‹ Collection complette des œuvres de VoltaireChapitre 73 sur 89 · QUARANTE-QUATRIÈME EMPEREUR · texte numérisé non relu

QUARANTE-QUATRIÈME EMPEREUR

Rodolphe couronné roi des Romains du vivant de fon père, prend les rênes de l'empire qu'il tient d'une main faible. D n'y avait point d'autre capitulation que celle de Charles-Quint. Tout te faifait à l'ordinaire dans les diètes ; même forme de gouvernement, mêmes intérêts, mêmes mœurs. Rodolphe promet feulement à la première diète tenue à Francfort de <e conformer aux règlements des diètes précédentes. Il eft remarquable que les princes <f Allemagne propofent dans cette diète d'appaifer les troubles des Pays-Bas, en diminuant Pautorité ainfi que la févérité de Philippe II } par-là ils faifaient fentir que les intérêts des princes oc des leigneurs Flamands leur étaient chers , & qu'ils ne voulaient point que la branche amée de la maifon Autrichienne , en écrafant les vaffaux , apprit à la branche cadette à abaùTer les riens.

Tel était l'eforit du corps germanique ; & il parut bien que Tempereur Rodolphe n'était pas plus abfolu que Maximilien , puifqu'il ne put empêcher fon frère , l'archiduc Mathias , d'accepter le gouvernement des Pays-Bas de la part des confédérés qui étaient en armes contre Philippe II j de forte qu'on voyait d'un côté don Juan d'Autriche , fils naturel de Charles- Quint , gouverneur au nom de Philippe II en Flandre , & de l'autre fon neveu Mathias , à la tête des rebelles , l'empereur neutre, & l'Allemagne vendant des foldats aux deux partis.

Rodolphe ne fe remuait pas davantage pour l'irruption que les Ru(Tes faifaient alors en Livonie.

Les Pays-Bas devenaient le théâtre de la confufion , de la guerre , de la politique ; & Philippe H n'ayant point pris le parti de venir de bonne heure y remettre l'ordre, comme

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avait fait Charles-Quint , jamais cette faute ne fut réparée. L'archiduc Mathias ne contribuant que de fon nom à la caufe des confédérés , avait moins de pouvoir que le prince d'Orange i & le prince d'Orange n'en avait pas alTez pour fe pafler de fecours. Le prince palatin Cafimir , tuteur du jeune électeur Frédéric IV , qui avait marché en France avec une pente armée au fecours des proteftants , venait avec les débris de cette armée & de nouvelles troupes foutenir la caufe des proteftants & des mécontents dans les Pays-Bas. Le frère du roi de France Henri 111 , qui portait le titre de duc d'Anjou , était aufli déjà appelle par les confédérés , tout catholique qu'il était. 11 y avait ainu quatre pujflances qui cherchaient à profiter de ces troubles, l'archiduc, le prince Caûmir , le duc d'Anjou & le prince d'Orange , tous quatre défunis j & don Juan d'Autriche , célèbre par la bataille de Lépante , feul contr'eux» On prétendait Vjue ce même don Juan afpirait auffi à fe faire louverain. Tant de troubles étaient la fuite de l'abus que Philippe fécond avait fait de fon autorité , & de ce qu'il n'avait pas foutenu cet abus par fa préfence.

Don Juan d'Autriche meurt le 1 Octobre , & on aceufe Philippe II fon frère de fa mort, fans autre preuve que l'envie de le rendre odieux»

Pendant crue la défolation eft dans les Pays-Bas , & que le grand capitaine Alexandre Farncfe , prince de Parme , iucce£ leur de opn Juan, foutient la caufe de Philippe U & de la re* ïipoa catholique par te* armes , Rodolphe fait l'office de médiateur ainfi que fon pere, La reine d'Angleterre Elizabeth , & la France, iecouraknt les confédérés d'hommes & d'argent^ & l'empereur ne donne à Philippe II que de bons offices qui furent inutiles. Rodolphe était peu agiflânt par fon caractère & peu puiffant par la forme que l'empire avait prife. Sa médiation eft éludée par les deux parris. L'inflexible Philippe H pe voulait, point accorder la liberté de confeience -, & le prince d'Orange ne voulait point d'une paix qui l'eût réduit à l'état d'un homme privé. Il établit la liberté des Province^ Unies, à Utrecht dans cette anaée mémorable*

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Le prince d'Orange avait trouvé le fecret de réfifter aux fuccès de Farnèfe , & de fe débarraïïer de l'archiduc Mathias : cet archiduc fe démit de fon gouvernement équivoque , & demanda aux états une penfion, qu'on lui afligna fur les revenus de l'évêché d'Utrecht,

Mathias fe retire des Pays-Bas, n'y ayant rien fait que de ftipuler fa peniîon , dont on lui retranche la moitié , comme à un officier inutile. Les états généraux fe fouftraient juridiquement par un édit le 16 Juillet , à la domination du roi d'Ef-

Cgne i mais ils ne renoncent point à être états de l'empire. :ur fîtuation avec l'Allemagne refte indécife. Et le duc d'Anjou qu'on venait d'élire duc de Brabant, ayant depuis voulu aflervir la nation qu'il venait défendre , fut obligé de s'en retourner en 1583 , & d'y laitier le prince d'Orange plus puùTant que jamais.

