O T H O N IV
femme Béatrix. Le roi d'Angleterre Jean lui donne de l'argent pour attaquer le roi de France. Ce Jean n'était pas encor Jean fans terre; mais il était deftiné à l'être & à devenir comme Othon, très malheureux.
Il paraît (îngulier qu'Othon qui un an auparavant avait de la peine à fe défendre en Allemagne puiflè faire la guerre a prefent à Philippe- Augu&e. Mais il était fuivi du duc de Brabant , du duc de Limbourg , du duc de Lorraine , du comte de Hollande , de tous les feigneurs de ces pays , & du comte de Flandre , que le roi d'Angleterre avait gagnés. Ceft toujours un problême, (i les comtes de Flandre, qui alors faifaient toujours nommage à la France, étaient regardés comme vaffaux de l'empire malgré cet hommage.
Othon marche vers Valenciennes avec une armée de plus de cent vingt mille combattants , tandis que Frédéric II caché vers la Suifle , attendait l'iffue de cette grande entreprife. Philippe-Auguite était preffé entre l'empereur & le roi d'Angleterre; .
Bataille fameuse de Bovines.
L'empereur Othon la perdit. On tua, dit-on, trente mille- Allemands , nombre probablement exagéré. L'ufage était alors de charger de chaînes les prifonniers. Le comte de Flandre & le comte de Boulogne , furent menés à Paris les fers auxpieds & aux mains. C était une coutume barbare établie. Le roi Richard d'Angleterre , cœur de lion > difait lui-même , qu'étant arrêté en Allemagne contre le droit des gens, on l'avait chargé de fers auffi pefants qu'il avait pu les porter.
Au refte , on ne voit pas que le roi de France fît aucune conquête du côté de l'Allemagne après fa vi&oire de Bovines : mais il en eut bien plus d'autorité fur fes vafTaux.
Philippe-Augufte envoie à Frédéric en Suifle ,. où était: retiré , le char impérial qui portait l'aigle allemande j c'était*, un trophée & un gage de l'empire.