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SÉRIE. — BEVUE SC1ENT1F10CE. XXXII

monotonie; je vais actuellement y amener de la variété avec l'histoire de l'École de Salerne. Vous aurez de la sorte, sur le tableau un peu sombre, un point lumineux.

La première période du moyen âge a vu paraître une école célèbre, Sco'a Salernitana, la plus ancienne, la première en date, la plus renommée de toutes celles qui ont été fondées en Occident après la chute de l'empire romain. Recherchons ce qu'a été cette école, quels maîtres elle a possédés et ce qu'ils nous ont légué.

Longtemps la science a été confuse à cet égard. Salerne est déjà signalée par Horace comme salubre et comme localité d'hivernage; la ville est dans une situation admirable, non loin de Naples, ayant la mer au sud, et derrière elle, des montagnes couvertes de forêts ou remplies de plantes médicinales; l'eau y est abondante et d'une grande pureté. On a dit que toute science était venue à l'École salernitaine par Galien et par les Arabes. On admirait son beau climat, en invoquant le nom de quelques-uns de ses médecins, « syllabes harmonieuses voltigeant sur les lèvres des hommes )>; mais évidemment cela ne pouvait suffire, non plus que le poème didactique, sorte de prose rimée, connu sous le nom de Fleur médicale ou de Régime de santé. Et, d'ailleurs, Galien n'a pas été dans le principe le plus répandu des médecins grecs; d'autre part, Constantin l'Africain n'est venu que lorsque Salerne avait déjà deux siècles au moins d'existence médicale.

La connaissance exacte de l'École de Salerne est trop étroitement liée aux travaux démon prédécesseur Charles Daremberg pour que je n'insiste pas sur la manière dont l'histoire de cette institution remarquable a été éclaircie. C'est en 1837 que Henschel, professeur à Breslau, s'occupant d'un catalogue des manuscrits médicaux du moyen âge, trouva un beau manuscrit méconnu du xme siècle et intitulé Ilerbarius. Henschel reconnut que ce prétendu herbier contenait trentecinq traités, tous salernitains, en grande partie inédits. Le deuxième traité, De œgriludinum curatione, — du traitement des maladies — se compose de cent soixante-treize chapitres; il constitue une sorte d'encyclopédie, ou en d'autres termes, une Somme médicale analogue à celles d'Oribase, d'Aëlius et de Paul d'Égine, formée d'une suite d'extraits des maîtres de Salerne.

Ce Compendium salernilanum a été publié par Henschel grâce à S. de Renzi, qui a lui-même enrichi la littérature médicale d'importants documents sur l'École de Salerne et qui a donné avec Daremberg une précieuse Collectio salernitana. En outre, Daremberg a retrouvé presque tous les traités salernitains du Compendium ou ceux qui ont été cités par les auteurs du moyen âge. Aussi est-il possible aujourd'hui d'apprécier les doctrines et les pratiques médicales de l'École de Salerne, ainsi que la biographie de ses médecins et de ses professeurs.

La légende a fait intervenir pour la création de la célèbre École quatre personnages : un Arabe, Adela; un Juif, llelinus; un Grec, rontus et un Latin, Salemus. C'est une person-

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