Grégoire XIII ayant fignalé fon pontificat par la réforme du calendrier , les proteftants d'Allemagne , ainfi que tous les autres de l'Europe, s'oppofent à la réception de cette réforme néceflàire. Ils n'avaient d'autre raifon , fmon que c'était un fervice qiîe Rome rendait aux nations. Ils craignaient que cette cour ne parût trop faite pour instruire, & que les peuples en recevant des loix dans l'autonomie , n'en reçurent dans la religion. L'empereur dans une diète à Augsbourg , eft obligé d'ordonner que la chambre impériale conîervera l'ancien il.le de Jules Céfar , qui était bon du tems de Céfar , mais que le tems avak rendu mauvais.

Un événement tout nouveau inquiète cette année l'empire. Gebhard de Truchfès , archevêque de Cologne , qui n'était pas prêtre , avait embraffé la confeffion d'Augsbourg , & s'était marié fecrettement dans Bonn , avec Agnès de Mansfeld , re- > ■ligieufe du monaftere de Guerichen. Ce n'était pas une chofe jbjen extraordinaire , qu'un évêque marié j mais cet évêque était

éle&eur :

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électeur : il voulait époufer fa femme publiquement, & garder fon éleclorat. Un éleétorat eft inconteftablement une dignité féculiere j les archevêques de Mayence , de Trêves , de Cologne , ne furent point originairement électeurs parce qu'ils étaient prêtres , mais parce au'ils étaient chanceliers. Il pouvait arriver très aifément que Peleétorat de Cologne fut fcparé de l'archevêché, ou que le prélat fut à la fois evêque luthérien, & électeur. Alors il n'y aurait eu d'électeur catholique , que le roi de Bohême , & les archevêques de Mayence & de Trêves. L'empire ferait bientôt tombé dans les mains d'un protestant , & cela feul pouvait^ donner à l'Europe une face nouvelle.

Gebhard de Truchfès eflayait de rendre Cologne luthérienne. Il n'y réunit pas. Le chapitre & le fénat étaient d'autant plus attachés à la religion catholique, qu'ils partageaient en beaucoup de chofes la Souveraineté avec l'électeur , & qu'ils craignaient de la perdre. En effet l'électeur, quoique fouverain , était bien loin d être abfolu. Cologne eft. une ville libre impériale , qui fe gouverne par fes magiftrats. On leva des foldats de part & d'autre, & l'archevêque fit d'abord la guerre avec fucce* pour fa maîtrefle,

Les princes proteftants prirent le parti de l'électeur de Cologne. L'électeur Palatin, ceux de Saxe & de Brandebourg écrivirent en fa faveur à l'empereur, au chapitre, au fénat de Cologne , mais ils s'en tinrent là j & comme ils n'avaient point un intérêt perfonnel & préfent à faire la guerre pour le mariage d'une religieufe , ils ne la firent point.

Truchfès ne fut fecouru que par des princes peu puiffants. L'archevêque de Brème , marié comme lui , amena de la cavalerie à fon fecours. Le comte de Solms , & quelques gentilshommes luthériens de Veftphalie , donnèrent des troupes dans la première chaleur de l'événement. Le prince de Parme d'un autre côté en envoyait au chapitre. Un chanoine de l'ancienne maifon de Saxe , oui eft la même que celle de Brun A vick , commandait l'armée du chapitre , & prétendait que c'était une guerre fainte.

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L'éle&eur de Cologne n'ayant plus rien à ménager , célébra publiquement Ton mariage à Rofendal au milieu de cette petite guerre.

L'empereur Rodolphe ne s'en mêle qu'en exhortant l'archevêque à quitter fou églife & (on électoral , s'il veut garder fa nouvelle religion & la religieufe.

