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M. L. BARRÉ. — LES CONTACTS DU DERNIER PASSAGE DE VÉNUS

deux cent quarante. Il en existe en français, en allemand, en anglais, en italien, en espagnol, en polonais, en langue provençale, en hébreu, en persan, etc. Les plus célèbres sont d'Arnauld de Villeneuve, de Bruzen de la Martinière, Levacher de la Feutrie, etc., etc.

Je vous recommande, en terminant cette brève énumération, de recourir sur les sujets qui nous ont occupés à deux publications récentes : l'Histoire de la médecine arabe, par le docteur Lucien Leclerc, en 2 volumes in-8°, et l'École de Salerne, traduite en vers français par Charles Meaux Saint- Marc, i précédée d'une introduction par mon prédécesseur Charles Daremberg, un volume in-12 avec figures.

Messieurs, vous apprécierez présentement la période arabe, ainsi que la première école médicale du moyen âge. Vous serez convaincus qu'il n'y a pas de médecine arabe proprement dite. La médecine grecque, arrivée en Perse et en Syrie avant de pénétrer chez les conquérants mabométaus, est restée avec ces derniers, sinon stérile, du moins sans beaucoup progresser; elle s'est compliquée ou elle est devenue plus subtile. Galien et Aristote arabisés, ou divinisés pour ainsi dire, ont dominé pendant une série de siècles.

Le génie créateur et fécond des Grecs manquait aux Arabes; ils avaient l'emphase orientale et le style mystique. L'immobilisme et le fatalisme devaient enchaîner pour eux le trop grand essor. La médecine étrangère n'arrivant plus, arrêtée dans sa source, la science arabe ne pouvait dépasser un niveau déterminé.

Toutefois, il serait injuste de ne pas reconnaître que les Arabes ont des droits à la reconnaissance de la postérité. Ils furent supérieurs à la plupart des nations contemporaines. Aucun peuple n'a produit plus de travaux dans un temps relativement court. Sans les Arabes, la renaissance eût été relardée de plusieurs siècles. Enlin les Arabes nous ont conservé les ouvrages des médecins grecs; ils ont perfectionné la chimie, augmenté la matière médicale; si leur chirurgie est encore peu avancée, nous leur devons les premières descriptions incontestables de la variole.

L'Ecole de Salerne a eu un vif éclat et une réelle importance; elle a brillé comme un phare sur la route de l'humanité; elle rappelle ces grands foyers bien pourvus, resplendissant, auxquels on est heureux d'avoir recours et qui, semblables au soleil, ne sont pas moins utiles quand ils réchauffent que lorsqu'ils répandent la clarlé.

A. Labouluene.

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