FRÉDÉRIC D' AUTRICHE
Troijleme du 'nom, TRENTE-NEUVIEME EMPEREUR»
O N s'afTemble à Francfort félon la coutume pour le choix d'un roi des Romains. Les états de Bohême qui étaient Irais fouverain , jouiffent avec les autres électeurs du droit de fuffraee : privilège qui n'a jamais été donné qu'à la Bohême.
Louis , landgrave de HefTc , refufe la couronne impériale. On en voit plufieurs exemples dans l'hiftoire. L'emfïre parfait depuis longtems pour une époufe fans dot , qui avait Delbia d'un mari très riche
3oi Frédéric
Frédéric d'Autriche duc de Stirie , fils d'Erneft , oui était bien moins puiflànt que le landgrave de HelTe , n'eit pas û difficile.
Dans la même année , Albert duc de Bavière refufe la couronne de Bohême , qu'on lui offre. Mais ce nouveau refus vient d'un motif qui doit fervir d'exemple aux princes. La veuve de l'empereur roi de Bohême & de Hongrie, duc d'Autriche , venait d'accoucher d'un pofthume nommé Ladiflas. Albert de Bavière crut qu'on devait avoir égard au fang de ce
[mpille. Il regarda la Bohême comme 1 héritage de cet enfant. 1 ne voulut pas le dépouiller. L'intérêt ne gouverne pas toujours les lbuverains. Il y a aufli de l'honneur parmi eux ; & ils devraient fonger que cet honneur quand il eft afluré , vaut mieux qu'une province incertaine.
A l'exemple du Bavarois , l'empereur Frédéric III refufe aufli la couronne de Bohême. Voilà ce que fait l'exemple de la vertu. Frédéric III ne veut pas être moins généreux que le cjuc de Bavière. Il fe charge de la tutelle de l'enfant Ladiflas , qui devait „ par le droit de naiflance , pofleder la haute Autriche , où cil Vienne, & qui était appellé au trône de la Bohême & de la Hongrie par le choix des peuples , qui refpe&aient en lui le fang dont il fortait.
Concile de Freiflngen dans lequel on prive de la fépulture tous (» qui feront morts en combattant dans un tournois , ou qui neie feront point confefles dans l'année. Ces.décrets grofliers & ridicules n'ont jamais de force.
Grande diète à Mayence. L'anti-pape Amédée de Savoie ( Félix ) créé par le concile de Bâle , envoie un légat à latert à cette diète j on lui fait quitter fa croix & la pourpre qu* Amédée lui a donnée. Cet Amédée était un homme bizarre , qui ayant renoncé à fon duché de Savoie pour la vie molle dnermire, quittait fa retraite de ripaille pour être pape. Les pères du concile de Bâle l'avaient élu quoiqu'il fût iéculier. Ils avaient en cela violé tous les ufaees ; aufli ces pères n'étaient regardés à Rome que comme des leditieux. La aiete de Mayence tient la balance entre les deux papes.
d' Autriche. 305
L'ordre teutonique gouverne Ci durement la Pruffe , que les peuples le donnent à la Pologne.
L'empereur élevé à fa cour le jeune Ladiflas roi de Bohème , & le royaume eft adminiftré au nom de ce jeune prince , mais au milieu des contradictions & des troubles. Tous les électeurs & beaucoup de princes viennent affilier au couronnement de l'empereur à Aix-la-Chapelle. Chacun avait à fa fuite une petite armée. Ils mettaient alors leur gloire à paraître avec éclat dans ces jours de cérémonie -, aujourd'hui ils la mettent à n'y plus paraître.
Grand exemple de la liberté des peuples du Nord. Eric , roi de Dannemarck & de Suède , défigne ion neveu fucceffeur de fon royaume. Les états s'y oppoïent , en difant que par les loix fondamentales la couronne ne doit point être héréditaire. Leur loi fondamentale eft bien différente aujourd'hui. Ils dépoferent leur vieux roi Eric qui voulait être trop abfolu, & ils appellerent à la couronne , ou» plutôt à la première magiftrature du royaume , Chriftophe de Bavière.
La politique , les loix , les ufages n'avaient rien alors de ce qu'ils ont de nos jours. On voit dans ces années , la France unie avec la maifon d'Autriche contre les Suiffes. Le dauphin , depuis Louis XI , marche contre les SuuTes , dont la France devait défendre la liberté. Les auteurs parlent d'une grande victoire que le dauphin remporta près de Bâle ; mais s'il avait gagné une iî grande bataille , comment put-il n'obtenir qu'à peine la pemifSon d'entrer dans Bâle avec fes domeftiques? Ce qui eit certain , c'eft que les SuuTes ne perdirent point la liberté pour laquelle ils combattaient , & que cette liberté fe fortifia de jour en jour malgré leurs diffentions.