Le pape Grégoire XIII l'excommunie comme un membre pourri , & ordonne qu'on élite un nouvel archevêque. Cette bulle du pape révolte les princes proteûants , mais ils ne font que des inftances. Erncft de Bavière , évêque de Liège , de Freifîngen & d'Hildesheim , eft élu électeur de Cologne , &c foutient fon droit par la voie 'des armes. Il n'y eut alors aue le prince Palatin Cafimir , qui fecourut l'éleéleur déponedé „ mais ce fut pour très peu de tems. Il ne relia bientôt plus à Truchfès que la ville de Bonn. Les troupes euvoyées par le duc de Parme, jointes à celles de fon compétiteur, en firent le fiege, & Bonn fe rendit bientôt*

L'ancien électeur luttait encor contre fa mauvaife fortune» Il lui reliait quelques troupes qui furent défaites ; & enfin n'ayant pu être ni affez haDile , ni alTez heureux pour armer de grands princes en fa faveur , il n'eut d'autre refTource que d'aller vivre à la Haye avec fa femme , dans un état au deffous de la médiocrité , fous la protection du prince d'Orange.

L'intérieur de l'empire relia paifiblc. Le nouveau calendrier romain fut reçu par les catholiques. La trêve avec les Turcs, fut prolongée. C'était à la vérité à la charge d'un tribut ; & Rodolphe le croyait encor trop heureux d'acheter la paix d'Amurath III.

L'exemple de Gebhard de Truchfès engage deux évêques à cruitter leurs évêchés. L'un eft un fils de Guillaume duc de Geves, qui renonce à l'évêché de Munller pour fe marier,, ïautre eft un évêque de Minden, de la maifon de Brunfvick..

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Le fanatifine délivre Philippe II du prince d'Orange, ce que dix ans de guerre n'avaient pu foire. Cet illuftre fondateur de la liberté des Provinces-Unies eft aflafliné par Balthafar Gérard , Franc-Comtois : il l'avait déjà été auparavant par un nommé Jaurigni , Bifcayen , mais il était guéri de fa bleffure. Salcède avait confpiré contre fa vie , & on obferva que Jaurigni & Gérard avaient communié pour fe préparer à cette adtion. Philippe II annoblit tous les defeendants de la famille de l'aftaflioi Singulière nobleffe 1 L'intendant de la Franche-Comté , M. de Vanolles , les a remis à la taille.

Maurice fon fécond fils, fuccede à i'âge de dix-huit ans à Guillaume le taciturne. Ceft lui qui devint le plus célèbre général de l'Europe. Les princes proteftants d'Allemagne ne le fecoururent pas , quoique ce fut l'intérêt de leur religion , mais ils envoyèrent des troupes en France au roi de Navarre, qui fut depuis Henri IV. Ceft que le parti des calviniftes de France était aflez riche pour foudoyer fes troupes , & que Maurice ne Tétait pas.

Le prince Maurice continue toujours la guerre dans les Pays-Bas contre Alexandre Farnèfe. Il fait quelques levées aux dépens des états chez les proteftants d'Allemagne : c'eft tout le fecours qu'il en tire.

Un nouveau trône s'offrit alors à la maifon d'Autriche , mais cet honneur ne devint qu'une nouvelle preuve du peu de crédit de Rodolphe.

Le roi de Pologne Etienne Battori , vaivode de Tranfilvanie ; étant mort le 13 Décembre 1586, le czar de Ruflie Fœdor le met fur les rangs, mais il eft unanimement refulè. Une faftion élit Sigifmond roi de Suède , fils de Jean III & d'une princefle du lang des J?gellons. Une autre faftion proclame Maximilien , firere de l'empereur. Tous deux fe rendent en Pologne, à la tête de quelques troupes. Maximilien eft défait, il fe retire en Silène , & (on compétiteur eft couronné.

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Maximilien eft vaincu une féconde fois par le général de la Pologne Zamoski. Il eft enfermé dans un château auprès de Lublin ; & tout ce que fait en (à faveur l'empereur Rodolphe fon frère, c'eft de prier Philippe II d'engager le pape Sïkte V à écrire en faveur du prifonnier.

Maximilien eft enfin élargi après avoir renoncé au royaume de Pologne. Il voit le roi Sigifmond avant de partir. On remarque qu'il ne lui donna point le titre de majejlé , parce qu'en Allemagne on ne le donnait qu'à l'empereur.

Le feul événement qui peut regarder l'empire, c'eft la guerre des Pays-Bas , qui défole les frontières du côté du Rhin & de la Veftphalie. Les cercles de ces provinces fe contentent de s'en plaindre aux deux partis. L'Allemagne était alors dans une langueur que le chef avait communiquée aux membres.

Henri IV qui avait fon royaume de France à conquérir „ envoie le vicomte de Turenne en Allemagne négocier des troupes avec les princes proteftants. L'empereur s'y oppofe en vain y l'éleéteur de Saxe Chriftiern , excite par le vicomte de Turenne , prêta de l'argent & des troupes , mais il mourut lorfque cette armée était en chemin , & il n'en arriva en France qu'une petite partie. C'eft tout ce qui fe panait alors de confidérable en Allemagne.

