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SÉANCE DU 26 OCTOBRE

El H i 14 tvilcli .- Equations '.. Lies générales qu

aux quadratures. — M. G.-B. Guccia : Sur les transformations planes birationnelles. — M. !.. Le Blanc: L'uo solution du problème d

nui. — .1/ Perrolin: D iverte d'une nouvelle petite planât* > l'O

toire de Nie. — .1/. Trêve : sur le rayon verl dans n Indien.

— il. Hennessy ■ Surface des océans et forme de la croûte solide .;e 1 terre.

— .1/. Fay : sur Les In — M Alfred Ani

dange en France — .1/. Hugeniot: De la propagation du mouvement dans les corps et spécialement dans les gaz. — M. Maurice </- Thierry ; Sur un nouveau speutruseope d'absorption. — M. Mari 1 0 j .- : Nouvelles expé-

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r ences sur la transmission do la force par l'i lectricitê. — MM. I étis 7/nmbert el Henry : Sur un nouveau procédi de fabrication du .<• hydrogène.

— M. It, linj-l : Un nouveau carbonate neutre de magnésie. - M. Ed. Divers : Sur l'action de l'azotate d'ammoniaqui a il Ire sur quelques

' /. Pasteur: Méthode pour prévei ir La rage après morsure. — M. l ul~ i .'m, il. Larrey et M. Rouley: Remarques et observations sur cett^ i m. — M. Il Parinaud : Sur l'existence do deux espèces de sei à la Lumière. — M. Âdamkiewiez : La circulation dans l>;s c< liules gai — .l/.l/. /'. Cazrnruir et /r Lèpine : Action physiologique du i u u'. solide d. la pM-L-i'llni'-1 -- M. s. Ailvitfi : Propriétés zymotiq certains virus.— MM. II. il,- Lacaze-buthier et Yves Déloge: Les cynthiadéa dis cotes de Franco, type CynlMa morus. — M. Paul llallez : Deuxième note sur le développement des nématodes.

Mathématiques. — M. Wladimir Maximovitch adresse une note sur les équations différentielles générales qui se ramènent aux quadratures.

— M. l'amiral de Jonquières présente un travail de M. G.-Ji. Guggia sur les transformations géométriques planes Irrationnelles.

— .)/. E. Le Blanc envoie deux communications successives sur une solution du problème de Fermât.

Astronomie. — M. Faye communique une note de .)/. Perrotin sur la découverte, à l'observatoire de Nice, d'une nouvelle petite planète qu'il avait d'abord prise pour la planète 223, mais qui, après examen, est réellement nouvelle et doit porter le numéro 252. Elle est de treizième grandeur.

Physique du globe. — M. n-èoe appelle l'attention sur le phénomène que l'on observe, au moment du coucher du soleil, pendant le quart de seconde, environ, qui suit la disparition du bord supérieur de son disque. 11 s'agit du rayon absolument vert, rayon d'une grande beauté que l'on voit parfois — l'auteur a lui même eu l'occasion de l'observer dans une récente traversée de l'océan Indien — succéder aux derniers rayons rouges projetés sur les eaux et dans l'atmosphère.

Ce phénomène, dont la durée est celle d'un éclair et pour lequel il faut des conditions tout exceptionnelles d'extrême limpidité du ciel et de grande pureté d'horizon, semble devoir se rattacher aux expériences de M. Chevreul sur le contraste simultané des couleurs et sur les ombres projetées derrière les corps opaques exposés aux différentes couleurs qui composent le spectre fourni par la lumière blanche. Ces ombres sont toujours d'une couleur complémentaire de celle dans laquelle est plongé le corps obscur.

— M. Hennessy adresse un travail sur la surface des océans et la forme de la croûte solide de la terre.

