‹ Collection complète des ouvrages publiés sur le gouvernement représentatifChapitre 22 sur 44 · PREMIÈRE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE

JtIokiiiiik,

J'ai été aussi surpris que flatté de la lettre que voui aves bien voulu m'adresser, et des questions sur lesquelles vous m'avez fait l'iioaueur de croire que mes réponses pourraient ne pus être sans utilité. Quelque diffîciles que ces questions puissent Être  résoudre , je dois m'etforcer de me montrer digne, au moins par l'intention , de la confiance que vous ■emblez m'accorder.

Sans avoir résidé àanS le département du Gard, je n'ai lien négligé pour connaître avec préciùon tout ce qui s'est passé depuis la révolution dans ce département, si malheureux par nOs dissensions civiles. La persécution qui a réveillé la sympathie des protestans jusques chez les nations

(i)Celoovrflge, composéde trois parties, se trouva clitx Tédi- UuT An Cour* lie Polili^ue, et KJCM 6 ù;

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24p , a dû produire un effet plus puÏMant encore siir \m cceur d'un protestant français , dont les ancêtres ont été victimes du même eHprit de fanatisme et d'intolérance.

J'espère toutefois que ma qualité de protestant ne me fera point tomber dans une partialité contraire au reste de mes opinions et de mes pi-incipes. Le protestantisme ne prescrit la haine d'aucuncreligion; il enioint,aucontrairei le respect po>ir toutes les croyances. Ce n'est jamais qu'en s-'écariant dé ces maximos fondamentales, que les protestons ont imité d'autres sectes qui ont voulu faire pi'évaloir leurs doctrines par la force.

Sans doute, et tous les protestaos éclairés eu ^missent, l'on peut ciler quelques faits qui prouvent que les réfarma- .teurs n'ont pas touiours -pratiqué .lear théorie. Hais cet feils sont en bien petit nombre; et, quoique le supplice de Serret soit tin crînie exécrable , l'on aurait mauvaise grâce eo opposant un exemple isolé , et une seule victime à quatre siècles d'oppression, et à trente mille vîclimes périssant sur les bûchers de l'inquisition.

Je voudrais pouvoir , en répondant aux questions que vous m'avez adressées, monsieur, laisser de cAté toutes les époques propres à réveiller de tristes souvenirs. 'Hais obligé d'examiner, dès lé commencement de mes recherches , s'il existe un moyen d'opérer une fusion entre tes protestans et les catholiques, il faut bien que je dise quelques niots des faits qui ont causé leurs dissentimens, et des accusations qui les perpétuent. Je le dois d'autant plus, qu'ainsi que le lecteur le verra tout-à-l'heure, .des écrits récens ont reproduit. ces accusations arec toutes les amplifications de la haine et toute la.Riauvaise &à du crime, empressé d'attaquer',' parce qu'il ne peut se défendre. Il est naturel de chercher une t-essource dans la .calomnie , quand la justification est désespérée.

Je renonce toutefois aux avantages du terrain sur lequel je pourrais me placer , en remontant aux premiers temp^ -du prott^fantismé^ Il'est bieW certain qu'alors les protestans 'ne réclainafcnt que la liberté religieuse.

Leurs excès même n'étaient que des actes de résistainca auxquels les contraignait l'acharnement de leurs ennemi^. Leur désir d'acquérir de l'knportance et du pouvoir dans l'Etat était justifié par le besoin d o e on quérir des g;arantiea , et il n'est pas étonnant qu'ils fussent des sujets inquiets , el, ■i l'on vout rebelles, quand François I" les faisait brûler, et

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^e' Charles IX- tes fusillait. Depuis Henri IV, aucun r&- (troche fonde ne peut itn Airi^ contre eux. Ils >e aoiM uftligéi probablemeat de rabjuralton d'un prince qu'ib avaient si fidèlement «Outeou dans radvenilé. Cependant 4flUFs chef* ne se sont point sépara de lui. Henri , devenu «atholiqiie , a trouvé parmi eux ses serviteurs le» plut Sé^ -v«u^ et les plus utiles (■). Leur lutte oootre Richelieu n'a élé qa'iiue légitime et naturelle d('fên»ie , l'effiit d'uae pré- Toyance qvie révénement n'a que trop juBtifîée. Ils savaient •qu'en se laissant dépouiller de toutes leurs forées, ils per^ daient toutes leurs sauve-gardes. Le siège de La Eocnellc était la p;éfuce de la révocation de Védit de Nantes. La résistance m£me des protcstans, à cette époque, doit itre attrflMée bien moins au protestantisme, qu'aux habitudes Aa atècle daas lequel ils vivaieut. Lorsqu'ils prenaient les anne« ■:^iir tlt.'flruiadër des villes de sùrel^ , ils crissaient, commu ■l'observe trè»-)u s tenieiit M. de Ilhnltères, à l'esprit géuérifl des temps, plus qu'à l'esprit particulier ile leur secte. I.eur conduite sous Louis XIV a été plus hrépracliabte encore- X'estaprèssoiKante-disansd'uiiC tranquillité que rien n'avait troublée et d'une lojrauté non démentie, c'est après être -restés étrangers i la crise orageuse de la ïvonde qu'ils ont '.vu l'arrêt die pioscriptiott proaoïicé contre eux. Cet «rr^t même, ils loot «apporté avec une rés^ation edmlrabld. -Soasuet, dont la sapwbe iotuléranoe te repaissait ^ laurs désaf'^res; Bossuet qui a souillé sa gloire ea exaltant le* pertrfeutwsrs et.en iusMllant aux victimes; Bossuet leur re»d *et homnsage Aaks l'éloge de leur bourreau le plos acharna. 'C'est dans l'oraison funèbre de Le Tellier qu'il atteste que t*ut Cet reiU eaUnt daiM un m ff/vtnd mouvement. ... j. Quel mouvement, grand Dieu ! qne l'expuinion de cent mi])e ■pëves de lamiUe 1 quel mouvement ipie dix mille hommes ei^iraDtsurleséchalàudsl quel mouveateiit que te massacre 4'kinocens désannés, réunis pour prier Dieu I qiid mouve- 'nKst, enfla, que 1m confiscations et lés dragonades ! Sons le régent, malgré les intrigues de l'Espagne , la fidélité dfs

- ^^rtestans a été ipébrantable. Privés encore, durant te rlugne ■ de Louis Xy, des droits qui appartiesnentà tous les hommes

en société, queUevrévoitesau'-ilsexeitéeB? quelle rengeaooe ont-ils tenté d'esercer ? Si,, cependant, so«is Louis XV, iEs étaient airôtés, bannis, traînés aux galères; leurs lainistrfs

- étaient coodamaés à mort, et j'exéealion du dernier arrêt l'.c • ee genre rentonte à la date bien réoente du 1 8 lévrier i ^i. ' ftétaUis, flousLoniiXVI, ■]»«■ qiirlupitw nnrs ilm rnntliHnm

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