La nomination à Tévêché de Strasbourg caufe une guerre civile , comme à Cologne , mais pour un autre fujet, La ville de Strasbourg était proteftante. L'évêque catholique réfidant à Saverne , était mort. Les proteftants élifent Jean-George de Brandebourg , luthérien j les catholiques nomment le cardinal de Lorraine. L'empereur Rodolphe donne en vain l'adminif-

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tration à l'archiduc Ferdinand l'un de fes frères , avec une commiflion pour appaifer ce différend. Ni les catholiques , ni les protefîants ne le reçoivent. Le cardinal de Lorraine Soutient Ton droit avec dix mille hommes. Les cantons de Berne, de Zurich & de Bâle donnent des troupes à l'évêque proteftant} elles font jointes par un prince d'Anhalt, qui revenait " de France , où il avait fervi inutilement Henri IV. Ce prince d'Anhalt défait le cardinal de Lorraine. Cette affaire eft mife en arbitrage l'année fuivante ; & il fut enfin convenu en 1603 , que le cardinal de Lorraine refterait évêque de Strasbourg, mais en payant cent trente mille écus d'or au prince de Brandebourg Jean-George. On ne peut guère acheter un évêchè plus cfcer.

Une affaire plus confidérable réveillait l'indifférence de Ro* dolphe. Amurath III rompait la trêve , & les Turcs ravageaient déjà la haute Hongrie. Il n'y eut que le duc de Bavière , & l'archevêque de Saltzbourg , qui fournirent d'abord des fecours. Ils joignirent leurs troupes à celles des états héréditaires de l'empereur.

Ferdinand, frère de Rodolphe , avait un fils nommé Charles d'Autriche , qu'il avait eu d'un premier mariage , avec la fille % d'un fénateur d'Augsbourg. Ce fus n'était point reconnu prince , mais il méritait de l'être. Il commandait un corps confidérable. Un comte MontécucuH en commandait un autre ; ceux qui ont porté ce nom , ont été deftinés à combattre heureufement pour la maifon d'Autriche. Les Serin, les Nadafti, les Palfi, étaient à la tête des milices hongroifea. Les Turcs furent vaincus dans plufieurs combats ; la haute Hongrié fat en fureté, mais Bude refta toujours aux Ottomans.

Les Turcs étaient en campagne , & Rodolphe tenait une diète à Augsbourg au mois de Juin , pour s'oppofer à eux. Croirait-on qu'il fut ordonné de mettre un tronc à la porte de toutes les églifes d'Allemagne, pour recevoir des contributions volontaires f Ceft la première fois qu'on a demandé l'aumône

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pour faire la guerre. Cependant les troupes impériales & hongroifes , quoioue mal payées, combattirent toujours avec courage. L'archiduc Matnias voulut commander l'armée , & la commanda. L'archiduc Maximilien qui gouvernait la Carinthie & la Croatie au nom de l'empereur fon frère , fe joint à lui : mais ils ne peuvent empêcher le* Turcs de prendre la ville de Javarin.

Par bonheur pour les impériaux , Sigifmond Battori , vaivode de Tranfilvanie , fecoue le joug des Ottomans pour prendre celui de Vienne. On voit fouvent ces princes pafler tour-à-tour d'un parti à l'autre : deftinée des faibles, obligés de choifir entre deux protecteurs trop puiffants. Battori s'engage à prêter foi & hommage à l'empereur pour la Tranfilvanie , & pour ouelques places de Hongrie , dont il était en pofleflion. Il ftipule que s'il meurt fans enfants mâles , l'empereur , comme roi de Hongrie , fe mettra en pofTefïïon de fon état , & on lui promet en recompenfe , Chriftine , fille de l'archiduc Charles , le titre $ Illuflrijfimus t & l'ordre de la toifon d'or.

La campagne fut heureufe , mais les troncs établis à la porte des églifes pour payer l'armée , n'étant pas affez remplis , les troupes impériales fe révoltèrent , & pillèrent une partie du pays qu'ils étaient venus défendre.

L'archiduc Maximilien commande cette année contre les Turcs. Mahomet III nouveau fultan , vient en perfonne dans la Hongrie. Il afliege Agria qui fe rend à composition , mais la garnuon eft raauacréc en lortant de la ville. Mahomet indigné contre l'aga des janifTaires, qui avait permis cette perfidie, lui fait trancher la tête.

