vt'aveu de U. le maire, deux cent seize personnes
• Fidèle, en prison, au sysfÈme de perfidie qu'il avait suivL
■ avant d'y entrer, il j trompait les malheureux au milieu
■ desquels on l'avait placé à dessein. Il les provoquait par*
• d«s révélations mensongères et fdisait encore des dupes de
■ ceux dont il avait fait des victimes (p. loS). > RI. SatnneviQt voulut llnterroger lui-mëmei mais sa présence lui fut refusée avec obstination. « Enfm, par arrêt de la cour prévA— » taie, Barbier, ainsi que le lecteur doit s'y attendre, i-ecou- » vra sa liberté, comme révélateur (p. 109). •
Un second agent était Brunct, celui qui, arrêté avant 1« 8 juin par ordre de M- Sainnevîlle, à cause de ses provocations démontrées, avait dû sa liberté à M. de la ColombcT adjudant de place. Ce Brunet, signalé par un des commissaires du lieutenant de police, comnie l'vtn des factieux les dus ardens, fut de nouvaau mis en prisou. M. de la Colomba it les démarches les plus actives pour obtenir sa lîbci-té. Ce»démarches ayant é^i inutiles, on livra cet agent à la cour prévAtale àl'insude M. SaLOueville, et il fut relâché presqusauBsiUt. Le lieutenant de police le lit encore arrîter. Le procureur du roi vint s'en plaindi-e. Il attesia que c'était iiir agent de ta police militaire, et qu'il avait tout sa et tout révélé. «H s'agissait, dit U. Sainneville, de m'en donner un©
• déclaration par écrit. Ce (ut l'objci d'une assez longue né- Bgociation. Mon obstination vainquit enfin toutes les répu-^
• gnances. 1 U. Sainneville rapporte ici la lettre de M. de le Colombe, «qui certifie que Brunet n'avait parcouru les cam- "v pagnes que par son ordre (p. 97 et a8). • Nous omettons ce qui concerne plusieurs autres indiviJu'i, employés comme- Barbier et Brunet. On ne saurait abréger ces récits sans Ici défigurer; et,pourenbieuBaisirrensombIe,ilfanl les suivre avec soin dans l'ouvrage môme. Uais nous devons citer I» conclusion que H. Sainneville tire de ces faits.
• On y voit, dit-il, par 'quels moyens le génital Canuef
• était instruit d'avance des projets des factions. Ou y re- > marquera aussi une nouvelle preuve de la franchise ipit ■ ^tlngue cette déclaration soleanelle *fa*aucun des ayciM.
DiailizodbvGoOgle
■ qui parcouraient les campagnes ttfappartémtit à ta po-
■ lice mHiiaire. • ■ Eufîn , dans la complicité désonuai? avé-
■ tée des agens de cette police militaire avec les [Mrtur-
> baleurs. ... il serai! dillicile de ne pat découvrir un moyen
■ de s'éctairer sur les véritables artisans de nos troubles «(p-99)-'
Nous passons aux lugemeas trop famens prononcés par la cour prévôtale, à ces jugemens qui ont attiré tant d'amers reproches et de peines sévères sur ceux qui ont osé révoquer leur justice en aoutc et s'alTliger de leurs rigueurs. Voici la nianîère dont H. SainnevtUe s'exprime là cet égard.
