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M. E. ROLLAND. — UNE ÉPIDÉMIE DÉMONIAQUE

Il y aurait doûc une absorption de — 23c,9.

Or cette réaction n'a pas lieu directement, comme on pouvait le prévoir.

Si l'on voulait maintenant substituer l'eau à l'acide chlorhydrique dans le formène chloré, sans le concours de la potasse, on aurait :

C2H2HCl-f II202 = C2H2ir-02 + HCl.

Gaz Gaz Gaz Gaz

C'est encore une absorption de chaleur de 11,9.

Cependant la réaction est possible et elle a lieu, en effet, avec un excès d'f au ; mais elle a lieu en vertu d'une énergie auxiliaire, due à la production d'une nouvelle réaction, je veux dire grâce à la chaleur dégagée dans l'union de l'acide chlorhydrique et de l'eau, laquelle s'élève à 17e.

C2H2[HC1] jLH202 + nHO:

;C2H2[H202] +HC1 + nHO 53,6 39,3

Ici donc, les 17 calories fournies par l'hydratation de l'acide chlorhydrique suffisent pour renverser le signe de la chaleur dégagée, et par suite pour rendre la réaction réalisable.

Elle a lieu en effet; mais elle est alors accompagnée de produits secondaires qui la rendent moins nette.

En employant la potasse, la chaleur dégagée est plus considérable encore; en effet, à la chaleur précédente viennent s'ajouter les 13,7 calories résultant de l'action de la potasse dissoute sur l'acide chlorhydrique dissous. La réaction est nette et s'opère dans un sens unique, du moins si l'on opère avec la potasse très étendue.

Telles sont les circonstances qui permettent de réaliser, au moyen du formène monochloré et de la potasse, la synthèse de l'alcool méthylique.

Berthelot,

.... De l'Institut.

(A suivre.)

PSYCHOLOGIE Une épidémie démoniaque en 1878.

Sous ce titre la Revue scientifique (1) a publié une analyse d'une relation très étendue due à MM. Franzolini et Chiap sur la première épidémie de maladies nerveuses de ce siècle observée en Italie, à Verzegnis (Frioul).

Au moment où fut publiée cette relation (1879), l'épidémie n'élaitpas encore complètement éteinte ; aussi M. Franzolini promettait-il, en terminant, de faire connaître les phases ultérieures de l'épidémie et son extinction définitive. Il vient de tenir sa promesse et de publier avec son savant confrère

(1) Voir Revue scientifique du 10 avril 1880, n° 41, p. 973.

Chiap la Relation finale de l'épidémie (I) que nous allons analyser rapidement.

La relation de MM. Franzolini et Chiap se terminait avec la dernière visite qu'ils firent à Verzegnis les 26 et 27 février 1879. Dans cette visite ils constatèrent une amélioration notable ; mais ayant encore observé quelques signes de nervosisme latent, ils ne crurent pas ne devoir conseiller la suppression d'aucune des mesures employées, mais au contraire de les maintenir toutes et d'envoyer en permanence à Verzegnis un médecin fort, instruit, convaincu et autoritaire.

Il fut donc immédiatement décidé que le médecin de Tolmezzo, le docteur de Gleria, serait seul chargé du service sanitaire de la commune, et qu'il y fixerait son domicile. Ce médecin distingué fut muni d'instructions spéciales et fut tout particulièrement chargé de surveiller attentivement les malades déjà connus ; de noter avec soin les nouveaux cas qui pourraient se présenter, en portant spécialement son attention sur les cas de la forme névropathique déjà observée ; d'empêcher que ces malades assistassent aux offices; d'isoler avec le plus grand soin les malades dans leurs familles respectives, et de faire retourner dans leur pays toutes les personnes étrangères qui présenteraient des symptômes d'hystéro-démonopathie.

M. de Gleria devait surtout veiller à ce qu'il ne fût fait aucune solennité religieuse; les exercices religieux devaient se borner à la pratique ordinaire et quotidienne du culte. En octobre 1879 devait avoir lieu le baptême d'une nouvelle cloche à Verzegnis, et l'on devait, à cette occasion, administrer la confirmation; mais le préfet obtint de l'autorité archiépiscopale du lieu que la première cérémonie n'eût pas lieu et que l'on confirmât dans une commune voisine.

Le commissaire du district de Tolmezzo et les carabiniers furent chargés de faire de fréquentes visites à Verzegnis, de se tenir à la disposition de M. de Gleria et d'obéir à toute réquisition de ce dernier.

Ces mesures appliquées dans toute leur rigueur produisirent le meilleur effet en quelques jours. En effet, à la date du 22 août 1879 le commissaire de Tolmezzo écrivait à la préfecture que tous les malades atteints d'hystéro-démonopathie et soignés à l'hôpital d'Udine étaient guéris, et qu'aucun cas nouveau, aucun désordre, ne s'étaient produits dans cette commune.

Cependant un courant contraire régnait vaguement encore dans le pays; certains écrits, certaines affiches anonymes, certaines inscriptions rédigés dans un style plus ou moins mystique et hiéroglyphique, apparaissaient de temps en temps sur les murs et tournaient en ridicule les processions consacrées et les solennités du culte.

Au même moment un autre fâcheux contre-temps menaça d'interrompre, de détruire môme les progrès immenses obtenus sur l'épidémie : ce fâcheux contre-temps fut la

(1) Relazione finale sulla epiiemia di istero-dsmonopatie in Verzegnis, Udine, 22 janvier 1883.

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