Mahomet défait Maximilien dans une bataille le 16 Oftobre, Pendant que l'empereur Rodolphe refte dans Vienne , s'occupe à diftiller , à tourner , à chercher la pierre philofophale j que Maximilien fon frcre eft battu par les Turcs ; que Mathias fbnge déjà à profiter de l'inaétion de Rodolphe pour s'élever : Albert , l'un Je fes frères qui était cardinal , & dont on n'avait

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point entendu parler encor, était depuis peu gouverneur de la partie des Pays-Bas reftée à Philippe II. Il avait fuccédé dans ce gouvernement à un autre de fes frères , l'archiduc Erneft , qui venait de mourir après l'avoir pofledé deux années , fans avoir rien fait de mémorable. Il n'en fut pas de même du cardinal Albert d'Autriche. Il faifait la guerre à Henri IV , que Philippe II avait toujours inquiété depuis la mort de Henri III. U prit Calais & Ardres.

Henri IV à peine vainqueur de la ligue , demande du Cecours aux princes protestants ; il n'en obtient pas , & fe défend lui-même.

Les Turcs font toujours dans la Hongrie. Les payfans de l'Autriche foulés par les troupes impériales, fe foulevent, & mettent eux-mêmes le comble à la défolation de ce pays. On eft obligé d'envoyer contr'eux une partie de l'armée. C'était une bien favorable occafion pour les Turcs ; mais par une fatalité Singulière, la haute Hongrie a prefque toujours été le terme de leurs progrès, & cette année les révoltes des janiffaires firent le ialut de l'armée impériale.

Le comté de Simeren retombe par la mon du dernier comte r à l'éleaeur Palatin.

Le roi d'Efpagne Philippe II meurt à 72. ans , après quarantedeux de règne. Il avait troublé une partie de l'Europe , fans que jamais ni fon oncle Ferdinand , ni fon coufin Maximilien , ni fon neveu Rodolphe euflènt fervi à fes defleins, ni qu'il eût contribué à leur grandeur. Il avait donné avant fa mort les Pays-Bas à l'infante Ilabelle fa fille -, ce fut fa dot en épousant le cardinal archiduc Albert. C'était priver fon fils Philippe III & la couronne d'Efpagne , d'une belle province -r. mais les troubles qui la déchiraient , la rendaient onéreufe àl'Efpagne * & ce pays devait revenir à la couronne efpagnole en cas que l'archiduc Albert n'eût point d'enfants mâles , ce; qui arriva en effet.

Il s'agiflàit de chafler les Turcs de la haute Hongrie. La

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diète accorde vingt mois romains pendant trois ans pour cette guerre.

Le même Sigifmond Battori qui avait quitté les Turcs , & fait hommage de la Tranfilvanie à l'empereur , fe repent de ces deux démarches. On lui avait donné en échange de fa fouveraineté & de la Valaçhie , les mêmes terres qu'à la reine mere d'Etienne- Jean Sigifmond , c'eft-à-dire , Opelen & Ratibor en Siléfie. Il ne fut pas plus content de fon marché que cette reine. Il quitte la Siléfie , il rentre dans fes états. Mais toujours inconftant & faible , il les cède à un cardinal fon coufin. Ce cardinal André Battori fe met aufli-tôt fous la protection des Turcs , reçoit du fultan une vefte , comme un

fage de la faveur qu'il demande. Semblable à Martinufius, (e met comme lui à la tête d'une armée , mais il eft tué en combattant contre les impériaux,

Par la mort du cardinal Battori , & par la fuite de Sigifmond, la Tranfilvanie refte à l'empereur $ mais la Hongrie ne ceffe d'être dévaftée par les Turcs. Ceux qui s'étonnent aujourd'hui que ce pays n fertile foit fi dépeuplé , en trouveront aifément la raifon dans le nombre d'eiclaves des deux fexes, que les Turcs ont fi fouvent enlevés.

L'empereur dans cette année fe réfolut à affranchir enfin le Virtemberg de l'inféodation de l'Autriche. Le Virtemberg ne releva plus que de l'empire , mais il doit toujours revenir à la maifon d'Autriche au défaut d'héritiers,

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Les Turcs s'avancent jufqu'à Canife fur la Drave , vers la Stirie. Le duc de Mercœur , célèbre prince de la maifon de Lorraine , ne put empêcher la prife de cette forte place. Alors les peuples de Tranfilvanie & de Valachie refufent de reconnaître l'empereur.

La fortune de Sigifmond Battori eft aufli inconftante que lui-même : il rentre en Tranfdvanie , mais il y eft défait par le

parti

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parti des impériaux. Ce ne font que des révolutions continuelles dans ces provinces. Heureufement ce même duc de Mercœur, qui n'avait pu ni défendre ni reprendre Camfe, prend fur les Turcs Albe-Royale.

Enfin l'archiduc Mathias plus agiflant que fon frcre , & fécondé du duc de Mcrcœur , pénètre jufqu'à Bude , mais il l'afliege inutilement. Tout cela ne fait qu'une guerre ruineufe, à charge à l'empereur & à l'empire.