Météorologie. — M. Paye lit une note relative 'a de récentes communications sur les trombes. 11 a été question, dans une discussion récente, d'une belle enquête faite aux États-Unis, par ordre de VArmy signal Service, sur les treize tornados des 29 et 30 mai 1879. C'est, en effet, l'enquête la plus complète et la plus sérieuse qui ait jamais été publiée sur cette question. M. raye a pris le rapport; il a dépouillé avec un soin scrupuleux la masse énorme de documents authentiques qu'il contient, et les a comparés avec les deux théui'ics en présence, non pas seulement pour constater une fois de plus la vérité de la sienne, mais aussi pour la compléter en quelques points importants.

— M. Alfred Ani/ut adresse une note très intéressante sur les époques de vendanges en France, époques généralement

lixées par un arrêté ou ban de vendanges, et sur lesquelles le Bureau central météorologique de France a recueilli un grand nombre de doeniie

De ce travail il ressorl que, dans i même localité, cette

époqui arie »-aucoup d'une année à l'autre et que la cause de ces variations se trouve dans les conditions météorologiques de chaque année, la maturité du raisin exigeant que la vigne reçoive une certaine quantité de chaleur en rapport avec chaque nature de plant.

Mais indépendamment de la nature du cépage et des conditions topographiques et climatologiques, beaucoup d'autres causes accessoires font varier l'époque des vendanges dans un même pays, telles, par exemple, que l'âge du plant, le mode de culture, la fumure, le, soufrage, l'espacement des ceps, le goût des acheteurs et les habitudes locales.

Enfin il résulte aussi de ces mêmes documents que notre climat ne va pas sans cesse en déclinant, comme on l'a prétendu, et que l'influence présumée des taches du soleil est absolument nulle ou inappréciable.

Méganique. — M. Maurice Lévy présente une note de M. Hugoniol sur la propagation du mouvement dans les corps, et spécialement dans les gaz parfaits. Les mouvez ments considérés dans ce travail sont ceux qui s'accomplissent par tranches parallèles, de manière que dans chaque tranche la vitesse de tous les points soit la même au même instant et perpendiculaire à la direction de la tranche. L'auteur établit les équations aux dérivées partielles, qui régissent ces mouvements pour les fluides, dont la conductibilité est assez faible pour être négligée.

PmsiQUE. — Dans une note qu'il a présentée à l'Académie le 11 mai dernier, M. Maurice de Thierry a fait connaîtra un appareil dit hêma-spectroscope , qui est employé pour la recherche de quantités infinitésimales de sang dans uu liquide quelconque, eau, urine, humeurs, etc., et à déceler sa présence dans les taches.

Cet appareil, s'adaptant sur n'importe quel microscope, est spécialement destiné aux opérations courantes du laboratoire. Il ne permet d'observer un liquide que sous une épaisseur de 0ln,5l>. Etant amené par une série de recherches à étudier le spectre d'absorption de différents liquides de l'économie, l'auteur a imaginé un nouvel appareil qu'il appelle spectroscope d'absorption, permettant d'étudier les liquides sous une épaisseur de 10 mètres. Ce spectroscope, appareil do haute précision, a h mètres de longueur totale et permet d'observer une couche de 3 mètres d'épais il se compose détruis parties principales :

1° Le spectroscope proprement dit.

2° Les tubes pour contenir les liquides dont on veut étudier le spectre d'absorption.

3° Les appareils d'éclairage.

Il offre toutes les garanties d'exactitude et peut rendre de véritables services à la médecine légale, à la chimie biologique et à la physique, par l'étude des spectres d'absorption des liquides examinés sous une très grande épaisseur.

— .)/. Marcel Deprez annonce à l'Académie que les près mières expériences de transmission rie la force par l'éle tricité entre Paris et Creil viennent d'avoir lieu et que ies résultats ont été très satisfaisants.