«La cour prëvAtale était appelée spécialement, par 11) loi
• de son institution , à poursuivre et à punir toute réunion
> séditieuse. Elle fit donc son devoir, en procédant contre les
■ coupables <)ui s'étiicnt attroupés dans les campagnes : mais
> ce devoir avait ses tiornes et sa mesure, tracées par la poli-
• tique, non moins que par les lois. Ces bornes ont-elles été
• respectées? (p. i^j). Les articles loo et ao5 du Code
1 pénal ordonnent expressément qu'il ne soit prononcé au-
• cune peine conb-e ceux qui , ayant fait partie d'attroupe-i
• mens séditieux ou de bandes ^rmées , sans y exercer aucun « commandement et sans y remplir aucun emploi ni Cooction,
> se seront retirés au premier avertisiienient des autorités ci- » viles ou militaires, ou mt^me depuis, lorsqu'ils n'auront » été saisis <]ue hors des lieux de la réunion séditieuse, sans iop|>oserde résistance et sans armes. En jetant les yeux sur » CCS t '^gles , on voit ce qu'on avait droit d'altcndre de la cour
prévâtale. L'instruction montrait les événemens du 8 juin •■ comme tenant à un seul et même comnlot, à la tête duquel
■ se trouvaient quelques clieCs, suivis de beaucoup d'instru-
> mens aveugles de leurs passions ou de leurs calculs. Une
■ seule procédure destinée à découvrir ces chefs, un seul
1 arrêt qui les eût frappés comme la foudre, et eût rendu la
■ sécurité àceux qui n'étaient pas atteints, voilà ce que de-
> mandaient la loi* la prudence et l'humanité. Qu'a fait la » cour prévAtale ? séparant ce qu'il fallait réunir , et confon-
> dant ce qu'il fallait séparer, la cour prévàtale a divisé ses
• poursuites eu onze procédures, et les chefs et les înstrumens Il ont été frappés pÉle-mèle. Il est trop vrai encore que des Il maiheureiuc, comme l'a dit le colonel Fabvier, rassurés pat
> les proclamations et tes promesses des chefs de troupes en-
> voyés à leur poursuite, ont quitté leur a»Ie pour venir se » livrer à l'autorité, et au lieu de la grâce promise ont reçu n la mort. Celte déloyauté, celte trahison ont été vainemant
D,a,i,;t!dbïGoogIe
• démentiel. On avait excepté de là grdce les ehefs de bande ^ « a dit le général Cauuel. Mais les deux cent ciuquatite in-' » surgés avaient-ils cent cinquante-Kiinq chefs ? Les séditieux
■ de Saint-Andéol n'étaient qu'au nombre de vîn^I; doute f ont été condamnés- Le nombre des conunandanB était-il
• donc plus considérable que celui des Soldats ? Que dira «d'ailleurs le général Canuel, lorsque nous lui montrerons
> d'une main les lettres originales écrites à divers individus
■ par un commandant de la force armée pour les engager à
• rentrer, et de l'autre , la liste des condamnés t dans laquelle
• les noms de ces malheureuses victimes de la loi violée se
• trouvent écrits en lettres de sang (i) (p. 159]. Nais du
■ moins, la cour prévâtale s'est-elle hdtée de rvndre ces ter-
• ribles arrêts, comme son institution l'exigeait? Non; c'est
■ plus de quatre mois après les premières condamnations que .« les dernières ont été prononcées. Fendant oc long espace
• de temps, elles 'sont venues lentement et successivement a répanflre le deuil et l'effroi. L'imagination sans cesse tour-
• mentée par d'aflreux spectacles , n'avait pour se reposer «qu'un avenir plus effrayant encore. Rien n'annonçait le
• terme de ces incroyables rigueurs. Chaque jour d'infâmes
> délateurs désignaient de nouvelles victimes. Leurs atteintes » étaient d'autantplua dangereuses, quela délation se cachait
• aouB le masque de la complicité. . . . C'est dans cette déplo-
> rable situation que M. le duc de Baguse a trouvé le dépar-
• lement du Rhône (p. i4o). Sa mission fut un grand
P bienfait, non-seultment pour la contrée  laquelle il a rendu b te calme, pour cette multitude de familles désolées au se' •'cours desquelles il a appelé la clémence royale , mais pour % le gouvernement lui-même auquel il importe tant d'être
■ éclairé Depuis ce moment, aucun trouble, aucuiM
(i)(Copie d'une des lellres tidi-essées indivicLuellement à plu~ sieurs prévenus de la commune de Salot-Andéol , pour k's inriter i rentrer dans leurs foyers , en suite de Tordre du jour du général Cnnuel ). « Saint-jlndéol , le it juin )8i;;. Le nommé Coiomban • voudra bien se rendic «uprès de moi h l'instant ni^nie ; confor- « mément à Tordre du jsurqiii vient d'âtre publié e( afiiché^Potir i> lecomroandant d'armei, signé G , major. JV. B. Colainban
■ a été condamné à mort par arrêt du Zo juin , et exécuté le prr-
» mier juillet. Les invitations savt toutes h\gaéesà<i M. G ,
9 major, toutes datées de Sainl-Andéol , le 11 juin 1817. Les ar-
■ rê(a de coudatuuation soct du Zo, > Piècet juiiiâcslives , p. 66.
DiailizodbvGoOgle
aZ2
* «larme n'ont agile cette contrée Cette popnlatton, au
1 milieu de laquelle , n'il faut en croire certains hommes, » s'ourâÎBftaient chaque jour des complots criminels, a joui 1 tout'à-coup de la plus parfaite tranquillité. On a vu la con-
■ ftauce renaître dans tous les coeurs , et l'autoritt! se dépouil-
■ 1er de tes formes hostiles qui semblent présager de noun veaux malheurs (p. 143)- •
Nous ne citerons plus que la conclusion de H> Sainnevîlle , conclusion que déjà sans doute nos lecteur» ontpres- Bentie.