Sigilmond Battori beaucoup plus malheureux , & méprifé par les Turcs qui ne le fecouraient pas , va fe rendre enfin aux troupes impériales fans aucune condition -, & ce prince qui devait époufer une arcluduchefTe , cil alors trop heureux d'être baron en Bohême avec une penûon très modique.

D y a toujours une fatalité qui arrête les conquêtes des Turcs. Mahomet III qui menaçait de venir commander en perfonne une armée formidable , meurt à la fleur de fon âge. il laùTe fur le trône des Ottomans fon fils Achmet , âgé de treize ans. Les factions troublent le ferrail , & La guerre de Hongrie languit.

La diète de Ratisbonne promet cette fois quatre-vingts mois Romains. Jamais l'empire n'avait encor donné un fi puiflant fecours, mais il ne fut guère fourni qu'en paroles.

Dans cette année Lubeck , Dantzick , Cologne , Hambourg & Brème, villes de l'ancienne hanfe d'Allemagne , obtiennent en France des privilèges que ces villes prétendaient avoir eus , & que le tems avait abolis. Les négociants de ces villes furent exemptés du droit d'aubaine , & le font encor. Ce ne font pas là des événements d'éclat , mais ils contribuent au bien public , & prefque tous ceux qu'on a vus le détruifent.

L'empereur eft fur le point de perdre la partie de la haute Hongrie qui lui reliait. Les exactions d'un gouverneur de CaiTovie en font caufe. Çe gouverneur ayant exigé de l'argent Annales eU l'Empire, H h h

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d'un fèigneur Hongrois nommé Botskai, ce Hongrois fe foitleve , fait rév olter une partie de l'armée , & fe déclare feigneur de la haute Hongrie , fans ofer prendre le titre de roL

Il ne refte à l'empereur en Hongrie que Presboure. Les Turcs , & le révolté Botskai avaient le refte. L'archiduc Mathias était dans Presbourg avec une armée , mais le grand-vifir était dans la ville de Peft. Botskai fe fait proclamer prince de Tranfilvanie , & reçoit folemnellement dans Peft la couronne de Hongrie par les mains du grand-vifîr. L'archiduc Mathias eft obligé de s'accomoder avec les feigneurs Hongrois , pour conferver ce qui refte de ce pays. 11 fut ftipulé que dans la fuite les états de Hongrie, qui avaient toujours élu leur roi, éliraient eux-mêmes leur gouverneur au nom de leur roi. La nomination aux évéchés était un droit de la couronné, mais les états exigèrent qu'on ne nommerait jamais que les Hongrois, & que les évêques nommés par l'empereur, n'auraient point de part au gouvernement du royaume. Moyennant ces concernons & quelques autres , l'Archiduc Mathias obtint que Botskai céderait la Tranfilvanie , & qu'il ne garderait de la Hongrie que la couronne d'or qu'il avait reçue du grand-vifir. Les Ylongrois ftipulerent expreflement que les religions luthérienne & calvinifte feraient autorifées.

Sous ce gouvernement faible de Rodolphe l'Allemagne n'é^ tait pourtant pas troublée. Il n'y avait alors que de très petites guerres inteftines , comme celle du duc de Brunfvick , qui voulait foumettre la ville de Brunfvick , & du duc de Bavière , qui voulait fubjuguer Donavert. Le duc de Bavière riche & puiflant vint à bout de Donavert , mais le duc de Brunfvick ne put prévaloir contre Brunfvick , qui refta longtems encor libre &l impériale. Elle était foutenue par la hanfe teutonique. Les grandes villes commerçantes pouvaient alors fe défendre aifément contre les princes. On ne levait , comme on fait , de troupes qu'en cas de guerre. Ces milices nouvelles des princes & des villes étaient également mauvaifes. Mais depuis que les princes fe font appliqués à tenir en tout tems des troupes dif- «iplwées , les choies ont bien changée

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L'Allemagne d'ailleurs fut tranquille malgré trois religions oppofées l'une à l'autre , malgré les guerres des Pays-Bas , [ui inquiétaient fans ceffe les frontières, malgré les troubles e la Hongrie & de la Tranfilvanie. La faiblefle de Rodolphe en Allemagne n'eut pas le même fort que celle de Henri UI en France. Tous les feigneurs fous Henri III voulurent devenir indépendants & puhTants -, ils troublèrent tout. Mais les feigneurs Allemands étaient ce que les feigneurs Français voulaient être.

L'archiduc Mathias traite avec les Turcs , mais fans effet. Tant de traités avec les Turcs , avec les Hongrois , avec les Tranfiïvains , ne font aue de nouvelles fèmences de troubles. Les Tranfilvains après la mort de Botskai, élifent Sigifmond Ra-

fotski pour vaivode , malgré les traités faits avec l'empereur 1 : l'empereur le fouffre.