La longueur de la ligne télégraphique qui relie les deux

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stations est de 56 kilomètres; mais, comme le retour du courant n'a pas lieu par la terre, il est obligé de parcourir en réalité une longueur de 112 kilomètres d'un câble en cuivre équivalent comme section à un conducteur unique de 5 millimètres de diamètre. La résistance électrique totale de ce câble est de 100 ohms à la température de 15°. La machine génératrice est située à Creil. Elle a deux anneaux, tournant dans deux champs magnétiques distincts, constitués chacun par huit électro-aimants. Chaque anneau a une résistance de 16,5 ohms et un diamètre extérieur de 0m,78. Le courant engendré par cette machine sera utilisé à la Chapelle par deux machines réceptrices situées à quelques centaines de mètres l'une de l'autre. Lue seule des réceptrices est actuellement terminée. Elle possède, comme la génératrice, deux anneaux, lesquels ont 0m,58 de diamètre extérieur et une résistance électrique de 18 ohms chacun.

Les expériences, commencées depuis le 17 octobre, ont eu lieu en boucle, c'est-à-dire que les machines génératrice et réceptrice sont à côté l'une de l'autre, ainsi que cela a eu lieu d'ailleurs dans les expériences faites au mois de mars 1883, aux stations du chemin de fer du Nord, par une commission nommée par l'Académie. Enfin les appareils sont disposés de façon qu'on ait tous les éléments nécessaires pour déterminer le travail mécanique absorbé par la génératrice, ainsi que celui qui est restitué par la réceptrice.

En résumé, des expériences dont M. Marcel Deprez rend compte dans sa communication, il résulte qu'un travail utile de AO chevaux a été développé par la réceptrice, avec un rendement industriel de 50 pour 100, la vitesse de la génératrice étant de 170 tours seulement par minute, et celle de la réceptrice de 277 tours. La force électromotrice de la génératrice était de 5700 volts environ, Dans certaines expériences on a même dépassé 6000 volts. Ces machines développent donc des forces électromotrices considérables, avec de très faibles vitesses angulaires. On remarquera également que la réceptrice, bien que n'ayant que des anneaux de 50 centimètres de diamètre et n'étant parcourue que par un courant de 7 ampères, a développé un travail mécanique utile de 668 kilogrammètres par tour, sans aucun échauffe- ■mriit appréciable, conditions qui n'ont jamais été réalisées jusqu'ici.

Chimie. — MM. Félix Humbert et Henry soumettent à l'appréciation de l'Académie un nouveau procédé de fabrication du gaz hydrogène exempt des inconvénients inhérents aux anciennes méthodes. L'opération se fait de la manière ■ suivante :

De la vapeur d'eau surchauffée est projetée en jets très déliés sur du coke à l'état incandescent, placé dans une première cornue chauffée au rouge. En présence du carbone, la vapeur d'eau est immédiatement décomposée et donne de

l'hydrogè 't de l'oxyde de carbone en volumes égaux. On

fait ensuite circuler ces gaz dans une seconde cornue également chauffée au rouge et contenant des corps réfractaires, Disposés de façon à faire parcourir un très long chemin aux gaz et â en favoriser réchauffement et le contact. Des jets le vapeur, surchauffée au point de dissociation, arrivent â l'abri du charbon dans cette cornue, en même temps que l'oxyde de carbone. Cette vapeur, en présence de ce dernier gaz, se décompose ; l'oxygène se porte sur l'oxyde de carbone, qu'il transforme en acide carbonique, et l'hydrogène,

mis en liberté, s'ajoute à celui déjà produit dans la première cornue. On obtient ainsi deux volumes d'hydrogène pour la même quantité de coke réduit, soit, pratiquement- 3200 mètres cubes de gaz hydrogène par tonne de coke, ou onze fois le volume obtenu par tonne de houille. Le gaz hydrogène, ainsi économiquement produit, se prête à un grand nombre de combinaisons applicables aux arts et à l'industrie ; son prix de revient est d'environ 0 fr. 015 le mètri cube.