■ Non , dit-il , il n'est pas vrai que le S juin ait vu édater » dans le département du BhAne uue véritable conspiration.
■ Ceux qui persistentà en soutenir la réalité, qui prétendent » que dans fles plans et ses forces elle menaçait à-la-fois le
■ Irôoe et l'état , pourront-ils nous expliquer pourquoi le
> soin d'une si vaste entreprise se trouvait cunfiéà une poignée >■ d'individus obscurs , sans auvent, sans armes , sans munir
■ lions? Pourquoi les troubles n'ont éclaté que là où ils n'é-
■ talent pas dangereuxi* pourquoi eu n'a découvert aucun
> chef dont le nom pitt faire soupçonner l'importance du
■ complot, ni le moindre rapport avec d'autres contrées et » d'autres conspirations? tt, si néanmoins il faut admettre
■ avec eux que le mouvement était dirigé par une main puis-
■ santé, précisément parce qu'elle était înviMble, qu'ilsmous » expliquent donc pourquoi cette main puissante, si la eons-
> piration était ourdie de bonne foi, l'aurait fait éclater,
> lorsque rien n'était prêt pour le succès. Ce n'est pas tout.
> Il faut encore expliquer comment , instruites d'avance du j> mouvement du 8 juin , ces mêmes autorités ^ qui prétendent
■ en avoir été si effrayées , pe iircnt cependant rien pour le » prévenir , et pourquoi le général Canuel se refusa même à s prendre les mesures lesplus simples, les plus indispensables
■ et les pins vivement provoquées ? Il faut encore dire par B quel singulier hasard tous les complots insurrectionnels » ourdis à Lyon depuis 1816 jusqu'à l'arrivée du duc de Rai> guse , ont été déjoués, excepté celui qui a éclaté pendant » mon absence ? par quelle fatalité il n'en a pas été tenté un
■ seul, sans que l'onn'ait saisi parmiles coupablesdesageas a de cette même autorité militaire qui se vante d'avoir tout » iait pour la tranquillité publique?... (p. i^5). Non, cène
■ fut point une véritable conspiration que celle qui éclata le
* S juin. Les faits n'en accusent pas les hommes égarés par
* la plus horrible perfidie. Ils en accusent les provoca-
> tetiTB qûj> par d'odieuses maaœuvres, se glissaient sou»
D,a,l,zt!dbvG00glc
a53 « le toit paisiltle de qudtfuesi indivïduA^ froissés p.ir le mal-
■ heur des temps, ou exaspérés par des vexatioiis partïcU'
■ lièresÇp. 146). •
H. Sainneville se livre ici à une indignation bien juste contre les auteurs de ces manœuvres atroces : nous partageons cette indignation. Pour ne pas l'éprouver , il Taudrait avoir perdu tout sentiment de morale : et ne pas l'exprimer * , quand on l'éprouve, serait une Idcheté dont nous ne voulons pas avoir àroupr. Mais, après avoir flétri de tout le poids qiù peut appartenir à la réprobation des hommes honnêtes, ceuK qui ont t«ndu an pauvre d'infâmes embûches, ceux qui ont spéculé sur la misère pour fomenter la révolte, ctsur la cré' dulité pout" recueillir le crime, ceux contre qui s'élèvent la désespoir des mères, les cris des orpheline, et le sang qui fume encore, nous croyons utile d'envisager de plus haut cet affreux sujet.
Nousavonsdit que le principe de ces calculs coupables tenait à l'espéraaoe laissée à chaque parti , de forcer le ministère & se jeter dans ses bras, en l'elfrayant sur les fautes du parti contraire. Nous ajoirterons que l'exécution de ces mëmei calculs tient à ce système d'espionnage, encouragé de nos jours , dans tant de pays 1 par d'aveugles administrateurs» qui mettent en fermentation la lie de l'espèce humaine, parce que leur présomption leur fait croire qu'ils sont assez forts pour en rester les maîtres. Présomption fatale ! Lt^s espion* ne sauraient être ni contenus , ni dirigés. Ces hommes, audessous des animaux les plus vils, et au-dessous encore des animaux les plus féroces, une fois lâchés dans les ténèbres BOUS leurs déguisemeng exécrables, ne reviennent jamais au gîte sans y rapporter leur proie. Ils sont hors de toute règle, parce qu'ils sont hors delà nature, hors de la loi, hors delà morale. Hypocrites devant leurs victimes, honteux devant ceuxquilesemploicnl,il9saventqu'ils ont mérité l'horreur, et que partout oii ils sont coimus. il» t'inspirent. S'il leur reste quelque chose d'humain, c'est l'irritation contrôle mépris qui les accable. Dévoués à l'opprobre, ils s'en vengent sur la société qui le leur prodigue.