Ce n'était pas contre les SuuTes qu'il falait marcher alors ; c'était contre les Turcs. Amurath II , après avoir abdiqué l'empire , l'avait repris à la prière des janiffaires. Ce Turc qu'on peut compter parmi les philofophes , était compté parmi les héros. Il pouffait fes conquêtes en Hongrie. Le roi de Pologne Uladiflas , "le fécond des Jaeelions , venait d'être élu par les Hongrois, au mépris du jeune Ladiflas d'Autriche, élevé toujours
304 Frédéric
chez l'empereur. Il venait de conclure avec Amurath la paix la plus folemnelle.
Amurath & Uladiflas la jurèrent tous deux folemnellement , l'un fur l'alcoran, & l'autre fur l'évangile.
Le cardinal Julien Céfarini , légat du pape en Allemagne , homme fameux par fes pourfuitcs contre les partifans de Jean H us , par le concile de Bàle auquel il avait d'abord préfidé, par la cioifade qu'il prêchait contre les Turcs , crut que c'était une action famte de violer un ferment fait à des Turcs. Cette piété lui parut d'autant plus convenable , cjue le fultan était alors occupé à réprimer des féditions en Alie. Il était du devoir des catholiques de ne pas tenir la foi aux hérétiques ; donc c'était une plus grande vertu d'être perfide envers les mufulmans qui ne croient qu'en Dieu. Le pape. Eugène IV preffé par le légat , ordonna au roi de Hongrie Uladiflas d'être chrétiennement parjure.
Tous les chefs fc laiflerent entraîner au torrent, & furtout Jean Corvin Huniade , ce fameux général des armées Hongroifes , qui combattit fi fouvent Amurath & Mahomet IL Uladillas féduit par de faufles efpérances,& par une morale encor plus faufle , furprit les terres au fultan. Il le rencontra bientôt vers le Pont-Euxin , dans ce pays ou'on nomme aujourd'hui la Bulgarie , & qui était autrefois la Mœfie. La bataille fe donna près de la ville de Varnes.
Amurath portait dans fon fein le traité de paix qu'on venait de conclure. Il le tira au milieu de la mêlée , dans un moment où fes troupes pliaient , & pria Dieu , qui punit les parjures , de venger cet outrage fait aux loix des nations. Le roi Uladiflas fut percé de coups. Sa tête coupée par un janùTaire , fut portée en triomphe de rang en rang dans l'armée Turque , & ce fpeftacle acheva la déroute.
Quelques-uns difent que le cardinal Julien , qui avait aflifté à la bataille , voulant dans fa fuite pafler une rivière , y fut abîmé par le poids de l'or qu'il portait ; d'autres difent que les Hongrois mêmes le tuèrent. Il elt certain qu'il périt dans cette journée.
d* Autriche. toc
L'Allemagne devait s'oppofer au progrès des Ottomans. Mais alors même Frédéric III, qui avait appelle les Français à fou fecours contre les Suifles , voyant que ces défenfeurs inondent l'Alface & le pays Merlin , veut cnaiïer ces alliés dangereux.
Charles VII réclamait le droit de protection dans la ville de Toul , quoique cette ville fut impériale. Il exige au même titre des préfents de Metz & de Verdun. Ce droit de protection fur ces villes dans leurs befoins , eft l'origine de la fouveraineté qu'enfin les rois de France en ont obtenue.
On fait fur ces frontières une courte guerre aux Français , au lieu d'en faire aux Turcs une longue , vive , & bien conduite.
^ La guerre eccléflaiHque entre le concile de Bâle & le pape Eugène IV dure toujours. Eugène s'avife de dépofer les arche* vêques de Cologne & de Trêves, parce qu'ils étaient partifans du concile de Bâle. Il n'avait nul droit de les dépofer comme archevêques, encor moins comme électeurs. Mais que fait-il ? il nomme à Cologne un neveu du duc de Bourgogne 9 il nomme à Trêves un frère naturel de ce prince ; car jamais pape ne put difpofer des états , qu'en armant un prince contre un autre.
Les autres électeurs , les princes , prennent le parti des deux évêques vainement dépofes. Le pape l'avait prévu ; il propofe un tempérament , rétablit les deux évêques , il flatte les Allemands ; & enfin l'Allemagne qui fe tenait neutre entre l'antir
1>ape & lui , reconnaît Eugène pour feul pape légitime. Alors e concile de Bâle tombe dans le mépris , & bientôt après il fe fliffout infenfiblement de lui-même.
Concordat germanique. Ce concile avait du moins établi des règlements utiles , que le corps germanique adopta dèslors, & au/il fourient encor aujourd'hui Les élections dans les églifes cathédrales & abbatiales font rétablies.
Annales de F Empire* Q q
Jo6 F * É :T> E R ï C
Le pape ne nomme aux petits bénéfices que pendant fix mois cîe l'année.
On ne paie rien à la chambre apoftolique pour les petits bénéfices ; pluficurs autres loix pareilles font confirmées par le pape Nicolas V , qui par-là rend hommage à ce concile de
BJle i regardé à Rome comme un conciliabule.
Le fultan Amurath II défait encor les Hongrois commandes -par le fameux Huniade , & l'Allemagne à ces funeftes nouvelles , ne s'arme point encor.