— .)/. /;. Enyel est parvenu à obtenir un carbonate de magnésie anhydre absolument différentdu carbonate nature! et de celui de Sénarmont, en partant du sesquicarbonate double de magnésie et dépotasse: CO:iMg, CO'KH ~ 'i II-O. Ses propriétés sont les suivantes : 1" maintenu en présence de l'eau, il s'hydrate en dégageant de la chaleur et se transforme, en moins de deux heures, en carbonate de magnésie à cinq molécules d'eau de cristallisation si la température est inférieure à 16°, et en carbonate à trois molécules d'eau lorsque la température est supérieure à 16°. Il fixe même l'humidité de l'air. Si l'on fait avec ce carbonate et de l'eau une bouillie claire, le tout ne tarde pas à se prendre en masse et l'on peut retourner le vase dans lequel s'est faite l'expérience; 2° ce carbonate neutre ne subsistant pas en présence de l'eau sans s'hydrater, on conçoit qu'il perde facilement de l'acide carbonique sous l'influence de l'eau et de la chaleur, comme les carbonates hydrates.

— Au sujet d'une note récente de M. G. Arth relative à « l'action de l'azotate d'ammoniaque ammoniacal anhydre sur quelques métaux », .)/. Ed. Divers fait remarquer que, tout en parlant de sa découverte de ce liquide ammoniacal, M. Arth ignore certainement qu'une relation d'expériences pareilles à celles mêmes dont il s'occupe se trouve déjà dans un mémoire présenté par M. Divers à la Royal society oj Soudan.

A la seule exception du métal fer, les résultats obtenus [miles deux expérimentateurs s'accordent parfaitement entre eux. Ce dernier métal, d'après M. Arth, se dissout dans le liquide, tandis (pie M. Divers l'a trouvé inerte.

Pathologie expérimentale. —M. Pasleur donne lecture du mémoire que nous publions plus haut (p. 558).

— M. Vulpian s'exprime ensuite de la façon suivante : « L'Académie ne s'étonnera pas si l'un des membres de la section de médecine et de chirurgie demande la parole, pour exprimer les sentiments d'admiration que lui inspire la communication de M. Pasteur. <les sentiments seront partagés, j'en ai la conviction, par le corps médical tout eE

La rage, cette maladie terrible, contre laquelle touti tentatives thérapeutiques avaient échoué jusqu'ici, a enfin trouvé son remède: M. Pasteur, qui n'a eu, dan- cette voie, aucun autre précurseur que lui-même, a été conduit, par une série de recherches poursuivies sans interruption pendant des années, à créer une méthode de traitement qui lui permet d'empêcher, a ciip sur, le développement de la rage chez l'homme nier. lu par un chien enragé, .le dis a coup Sûr, parce que, d'après ce que j'ai vu dans le laboratoire de M. Pasteur, je i! doute pas du SUCCès constant de ee traitement, lorsqu'il sera mis en pratique dans toute sa teneur, peu de jours après la morsure rabique.

11 devient dès à présent nécessaire de se préocc de l'organisation d'un service de traitement de la rage par

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la méthode Pasteur. 11 faut que toute personne mordue par un chien enragé puisse bénéficier de cette grande découverte qui met le sceau à la gloire de notre illustre confrère, et qui jettera un éclat incomparable sur notre cher pays.

— M. le baron Larrey demande à ses confrères qu'une démarche soit faite auprès de l'Académie française pour que, après un pareil acte de courage et de dévouement, le jeune Jupille soit proposé pour un prix de vertu.

Cette motion est adoptée par acclamation.

— M. le Président s'associe tout particulièrement aux sentiments que l'Académie vient de manifester par ses applaudissements. La date du 26 octobre 1885 marquera, dit-il, comme celle d'un grand jour dans les fastes de la biologie et de la médecine française, dans les fastes de la médecine du monde entier.

Il demande à M. Pasteur si, pendant le cours des inoculations préventives, un jeune chien, ainsi vacciné, venait à mordre en jouant un individu ou d'autres animaux, il leur communiquerait la rage.

