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partie était encore payenne ; mais tous ces royaumes tombèrent prefquc auflî promtcmcnt qu'ils furent élevés.
Le fantôme d'Empire Romain fubliftait. Louis, fécond fils de Lothaire , qui avait eu en partage une partie de l'Italie, fut proclamé Empereur par Sergius IL en 8ïf • Il ne réfidait point à Rome il ne poifédait pas la neuvième partie de l'Empire de Charlemagne , & n'avait en Italie qu'une autorité conteftée par les Papes & par les Ducs de Bénevent , qui pofledaient alors un Etat confidcrable.
Après fa mort, arrivée en 87 S- fi l a W Sa*. lique avait été en vigueur dans la maifon de Charlemagne , c'était à l'ai né de la maifon qu'apartenait l'Empire. Louis de Germanie ainé de la maifon de Charlemague , devait fuccéder à fon neveu mort fans enfans ; mais des troupes & de l'argent firent les droits de Charles le chauve. H ferma les paflages des Alpes à fon frère , & fe hâta d'aller à Rome avec quelques troupes. Reg'mus , les annales de Mets & de Fulden, aC lurent qu'il acheta l'Empire du Papa Jean VI IL Le Pape non feulement fe fit payer , mais profitant de la conjon&ure , il donna l'Empire en Souverain , & Clmrles le- reçut en vaffal , proteftant qu'il le tenait du Pape , ainfi qu'il avait protefté auparavant en France en 8f 9> qu'il devait fubir le jugement des Evèques , biffant toujours avilir fa dignité pour en jouir.
Sous lui l'Empire Romain était donc compofé de la France & de l'Italie. On dit qu'il mourut empoifonné par fon Médecin , un Juif nommé Sédécias-, mais perfonne n'a jamais dît par
de Louis le débonnaire, Sec. 14.T
quelle raifon ce Médecin commit ce crime. Que pouvait-il gagner en empoifonnant fon maître? Auprès de qui eût-il trouvé une plus belle fortune '< Aucun auteur ne parle du fuplice de ce Médecin. Il faut donc douter de l'cmpoifonnement , & faire réflexion feulement que l'Euro- Çe Chrétienne était Ci ignorante , que les Rois étaient obligés de chercher pour leurs Médecins des Juifs & des Arabes.
On voulait toujours laiiîr cette ombre d'Empire Romain ; & Louis le Bègue , l^oi de France , fils de Char/es le chauve , le difputait aux autres defeendans de Charlemagne. C'était toujours au Pape qu'on le demandait. Un Duc de Spoléte , un Marquis de Tofcane , invertis de ces Etats par Charles le chauve , fe failirent du Pape Jean VIII. & pillèrent une partie de Rome , pour le forcer , difaient-ils , à donner l'Empire au Roi de Bavière , Carloman , l'aine de la race de Charlemapne. Non feulement le Pape Jean VIII. était ainfï perfécuté dans Rome par des Italiens, mais il venait en 877- de payer vingtcinq mille livres pelant d'argent aux Mahométans , poifeueurs de la Sicile & du Garillan. C'était l'argent dont Charles le chauve avoit acheté l'Empire. Il paffa bientôt des mains du Pape en celles des Sarrazins ; & le Pape même s'obligea par un traité autentique , a leur en payer autant tous les ans.
Cependant ce Pontife , tributaire des Mufulmans & prifonnier dans Rome , s'échappe; s'embarque , paife en France. Il vient facrer Empereur Louis le bègue dans la ville de Troye , ù
l'excm-
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Pexemple de Léon ifï, tf Adrien & d'Etienne III. perfccutés chez eux , & donnant ailleurs des couronnes.
Sous Charles le gros , Empereur & Roi de France , la défolation de l'Europe redoubla. Plus le fang de Charlemagne s'éloignait de là fource , & gg7plus il dégénérait. Charles le gros fut déclaré incapable de régner , par une affemblée de Seigneurs Français & Allemands, qui le dépofèrent auprès deMayence dans une Diète convoquée par luimême. Ce ne font point ici des Evèques ; qui en fervant la paiïlon d'un Prince , femblent difpofer d'une couronne ; ce furent les principaux Seigneurs , qui crurent avoir le droit de nommer celui qui devait les gouverner , & combattre à leur tête. On dit que le cerveau de Charles le gros était affaibli. Il le fut toujours fuis - doute , puiC qu'il fe mit au point d'être détrôné finis réfilhnce , de perdre à la fois l'Allemagne, la France & lltalie, & de n'avoir enfin pour fubfifhuice que h charité de l'Archevêque de Mayence , qui daigna le nourrir. Il paraît bien qu'alors l'ordre de la fliccelîîon était compté pour rien ; puifquVfrvoukk bâtard de Carlontan fils de Louis le bègue; fut déclaré Empereur , & qu'£Wej ou Odon > Comte de Paris , fut Roi de France. Il n'y avait ' alors ni droit de iiailfance % ni droit d'élection reconnu. L'Europe était un cahos dans lequel le plus fort s'élevait fur les ruines du plus faible > pour être ciifuite précipité par d'autres.
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