L'Allemagne n'eft occupée que de petites guerres. Albert F Achille , électeur de Brandebourg , en a une contre la ville de Nuremberg qu'il voulait fubjuguer j prefque toutes les villes impériales prennent la défenfe de Nuremberg , & l'empereur relie fpe&ateur tranquille de ces querelles. Il ne veut point donner le jeune Ladiflas à la Bohême qui le redemande , & laide foupçonner qu'il veut garder le bien de fon pupille.
Ce jeune Ladiflas devait être à la fois roi de Bohême , duc d'une partie de l'Autriche , de la Moravie , & de la SUéfie. Ces biens auraient pu tenter enfin la vertu.
Araédée de Savoie cède enfin fon pontificat, & redevient bermite à Ripaille.
1450. Mjr. 1451.
La Bohême, la Hongrie, la Haute- Autriche demandent à la fois le jeune Ladiflas pour fouverain.
Un gentilhomme nommé Eilînger fait- foulever l'Autriche en taveur 4e Ladiflas. Frédéric s'excufe toujours fur ce que Ladiflas n'cft point majeur. Il envoie Frédéric d'Autriche ion frère contre les féditicux, & prend ce tems-la pour fe faire couronner en Italie.
Alphonfe d'Aragon régnait alors à Naples, & prenait lesintéréts de L'empereur, parce qu'il craignait les Vénitiens trop puiflants. Ils paient maîtres de Ravenne , de Bergame , de Brefcia, de Crème- Milan étair au fils d'un payfan, devenu l'homme le plus confiV
»' Autriche»
dérable de l'Italie : c'était François Sforza fuccefteur des Vifcontis. Florence était liguée avec le pape contre Sforze , le St. Siège avait recouvré Bologne. Tous les autres états appartenaient à divers feigneurs qui s'en étaient rendus maîtres. Les chofes demeurent en cet état pendant le voyage de Frédéric llV en Italie. Ce voyage fut un des plus inut:lcs & des plus humiliants qu'aucun empereur eût fait encor. Il fut attaqué par des voleurs fur le chemin de Rome. On lui prit une partie de fon bagage , il y courut rifque de la vie. Quelle manière de venir être couronné Céfar & chef du monde chrétien !
Il fe fait à Rome une innovation unique jufqu'à ce jour. Frédéric III n'ofait aller à Milan propofer qu'on lui donnât la couronne de Lombardie. Nicolas V la lui donne lui-même à Rome. Et cela feul pouvait fervir de titre aux pap~s pour créer des rois Lombards, comme ils créaient des rois de Naples.
Le pape confirme à Frédéric III cette tutelle du jeune La^ diflas roi de Bohême , de Hongrie , duc d'Autriche ; tutelle <iu'on voulait lui enlever } & excommunie ceux qui la lui ûifputent.
Cette bulle eft tout ce que l'empereur remporte de Rome j & avec cette bulle , il eft afliégé à Neuftadt en Autriche par ceux qu'il appelle rebelles , c'eft-à-dire , par ceux qui lui redemandent Ion pupille Ladiflas.
Enfin il rend le jeune Ladiflas à fes peuples. On l'a beaucoup loué d'avoir été un tuteur fidèle , quoiqu'il n'eût rendu' ce dépôt que forcé par les armes. Lui aurait-on fait une vertu de ne pas attenter à la vie de fon pupille ?
Cette année eft la mémorable époque de la prife de Con£ lantinople par Mahomet II. Certes , c'était alors qu'il eût falu des croifades. Mais il n'eft pas étonnant que les puùTances chré-' tiennes , qui dans ces anciennes croifades même avaient ravi Conftantinople à fes maîtres légitimes , la lauTaflent prendre enfin par les Ottomans. Les Vénitiens s'étaient dès longtems emparés d'une partie de la Grèce. Les Turcs avaient tout le relte. Il ne reftait de l'ancien empire que la feule ville afliégée par plus de deux cents mille hommes , & dans cette ville. 011
joS Frédéric
difputait encor fur la religion. On agitait s'il était permis de
i)rier en latin, fi la lumière du tabor était créée ou éternelle, fi 'on pouvait fe fervir de pain azyme.
Le dernier empereur Conftantin avait auprès de lui le cardinal Ifidore , dont la feule préfence irritait & décourageait les Grecs. Nous aimons mieux , difaient-ils , voir ici le turban , qu'un chapeau de cardinal.
Tous les hiftoriens , & même les plus modernes , répètent les anciens contes que firent alors les moines. Mahomet , félon eux , n'eft qu'un barbare , qui met tout Conflantinople à feu & à fang , & qui amoureux d'une Irène fa captive lui coupe la tête pour complaire à fes janiffaires. Tout cela eft également faux. Mahomet II était mieux élevé , plus inltruit, & favait plus de langues qu'aucun prince de la chrétienté. Il n'y eut qu'une partie de la ville prife d'affaut par les janiffaires. Le vainqueur accorda généreufement une capitulation à l'autre partie , & l'obferva fidèlement. Et quant au meurtre de maîtreffe , il faut être bien ignorant des ufages des Turcs pour croire aue les foldats fe mêlent de ce qui le paffe dans le lit d'un fultan.