— M. Pasteur répond que, des expériences dan scet ordre d'idées n'ont pas encore été faites.

— AI. Parinaud rappelle que, dans une note à l'Académie des sciences, il a signalé, trois ans avant M. Charpentier, l'existence de deux modes de sensibilité à la lumière, en rapport avec deux processus différents et deux espèces d'éléments, les cônes dépourvus de pourpre et les bâtonnets dont l'excitation est liée à un processus chimique.

Les cônes nous donnent une double sensation de clarté et de couleur, les bâtonnets ne nous donnent que la sensation de clarté. L'action des bâtonnets dans la sensation d'une couleur agit comme le ferait l'addition de lumière blanche à la couleur, de sorte que la saturation d'une couleur reconnaît deux causes.

Des deux modes de sensibilité, l'un est fixe, celui des cônes; l'autre, celui des bâtonnets, est essentiellement variable, grâce aux modifications du pourpre. Ce sont ces variations auxquelles la foveu ne participe pas qui constituent l'accommodation rétinienne, étudiée dans une note précédente. L'altération de ce mode de sensibilité, par lésion du pourpre, produit Yhêmèralopie , fait confirmé, depuis la première communication de M. Parinaud, par Kuschbert, Vélardi et Treitel.

— M. P. Uert présente une note très importante de M. le professeur Adamkiewicz (de Cracovie), relative à la circulation sanguine à l'intérieur des cellules nerveuses des ganglions rachidiens. Le sang veineux est renferme dans une coque qui entoure étroitement la cellule, humecte celle-ci de toutes parts. De plus, le système veineux est en rapport par un fin canaliculeavec une sorte de sinus creusé au milieu de la cellule et qu'on avait décrit jusqu'ici comme un noyau. Les systèmes artériel et veineux sont séparés l'un de l'autre par toute l'épaisseur du corps cellulaire; le sang artériel passe dans le sinus veineux en traversant par endosmose le protoplasma de la cellule.

^ — M. Vulpian présente une note de MM. l>. Cazeneuve et /.'. Lépine sur l'action physiologique du sulfoconjugué sodiquede la roccelline. Un sait que les colorants azoïques sont de plus en plus utilisés pour colorer les boissons ou les denrées alimentaires. Mais ces colorants doivent-ils être l'objet de distinctions importantes propres à éclairer

la justice dans l'application de la loi sur les falsifications?

Dans leur communication, les auteurs étudient spécialement le sulfoconjugué sodique de la roccelline, désigné vulgairement sous le niiiii de rouge soluble, et, de leurs observations sur l'homme et les animaux, il résulte que cette substance est absolument dénuée de propriétés toxiques a qu'elle ne peut être qualifiée de nuisible à la santé, aux doses très faibles auxquelles on peut l'employer. Ceci est absolument contraire à l'opinion professée par les hygiénistes qui ont qualifié à priori de substances extrêmement redoutables les azoïques.

— Les études qui se poursuivent, depuis plusieurs années, dans le domaine de la virulence, nous portent à assimiler de plus en plus les virus aux ferments figurés. Mais il est certain que cette assimilation, en train de se faire dans les esprits, ne reposait encore sur aucune démonstration expérimentale. Aujourd'hui il n'en est plus ainsi et les quelques tentatives entreprises par M. S. Arloing dans le but de justifier le courant d'idées dans lequel sont entraînés les bactériologues placent hors du domaine des hypothèses cette assimilation.

Lu effet, entre autres résultats obtenus par l'auteur, nous voyons que les virus anaérobies de la septicémie gangreneuse et du charbon emphysémateux du bœuf, à l'état frais, déterminent la fermentation butyrique de la plupart des sucres fermentescibles et de plusieurscorps neutres hydrocarbonés. Les résultats sont à peu près les mêmes avec les virus récemment desséchés. Mais quand ces virus sont â l'état sec depuis longtemps, ou quand leur activité pathogène a été atténuée par l'action de la chaleur, ils ont perdu leur action zymotique, sans avoir perdu néanmoins leur propriété nocive. D'où il faut conclure que la propriété pathogène des micro-organismes virulents peut être séparée partiellement de la propriété zymotique; celle-ci disparaissant la première, on est autorisé à admettre qu'elle réside dans le mycélium et non dans les spores.

