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SÉANCE DD 19 NOVEMBRE

Mathématiques. — M. R. Liouville adresse un mémoire sur certaines transformations que peuvent subir les équations aux différences partielles de second ordre.

— M. d'Ocagne. Note sur une généralisation de l'inversion des courbes.

AsïiioNOMiE. — M. G. Bigourdan communique les résultats des observations de la comète Pons-Rrooks faites à l'Observatoire de Paris avec l'équalorial de la tour de l'ouest. Il a remarqué notamment que celte comète, le 19 novembre, était une nébulosité de sixième à septième grandeur, avec noyau, et que la partie la plus brillante de la chevelure, celle qui a\oisine le noyau, n'était pas symétrique autour de celui ci; enfin qu'elle était moins étendue dans l'angle 110°- 1A0" et plus brillante dans l'angle '280°-29()0.

— Cette même comète est le sujet d'une note de M. Coggia relatant les observations qu'il eu a faites, ainsi que les observations de la planète 23/i lïarbara, à l'Observatoire de Marseille.

— M. Cornu présente un travail de M. A. ubrcchl, intitulé : <: Observation photométrique d'une éclipse du premier satellite de Jupiter. »

Mécanique. — MM. de Sainl-Venanl et Flamant communiquent un travail d'hydraulique interne sur les \itesses que prennent, dans l'intérieur d'un vase, les divers éléments d'un liquide pendant son écoulement par un orifice inférieur.

— La communication de M. E. Brassine a pour but l'application d'une proposition de mécanique à un problème relatif à la figure de la terre.

Météorologie. — La note de M. J. Jeannel sur les trombes

ACADEMIE DES SCIENCES DE PARIS

observées à Villefranche-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, au mois d'oclobre dernier, se termine par les conclusions suivantes :

Les trombes prenaient naissance dans un nuage orageux; un tourbillon descendait vers la terre par une pointe aiguë. 11 se formait alors une colonne cylindrique tubulaire, d'un diamètre égal dans toute sa bauteur, qui suivait le mouvement de translation du nuage, s'inûéchissait en différents sens et disparaissait après être devenue filiforme. 11 est à présumer que le vent d'est, entraînant des nuages orageux, Tient heurter la chaîne de montagnes abruptes qui borde la côte onduleuse depuis Menlon jusqu'à Beaulieu, et que, rencontrant de nouveaux obstacles opposés par le cap Ferrât et le cap Mont-Boron, il reflue vers le sud en tourbillonnant, comme le ferait un vaste courant d'eau dans des conditions analogues. Ce qui, aux yeux de l'auteur, paraît appuyer cette explication, c'est que les trombes, d'après le dire des gens du pays, sont assez fréquentes dans la mer d'Eze et se produisent toujours par le vent du sud-est.

— M. Daubrée fait connaître les documents recueillis récemment par M. Brau de Saint-Pol-Lias, en Hollande, sur les phénomènes volcaniques du détroit de la Sonde, ainsi que ceux qui lui ont été adressés dans une lettre de M. Errington de la Croix, directeur des mines d'élain de Pérak. 11 donne aussi les résultats de l'examen, par M. Richard, d'un échantillon des cendres tombées à Batavia le 27 août, lors de l'éruption du Ravatoë sur l'île de Krakatoa. Cet échantillon contient, outre de petits grains de ponce, des cristaux de fer oxydulé, des petits fragments de pyrogène augite, un grand nombre de cristaux transparents d'hyperstliène identiques à ceux des laves de Santorin étudiés par M. Fouqué, des cristaux de feldspath, de la pyrite en petits cristaux. Enfin la cendre, rejetée les 26-27 août, diffère de celle du volcan Mérapi, à Java, qui, d'après M. Fouqué, est beaucoup plus basique.

M. Daubrée ajoute que la catastrophe du détroit de la Sonde s'explique bien par une explosion de vapeur d'eau. La prodigieuse abondance de cendres suppose, en effet, comme moteur, une abondance comparable de vapeur d'eau.

Chimie. — M. D. Loiseau appelle l'attention de l'Académie sur l'action que l'acide carbonique exerce sur les dissolutions sucrées plus ou moins chargées de chaux. Ses expériences, entreprises de concert avec M. Boivin, ont été faites soit avec des dissolutions sucrées calcaires limpides, soit avec des dissolutions sucrées calcaires contenant de la chaux en suspension.

