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comme des concevons du St. Siège , Te hâte de donner un titre nouveau à Cofme j il hn confère la dignité de grand -duc ^tvec beaucoup de cérémonie ; comme Ci le mot de grand ajoutait quelque chofe à la puùTance. Maximilien eu irrité que le
{jape s'arroge le droit de donner des titres aux feudataires de 'empire , àc de prévenir Ton jugement. Le duc de Florence prétend qu'il n'eu point feudataire. Le pape foutient qu'il a non feulement la prérogative de faire des grands-ducs , mais des rois. La difpute s'aigrit. Mais enfin le grand-duc , qui était très riche, fut reconnu par l'empereur.
Diète de Spire , dans laquelle on rend prefque tous les états à un frère du malheureux duc de Gotha , qui refte confiné à Naples. On y conclut une paix entre l'empereur & Jean Sigifmond , prince de Tranfilvanie , qui eft reconnu fouverain de cette province , & renonce au titre de roi de Hongrie , titre d'ailleurs très vain , puifque l'empereur avait une partie de ce toyaume & les Turcs l'autre.
On y termine de très grands différends qui avaient longtems troublé le Nord au fujet de la Livonie. La Suède , le Dannemarck , la Pologne , la Ruffie s'étaient difputé cette province que l'on regardait encor en Allemagne comme province de l'empire. Le roi de Suède Sigifmond cède à Maximilien ce qu'il a dans la Livonie. Le refte eu mis fous la protection du Dannemarck ; on convient d'empêcher que les Mofcovites ne s'en emparent. La ville de Lubeck eu comprUè dans cette paix comme partie principale. Tous les privilèges de fon commerce font confirmés avec la Suède & le Dannemarck. Elle était encor puiflante.
Les Vénitiens à qui les Turcs enlevaient toujours quelque pofTeflion, avaient fait une ligue avec le pape & le roi d*Éfpagne. L'empereur retufait d'y entrer dans la crainte d'attirer encor eh Hongrie les forces de l'empire ottoman. Philippe II n'y entrait que pour la forme.
Le gouverneur du Milanais leva des troupes j mais ce fut pour envahir le marquifat de Final , appartenant à la maifo» de Caretto. las Génois avaient des vues fur ce coin de terre .
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& inquiétaient le poflcfleur. La France pouvait les aider. Le Marquis de Caretto était à Vienne , où il demandait juftice en qualité de vaflal de l'empire ; & pendant ce tems-là Philippe 11 s'emparait de fon pays , & trouvait aifément le moyen d'avoir raifon dans le confeil de l'empereur.'
Après la mort de Sigifmond II, roi de Pologne, dernier roi de la race des Jagellons , Maximilien brigue lous main ce trône , & fe flatte que la république de Pologne le lui offrira par une ambaflade.
La république croit que fon trône vaut bien la peine d'être demandé ; elle n envoie point d'ambuflade » & les brigues fecrettes de Maximilien font inutiles,
Le duc d'Anjou, l'un de fes compétiteurs, eft élu le 1 Mai^ au grand mécontentement des princes proteftants d'Allemagne % mu virent palier chez eux avec horreur ce prince teint du. (ang répandu à la journée de la St. Barthelemu
Le prince d'Orange , qui fe foutenait dans les Pays-Bas par fa valeur & par fon crédit contre toute la puuTance de Philippe II , rif nt à Dordrecht une affemblée de tous les feigneurs & de tous les députés des villes de fon parti- Maximilien y envoie un commiuàire impérial pour foutemr en apparence la mijelté de l'empire, & pour ménager un accomodement entre Philippe & les confédérés»
Maximilien II fait élire fon fils ainé Rodolphe roi des Romains dans la diète de Ratisbonne. La pofleffion du trône impérial datis la maifon- d'Autriche devenait néceflâire par le long ufjge, par la crainte des Turcs, & par la convenance d'avoir un chet capable de foutenir par lui-même la dignité impériale.
Les princes de l'empire n'en jouiflàient pas moins de leurs
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droits. L'élec"teur palatin fourniffait des troupes aux calviniftes de France , & d'autres princes en fourniraient toujours aux cafviniltes des Pays-Bas.
Le duc d'Anjou , roi de Pologne , devenu roi de France par la mort de Charles IX , ayant quitté la Pologne y comme on fe fauve d'une pnfon , & le trône ayant été déclaré vacant , Maximilien a enfin le crédit de fe faire élire roi de Pologne le 1 5 Décembre.
Mais une faction oppofée fait un fanglant affront à Maximilien. Elle proclame Etienne Battori , vaivode de Tranfilvanie , vaffal du lultan , & qui n'était regardé à la cour de Vienne que comme un rebelle & un ufurpateur. Les Polonais lui font epoufer la feeur de Sigifmond-Augufte , relie du fang des Jagellons. '
Le czar ou tfar de Ruffie , Jean , offre d'appuyer le parti de Maximilien , efpérant qu'il pourra regagner la Livonie. La cour de Mofcou , toute groifiere qu'elle était alors , avait déjà les mêmes vues , qui fe font manifeftées de nos jours avec tant d'éclat.
La porte ottomane de fon côté menaçait de prendre le parti d'Etienne Battori contre l'empereur. C'était encor la même politique qu'aujourd'hui.
Maximilien effayait d'engager- tout l'empire dans fa. querelle ; mais les proteftants au lieu de l'aider à devenir plus puiffant , fe contentèrent de demander la libre profefîion de la confe/fion d'Augsbourg pour la noblefle proteftante qui habitait les pays eccléiiamques.
Maximilien très incertain de pouvoir foutenir fon élection à la couronne de Pologne , meurt à l'âge de 49 ans le 1» d'Oaobte.