Zoologie. — Dans un nouveau travail MM. H. de Laeaza Duthiers et Yves Déluge s'occupent, parmi les ascidies simples, du groupe des Cynlhia, principalement d'une espèce qui se trouve à la fuis dans l'Océan, dans la Manche et dans la Méditerranée, c'est-à-dire de la Cynlhia munis qui lui a servi de type et de ternie de comparaison dans celte étude.

La Cynlhia muras — très commune sur toutes les grèves de Hoscotf où sa belle couleur rose, jaune orangé, etc.. la fait facilement distinguer, aux grandes marées, sous les pierres sur les grosses tiges des laminaires, des Cystosens. etc. — a dû son nom aux mamelons arrondis ou polygonaux dont sa tunique est couverte, ainsi qu'à sa couleur qui l'a fait comparer â une mûre ou â une framboise. Lorsqu'elle est con tractée, sa taille, dans les plus beaux échantillons, ne parait pas déliasser les proportions d'une belle noix: niais, épanouie et gonllée, elle devient plus volumineuse.

Elle est polymorphe; cependant elle présente un élément en forme d'écaillé arrondie, saillante, chez les individus les plus différents d'aspect et propre à faciliter la détermination des Cynthiadés.

MM. de Lacaze-Duthiers et Sfves Delage entrent dans îles détails très circonstanciés sur l'anatomie descriptive de la Cynlhia monts qui est une Cynthia armée; ils signalent à l'attention de l'Académie les différents points de comparaison

CHRONIQUE

qu'elle présente avec les Molgulides, dont la parenté est si proche qu'on peut facilement passer de l'organisation d'une Molgulide à celle de la Cynthia morus.

— M. de Lacaze-Duthiers présente une nouvelle note de M. Hallez sur le développement des nématodes. Des nouvelles observations et expériences qu'il a faites il croit pouvoir conclure que, chez les nématodes, l'éclosion ne se produit jamais sous l'eau ni à sec, mais seulement dans des conditions convenables d'humidité et de chaleur.

M. Hallez ajoute que l'oxygène, qui a une si grande influence sur le développement de l'œuf, paraît être également indispensable aux jeunes après et pendant l'éclosion, car si celle-ci ne se produit jamais sous l'eau, c'est vraisemblablement parce que les jeunes, privés en partie d'oxygène, n'ont pas l'activité nécessaire pour sortir de leur coque.

É. RlVlÈBE.

CORRESPONDANCE ET CHRONIQUE

Sur l'avenir de la viticulture française en présence du phylloxéra. — Le phylloxéra en Algérie.

ISous trouvons dans le Journal d'Agriculture pratique (nos des 16, 23 et 30 juillet, et des 6 et 13 août 1885) deux intéressants articles de M. Prosper de Lafitte sur ce sujet malheureusement toujours plein d'actualité.

Entre autres renseignements, contenus dans des tableaux bien éloquents, on y voit que les surfaces envahies par le phylloxéra, mais résistant encore, qui n'étaient en 1878 que de 2/i3 038 hectares, sont aujourd'hui (1884) de 664 511 hectares, dont 9,51 pour 100 seulement sont défendus soit par la submersion, soit par le sulfure de carbone, soit par le sulfo-carbonate de potasse. Un grand progrès cependant est à signaler depuis 1878 dans l'extension des traitements, puisqu'à cette époque 2, GO pour 100 à peine de la surface attaquée était méthodiquement défendue.