On affemble une diète à Ratisboime pour tâcher de s'oppofer aux armées Ottomanes. Philippe duc de Bourgogne vient à cette diète, & offre de marcher contre les Turcs, fi on le féconde. Frédéric ne fe trouva pas feulement à Ratisbonne. C'eft cette année 1453 que l'Autriche eft érigée en archiduché, le diplôme en fait foi.
Le cardinal Eneas Silvius , qui fut depuis le pape Pie II , légat alors en Allemagne , follicite tous les princes à défendre la chrétienté } il s'adreffe aux chevaliers teutoniques , & les fait fouvenirde leurs vœux ; mais ils ne font occupés qu'à combattre leurs fujets de la Poméranie & de la PrulTe, qui fecouent leur joug , & qui fe donnent à la Pologne.
Perfonne ne s'oppofe donc aux conquêtes de Mahomet H j. $c par une fatalité cruelle, prefque t©us les princes de l'empire
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s'épuifaient alors dans de petites guerres les uns contre les autres.
Le duché de Luxembourg était envahi pâr le duc de Saxe, & défendu par le duc de Bourgogne au fujet de vingt-deux mille florins.
Le jeune Ladulas, roi de Hongrie & de Bohême , réclame ce duché. Il ne paraît pas que l'empereur prenne part à aucune de ces querelles. Le duché de Luxembourg refta enfin à la maifon de Bourgogne.
Ce Ladiflas , qui pouvait être un très grand prince , meurt haï & méprifé. Il s'était enfui à Vienne , quand les .Turcs afliégeaient Belgrade. Il avait laine au célèbre Huniade , & au cordelier Jean Capiftran , la gloire de faire lever le fiége.
L'empereur prend pour lui Vienne & la baffe Autriche } le duc Albert fon frère la haute , & Sigifinond leur coufin la Carihthie.
Frédéric III veut en vain avoir la Hongrie } elle fe donne à Mathias , fils du grand Huniade fon défenfeur. Il tente aufli de régner en Bohême, & les états élifent George Podibrade qui avait combattu pour eux.
Frédéric III n'oppofe au fils de Huniade & au vaillant Podibrade que des artifices. Ces artifices font voir fa faibleffe : & cette faibleffe enhardit le duc de Bavière , le comte Palatin , l'éle&eur de Mayence , plufieurs princes, & jufqu'à fon propre frère , à lui déclarer la guerre en faveur du roi de Bohême.
Il eft battu à Eins par Albert fon frère ; il ne fe tire d'affaire qu'en cédant quelques places de l'Autriche. Il était traité par toute l'Allemagne plutôt comme membre que comme chef de l'empire.
Le nouveau pape Enéas Silvius, Pie H, avait convoqué à
3io Frédéric
Mantoue une aflemblée de princes chrétiens , pour former une croifatlc contre Mahomet lècond ; mais les malheurs de ces anciens armements , lorfqu'ils avaient été faits fans raifons, empêchèrent toujours qu'on n'en fît de nouveaux lorfqu'ils étaient raifonnables.
L'Allemagne eft toujours défunie. Un duc d'une partie de la Bavière , dont Landshut eft la capitale , fonge plutôt , par exemple, àfoutenir d'anciens droits fur Donavert, qu'au bien général de l'Europe. Et au contraire , dans l'enthouliafme des anciennes croilades on eût vendu Donavert pour aller à Jérufalem.
Ce duc de Bavière Louis , ligué contre tous les princes de fa maifon & avec Ulric comte de Virtemberg , a une armée de vingt mille hommes.
L'empereur foutient les droits de Donavert , ville dès longtems impériale , contre les prétentions du duc. Il fe fer t du fameux Albert l'Achille électeur de Brandebourg , pour réprimer le duc de Bavière & fa ligue.
Autres rroubles pour le comté de Holftein. Le roi de Dannemarck Chriftiern s'en empare par droit de fucceffion auffibien que de Slefvich , en donnant quelque argent aux autres héritiers , & fait hommage du Holftein à l'empereur.
Autres troubles beaucoup plus grands par la querelle de la Bavière* qui déchire l'Allemagne -, autres encor par la difcorde qui règne entre l'empereur & fon frère Albert , duc de la Haute- Autriche. Il faut que l'empereur plie , & qu'il cedcpar accomodement le gouvernement de fon propre pays de l'Autriche Viennoife ou BalTe- Autriche. Mais fur le délai d'un paiement de quatorze mille ducats , la guerre recommence entre les deux frères. Ils en viennent à une bataille , & l'empereur eft battu.
Son ami, Albert V Achille de Brandebourg, eft auflî ., malgré fon furnom, battu par le duc de Bavière. Tous ces troubles imeftins anéantinent la majefté de l'empire , & rendent l'AUe~ magne très malheureufe.
d'Autriche. jû 146 4.
