Tome III , 5*« Partie
d'un homme, renfermât six allégations toutes dénuées de fondement.
 Dieu ne plaise que j'inculpe Tintenlion de ce miniftire ! Etranger à raccusé, séparé de lui par la dis* tance du rang et de la fortune , ne le connaissant poirit « n'en ayante comme le prouve sa lettre même, ]amais entendu parler , il n'a pu être entraîné par aucun motif de partialité, par aucune haine personnelle. J'aime à penser d'ailleurs qu'il est placé par son caractère bien au-dessus de pareils motifs.
Mais n'at-il pas , qu'il me soit permis de le lui dire y n'a*t»il pas chargé un peu légèrement le premier venu parmi ses employés^ de récueillir dans un fauboui^ des renseignemens rapides? N'àt-il pas attaché, dans la circonstance ou I infortuné Regnault se trouvait, trop peu d'importance à ces renseignemens ? II les a transmis sans les vérifier , la chose est certaine : car la fausseté de tous ces renseignemens va être démontrée. Si le ministre eut daigné les examiner, il eût obtenu sans peine les preuves évidentes, irrécusables, que je vais produire. Iiélas! personne, peut-être, n'a le droit de juger avec sévérité ce genre de négligence. Qui d'entre ceux que le hasard plaça dans la classe snpé* rieure, n'admet pas facilement des bruits vagues'^ sur-tout contre des hommes obscurs, qui vivent dans une autre sphère, que leur carrière laboiîeuse et ignorée renferme dans un cercle étroit, que l'on ne rencontre jamais , et dont l'existence, satrs qu'on se Tavoue, semble moins i^recieuse^ parce qu'elle n'attire jamais les regards ! Ce sont eux pourtant qu'il faudrait protéger. Les hommes connus ont dôs garanties. On s'arme pour eux quand ils sont attaqués; on explique, on vérifie, on atténue les circonstances qui leur sont défavorables. Mais il paraît^ et malheureusement il doit paraître si indifférent à un ministre qu'un ancien épicier du faubourg Saint- Antoine ait ou n'ait pas
mal fait ses affaires, qu'il ait on qn'i||pi'ait pas dissipé son bien, qu'il ait ou qu'il n'ait pas abandonné sa femme; et cependant, ces rumeurs confii^es jetient sur le caractère de l'accusé des préventions terribles :
isç : limposture rite, la véracité du ministre' pèsent de tout leur poids sur l'întbrtnné : et sonécbafaùd s'élève, et sa ^éte va tomber. S'il est un homme en Frabce qui doive frémir que Regnault ne périsse, s'il en est un qui, pour son propre repos , pour la tranquillité de toute sa vie fu* tare , doive sollicite^ la vie de ce condamné , comma une justice et comme un bienfait, c'est M. le ministre d'état préfet de police. Qu'il relise la lettre qu'il a signée,
3u'il vériiie dans l'acte d'accusation , dans le résumé , ans les observations particulières , l'impression pro* duite par cette lettre fatale. Sans le connaître , ja ' l'honore assez pour être sûr que , s'il le fallait , aux dépens de sa place , aux dépens de sa fortune , il serait le premier, le plus zélé, le plus infatigable des défenseurs de Wilfrid Regnault. Car ces faits , que des renseignemens trompeurs lui ont transmis, ces faits qui ont disposé les juges à voir dans l'accusé un homme
2ui terminait ()ar le crime une carrière marquée [>ar la ésordre et par l'inconduite , tous ces faits sont fàuxt je vais le prpuver.
La lettre ministérielle que j'ai rapportée contient six allégations.
11 e$t .affirmé, en premier lieu, que Regnault, durant son établissement à Paris , avait mal tait ses affaires par suite de son inconduite , et un cet*tificat signé de dix citoyens, tous propriétaires , exerçant tous une profession (i), quelques-uns delà classe