‹ Collection Complette Des Œuvres de Mr. de VoltaireChapitre 53 sur 80 · DE L'ETAT DE L'EU OPE · texte numérisé non relu

DE L'ETAT DE L'EU OPE

AUX DIXIEME ET ONZIEME SIECLES

LA Rufîle avilit embrafle le Chriftianifme à la fin du huitième, iiécle. Les femmes étaient deftinées à convertir les Roïaumes. Une iœur des Empe eurs Bafile & Çonftantin , mariée /au pére de ce Czar Juras lait dont V d parlé , obtint de fon mari qu'il fe ferait batizer. Les Ru£ Tes , efclaves de leur maître, l'imitèrent ; mais ils ne prirent du rit Grec que les fuperftitions.

Environ dans ce tems-là une femme attira «ncore la Pologne au Chriftianifme. Micislas Duc de Pologne fut converti par Ta femme fœur du Duc de Bohême. J'ai déjà remarqué que les Bulgares avaient reçu la foi de la aème manière. Gifeïïe fœur de l'Empereur Henri fit encore Chrétien fon mari Roi de Hongrie dans la première année du onzi 'me liécle 5 ainfi. il eft très-vrai -que la moitié de l'Europe doit aux femmes fon Chriftianifme.

La Suc de , chez qui il avait ét é prêché dès le neuvième fiécle , et. 1 1 redevenue idolâtre. La Bohème & out ce qui eft au Nord de l'Elbe , renonça au Chriftianifme en 1013. Toutes les «côtes de la mer- Baltique vers l'Orient étaient Payennes. Les LIongrois en 1047. rétournèrent au Paganifme. MaL toutes ces Nations étaient

beau-

AUX DIXIEME ET ONZIEME SIECLES

fceauco p plus loin encore d'être polies que cTê* tre Chrétiennes.

La Suéde , probablement depuis longtems épuilee d'habitans par ces anciennes émigrations dont l'Europe fut inondée , parait dans les huitième , neuvième ^ dixième & onzième lîécles comme enfévelie dans fa barb m ie , ians guerre & &ns commerce avec fes voulus ; elle n'a part à aucun grand événement , & n'en fut probablement que plus heure uiè.

La Potage , beaucoup plus Barbare que Chrétienne, conferva jufquau treizième flécle toutes les outumes des anciens Sarmates , de tuer leurs enfans qui nahTaient imparfaits, & les vieillards invalides. Qu'on juge par4à du refte du INord.

L'Empire de Conftantinople n'était ni plus refierré ni. plus agrandi que nous l'avons vu au neuvième flecle. A l'Occident il fe défendait contre les Bulgares , à l'Orient & au Nord & au midy contre les Turcs* & les Arabes.

On a vu en général ce qu était l'Italie : des Seignem particuliers eartageaient tout le païs depuis Rome jufqu'à la mer de la Calabre -, & les Normands en avaient la plus grande partie. Florence , Milan , Pavie , Fe gouvernaient par leurs Magistrats fous des Comtes ou fous des Ducs nommés par les Empereurs. Bologne était plus libre.

La maifon de Maurienne, dont defeendent les.

Ducs, de Savoye, Rois de Sardaigne, commençait à s'établir. Elle poifédait comme fief de l'Empire la Comté héréditaire de Savoye & de Maurienne, depuis que Humbert aux blanches

Q. % mains,

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