Autre aviliflement encor. Il régnait toujours dans les nations un préjugé , que celui qui était poffefleur d'un certain gage , d'un certain figne , avait de grands droits à un royaume. Dans le malheureux empire Grec , un habit & des fouliers d'écarlate fuffifaient quelquefois pour faire un empereur. La couronne de fer de Monza donnait des droits fur la Lombardie y la lance & l'épée de Charlemagne, auand des rivaux fe disputaient l'empire , attiraient un grand parti à celui qui s'était faifi de ces vieilles armes. En Hongrie il falait avoir une certaine couronne d'or. Cet ornement était dans le tréfor de l'empereur Frédéric , qui ne l'avait jamais voulu rendre , en rendant aux Hongrois Ladiflas fon pupille.
Mathias Huniade redemande fa couronne d'or à l'empereur y & lui déclare la guerre.
Frédéric III rend enfin ce palladium de la Hongrie. On fait un traité qui ne reffemble à aucun traité. Mathias reconnaît Frédéric pour pere , & Frédéric appelle Mathias fort fils ; & il eit dit , que fi ce prétendu fils meurt fans enfant & fans neveu , le prétendu pere fera roi de Hongrie. Enfin le fils donne au pere foixante mille écus.
- C'était alors le tems des petiteflês parmi les puùTances chrétiennes. Il y avait toujours deux partis en Bohême , les Catholiques & les Huflites. Le roi George Podibrade au lieu d'imiter les Scanderberg & les Huniade , favorite les Huflïtes contre les catholiques en Siléfie } & le pape Paul H autorife la révolte des Silefiens par une bulle. Enfuite il excommunie Podibrade , il le prive du royaume. Ces indignes querelles privent la chrétienté d'un puiffant fecours. Mahomet 11 n'avait point de muphti qui l'excommuniât.
Les catholiques de Bohême offrent la couronne de Bohême à l'empereur ; mais dans une diète à Nuremberg , la plupart des princes prennent le parti de Podibrade en prélence du légat
3i2 Frédéric
du pape. Et le duc Louis de Bavière-Landshut dît , qu'au lieu de donner la Bohême à Frédéric, il faut donner à Podibrade la couronne de l'empire. La diète ordonne qu'on entretiendra un corps de vingt mille hommes pour défendre l'Allemagne contre les Turcs. L'Allemagne bien gouvernée eût pu en oppofer trois cents mille.
Les chevaliers teutoniques qui pouvaient imiter l'exemple de Scanderberg, ne font la guerre que pour la Prufie , & enfin , par un traité folemnel , ils fe rendent feudataires de la Pologne. Le traité fut fait à Thorn l'année précédente , & exécuté en 1467.
Le pape donne la Bohême à Mathias Huniade ou Corvin, roi de Hongrie. C'eft-à-dire , que le pape, dont le grand intérêt était d'oppoler une digue au progrès des Turcs, furtout après la mon du grand Scanderberg , excite une guerre civile entre des chrétiens, & outrage l'empereur & l'empire , en ofant dépofer un roi électeur. Car le pape n'avait pas plus de droit de dépofer un roi de Bohême , que ce prince n'en avait de donner le ftege de Rome.
Mathias Huniade perd du tems , des troupes & des négociations , pour s'emparer de la Bohême.
L'empereur fait avec moleffe le rôle de médiateur. Plufieurs princes d'Allemagne fe font la guerre ; d'autres font des trêves. La ville de Coniïance s'allie avec les cantons Suifles.
Un abbé de St. Gai unit le Tokembourg à fa riche abbaye , & il ne lui en coûte que quatorze mille florins. Les Liégeois ont une guerre malheureufe avec le duc de Bourgogne. Chaque
E rince eft en crainte de fes voifins , il n'y a plus de centre» 'empereur ne fait rien.
Mathias Huniade & Podibrade fe difputent toujours la Bohême. La mort fubite de Podibrade n'éteint point la guerre civile. Le parti Huflite élit Ladillas roi de Pologne. Les catholiques tiennent pour Mathias Huniade.
La maifon d'Autriche qui devait être puuTante fous Frédéric III,
perd
d' Autriche.
perd longtems beaucoup plus qu'elle ne gagne. Sigifmond d'Autriche , dernier prince de la branche du ïirol , vend au duc de Bourgogne , Oiarles le téméraire , le Brifgau , le Sundgau , le comte de Ferrete , qui lui appartenaient , pour quatre-vingt mille écus d'or. Rien n'eft plus commun dans le quatorze &c quinzième liécles que des états vendus à vil prix. C'était démembrer l'empire , c'était augmenter la puiffance d'un prince de France , qui alors pofledoit tous les Pays-Bas. On ne pouvait prévoir au'un jour l'héritage de la maifon de Bourgogne reviendrait à la maifon d'Autriche. Les loix de l'empire défendent ces aliénations, il y faut au moins le confentement de l'empereur ; & on néglige même de le demander.
