PERSISTANCE DU SOUVEMR CHEZ DEUX JEBNES CHATS
Nous avions rapporté de la campagne deux jeunes chats, le frère et la sœur; l'un, le mâle, vêtu d'une magnifique fourrure blanche tachetée de roux; l'autre, noire, bigarrée de fauve. Au bout de quelques semaines, je m'aperçus, au genre de caresses de plus en plus tendres que se donnaient nos deux petits amis, que le moment était venu — les conventions sociales de pudeur et autres n'ayant pas cours encore dans la race féline — de mettre les petites filles de la maison a l'abri de spectacles par trop naturalistes. La chose se fit d'ailleurs sans gros encombre, et sauf un peu d'embarras pendant les premiers jours, notre matou, malgré son accident, reprit bientôt ses jeux et ses gambades.
Les choses allèrent ainsi pendant cinq ou six mois, Pucy el Pucetle, de jour eu jour plus gentils, grandissaient à vue d'oeil, l'ucy surtout, qui, privé, l'heureux mortel! de tout souci, n'avait qu'à devenir» gros el >- ras », un vrai « saint homme de chat », et s'acquittait à merveille de cette tâche facile. Entre temps, on leur avait appris une foule de petits jeux, comme de s'asseoir sur le derrière, de sauter, au commandement, au travers d'un cerceau, etc.
Un jour, vers le mois de janvier de la présente année, grand émoi dans la maison : Pucy a disparu, Pucy, l'ingrat, a dû s'enfuir; on ne le trouve nulle part! Ou l'appelle, on le cherche, on s'informe aux voisins; personne ne l'a vu. Comme il était fort gras et d'apparence !
appétissante, je pensai qu'il avait probablement fait le déjeuner de quelque maraudeur, et l'on se consola forcément par l'amour de la Seule l'iirrlle.
Cin<i mois après cette disparition, c'est-à-dire au mois de mai dernier, en allant, à la tombée de la nuit, fermer la porte de la remise, le domestique crut apercevoir sous la voiture une forn e blanche qui remuait. Il s'éclaire, regarde et que voit-il ? Pucy à «oié de / Pucy qui paraissait arriver d'un long voyage, un peu boueux, mai* toujours dodu, et bien reconnaissable à une tache rousse qu'il portait sur le front. Ils étaient la tous deux, lui debout, indifférent et jouant gravement au pacha, tandis que la pauvre l'ucette, le dos voûté et ronronnant à cœur joie, l'enveloppait de caresses, le frôlant du dos, de l'épaule, de la tète, manifestant enfin un plaisir très visible de
revoir son ancien compagnon et ami, c'est le vrai mot. (Quelques
instants après, ils faisaient tous les deux leur entrée dans la manger, et Pucy. du premier coup, semblait se reconnaître, allant et venant comme on chat familier. Il se laisse prendre et caresser, saute, comme autrefois, par-dessus les mains qu'on lui présente] enfin nul doute ne subsiste, c'est lui, c'est bien Pucy qui nous est revenu. On lui rend son nid ; il retrouva sa pitance ordinaire, caresses non plus ne lui manquèrent pas. Mais le cœur des chats est sans doute comme celui des femmes, au dire des poètes, « un abime insondable », car, au bout d'une semaine, Pucy de nouveau disparaissait pour ne plus revenir.
On peut supposer, pour expliquer cette fuite inattendue, que, né 1 la campagne, ce chat avait la nostalgie du ciel bleu et des espaces
champêtres; on peut penser encore , que ne pourrait-on pas dire
à ce propos? mais ce n'est pas ici le lieu de philosopher, il suffit de noter au passage ce fait assez curieux d'un chat qui s'absente pendant cinq mois de la maison où il a été élevé et où il trouvait — sauf un
— tous les bonheurs des chats, y compris la chasse, la maison attenant à do vastes jardins, puis qui y revient de lui-même et y est reconnu
— en dehors de tout attrait sexuel — par son ancienne compagne. reprend pendant huit jours ses habitudes et repart de nouveau ii pour une destination inconnue ». Dr A. Coriveaid.
La Revue scientifique enregistre depuis plusieurs années, si je me souviens bien, les exemples de l'intelligence des animaux. J'ai été à n ine d'observer, pendant tout un hiver, chez un ebat, des actes qui méritent d'être relatés, je crois.
Dans l'hiver de 1867 à 1868, je possédais nouvellement un jeune chat mâle, gris de pelage, qu'une bonne avait introduit dans la maison, malgré l'opposition de mes parents qui n'aimaient pas les bètes' chez eux. Misy (c'était son nom) s'était néanmoins bientôt acquis la sympathie 'générale par ses qualités courtoises et affectueuses. Il avait pris l'habitude de passer la soirée, en ma compagnie, dans la salle à • manger, où je restais seul, passé une certaine heure, à faire mes devoirs (car j'étais collégien alors). A onze heures, je pliais bagage, je rentrais dans ma chambre à coucher, située hors de l'appartement, mais sur le palier, et je profitais de l'occasion pour rendre Misy a la liberté des escaliers et des greniers. Cette liberté de nuit en plein air valait un beau pelage à la bonne béte, qui goûtait et cherchait le moyen de s'y soustraire et qui trouva le moyen de passer moelleusement la nuit à l'abri, dans une chambre chauffée, sur un meuble capitonné.