Rodolphe qAii achetait fi chèrement la paix chez lui, négocie pour l'établir enfin dans les Pays-Bas \ on ne pouvait Pavoir qu'aux dépens de la branche d'Autriche Efpagnole, comme u l'avait à fes dépens en Hongrie. La fameufe union d'Utrecht de 1 579 était trop puiflante pour céder. Il falait reconnaître les états généraux des fept Provinces-Unies libres & indépendants. Cétait principalement de PEfpagne que les fept provinces exigeaient cette reconnahTance autentique. Rodolphe leur écrit : roua êtes des états mouvants de Vetnvire votre confiitution ne peut changer fans le confentement Je l'empereur votre chef. Les états généraux ne firent pas feulement de reponfe à cette lettre. Ils continuent à traiter avec KEfpagne, qui reconnut enfin en 1609 leur indépendance.

Cependant cette philofophie tranquille & indifférente de Rodolphe , plus convenable à un homme privé qu'à un empereur , enhardit enfin l'ambition de l'archiduc Mathias fou frère ; il fbnge à ne lui laiflèr que le titre d'empereur, & à fc faire fouverain de la Hongrie, de l'Autriche, de la Bohême , dont Rodolphe négligeait le gouvernement. La Hongrie était

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. envahie prefque toute entière par les Turcs , & déchirée par fts ra&ions \ l'Autriche expofée ; la Bohême mécontente. L inconftant Battori , par une nouvelle viciflitude de fa fortune, venait encor d'être rétabli en Tranfilvaniepar les fuffrages de la nation , & par la protection du fultan. Mathias négociait avec Battori , avec les Turcs , avec les mécontents de la Hongrie. Les états d'Autriche lui avaient fourni beaucoup d'argent. Il était à la tête d'une armée ; il prenait fur lui tous les foins, & voulait en recueillir le fruit.

L'empereur retiré dans Prague apprend les deflêins de fon frère , il craint pour fa fùreté. Il ordonne quelques levées à la hâte. Mathias fon frère levé le mafque , il marche vers Prague. Les protcftànts de la Bohême prennent ce tems de crife pour demander de nouveaux privilèges à Rodolphe qu'ils menacent d'abandonner. Ils obtiennent que le clergé catholique ne fe mêlera plus des affaires civiles ; qu'il ne fera aucune acquifition de terres , fans le confentemënt des états > que les protestants feront admis à toutes les charges. Cette condefcendance de l'empereur irrite les catholiques j il fe voit réduit à recevoir la loi de fon frère.

Il lui cède le n Mai la Hongrie, l'Autriche, la Moravie, & il fe réferve feulement dans ce trifte accord , l'ufufruit de la Bohême , & la fuzeraineté de la Siléfie. Il fe dépouillait de ce qu'il avait gouverné avec faibleffe , & qu'il ne pouvait plus garefer. Son frère n'acquérait d'abord en effet que de nouveaux embarras. Il avait à fe concilier les proteftants de l'Autriche, qui demandaient les armes à la main , à leur nouveau maître , l'exercice libre de leur religion , & auxquels il falut l'accorder , du moins hors des villes. Il avait à ménager les Hongrois , qui ne voulaient pas qu'aucun Allemand eût chez eux de charge publique. Mathias fut obligé d'ôter aux Allemands leurs emplois en Hongrie. Voilà comme il tâchait de s'affermir pour être en état de réûfter enfin à la puuTance Ottomane.

Plus la religion pfoteftante gagnait de terrain dans, les domaines autrichiens , plus elle devenait puiflànte en Allemagne.

La fucceffion de Clèves & de Julters mit aux mains les deux

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partis qui s'étaient lonetems ménagés depuis la paix de Paffau. Elle fit renaître une Ligue proteltante plus dangereufe que celle de Smalcade , & produmt une ligue catholique. Ces deux fa&ions furent prêtes de ruiner l'empire.

Les maifons de Brandeboure, de Neubourg, de Deux-Ponts, de Saxe , & enfin Charles d'Autriche, marquis de Burgau, fe difputaient l'héritage de Jean - Guillaume , dernier duc de Clèves, Berg & Juuers , mort fans enfants.

L'empereur crut mettre la paix entre les prétendants , en fequeftrant les états que l'on disputait. Il envoie l'archiduc Léopold fon coufin prendre poflèmon du duché de Clèves j mais d'abord l'élec~teur de Brandebourg, Jean Sigifmond , s'accorde avec le duc de Neubourg fon compétiteur pour s'y oppofer. L'affaire devient bientôt une querelle de princes proteftants avec la maifon d'Autriche. Les princes de Brandebourg déjà en poffeffion & unis par le danger , en attendant que l'intérêt les divifàt , foutenus de l'éle&eur Palatin , Frédéric IV , implorent le fecours de Henri IV roi de France.