Dans le même tems , le duc Oiarles de Bourgogne acheté environ pour le même prix , le duché de Gueldres oc le comté de Zutphen.
Ce duc de Bourgogne était le plus puiflant de tous les princes qui n'étaient pas rois , & peu de rois étaient aiiû? puuTants que lui. U fe trouvait à la fois vafial de l'empereur 8ç du roi de France , mais très redoutable à l'un & à l'autre,
Ce duc de Bourgogne auffi entreprenant que l'empereur l'était peu, inquiète tous (es voifins, & prefque tous à la fois. On ne pouvait mieux mériter le nom de téméraire.
Il veut envahir le Palatinat. Il attaque la Lorraine & les Suiffes. C'eft alors que les rois de France traitent avec les Suiffes pour la première fois. II n'y avait encor que huit cantons d'unis : Scnvirz , Uri , Undervald , Lucerne , Zurich , Glaris , Zue & Berne.
Louis XI leur donne vingt mille francs par an , & quatre florins & demi par foldat tous les mois,
C'eft toujours la deftinée des Turcs , que les chrétiens fe déchirent entr'eux , comme pour faciliter les conquêtes de l'empire Ottoman. Mahomet , maître de l'Epire , du Péloponefe , du Négrepont, fait tout trembler. Louis XI ne fonge qu'à fapper la grandeur du duc de Bourgogne dont il e# jaloux ; les prov inces Annales de l'Empire» R r
Frédéric
d'Italie qu'à fe maintenir les unes contre les autres j Mathiàs Huniade qu'à difputer la Bohême au roi de Pologne , & Frédéric 111 qu'à amaffer auelque argent dont il puifle un jour faire ufage pour mieux établir la punTance.
Mathias Huniade après une bataille gagnée fe contente de la Siléfie & de la Moravie ; il laiffe la Bohême & la Luface au roi de Pologne.
Charles le téméraire envahit la Lorraine j il fe trouve par cette ufurpation , maître d'un des plus beaux états de l'Europe , des portes de Lyon jufqu'à la mer de Hollande.
Sa puùTance ne le fatisfait pas, il veut renouveller l'ancien royaume de Bourgogne, & y enclaver lesSuuTes. Ces peuples fe défendent contre lui , aufli bien qu'ils ont fait contre les Autrichiens ; ils le défont entièrement à la bataille de Grandfon , ou de Morat. Leurs piques & leurs efpadons triomphent de la crolTe artillerie & de la brillante gendarmerie de Bourgogne. Les Suiffes étaient alors les feuls dans l'Europe qui combattirent pour la liberté. Les princes , les républiques même , comme Venife , Florence , Gènes n'avaient prefque été en guerre que pour leur agrandhTement. Jamais peuple ne défendit mieux cette liberté précieufe que les SuùTes. Il ne leur a manqué que des hilloriens.
C'eft à cette bataille de Morat que Charles le téméraire perdit ce beau diamant , qui pafla depuis au duc de Florence. Un Suifle qui le trouva parmi les dépouilles , le vendit pour un écu*
Charles le téméraire périt enfin devant Nanci , trahi par le Napolitain Campo-BafTo , & tué en fuyant après la bataille par Bcaufemont gentilhomme Lorrain»
Par fa mort le duché de Bourgogne , l'Artois , le Charolois, Mâcon , Bar-fur-Seine , Lille , Douai , les villes fur la Somme reviennent à Louis XI roi de France , comme des fiefs de la couronne ; mais la Flandre qu'on nomme impériale , avec tous» les Pays-Bas & la Franche-Comté , appartenoient à la jeune princeffe Marie , fille du dernier duc*
d' Autriche. 317
Ce crue fît certainement de mieux Frédéric III , fut de marier ion fils Maximilien avec cette riche héritière.
Maximilien époufe Marie le 17 Août dans la ville de Gand, & Louis XI , qui avait pu la donner en mariage à fon fils , lui fait la guerre.
Ce droit féodal , qui n'eft dans fon principe que le droit du plus fort , & dans fes conféquences qu'une iburce éternelle de difcordes , allumait cette guerre contre la princefle. Le Hainaut devait-il revenir à la France ? était - ce une province impériale ? la France avait-elle des droits fur Cambrai ? en avait-elle fur l'Artois ? la Franche-Comté devait-elle être encor réputée province de l'empire ? était-elle de la fucceflion de Bourgogne , ou reverfible à la couronne de France ? Maximilien aurait bien voulu tout l'héritage. Louis XI voulait tout ce qui était à fa bienféance. C'eft donc ce mariage qui eft la véritable origine de tant de guerres malheureufes entre les maifons de France & d'Autriche -, c'eft parce qu'il n'y avait point de loi reconnue , que tant de peuples ont été facrifiés.
Louis XI s'empare d'abord des deux Bourgognes > & vers les Pays-Bas , de tout ce qu'il peut prendre dans l'Artois & dans le Hainaut.
