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Il fe fait porter à la tête de cent mille hommes, & vient affiéger la ville de Zieeth. Il meurt devant cette place ; Tes janiflaires y entrent le fabre à la main deux jours après fa mort.
Le comte de Serin qui commandait dans Zigeth , eft tué en fe défendant , après avoir mis lui-même la ville en flammes. Le grand-vilir envoie la tête de Serin à Maximilien, & lui fait dire que lui-même aurait dû hazarder la fienne , pour venir défendre la ville , puifqu'd était à la tête de près de cent vingt mille hommes.
L'armée de Maximilien , la mort de Soliman , & rapproche de Thiver , fervent au moins à arrêter les progrès des Turcs.
Les états de l'Autriche & de la Bohême profitent du mauvais fuccès de la campagne de l'empereur , pour lui demander le libre exercice de la confeflion d'Augsbourg.
Les troubles des Pays - Bas commençaient en même tems , & tout était déjà en feu en France au fiijet du calviniime ; mais Maximilien fut plus heureux que Philippe II & que le roi de France. Il refufa la liberté de confeience à fes hijets, & fon armée qui avait peu fervi contre les Turcs , mit chez lui la tranquillité.
Cette année fut le comble des malheurs pour l'ancienne branche de la maifon éle&orale de Saxe , dépouillée de fon électoral par Charles-Quint.
L'éleclorat donné,, comme on a vu , à la branche cadette, devait être l'objet des regrets de l'ainée. Un gentilhomme nommé Groumbach , proferit avec plufieurs de fes complices pour auelques crimes , s'était retiré à Gotha chez Jean-Fréderic , fils de ce Jean-Fréderic , à qui la bataille de Mulberg avait fait perdre le duché & l'éleclorat de Saxe.
Groumbach avait principalement en vue de fe venger de l'éle&eur de Saxe Augufte , chargé de faire exécuter contre lui l'arrêt de fa profeription. Il était aflbcié avec plufieurs brigands qui avaient vécu avec lui de rapines 1k de pillage. Il lorme avec eux une confpixation pour afla/finer i'élefteur. Un
des
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des conjurés pris à Drefde avoua le complot. L'éle&eur Augufte avec une commifiïon de l'empereur, tait marcher fes troupes à Gotha. Groumbach que le duc de Gotha foutenait, était dans la ville avec plufieurs foldats déterminés , attachés à fa fortune. Les troupes du duc & les bourgeois défendirent la ville j mais enfin il falut fe rendre. Le duc Jean-Fréderic aufli malheureux que fon pere , eft arrêté , conduit à Vienne dans une charrette , avec un bonnet de paille attaché fur fa tête , enfuite à Naples ; & fes états font donnés à Jean-Guillaume fon frère. Pour Groumbach & fes complices ils furent tous exécutés à mort.
Les troubles des Pays-Bas augmentaient. Le prince d'Orange Guillaume le taciturne , déjà chef de parti , qui fonda la république des Provinces-Unies , s'adrene à l'empereur , comme au premier fouverain des Pays-Bas , toujours regardés comme appartenants à l'empire : & en effet, l'empereur envoie en Efpagne fon frère Charles d'Autriche , archiduc de Gratz , pour adoucir l'efprit de Philippe II : mais il ne put ni fléchir le roi d'Efpagne , ni empêcher que la plupart des princes proteftants d'Allemagne n'envoyalTent du fecours au prince d'Orange.
Le xluc d'Albe , gouverneur fanguinaire des Pays-Bas , prefle l'empereur de lui livrer le prince d'Orange , oui alors levait des troupes en Allemagne. Maximilien répond que l'empire ayant la jurifdiction fuprême fur les Pays-Bas , c'eft à la diète impériale qu'il faut s'adrefler. Une telle réponfe montre aflfez que le prince d'Orange n 'était pas un nomme qu'on pût arrêter.
L'empereur laiffe le prince d'Orange faire la guerre dans les Pays-Bas, à la tête des troupes allemandes, contre d'autres troupes allemandes , fans fe mêler de la querelle. Il était pourtant naturel qu'il affiliât Philippe II fon coufin dans cette affaire importante : d'autant plus que cette année-là même il fit la paix avec Selim II, fucceffeur du grand Soliman. Délivré du Turc , il femblait que fon intérêt rut d'affermir la religion catholiaue. Mais apparemment qu'après cette paix on ne lui payait plus de mois romains.
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Loin d'aider le roi d'Efpagne à foumettre fes fujets des Pays-< Bas , qui demandaient la liberté de confcience , il parut défap* prouver la conduite de Philippe, en accordant bientôt dans l'Autriche la permiflion de iuivre la confeflion d'Augsbourg. Il ' promit après au pape de révoquer cette permiflion. Tout cela découvre un gouvernement gêné , faible , inconftant. On eût dit que Maximilien craignait la puhTance des ennemis de fa communion , & en effet toute la maifon de Brandebourg était proteftante. Un fils de l'élecleur Jean-George , élu archevêque de Magdebourg , profeflait publiquement le proteftantifme \ un évêque de Verdun en fai fait autant ; le duc de Brunfvick Jules embraffait cette religion qui était déjà celle de fes fujets \ l'élecleur palatin & prefque tout fon pays était calvinifte. Le catholicifme ne fubhftait plus guère en Allemagne, que chez les cle&eurs eccléfiaftiques , dans les états des evêques & des abbés , dans quelques cominanderies de l'ordre teutonique 9 dans les domaines héréditaires de la maifon d'Autriche & dans la Bavière , & encor y avait-il beaucoup de proteftants dans tous ces pays ; ils faifaient même en Bohême le plus grand nombre. Tout cela autorifait la liberté que Maximilien donnait en Autriche à la religion proteftante ; mais une autre raifon plus forte s'y joignait -, c'eft que les états d'Autriche avaient promis à ce prix des fubfides confidérables. Tout fe faiiàif pour de l'argent dans l'empire , qui dans ce tems-là n'en avait guère.
Au milieu de tant de guerres de religion & de politique , voici une difpute de vanité. Le duc de Florence , Coûne H f & le duc de Ferrare Alphonfe , fe difputaient la préséance» Les rangs étaient réglés dans les diètes en Allemagne : mais en Italie il n'y avait point de diète j & ces querelles étaient indécises. Les deux ducs tenaient tous deux à l'empereur. Ftanr cois , prince héréditaire de Florence , & le duc de Ferrare r avaient époufé les feeurs de Maximilien. Les deux ducs remettent leur différend à fon arbitrage. Mais le pape Pie Y , qui regardait le duc de Ferrare comme fon feudataire, le duc de Florence comme fon allié , & toutes les di^ùtés de ce monde-