SÉANCE DD 19 OCTOBRE
M. P. -II. Schoule : Sur un faisceau do cubiques planes. — M. Bouquet de In Grye: Etablissement d'un laboratoire pour le mesurage dos plaques photographiques. — M. Privai : Considérations théoriques et expériences sur la résistance des fluides. — M. II. Engel : Combinaison du carbonate neutre de magnési ; avec le bicarbonate de potasse. — M. A. Audoynaud : Procédé pour reconnai re les falsifications do l'huile d'olive comestible. —M. G. Pouchcl: Sur le développement des dents du cachalot. — M. II. Bcaurcgard : Du mode de développement de VEpicauta verliealis.
Mathématiques. — M. P.-II. Selioule traite, dans sa communication, de questions se rapportant a un faisceau de cubiques planes.
Astronomie. — .]/. Bouquet de la Grye informe l'Académie que, en exécution du programme approuvé par la commission du passage de Vénus, il a installé dans la salle du rezde-chaussée de l'Institut un laboratoire pour le mesurage des plaques photographiques obtenues pendant le passage de Vénus de 1882. Le service en est organisé de façon que les calculs et les mesures relatifs à sept cents plaques seront terminés dans quinze mois, et d'après la méthode qui a été exposée à l'Académie dans les séances des 9 juin et 3 novembre I88/1.
Physique. — ;)/. Privât soumet au jugement de l'Académie des considérations théoriques et le résultat de certaines expériences sur la résistance des fluides.
Chimie. — M. H. Engel, poursuivant ses recherches sur l'action du bicarbonate de magnésie sur le bicarbonate de potasse, est arrivé à des résultats dont les principaux sont :
1° Le titre alcalimétrique du bicarbonate de potasse étant le même, la vitesse de la réaction décroit quand la température s'élève;
2° La température étant la même, la vitesse de la réaction croît avec la richesse initiale de la solution de bicarbonate de potasse;
3° La combinaison du carbonate de magnésie avec le bicarbonate de potasse est limitée;
4° La limite de combinaison, mesurée par la richesse du bicarbonate de potasse restant en présence du carbonate de magnésie en excès, sans se combiner avec lui, croit avec la température;
5° Le produit de la combinaison du carbonate neutre de magnésie avec le bicarbonate de potasse :
C0'Mg,C02lll\-K'iII-O,
se décompose sous l'influence de l'eau. La limite de décomposition de ce sel double ne se confond pas avec la limite de combinaison, comme il était naturel de le penser; mais elle est toujours intérieure à celle-ci, et cela d'une quantité à peu près égale à toutes les températures.
— M. A. Audoynaud fait connaitre un procédé, grâce auquel on pourra facilement déceler les falsifications de l'huile d'olive comestible, en produisant simultanément les réactions reconnues jusqu'ici comme les plus efficaces, en mettant, en présence de l'huile à essayer, le bichromate de
potasse et l'acide azoto-sulfurique. Si l'on ajoute, dit-il, à ce mélange quelques gouttes d'éther, on détermine une vive efflorescence; il se forme du sulfate d'éthyle qui réagit à son tour sur le bichromate, de telle sorte qu'on obtient à la fois des vapeurs rutilantes abondantes, de l'oxygène libre et de l'acide sulfurique libre.
Anatomie. — ,1/. G. Poucket appelle l'attention sur le développement des dents du cachalot qui offre certaines particularités dont quelques-unes n'avaient encore été signalées chez aucun mammifère et dont les autres rendent compte de quelques détails de structure difficiles à interpréter chez l'adulte sans la connaissance de leur évolution.
A la mâchoire inférieure, quand l'embryon mesure lm,30, toutes les dents sont déjà formées dans la gouttière maxillaire. On compte vingt-cinq follicules du côté droit. Quant a la mâchoire supérieure, bien que les dents soient connues depuis plus d'un siècle et même figurées par Owen en 1845, certains zoologistes paraissent encore douter de leur existence ou ne lessignalent pas. M. Pouchet les a retrouvées sur un embryon, sans toutefois en avoir déterminé le nombre. L'écartement de celles qu'il a mises à découvert est de 0"',00Zi. Leur situation et leur disposition sont caractéristiques. Elles sont placées en dehors d'une bande papillaire qui existe de chaque côté de la région palatine du cachalot et dont il est impossible de méconnaître l'homologie avec la région qui porte les fanons chez les balénides. Mais tandis (pic chez ces derniers, les dents rudimentaires supérieures sont tournées en dehors, les dents rudimentaires de la mâchoire supérieure du cachalot, par une disposition unique chez les mammifères, sont tournées en dedans, transversalement, et regardent la ligne médiane ; on les trouve peu profondément au-dessous de la muqueuse.
Zoologie. — M. II. Beauregard a continué ses recherches sur le mode de développement de VEpicauta verliealis. Il a pu constater que, en fait d'orthoptères, l'espèce importe peu à la larve, pourvu que les œufs soient réunis en quantité suffisante et qu'ils soient attaqués facilement par ses mandibules. Ce sont les Acridiens qui répondent le mieux à ces conditions. A l'état naturel, les Epicaula doivent rechercher les nids des espèces les plus volumineuses; ceux des /Edipoda ne doivent être considérés que comme pis aller. Les pseudo-chrysalid s qu'il a obtenues delà sorte sont en effet d'assez petite taille. Mais il y a lieu de supposer que les larves i'Epicaula sont parasites de diverses espères d'acridiens, comme la cantharide est parasite des cellules de divers hyménoptères, lit jamais la larve de VEpicauta ne se nourrira de miel, pas plus que la larve de la cantharide ne se nourrira d'œufs d'orthoptères.