Alors fe formèrent les deux ligues oppofées. La proteftante qui foutenait les maifons de Brandebourg & de Neubourg j la catholique qui prenait le parti de la maifon d'Autriche. L'éleéleur Palatin , Frédéric IV , quoique calvinifte , était à la tête de tous les confédérés de la confeffion d'Augsbourg } c'étaient le duc de Virtemberg, le landgrave de Heffe-Caffel , le margrave d'Anfpach , le margrave de Bade - Dourlach , le prince d'Anhalt, plufieurs villes impériales» Ce parti prit le nom & Union évangélique.

Les chefs de la ligue catholique oppofée étaient Maximilien, duc de Bavière , les électeurs catholiques , & tous les princes de cette communion. L'éleéleur de Saxe même fé mit dans ce parti , tout luthérien qu'il était , dans Pefpérance de l'inveftiture des duchés de Clèves & de Juliers. Le landgrave de Heffe-Darmftadt , proteftant , était aulTi de la figue catholique. Il n'y avait aucune raifon qui pût faire de cette querelle une querelle de religion : mais les deux partis le fervaient de ce nom pour animer les peuples. La ligue catholique mit le pape Paul V & le roi d'Efpaene Philippe III dans fon parti L'union èvangiliaut mit Henri IV dans le fien. Mais le pape & fe rot

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d'Efpagne ne donnaient que leur nom ; & Henri IV allait marcher en Allemagne à la tête d'une armée difciplinée & vi&orieufe , avec laquelle il avait déjà détruit une ligue catholique.

Ces mots de ralliement, catholique , évangélique , ce nom da pape , dans une querelle toute profane , furent la véritable 6c unique caufe de L'ailkffinat du grand Henri IV , tué , comme on lait , le 1 4 Mai au milieu de Paris par un fanatique imbécille & furieux. On ne peut en douter ; l'interrogatoire de Ravaillac, ci-devant moine , porte qu'il aflaflina Henri IV parce qu'on difait partout qu'il allait faire la guerre au pape, & que c'était la faire à Dieu.

Les grands deffeins de Henri IV périrent avec IuL Cependant il relia encor quelque reflbrt de cette grande machine qu'il avait mife en mouvement. La ligr.e protestante ne fut pas détruite. Quelques troupes Françaises fous le commandement du maréchal de la Châtre, fourinrent Je parti de Brandebourg & de Neubourç.

En vain l'empereur adjuge Clèves & Juliers par provifion à l'électeur de Saxe, à condition qu'il prouvera fon droit. Le maréchal de la Châtre n'en prend pas moins Juliers , & n'en chafle pas moins les troupes de l'archiduc Léopold. Juliers refte en commun pour quelque tems à Brandebourg & à Neubourg.

L'extrême confufion où était alors l'Allemagne, montre ce que Henri IV aurait fait s'il eût vécu. Rodolphe philofophait & s'oçcupait à fixer le mercure dans Prague. L'archiduc Léopold chalTé de Juliers avec fon armée mal payée , va en Bohême la faire fubfifter de pillage. Il y ufurpe toute l'autorité de l'empereur , qui le voit dépouillé de tous côtés par les princes de fon fang. Mathias qui avait déjà forcé fon frère à lui céder tant d'états , ne veut pas qu'un autre que lui dépouille le chef de la maifon. Il vient à Prague avec des troupes, & y force fon frère à prier les états de le couronner par excès faffcUion fraternelle.

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Mathias eft facré roi de Bohême le x\ Mai -t il ne refte à Rodolphe que le titre de roi , aufli vain pour lui que celui d'empereur.

' Rodolphe meurt le 20 Janvier y à compter félon le nouveau calendrier. Il n'avait jamais voulu Ce marier. Sa maifon, dont on avait tant craint la vafte puiflance, n'eut prefque aucune confidération de fon tems en Europe , depuis le commencement du dix-feptiéme (îécle. Sa nonchalance & la faibiaiiïe de Philippe III en Efpagne en furent la caufe. Rodolphe avait perdu Tes états , & conlcrvé de l'argent comptant. On prétend au'on trouva dans fon épargne quatorze millions d'ecus» Cela découvre une ame petite. Avec ces quatorze millions & du courage , il eût pu reprendre Bude fur les Turcs , & rendre l'empire relpeclable^ Mais fon caractère le fit vivre en homme privé fur le trône , & il fut plus heureux que ceux qui le dépouillèrent & le mépriferemv

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