Et l'on écoulerait de tels hommes sur ce qu'il» prétendent avoir observé dans cette société avec laquelle ii.s s<int en in'i- ' mitié sourde et permanente ! Ne voyca-vous pas tju'iis ne veulent pas n'en retourner à vide , et qu'ils n'ont pas embrassé ce métier poursepasser de salaire? Quel motif les aE-rO'('riii,t? les affections ? ils en profitent pour les déiutncer. La vérité? ils vivent du mensonge. La pitié ? leurs gages sont ce qit'ua
DiailizodbvGoOgle
peufJe voisin a nominé {'argent du sang, expression qn«J« platnslesADglaisd'avoirconMcrée dans leur langue, et qui, )e l'espère, ne l'est pas encore dans la nôtre. Quand vos espions ne trouvent pas de coupables, ils en créent. Quand ils ne peuvent en créer, ils en inventent.
Je vais plus loin. Je suppose qu'ils soient parvenus à en déeouvrir. Que savez-voiis s'ils ne les ont pas séduits pour vous les livrer? Que saveï-vous si ceux qu'ils accusent n'avaient pas lutté long-temps contre des tentations que vos agenseeuls ont rendues irrésÏKtibles ? Si ce n'est pas à leur voix qu'ont reparu toutes les suggestions long-temps écartées, tous les désirs confus, tous les vœux aoupablesétouffés avec effort P Recevez-les, remerciez-les, payez-les : ils vous rapportent les criminels qu'ils ont faits.
Qu'on ne pense pas que j'exagère. Qu'on Use la plupart de ces interrogatoires , qui forment une partie si précieuse de l'ouvngie de M. Sainneville. L'on y verra que presque toujours les révélateurs conviennent qu'ils ont fait tes premiers les propositions ( i } ; l'on y verra ceut qu'ils égaraient , résister , reculer, se dégager, attester, par chacune de leurs actions et de leurs paroles , qulils n'entraient qu'à regret dans ces entreprises mystérieuses ,, dont jamais l'ensemble ne leur élait révélé ; l'on y verra le zèle naïf avec lequel ces agens parlent de ta peine qu'ils se sont donnée pour réunir, dans les maisons ou dans les bois, des hommes que l'on pût faire arrêter (a) ; leur persistance à renouer les trames qu'ils ourdissaient, et que brisait sans cesse l'instinct des victimes; leurs efforts sur des circonstances in^gnifiantes , pour les travestir eu complots; leur travail enfin, pour tout empoisonner. Certes, si la rigueur de la loi doit se proportionner au ilegré du crime , c'est contre ceux que vous nommez les révélateurs qiie cette rigueur devrait s'exercer. Auteurs des désordres qu'ils dénoncent et des périls dont ils vous effraient , ils sont bien plus coupables que ceux qu'ils accusent. Ils n'ont pourapologie ni l'erreur, ni le mécontentement, ni l'opinion. Les autres sont des insensés : eux sent tes véritables conspirateurs. Ils conspirent contre l'état, car ils aSaibliisent dans les esprits l'idée la plus conservatrice, celle de la stabilité. Ils conspirent contre la morale , car ils violent tout ce qui est ' sacré dans les relations des hommes. Ils conspirent coutrs
(i) Pièces justificativAi , p. 45.
(i) Pièces justificatives , p. 46.
D,a,l,zt!dbvG00glc
vous-mimefl , car le sang qu'ils font répandre rejailUt sur
LaiMOD* à d'autres peuples leurs Qlivers et leurs Gastles. Tant pis pour eux , si leurs gouvememenH pensent en avoir besoin. Nous, ■dont les maDdataires, trop peu nombreux, sont pqurlant nommés par une élection réelle; nous, qnî voyons l'égalité triompher chaque jour davautage des prétentions et des tilits j.nouB, qui ne sommes pas contraints d'aller par-delà les mers opprimer d'autres natiouspour ac-
Quitter DOS chaînes publiques; nous, dont l'infatigable inustrie efTacsra bientAt, si nous sommes libres, les dernier* vestiges de nOHmalheurspassagers; nous, enfin, possesseurs encore de tant de héros et de tant de ^oîre , et assurés de tant d'avenir , nous pouvons ne pas nous souiller de ces ressources honteuses. La nation entière est douée d'un inilinct admirable de bon ordre et de liberté constilutionnelle. Qu'on soit juste envers elle , elle sera fidèle. Qu'on ne lui teAd* point de pièges, et sa loyauté seia le prix de la loyaijité.
-D,a,l,zt!dbvG00gIe
LETTRES