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M. LABOULBÈNE. — L'ÉCOLE DE SALERNE

toire primitive de l'humanité. « Celui qui sait peu de chose sur ceux qui l'ont précédé fera peu de cas de ses descendants. Pour lui, la vie est une traînée de sable, au lieu d'être une sorte de chaîne électrique qui fait vibrer nos cœurs au souvenir du passé le plus lointain, à l'espérance dans l'avenir le plus éloigné. »

Mais ici, comme en toute autre étude, nous arrivons à l'insondable. Dans notre marche vers les découvertes nous ne pouvons pas espérer arriver jamais à la vérité dernière. Il en est de l'homme comme de l'enfant, de la race comme de l'individu: le présent et l'avenir seront ce qu'a été le passé ; la solution d'un problème prépare seulement la voie à des travaux plus compliqués. A la suite de la science humaine vient la conscience de nouvelles ignorances. Et cela sera toujours ainsi. Lorsqu'il y a cent ans Peter Camper mesurait l'angle facial et faisait quelques observations sur la grandeur et le poids du cerveau, il passait pour avoir découvert toutes les applications de l'anthropométrie à l'histoire naturelle de l'homme. En 1881, Paul Rroca prenait sur le crâne et l'encéphale plus de cent cinquante mesures. Et croyez-vous que cela soit terminé? Nous commençons à peine à appliquer les résultats de notre expérience et les instruments de précision à l'étude de l'homme. Voyez les instructions de la vieille société d'ethnologie de Paris, les travaux d'Albert Gallatin, Lepsius, Max Muller, les documents publiés par les explorateurs de la Xovara, ceux qu'ont donnés l'Association britannique, Kaltbiùnner, Roberts, la nouvelle société de Paris, le major Powell, et vous aurez la preuve des progrès de l'anthropologie.

la science n'a pas d'ultima Thaïe. Quel ne serait pas votre désespoir si vous sentiez que vous ne pouvez pas aller plus loin dans la recherche de la vérité? D'un autre côté, j'entends avec peine de grands penseurs répéter avec découragement : ignoramus et ignorabimus. Malgré cela, pleine d'ardeur et d'espérance, la science poursuit son chemin vers un but ignoré, et chaque pas en avant découvre des beautés nouvelles, des points de vue nouveaux.

Qu'il me soit permis de vous féliciter de la tâche que vous a confiée l'Association. Les noms illustres qui se rencontrent parmi ses membres prouvent assez que vous êtes prêts, et que la science ne s'arrêtera pas dans cette grande

tâche.

Mason.

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