Voici le stratagème : .Misy, depuis une semaine, disparaissait vers" l'heure de la soirée où j'avais l'habitude de regagner mes draps. Son ronron s'éteignait, et je me retirais, sans méfiance de mou matou, persuadé qu'il avait profité d'un moment "Ù la porte était ouverte pour s'échapper sournoisement. Mais non ! le matin, la servante, venant faire la pièce, trouvait le chat faisant son somme sur le plus moelleux meuble de la chambre, devant la porte du poêle. Et cela continua plusieurs jours.
C'est alors que, pour démasquer maître chat, je procédai à une enquête un quart d'heure avant mou départ ordinaire, et le procédé réussit : Misy se fourrait chaque soir, vers onze heures moins le quart, dans le panier à bois, et y attendait mon coucher, s'abstenant prudemment de ronfler. Et cela avait duré une grande huitaine. Laissé seul dans la chambre vide et sombre, il prenait, pour achevé] la nuit, une position confortable, où la servante le trouvait le matin.
Faeullc des sciences de Paris.
Les cours du premier semestre de la Faculté des sciences s'ouvriront le jeudi 6 novembre 1SSÔ à la Sorbonue.
CHRONIQUE
Géométrie supérieure. — Les mercredis et vendredis, à dix heures et demie. — M. G. Darboux ouvrira ce cours le mercredi 1 1 novembre. Il traitera des principes de la géométrie infinitésimale et en particulier de la théorie générale des surfaces.
Calcul différentiel et calcul iule, irai. — Les lundis et jeudis, à huit heures et demie. — M. Picard ouvrira la première partie de ce cours le jeudi 5 novembre. Il exposera les principes généraux du calcul dill'érentiel et du calcul intégral et étudiera leurs applications analytiques et géométriques comprises dans le programme de la licence.
Mécanique rationnelle. — Les mercredis et vendredis, à huit heures et demie. — M. Appell ouvrira la première partie de ce cours le vendredi 6 novembre. Il traitera de la composition des forces et des lois générales de l'équilibre et du mouvement.
Astronomie mathématique et mécanique céleste. — Los mardis et samedis, à dix heures et demie. — M. Tisserand ouvrira ce cours le mardi 10 novembre. Il s'occupera des mouvements des corps célestes autour de leurs centres de gravité; il considérera en particulier le cas de la terre et celui de la lune.
Calcul des probabilités et physique mathématique. — Les lundis et jeudis, à dix heures et demie. — M. Lippmann ouvrira ce cours lu lundi 9 novembre. Il traitera de la thermodynamique et de la capillarité.
Mécanique physique et, expérimentale. — Les mardis et samedis, à huit heures et demie. — M. Poincaré ouvrira la première partie de ce cours le samedi 7 novembre. Il traitera de la cinématique et de ses applications à la théorie des mécanismes.
Physique. — Les mardis et samedis, à une heure et demie. — M. X... ouvrira ce cours le samedi 7 novembre. Il traitera de la chaleur, du magnétisme, de l'électricité, de l'électro-magnélisme et de leurs principales applications. Des manipulations et des conférences qui sont dirigées pendant toute l'année par le professeur commenceront dans la seconde quinzaine de novembre.
Chimie. — Ce cours aura lieu rue Michelet, n° 3, les lundis et jeudis, à une heure. — M. Troost ouvrira ce cours le jeudi 5 novembre. Il exposera les lois générales de la chimie et les principes de la thermochimie ; il fera l'histoire des métalloïdes et de leurs principales combinaisons. Des manipulations qui sont dirigées pendant toute l'année par le professeur commenceront dans la seconde quinzaine de novembre.
Chimie. — Ce cours aura lieu, rue Michelet, n° 3, les mercredis et vendredis, à deux heures et demie. — M. Debray ouvrira ce cours le vendredi 0 novembre. Il traitera des métaux et de leurs principauxcomposés.
Zoologie, analomie. physiologie comparée. — Les mardis et samedis, à trois heures et demie. — M. de Lacaze-Duthiers ouvrira ce cours le samedi 7 novembre II fera la troisième partie du cours : mollusques, rayonnes, protozoaires, et dirigera pendant toute la durée de son cours les manipulations qui se font tous les jours dans son laboratoire.
Physiologie. — Ce cours aura lieu rue de l'Estrapade, n° 18, les lundis et vendredis, à trois heures et demie. — M. Paul Bert ouvrira ce cours le vendredi G novembre. Il traitera de la physiologie des organes des sens, au point de vue expérimental; il s'occupera ensuite de la génération et du développement.
cours ANNEXE.
Chimie biologique. — Les mardis et jeudis, à deux heures et demie. — AI. Duclaux ouvrira ce cours le jeudi 5 novembre, dans l'amphithéâtre de mathématiques. Il traitera de l'étude des propriétés biologiques des microbes.