Un prince d'Orange , de la maifon de Châlons en Fnanche* Comté , tâche de conferver cette province à Marie. Cette pcincefTe fe détend dans le Pays-Bas, fans que fon mari puûTe lui fournir des fecours d'Allemagne. Maximilien n'était encor que le mari indigent d'une héroïne fouveraine. Il prefle les princes Allemands oembrafTer fa caufe. Chacun fongeait à la tienne
{>ropre. Un landgrave de Heiîè enlevait un élefteur de Coogne & le retenait en prifon. Les chevaliers Teutons prenaient Riga en Livonie. Mathias Huniade était prêt de s'accomoder avec Mahomet II.
Enfin Maximilien aidé des feuls Liégeois , fe met à la tête des armées de fa femme ; on les appelle les armées flamandes , quoique la Flandre proprement dite, c'eft-à-dire , le pays depuis.
Frédéric
Lille jufqu'à Gand , fût en partie aux Français. La princefle Marie eut une armée plus forte que le roi de France.
Maximilien défait les Français à la journée de Guinegafte au mois d'Août. Cette bataille n'eft pas de celles qui décident du fort de toute une guerre.
On négocie. Le pape Sixte IV envoie un légat en Flandre. On fait une trêve de deux années. Où eft pendant tout ce tems l'empereur Frédéric III ? Il ne fait rien pour fon fils ni pendant la guerre , ni pendant les négociations } mais il lui avait donné Marie de Bourgogne , & c'était beaucoup.
Cependant les Turcs affiegent Rhodes } le fameux grandmaître d'Aubuflbn à la tête de fes chevaliers , fait lever le fiége au bout de trois mois.
Mais le bâcha Acomat aborde dans le royaume de Naples avec cent cinquante galères. Il prend Otrante d'afiaut. Tout le royaume en prêt d'être envahi. Rome tremble. L'indolence des princes chrétiens n'échappe à ce torrent que par la mort imprévue de Mahomet II. Et les Turcs abandonnent Otrante.
Accord bizarre de Jean , roi de Dannemarck & de Suéde, avec foh frère Frédéric duc de Holftein. Le roi & le duc doivent gouverner le Holftein , fief de l'empire , & Slefvich fief du Dannemarck en commun. Tous les accords ont été des fources de guerres, mais celui-ci furtout.
Les cantons de Fribourg en Suifle & de Soleure fe joignent aux huit autres. C'eft un très léger événement par lui-même. Deux petites villes ne font rien dans l'hiftoire du monde ; mais devenues membres d'un corps toujours libre , cette liberté les met au deflus des plus grandes provinces qui fervent.
Marie de Bourgogne meurt. Maximilien gouverne Ces états au nom du jeune Philippe fon fils. Les villes des Pays-Bas ont toutes des privilèges. Ces privilèges caufent prefque toujours des diffentions entre le peuple qui veut les
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foutenir , & le fouverain qui veut les faire plier à fes volontés» Maximilien réduit la Zélande, Leide, Utrecht , Nimegue.
Prefque toutes les villes fe foulevent Tune après l'autre , mais fans concert, & font foumifes l'une après l'autre. U refte toujours un levain de mécontentement.
On était fi loin de s'unir contre les Turcs , que Mathias Huniade , roi de Hongrie , au lieu de profiter de la mon de Mahomet II , pour les attaquer , attaque l'empereur. Quelle eft la caufe de cette guerre du prétendu fils contre le prétendu père ? il eft difficile de la dire. Il veut s'emparer de l'Autriche. Quel droit y avait-il ? fes troupes battent les impériaux , il prend Vienne. Voilà fon feul droit. L'empereur paraît infenfible à la perte de la Baffe- Autriche , il voyage pendant ce tems-là dans les Pays-Bas , & de-là il va à Francfort faire élire par tous les électeurs fon fils Maximilien roi des Romains. On ne peut avoir moins de gloire perfonnelle, ni mieux préparer la grandeur de fa maifon.
Maximilien eft couronné à Aix-la-Chapelle le 9 Avril par l'archevêque de Cologne ; le pape Innocent VIII y donne fon confentemem , que les papes veulent toujours qu'on croie néceffaire.
L'empereur qui a eu dans la diète de Francfort le crédit de faire fon fils roi des Romains , n'a pas celui d'obtenir cinquante .mille florins par mois pour recouvrer l'Autriche. Ceft une de ces contradictions qu'on rencontre fouvent dans l'hiftoire.
Ligue de Suabe pour prévenir les guerres particulières qui déchirent l'Allemagne , & qui l'arTaibliflent. Ce fut d'abord un règlement de tous les princes à la dicte de Francfort , une loi comminatoire qui met au ban de l'empire tous ceux qui attaqueront leurs voifins. Enfuite tous les gentilshommes de Suabe s'affocierent pour venger les torts. Ce fut une vraie chevalerie. Ils allaient par troupes démolir des châteaux de brigands , ils obligèrent même le duc George de Bavière à! ne
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plus perfécuter Ces voifins. C'était la milice du bien public Elle ne dura pas.