Il nous reste cependant encore 2 056 713 hectares plantés en vignes, sur les 2485 829 hectares que nous possédions avant la maladie, et l'excès des surfaces détruites sur les surfaces reconstituées, après avoir été de 71 574 hectares en 1881, est tombé, en 1884, au nombre moins désolant de 12 392.

Ce sont les cépages américains qui ont fait les plus grands frais de cette réparation ; mais M. Prosper de Lafitte ne leur pardonne pas de nous avoir importé le phylloxéra, les accuse de le répandre encore, et les regarde comme bons surtout à enrichir les marchands de boutures, qui se vendent très cher, et a faire de bons sarments.

Quoi qu'il en soit, en 1881, 241547 hectares ayant été envahis, et 25 pour 100 de ceux-ci étant morts, tandis qu'en 1884, 163 415 hectares seulement sont tombés malades, parmi lesquels 22 pour 100 ont succombé, cette proportion étant même tombée à 15 pour 100 en 1883, on peut conclure que la mortalité des vignes malades va s'amoindrissant, non seulement parce que les essaims sont moins abondants, mais aussi sans doute parce que la pullulation des aptères sur les racines va s'alfaiblissant à mesure que l'insecte progresse vers le nord.

La raison pour laquelle la pratique des traitements.se généralise lentement, c'est la dépense excessive qu'ils entraînent : réduite au strict nécessaire, la culture d'une vigne, si pauvre qu'elle soit, revient à 150 francs par hectare et par an. Aussitôt la vigne envahie, il faut, pour la conserver, un traitement annuel coûtant au bas mot 250 francs, engrais

compris ; car, sans engrais le remède est pire que le mal. Les insecticides, en effet, sont toxiques, non seulement pour les parasites, mais encore [jour la vigne, et aussi pour la terre. Il y a là une action que les expériences de M. Duclaux, parvenant à enrayer la végétation de certaines plantes en tuant les microbes du sol, nous permettent aujourd'hui de comprendre. D'où aussi cette indication de ne fumer la vigne que quinze jours ou un mois après le traitement.

Or il n'est pas la moitié de nos vignes, existant avant la maladie, qui soient capables de payer une dépense annuelle de 400 francs à l'hectare, et quant à la hausse du prix du vin, il n'y faut pas compter, car nous ne sommes pas loin de la limite au-dessus de laquelle la consommation se ralentit ou s'abstient.

Et puis, il y a encore d'autres parasites contre lesquels il faut lutter, le mildew, entre autres, naguère inconnu ou oublié, qui porteront certainement la dépense d'entretien à 450 francs. On ne connaît guère, d'ailleurs, le traitement du mildew que depuis les notes de MM. Ad. Perrey et Prosper de Lalitte à l'Académie des sciences, communiquées dans les séances du 29 septembre et du 3 novembre 1884.

En somme, la virulence intrinsèque du phylloxéra ne paraît pas avoir éprouvé une atténuation sensible, et les trois traitements recommandés par la commission supérieure du phylloxéra sont exclus de plus de la moitié des terres plantées ■ à cause des dépenses qu'ils exigent. Quant aux vignes américaines, elles sont ruineuses à établir et ne peuvent avoir d'avenir que sur les bonnes terres où une culture intensive peut être rémunératrice. Nous ne devons donc pas nous attendre à revoir de longtemps les anciennes récoltes de 70 à 75 millions d'hectolitres.

Actuellement (1884), nous en produisons 34 781000, nous en importons 8 118 000 et nous en exportons 2 470 000. En 1874, notre importation était seulement de 681 000 hectolitres. Mais il n'y a guère à redouter les diflioultés que pourraient nous créer les viticultures étrangères, car, de ce côté, nous n'avons à compter qu'avec l'Italie (production : 27 500 000 d'hectolitres) et avec l'Espagne (production : 20 millions d'hectolitres). Or l'Italie, qui ne nous envoie que 2 millions d'hectolitres, est encore à peine attaquée, et ses vignes de petit et de moyen revenu étant condamnées à disparaître, si le vin reste de consommation courante, elle n'en aura bientôt plus assez pour elle. Ou pourrait en dire autant de l'Espagne, fortement contaminée déjà par l'épidémie, que la température favorise; mais, de ce côté, on introduit chez nous des produits où l'eau, l'alcool allemand et les colorants tiennent une grande piace ; et nous n'avons pas encore trouvé le moyen de réprimer c< t abus, véritablement criminel.

