DES EMPEREURS OTHON
' IL ET m. ET DE ROME.
TEl fut à peu près l'état de Rome foûs Othon le grande Othon 77, & Othon III. Les Allemands tenaient les Romains fubjugués , & les Romains brifaient leurs fers dès qu'ils le pouvaient. .
Un
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Un Pape élu par l'ordre de l'Empereur ou nommé par lui , devenait l'objet de l'exécration des Romains. L'idée de rétablir la République vivait toujours dans leurs cœurs 5 mais cette noble ambition ne produifait que des mifères humiliantes & arfreufes.
Othon IL marche à Rome contre fon pérc.
'Quel Gouvernement ! Quel Empire î & quel Pontificat î Un Conful nommé Crefcenthis , fils du Pape Jean X, & de la fàmeufe Maro&e* prenant avec ce titre de Conful la haine de la roïauté , fouleva Rome contre Othon IL II fit mourir en prifon BènoH VI , créature de l'Empereur j & l'autorité d' 'Othon , q uoiqu' éloigné , ayant dans ces troubles donné avant fon arrivée la chaire Romaine au Chancelier de l'Empire en Italie , qui fut Pape fous le nom de Jean XIV , ce malheureux Pape fut une nouvelle victime que le parti . Romain immola. Le Pape Bouiface VII, créature du Conful Crefcenthis, déjà fouillé du fang de Benoît VI, fit encore périr Jetât XIV. Les tems de Caligiila, de Néron , de Vitellhis , ne produifirent ni des infortunes plus déplorables , ni de plus grandes barbaries -, mais les attentats & les malheurs de ces Papes font oMcurs comme eux. Ces tragédies fanglantes fe jouaient fur le théâtre de Rome , mais petit & ruiné > & celles des Cêfars avaient pour théâtre le monde connu.
, Cependant Othon IL arrive à Rome en - 98 1. Les Papes autrefois avaient fait venir les Francs en Italie, & s'étaient foufhaits à l'autorité des Empereurs d'Orient, Que fout - ils
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et de Rome. 2of
maintenant ? Ils effaïent de retourner en appa-i rence à leurs anciens maîtres, & ayant imprudemment appelle les Empereurs Saxons, ils veulent les châtier. Ce même Boniface VIL était allé à Conftantinople preifer lès Empereurs Bafile & Conftmitin de venir rétablir le trône des Cèfars. Rome ne favait ni ce qu'elle était, ni à g^ui elle était. Le Conful Crejcentms & le Sénat voulaient rétablir la République. Le Pape ne voulait en effet ni République , ni maître. Othon IL voulait régner. 11 entre donc dans Rome j il y invite à diner les principaux Sénateurs , & les partifans du Conful : & 11 l'on en croit Geofroy de Viterbe , il les fait tous égorger au milieu d'un repas. V oilà le Pape délivré par fon ennemi des Sénateurs Républicains. Mais il faut fe délivrer de ce Tiran. Ce n'eft pas affez des troupes de l'Empereur d'Orient qui viennent dans la Pouille ; le Pape y joint les Sarrazins. Si le maffacre des Sénateurs dans ce repas fanglant raporté par Geofroy eft véritable , il valait mieux fans doute avoir les Mahométans pour prote&curs, que ce Saxon fanguinaire pour maître.' 11' eflr vaincu par les Grecs ; il l'eit par les Mufulmans ; il tombe captif entre leurs mains, mais échape & profitant de la divilion de fes ennemis , il rentre encor dans Rome où il meurt en 983.
Après fa mort lë Conflil Crefcenthts maintint quelque tems l'ombre de la République Romaine. * Il châtia, du fiége Pontifical Grégoire V. neveu de l'Empereur Othon III. Mais enfin Rome fut encore afliégée & prilè. Crefceyitius^ ittu ré hors du château St. Ange fur l'efpéran-
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ce d'un accommodement & fur la foi des fermens de l'Empereur , eut la tète tranchée. Son corps fut pendu par les pieds: & le nouveau Pape , élu par les Romains fous le nom de Jean XV, eut les yeux crevés & le nez coupé. On le jetta en cet état du haut du château St.
Ànge dans la pl ce.