— M. W.-ïf. Greene a imaginé un nouvel uréomèlre permettant d'effectuer rapidement un dosage approximatif de l'urée.

Physiologie. — M. Bouley présente une note de MM. J. Chambraient et A. Moussons qui contient les résultats de leurs expériences sur le passage des bactéridies charbonneuses dans le lait des animaux atteints du charbon. Ces expériences ont été faites à la Faculté des sciences de Bordeaux, dans le laboratoire de M. le professeur Gayon et avec le concours de M. Dupelit, préparateur. La conclusion donnée par les auteurs est que, sans aucun doute possible, les bactéridies du charbon se trouvent dans le lait des animaux atteints de fièvre charbonneuse et s'y trouvent du vivant de ces ani-

maux ; mais elles y sont en nombre beaucoup moins considérable que dans le sang.

Zoologie. — Voici le résultat des recherches de M. A.Schneider sur le développement du stylorhynchus :

1° Le stylorhynchus effectue la majeure partie de son développement et souvent même acquiert tous les éléments de sa structure à l'intérieur d'une cellule épithéliale de l'hôte; 2° cette même cellule renferme souvent plusieurs stylorhynchus en évolution, soit isolés, soit réunis en nichées et, dans ce cas, déformés ordinairement par pression mutuelle; 3° le jeune stylorhynchus est, au début, identique à une coccidie; A° cette coccidie bourgeonne ensuite au premier segment qui répondra au deulomérite de l'adulte, puis un second qui répondra au protomérite et enfin le col paraît. Le corps primitif de la coccidie, moins le noyau, répond donc à l'appareil de fixation de l'adulte; 5" le noyau reste daos sa position première jusqu'au moment où le deutomérite et le protomérite sont apparus. C'est alors seulement qu'il effectue sa descente graduelle du pôle proximal au pôle distal, c'est-àdire de l'appareil de fixation jusque dans le deutomérite; 6° la cavité du rostre ou appareil de fixation répond à la place devenue libre, dans la coccidie primitive, par suite du déplacement du noyau.

Anthropologie. — M. de Quatrefages présente une note de M. E. Curlciilhac sur une mine de silex exploitée à l'âge de la pierre au Mur-de-Barrez dans l'Aveyron. Il s'agit de puits verticaux creusés dans la couche de calcaire aquilanien et descendant à 2, 3 et k mètres de profondeur, justement au niveau des bancs de silex en rognons et en plaquettes, puits dont les parois irrégulières offrent des marques nombreuses de coups de pic. L'outil, dont les antiques habitants du pays se seraient servis serait, en effet, un de ces pics en bois de cerf dont on a trouvé un grand nombre d'exemplaires au fond de ces cavités. Les puits de Mur-de-Barrez sont les premiers qui aient été jusqu'à présent signalés en France ; ils présentent la plus grande analogie avec ceux qui ont été découverts à Spiennes, en Belgique, et a Cissbury, en Angleterre.

Minéralogie. — M. F. Gonnard appelle l'attention de l'Académie sur une roche phospholifère, en tilon au milieu des granités des bords du Rhône, non loin de la station d Irigny. Ce tilon, presque vertical, a une puissance de 10 mètres environ et la roche qui le constitue, éminemment micacée, n'est autre que celle que Fournet a découverte en 1S36, aux environs de Vaugneray , Rhône) et qu'il a décrite sous le nom de vaugnérite. Delesse l'a considérée comme une diorite micacée. La roche d'Irigny contient trois éléments principaux : 1° le mica en lames noirâtres allongées; 2° un feldspath plus ou moins kaolinisé et qui forme de petites masses blanches enveloppant un noyau inaltéré, de couleur rose chair; 3° de nombreux prismes hexagonaux aplatis, d'un jaune citriu, à cassure terreuse, et que M. Gonnard rapporte à la hornblende. Enfin, l'auteur signale encore dans cette vaugnérite l'existence de petits cristaux d'un sphène brun, du type de ceux d'Arendal, et de quelques aiguilles prismatiques d'apatite limpide.

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