Aux trois traitements officiels, M. Prosper de Lafitte veut qu'on ajoute le badigeonnage à la naphtaline, qui, détruisant l'œuf d'hiver, constitue la meilleure chance qui reste de s'opposer aux progrès du fléau.

Un sait que le phylloxéra a pénétre en llgérie, en dépit de la loi du 21 mars 1883, qui a trop tard fermé' la porte aux cépages américains. Quand, en eflet, la tache est apparente, il y a déjà longtemps que la vigne est contaminée, la période des taches latentes étant très variable suivant la résistance des 1 ignés.

Aussi ne peut-il être question, en Algérie pas plus qu'ailleurs, de traitement d'exlinctionj mais bien de traitements culturaux, aux moindres frais possibles, et qui suffiront certainement pour sauver nos riches vignobles coloniaux.

Le vignoble de Tlemcen.leseul encore qui soit contaminé, s'étend sur 800 hectares et est séparé de toute autre vigne par une distance de 50 kilomètres au moin-. C'est un beau champ d'expérience pour traiter par le badigeonnage, et au

CHRONIQUE

fur et à mesure que les taches latentes deviendront apparentes, appliquer le traitement souterrain.

L'État doit prendre la haute main dans cette œuvre de salut.

Les vignes algériennes, qui ne sont pas encore parvenues à l'âge de la pleine production, donnent déjà 16 hectolitres cl demi à l'hectare (M. Leroy-Beaulieu); il faut, coûte que coûte, sauver ces jeunes vignes coloniales, qui promettent beaucoup; une fois la méthode trouvée, les vignobles de la mère patrie en profiteront.

Mais surtout, pour répéter le cri d'alarme de M. Prosper de Latittc, pas de cépages américains! J. II.

La destruction des truites par les moustiques.

In des collaborateurs au bulletin de la Fish Commission des lîtats-Lnis adresse le récit des faits suivants. Étant daus le Colorado, au bord d'une rivière, il remarqua quelques toutes jeunes truites, nageant dans un endroit très tranquille et très limpide. Au-dessus d'elles planait, à petite distance de l'eau, un essaim de moustiques. Les truites étaient fort petites, portant encore leur vésicule, et étaient presque transparentes. De temps en temps, l'une d'elles se dirigeait vers la surface, de façon que le sommet de sa tête fût au niveau de l'eau. A cj moment, un moustique se précipitait sur elle, la piquant à la région cérébrale : le poisson semblait hors d'état de fuir. Le moustique maintenait alors solidement sa victime, jusqu'à ce qu'il en eût extrait tous les liquides organiques; puis il lâchait la truite morte, qui s'en allait flottant ventre en l'air, à la dérive. Le témoin de cette singulière scène fut tellement étonné qu'il resta plus d'une demi-heure à surveiller truites et moustiques; pendant ce laps de temps, plus de vingt truites furent dépêchées de la même façon, et leurs cadavres ratatinés descendirent le long de la rivière. Le fait est curieux à noter, au point de vue de la pisciculture d'abord, mais surtout au point de vue de l'intelligence des moustiques, qui semblent avoir appris à attaquer, sinon le nœud vital — ils n'ont pas lu Flourens — du moins l'organe dont la lésion doit leur servir le plus, le cerveau. Cela rappelle les faits rapportés par Fabre, relativement au sphex et à d'autres insectes (voir Romanes, Évolution mentale chez les animaux).

L'intelligence des animaux.

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