‹ Collection complette des œuvres de VoltaireChapitre 48 sur 89 · V I N G T-C I N Q U I É M E EMPEREUR · texte numérisé non relu

V I N G T-C I N Q U I É M E EMPEREUR

OThon , pour s'affermir & pour réunir les partis , époufe Béatrix , fille de l'empereur afiaffiné.

Béâtrix demande à Francfort vengeance de la mort de fon père. La diète met l'aflaflin au ban de Vempire. Le comte Papenheim fit plus, il afîaffina quelque tems après l'aftalun de l'empereur.

Othon IV , pour s'affermir mieux , confirme aux villes d'Italie tous leurs droits , & reconnaît ceux que les papes s'attribuent. 11 écrit à Innocen III , Nous vous rendrons l'obéiffance

Î\ue nos prédêcejfeurs ont rendue aux vôtres. Il le laiffe en potelfion des terres que le pontife a déjà recouvrées, comme

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Viterbe , Orviete , Péroufe. Il lui abandonne la fupénorité territoriale , c'eft-à-dire le domaine fuprême,, le droit de mouvance fur Naples & Sicile.

On ne peut paraître plus d'accord ; mais à peine eft-il couronné à Rome , qu'il fait la guerre au pape pour ces mêmes villes.

Il avait laùTé au pape la fuzeraineté & la garde de Naples & Sicile ; il va s'emparer de la Pouille , héritage du jeune Frédéric roi des Romains , qu'on dépouillait à la fois de l'empire & de l'héritage de fa mère.

Innocent III ne peut qu'excommunier Othon. Une excommunication n'eft rien contre un prince affermi : c'eft beaucoup contre un prince qui a des ennemis.

Les ducs de Bavière , celui d'Autriche , le landgrave de Thuringe, veulent le détrôner. L'archevêque de Mayence l'excommunie, & tout le parti reconnaît le jeune Frédéric IL

L'Allemagne eft encor divifée. Othon prêt de perdre l'Allemagne pour avoir voulu ravir la Pouille , repaflè les Alpes.

L'empereur Othon affemble fes partifans à Nuremberg. Le jeune Frédéric pafle les Alpes après lui : il s'empare de l'Alface , dont les feigneurs fe déclarent en fa faveur. Il met dans fon parti Ferri, duc de Lorraine. L'Allemagne eft d'un bout à l'autre le théâtre de la guerre civile.

Frédéric II reçoit enfin dé l'archevêque de Mayence la couronne £ Aix-la-Chapelle.

Cependant Othon fe foutient, & il regagne prefque tout, lorfqu'il était prêt de tout perdre.

Il était toujours protégé par l'Angleterre. Son concurrent Frédéric II l'était par la France. Othon fortifie fon parti en époufant la fille du duc de Brabant, après la mort de fa

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