LA DERNIERE CROISADE
Son féjour à Paris lui procurait continuellement des avantages & de la gloire. Il reçut un honneur qu'on ne peut rendre qu'à un Roi vertueux. Le Roi d'Angleterre Henri ÎIL & fes Barons le choifirent pour arbitre de leurs querelles. Il prononça l'arrêt en Souverain ; & fi cet arrêt qui favorifaic Henri III. ne put apaifer les troubles d'Angleterre , il fit voir au moins à l'Europe quel refped les hommes ont malgré eux pour la vertu. Son frère le Comte d'Anjou dut à la réputation de Louis & au bon ordre de {on roïaume , l'honneur d'être choijû par le Pape pour Roi de Sicile.
Louis cependant augmentait fes Domaines de l'acquifition de Namur , de Perrone, d'Avranches , de Mortagne , du Perche. Il pouvait éter aux Rois d'Angleterre tout ce qu'ils poifédaient en France. Les querelles de Henri IIL & de fes Barons lui facilitaient les moïens : mais ilj préfera la juftice à Pufurpation. Il les laiifa jouir de la Guienne, du Perigord , du Limoufin: mais il les fit renoncer pour jamais à la Touraine , au Poitou , à la Normandie , réunis à la Couronne par Philippe- Augufte. Ainfi la paix fut affermie avec fa réputation.
Il établit le premier la juftice de reflbrt , & les fujets opprimés par les fentences arbitraires des Juges des Baronies , commencèrent à pouvoir porter leurs plaintes à quatre grands Baillages roiaux créés pour les écouter. Sous lui des lettrés commencèrent à être admis aux féancesde ces Parlements dans lefquels des Chevaliers qui rarement favaient lire décidaient da H. G. Tom. L B b 1*
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la fortune des Citoïens. Il joignit à la pieté d'un religieux la fermeté éclairée d'un Roi , en réprimant les entreprifes de la Cour de Rome par cette fameufe Pragmatique qui conferve les anciens droits de l'Eglife , nommés libertés de l'Eglife Gallicane.
Enfin treize ahs de fa préfence réparaient en France tout ce que fou abfence avait ruiné y mais fa paillon pour les Croifades l'entraînait. Les Papes l'encouragaient. ClmM IV. lui accordait une décime fur le Clergé pour trois ans. Il part enfin une féconde fois , & à peu près avec les mêmes forces. Son frère, qu'il a fait Roi de Sicile , doit le fuivre. Mais ce n'eft plus ni du côté de la Paleftine , ni du côté de l'Egypte , qu'il tourne fa dévotion & fes armes. Il fait cingler fa flotte vers Tuiûs.
Les Chrétiens de Syrie n'étaient plus la race de ces premiers Francs établis dans Antioche & dans Tyr. C'était une génération mêlée de # Syriens, d'Arméniens & d'Européans. On les apcllait Poulains , & ces reftes fans vigueur étaient pour la plupart fournis aux Egyptiens. Les Chrétiens n'avaient plus de villes fortes que Tyr & Ptolémais.
Les Religieux Templiers & Hofpitaliers, qu'on peut en quelque fens comparer à la milice des Mamelucs , fe faifaient entre eux , dans ces villes mêmes, une guerre fi cruelle , que dans un combat de ces moines militaires , il ne refta aucun Templier en vie.
Quel raport y avait-il entre cette fituation de quelques métifs fur les côtes dç Syrie , & le
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