Les Romains renouvellèrent al rs à 0 h »^ III. les fermens faits à Othon I. & à Charlemagne, & il ailîgna aux Papes les terres de la arche d'Ancone pour fou tenir leur dignité. . ,
Après les trois Othons , ce comba de la domination Allemande & de la liberté Italique rcita long - tems dans les mêmes termes. Sous les Empereurs Henri II. de Ba ière , & Conrad IL le Salique, dès qu'un Empereur était occupé en Allemagne, il s'élevait un part i en Italie. Henri IL y vint , comme les Othons , difïiper des factions , confirmer aux Papes les donations des Empereurs, & recevoir les mêmes hommages. Cependan la Papauté était à l'encan, ainfi que prefque tous les autres E\êchés.
Benoit VIII, Jean XIX l'achetèrent publiquement l'un après l'autre : ils étaient frères de la maifon des Marquis, de Tofcanelle, toujours puiffante à Rome depuis le tems des Marozie & des Tkèodora.
*°54 Après leur mort, pour perpétuer le Pontificat dans leur maiibn , on acheta encore les fut frages pour un enfant de douze ans. C'était Benoît IX , qui eut Pévèché de Rome de la même manière qu'on voit encore aujourd'hui tant de
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et de Rome. 207
familles acheter , mais en Tecret , des bénéfices pour des enfans.
Ce delbrdre n'eut point de bornes. On vit fous le pontificat de ce Benoit IX, deux autres Papes élus à prix d'argent , & trois Papes dans Rome s'excommunier réciproquement ; mais par une conciliation heureufe , qui étouffa une guerre civile , ces trois Papes s'accordèrent à partager les revenus de i'Eglife, & à vivre en paix chacun avec fa maîtreife.
Ce triumvirat pacifique & fingulier ne dura qu'autant qu'ils eurent de l'argent; & enfin, quand ils n'en eurent plus, chacun vendit fa part de la Papauté au diacre Gratien , homme > de qualité, fort riche. Mais comme le jeune Benoit IX avait été élu long - tems avant les deux autres , on lui laûTa par un accord folemnel la jouiiFance du tribut que l'Angleterre payait alors à Rohie , qu'on apellait le denier de St. Pierre , à quoi un Roi Danois d'Angleterre , nommé Etelvolft, Edelvolf ou Ethelulfe, s'était fournis en 8 S 2.
Ce Gratien qui prit le nom de Grégoire VI, jouilfait paifiblement du pontificat , lorfque l'Empereur Henri III, fils de Conrad IL le Salique , vint à Rome.
Jamais Empereur n'y exerça plus d'autorité.
Il éxila Grégoire VI, & nomma Pape Snidger fon Chancelier Evèque de Bamberg , fans qu'on ofàt murmurer.
Après la mort de cet Allemand, qui parmi lesi<>48. Papes eft apellé Clément 77, l'Empereur, qui était en Allemagne^, y créa Pape un Bavarois nommé
Topon
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Popon : c'cft Damaze II, qui avec le brevet de l'Empereur alla fe faire reconnaître à Rome. Il fut introiuzé malgré ce Benoit IX , qui voulait encore rentrer dans la chaire pontificale après l'avoir vendue,;
Ce Bavarois étant mort vingt-trois jours après fon intronifation, l'Empereur donna la Papauté àfbn coufin Brunonàc la maifon de Lorraine, qu'il transféra de l'Evêché de Toul à celui de Rome avec une autorité abfoluë. Si cette autorité des Empereurs avait duré, les Papes n'eu£ lent été que leurs chapelains , & l'Italie eût été cfclave.
Ce Pontife prit le nom de Léon IX ; on l'a mis au rang des Saints. Nous le verrons à la tête d'une armée combattre les Princes Normands fondateurs du roïaume de Naples, & tomber captif entre leurs mains.
Si les Empereurs enflent pu demeurer à Rome, on voit par la faibieflè des Romains, par les divifions de l'Italie , & par la puhTance de l'Allemagne , qu'ils euifent été toujours les Souverains des Papes , & qu'en effet il y aurait eu un Empire Romain. Mais ces Rois électifs d'Al- ■ lemagne ne pouvaient fe fixer à Rome loin des Princes Allemands trop redoutables à leurs maîtres. Les voifins étaient toujours prêts d'envahir les frontières. Il fallait combattre tantôt les Danois, tantôt les Polonais & les Hongrois.
Voilà ce . qui fauva quelque tems l'Italie d'un joug contre lequel elle fc ferait en vain débattue.
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