L'empereur fait avec Mathias Huniade un traité qu'un vaincu feul peut faire. Il lui laiffe la Baffe- Autriche jufqu'à ce qu'il paie au vainqueur tous les frais de la guerre ; mais failant toujours valoir fon titre de pere, & fe réfervant le droit de fuccéder à fon fils adoptif dans le royaume de Hongrie.
Le roi des Romains Maximilien fe trouve dans les Pays- Bas attaqué à la fois par les Français & par fes fujets. Les habitants de Bruges , fur lefquels il voulait établir quelques impôts contre les Toix du pays, s'avifent tout -d'un -coup de le mettre en prifon , & l'y tiennent quatre mois ; ils ne lui rendirent fa liberté qu'à condition qu'il ferait fortir le peu de troupes Allemandes qu'il avait avec lui, & qu'il ferait la paix avec la France.
Comment fe peut-il faire que le miniïtre du jeune Charles VIII roi de France, ne profitât pas d'une <î heureufe conjoncture! Ce miniftere alors était faible.
Maximilien époufe lecrettement en fécondes noces par procureur, la ducheffe Anne de Bretagne. S'il l'eût époufée en effet , & au'il en eût eu des enfants , la maifon d'Autriche preffait la France par les deux bouts. Elle l'entourait à la fois par la Franche-Comté, TAlface, la Bretagne, & les Pays-Bas.
Mathias Corvin Huniade étant mort , il faut voir fi l'empereur Frédéric fon pere adoptif lui fuccédera en vertu des traités. Frédéric donne fon droit à Maximilien fon fils.
Mais Béatrix , veuve du dernier roi , fait jurer aux états qu'ils reconnaîtront celui qu'elle époufera ; elle le remarie auflitôt à Ladillas Jagellon , roi de Bohême } & les Hongrois le çouronnent.
Maximilien reprend du moins fa Baffe-Autriche , & porte la guerre en Hongrie.
On renouvelle entre Ladiflas Jagellon & Maximilien , ce même traité que Frédéric III avait fait avec Mathias. Maximilien eit reconnu héritier préfomptif de Ladiflas Jagellon en Hongrie & en Bohême.
La deftinée préparait ainfi de loin la Hongrie à obéir à la maifon d'Autriche.
L'empereur , dans ce tems de profpérité , fait un aéte de vigueur ; il met au ban de l'empire Albert de Bavière duc de Munich fon gendre. Ceft une chofe étonnante que le nombre des princes de cette maifon , auxquels on a fait ce traitement. De quoi s'agiffait-il ? d'une donation du Tirol faite folemnellement à ce duc de Bavière par Sigifmond d'Autriche -, & cette donation ou vente fecrette , était regardée comme la dot de fa femme Cunégonde , propre fille de l'empereur Frédéric III,
L'empereur prétendait cjue le Tirol ne pouvait pas s'aliéner, tout l'empire était partage fur cette quemon , preuve indubitable qu'il n'y avait point de loix claires \ & c'eft en effet ce qui manque le plus aux hommes.
Le ban de l'empire dans un tel cas n'eft qu'une déclaration: de guerre \ mais on s'accomoda bientôt. Le Tirol reffa à la maifon d'Autriche : on donne quelques compenfations à la Bavière , & le duc de Bavière rend Ratisbonne , dont il s'était emparé depuis peu.
Ratisbonne était une ville impériale. Le duc de Bavière fondé fur fes anciens droits , l'avait mife au rang de fes états \ elle elt de nouveau déclarée ville impériale j il refta feulement aux ducs de Bavière la moitié des droits de péages»
Le roi des Romains , Maximilien , qui comptait établir paisiblement la grandeur de fa maifon en mariant fa fille Marguerite d'Autriche à Charles VIII roi de France , chez qui elle était élevée, & en époufant bientôt Anne de Bretagne r époufée déjà en fon nom par procureur , apprend que fa femme
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cil mariée en effet à Charles VIII, le 6 Décembre 1491 , & qu'on va lui renvoyer fa fille Marguerite. Les femmes ne font
Îîlus de fujets de guerre entre les princes ; mais les provinces e font.
L'héritage de Marie de Bourgogne fomentait une difcorde éternelle , comme l'héritage de Mathiide avait fi longtems troublé l'Italie.
Maximilien furprend Arras ; il conclut enfuite une paix avantageufe , par laquelle le roi de France lui cède la Franche- Comté en pure fouveraineté , & l'Artois , le Charolois & Nogent à condition d'hommage.
Ce n'eft pas à Maximilien proprement qu'on cède ces pays , c'eft à Philippe fon fils , comme repréfentant Marie de Bourgogne fa mere.
Il faut avouer que nul roi des Romains ne commença (à carrière plus glorieufement aue Maximilien. La viéltoire de Guinegafte fur les Français , l'Autriche reconquife , Arras prife & l'Artois gagné d'un trait de plume , le couvraient de gloire.
Frédéric III meurt le 19 Août, âgé de 78 ans ; il en régna 53. Nul règne d'empereur ne fut plus long, mais ce ne fut pas le plus glorieux.